‹ Leçons sur la physiologie de la digestion (volume 2)Chapitre 23 sur 39 · TOME PREMIER l · texte numérisé non relu

TOME PREMIER l

dont rAnatomie nous donnera l'explication. — La salive mixte du mouton se comporte, vis-à-vis de l'amidon, d'une manière analogue à celle de la salive parotidienne isolée.

La seule exception connue à laquelle s'adapte l'hypothèse énoncée , se rencontre chez le cheval. Chez ce solipède la salive totale transforme l'amidon, tandis que la salive parotidienne seule n'agit guère plus promptement que celle du chien.

Le fluide sécrété par la parotide est généralement alcalin. Chez l'homme cependant il n'est pas rare de le rencontrer acide, à l'état normal. On a cru pouvoir attribuer cette réaction à un commencement d'altération que la salive parotidienne subirait dans le conduit sténonien, par le séjour plus prolongé qu'elle y ferait durant l'abstinence ou simplement pendant les intervalles des repas. Mais les recherches de Oehl ont montré qu'au moment même de la sécrétion d'une portion fraîche, ce liquide peut présenter la réaction acide. Toutefois, au contact de l'air, il ne tarde pas à redevenir neutre et même légèrement alcalin. Dans les conditions normales, l'acidité de la sécrétion parotidienne ne pourra donc pas se communiquer d'une manière durable à la salive totale. Pour la production d'une salive mixte acide il faut le concours de quelque autre agent extérieur, comme la fermentation lactique des restes d'aliments féculents, retenus dans les interstices des dents, et longtemps exposés à l'action du mucus buccal. Cette acidité accidentelle de la sahve mixte, cesse facilement si les individus soumis à l'expérimentation se rincent la bouche. Mais , je me hâte de l'ajouter , il est des cas pathologiques on la salive parotidienne elle-même est suffisamment acide pour communiquer cette réaction à la salive totale, et cela en l'absence de restes alimentaires ayant subi la fermentation lactique. J'ai vu des exemples de cette intéressante anomalie, chez des malades affectés d'aphthes et d'angine catarrhale. L'acidité disparut avec le mal local qui l'avait provoquée.

Encore une remarque concernant l'influence de la circulation sur la quantité de salive sécrétée par les parotides en un temps donné.

Une diminution brusque de la masse sanguine affluant aux glandes en question, diminue, à un degré très-prononcé, le liquide fourni par leurs conduits excréteurs (évalué avant et pendant l'expérience). On peut facilement observer ce phénomène en comprimant les carotides chez un animal avec fistule du conduit de Sténon. La même expérience m'a plusieurs fois réussi chez l'homme (1), particulièrement chez des enfants, ayant un tube fixé dans le conduit de Sténon. Le résultat a été nul dans quelques cas; ces insuccès s'expliquent probablement par une plus grande abondance et une expansion plus rapide des voies vasculaires collatérales.

En revanche, les excitations générales, accompagnées d'accélération du pouls, augmentent régulièrement la sécrétion parotidienne.

Je ne m'arrêterai pas très-longuement à l'étude de la sécrétion sousmaxillaire, sur laquelle j'aurai à revenir avec plus de détails, en traitant de l'influence du système nerveux.

Pour la glande sousmaxillaire , comme pour la parotide, c'est avant tout la gustation qui constitue l'agent propre à en activer la sécrétion. Cl. Bernard, qui le premier a signalé ce fait, aurait eu complètement raison s'il n'avait, en quelque sorte, refusé la même propriété aux autres parties de l'appareil salivaire, pour en faire l'attribut exclusif de la glande sousmaxillaire. Celle-ci n'a, à ce point de vue, d'autre avantage sur la parotide que celui d'être la première à réagir aux impressions du goût. C'est ce qu'il est très-aisé de constater sur des chiens portant à la fois une fistule du conduit de Wharton et du conduit de Sténon. L'impression produite par les corps sapides sur la langue est suivie immédiatement

()) c'est Oehl, de Pavie, qui, le premier, a publié une expérience de es genre, faite «ur l'homme.

d'un écoulement par la première de ces fistules (sousmaxillaire), auquel ne tarde pas à succéder l'écoulement par la seconde (parotide). La cause de ce phénomène réside-t-elle dans la circonstance que le conduit de Wharton est, en proportion de la glande, jplus large que le conduit de Sténon? Ou bien doit-on l'attribuer à ce que chez les animaux qui servent presque exclusivement à cette sorte d'expériences, le volume de la sousmaxillaire , comparé à celui de la parotide, est beaucoup plus considérable qu'il ne l'est chez l'homme dont la parotide est relativement grande ?

C'est à peine s'il y a lieu d'établir de différences entre les causes qui augmentent la salivation sousmaxillaire et celles agissant sur la salivation parotidienne. Nous pouvons admettre, pour la sécrétion sousmaxillaire, tout ce que Cl. Bernard a trouvé à l'égard des agents aptes à la stimuler, avec la restriction toutefois que ces propriétés ne forment pas un attribut exclusif de la glande sousmaxillaire. Disons cependant que les oscillations sécrétoires s'observent moins facilement sur la sousmaxillaire que sur la parotide, attendu que la première de ces glandes présente beaucoup moins de rémissions et d'intermissions de son activité que la seconde.

Sur ce chien , qui porte depuis plusieurs semaines une fistule permanente du conduit de Wharton , nous verrons aisément, en répétant quelques-unes des expériences précédentes, la confirmation de ce que j'avance.

L'excitation générale , résultant de la vue et de l'odeur des aliments (viande), ne cause pas, chez l'animal afîamé, d'augmentation de l'écoulement. Les mouvements masticatoires, sans excitation du goût, agissent d'une manière un peu plus marquée que cela n'a eu lieu pour la glande parotide, attendu que les contractions du muscle digastrique irritent la glande et en compriment directement le conduit excréteur. — Les impressions gustatives ont un effet immédiat et incontestable; mais toujours est-il que la sécrétion

atteint son maximum seulement lorsqu'à la gustation se joignent les mouvements masticatoires , et que le corps sapide est un aliment agréable à l'animal.

Voici ce que Colin , dans son livre déjà cité , note à ce propos (pag. 473) :

« La sécrétion des maxillaires , très-abondante pendant « le repas, jouit d'une activité proportionnelle à la vitesse « de la mastication , à la qualité et à la sapidité des ali- (( ments. Ainsi son produit est beaucoup plus considérable « au commencement qu'à la fin des repas; il est également « augmenté lorsque l'animal mange de l'avoine, de la farine ce ou d'autres substances qui lui plaisent ».

Le même auteur, dans ses nombreuses recherches sur le cheval, le taureau, la vache et le bélier, n'a pas trouvé, durant l'absence de toute irritation , cette intermittence véritable , cette suspension complète de la sécrétion sousmaxillaire, dont quelques auteurs ont voulu faire un caractère distinctif de la salivation en général, et qui ne se rencontre même pas toujours dans la sécrétion parotidienne. Colin continue:

« Elle est presque nulle pendant l'abstinence, et en cela « elle se distingue encore de la sécrétion parotidienne, qui « est alors complètement suspendue. Chez les solipèdes et « les ruminants elle donne toujours, dans cette circonstance, « une très-petite quantité de liquide qui se mêle à la salive ce non visqueuse pour être déglutie à des intervalles plus ce ou moins rapprochés ». — Et ailleurs: .

(c Lorsqu'on adapte à l'un des canaux de Wharton l'ap- (( pareil précédemment indiqué, on voit que la mastication « a lieu tantôt à droite , tantôt à gauche et que la sécré- « tion n'est pas plus abondante pendant que la mastication « s'opère du côté de la fistule que lorsqu'elle se fait du côté « opposé. Si l'on a établi deux fistules, on voit, pourvu que « les tubes soient semblables, que les quantités de salive « fournies par une glande sont, pour un même temps, sen-

« siblement égales à celles données par l'autre. C'est ce « que j'ai constaté maintes fois sur le cheval, le taureau, « la vache et le bélier; il ne saurait y avoir aucun doute (c à cet égard.

«: Voici un spécimen de l'activité de ces glandes pour trois « de nos espèces domestiques:

CHEVAL (Fistule à droite).

TEMPS

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