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ceitrins organes inlti leurs : langue, voile du palais, pharynx, et détermine alors des altérations particulières dans le goût, dans la déglutition, etc.
Il est très fréquent de rencontrer des paralysies du nerf facial qui ne donnent lieu qu'à des phénomènes extérieurs sans atteindre les organes intérieurs. Des cas de cette paralysie simple due à des causes très diverses, ont été rapportés par ^seaucoup d'auteurs. Ils sont trop connus pour qu'il soit nécessaire de nous y arrêter; nous rapporterons seulement coumie exemple le cas suivant pris dans la pratique de Magendie , et publié par M. C. James.
Observation. — Mademoiselle X..., âgée de 22 ans, d'oi tempérament d'apparence lymphatique, se présente» Ie2avrii 1840» à la consultation de M. Magendie. Sa taille est moyenne, ses cheveux blonds, ses traits |)eu colorés. Elle dit avoir toujours joui d*une santé parfaite, lorsque, il y a 15 jours, elle éprouva, sans cause connue ni même ap))réciable, les premiers symptômes de h maladie dont elle est maintenant aflectée. Ces symptômes, je vaii les éijumércr en suivant Tordre de leur apparition, de leur succession et de leurs progrès.
Je divise donc mon observation en quatre périodes. Â cbacone de ces périodes correspondra un groupe particulier de symptômes, ainsi qu'une phase spéciale de la paralysie.
Pretnière période, — Déviation des traits du côté droit ; pa* ralysie du la septième paire gauche. — Le premier symptôme toi un léger embarras dans le jeu des paupières du côté gauche BteitfAC le front et la tempe de ce côté cessèrent de se mouvoir. Pois h moitié gauche des lèvres et du menton perdirent leur contractilité et furent entraînées à droile. Jusque-là, la malade n'avait aucunement souffert, (.'est alors qu'elle ressentit de l'engourdissement dans la moitié gauche de la langue, sans aucune gêne dans les
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Qoovements de cet organe, en inèni(^ temps qu'uue exaltation vive de Tooiè» à tef point que les moindres bruits provoquaient à Tinteneur de Toreille gauche un pénible retentissement. Au bout de viog-quatre heures, lorelllc et la iatigue avaient repri» leur Ki>nsioîlité normale : mais les signes de la paralysie faciale persistaient. Ib avaient acquis leur maximum de développement à Tépoque où b malade vint consulter M. Magendie.
Ainsi, distorsion des traits, surtout de la bouche et du im^nton, im côté droit. Impossibilité de les redresser, de plisser le front, ni de rapprocher complètement Tune de Tautre les paupièrea gauelies. La lèvre supérieure de ce côté est pendante et paraît fim longue que do cAté droit, Tinférieure est égnlement paralysée dans toute ta moitié gauche. L'intervalle de ces deux lèvres donne issue à un éconlement involontaire de salive. 1^ joue gauche, tiraillée 2i droite, ait tendue, lisse, appliquée sur l<>s dents et les gencives. On la voit m goofler dans Texpiratioii, s*aiïaisser dans Tinspiiation. Pendant le repas, les aliments se ))ortent et s'accumulent du coté gauche. Quand la malade parle, rit, communique queUfiie eicpression à ses traita, la difformité augmente. Ce sont donc bien là tous les signes i'aae paralysie complète de la septiènie (^ire gauche
M. Magendie prescrit le galvanisme et emploie le procédé qui tai a tant de fois réussi dans les affections de cotte nature. Une aigoiUe est implantée dans la glande parotide gant hc : une seconde ■goille est successivement placée aux trous sus-orbitaire, sous« arbkaire et mentonnier du même côté. Nous nuMtuns ces aiguilles m rapport avec les conducteurs de la machine de Clarke, dont on tourne la roue lentement d'abord, puis ensuite un peu plus\ite. Chaque commotion galvanique s'accompagne, dans tout le côté correspondant de la face, de douloureux élancements; mais nous ivmarquons que les muscles se contractent très facilement. Ces léaor^sont continuées chaque jonr de la même maîiière. Quelqueina M. Magendie n'emploie qu'une aiguille, celle de la parotide, mais alors il remplace la si'conile par le bouton d'un dta conducteurs qu'il applique sur la membrane niiupiense de la j<,ue et des lèfres.
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Peu de changement dans les premières séances. Les mascles se contractent un peu mieux dans le moment de Tinflaence da galvanisme, pour retomber ensuite dans leur immobilité. Quant à la sensibilité de tout ce côté de la face, elle est parfaitement intacte.
Vers la sixième séance (9 avril) , il est survenu d'important! phénomènes qui sont le prélude de complications nouvelles dans h marche et le siège de la paralysie.
Deuxième période. — Redressement passif des traits : paralysie de la septième paire droite, — La déviation des traits diminue notablement. La bouche est moins tiraillée à droite ; en un mot, Il paralysie, au premier coup d*œii, semble être en voie de guérison. Mais est-ce là une amélioration bien réelle ? — Consultons les symptômes en les isolant. Les mouvements sont à peu près aussi impofisi* blés du côté gauche qu'ils Tétaient auparavant ; de plus, ils sont devenus difficiles du côté droit, où ils étaient restés intacts jusqu'alors. Ainsi, de ce côté, Tœil se ferme h peine, le front ne se plisse presque plus, le sourcil devient tombant, tous phénomènes qni ont signalé le début de la paralysie de la septième paire gauche. Il n'y a donc point amélioration ; c'est, au contraire, une paralysie nouvelle qui commence à envahir la septième paire du côté droit.
M. Magendie, dans Tespoir d'en arrêter les progrès, soumet oe côté de la face à l'action galvanique. Mais les muscles se contractent moins bien qu'à l'étal normal. Nul doute, par conséquent, que la septième paire du côté droit ne soit bien positivement compromise à son tour. Mêmes applications galvaniquesdu côté gauche. Les contractions sont plus prononcées de ce côté, ce qu'il faut en partie attribuer à ce que les muscles antagonistes opposent moins de résistance.
La malade a ressenti, dans la journée du 12 avril, cet engourdissement du côté droit de In langue et cette surexcitation de Touîe que nous avions mentionnés lors de l'invasion de la paralysie gauche. Ce sont donc littéralement les mêmes phénomènes pour la droite.
Malgré plusieurs séances successives, la paralysie de laseiuiènne
paire droite contiuue à faire des |>rogrè8. Elle esl maiiuenaot (iSavnl) ainsi complète que celle de la septième paire gauche. A ce degré de maladie, voici quel est l'état de la face :
Il n*y a plus la moindre déflation des traits. Ceux-ci sont réguliers, mais immobiles, impassibles, à tel point que les sensations intérieures ne se traduisent au dehors que par des changements dans la coloration du visage. Les yeux, largement ouverts, paraissent pins grands que de coutume. I^ malade essaye-t-elle de les fermer, elle ne le peut, et il reste entre les paupières un écoulement assez considérable qui laisse apercevoir la teinte blanchâtre de la conjonctive. Les larmes coulent involontairement sur les joues, le front ne peut plus se plisser. Les sourcils, obéissant à leur poids, pendent au-dessus des orbites, ce qui donne à la physionomie une effrayante expression. Affaissement des narines; souvent, dans les fortes inspirations, elles se rapprochent de h cloison nasale au point de former soupape et d'intercepter complètement le passage de l'air. Les lèvres ont perdu toute faculté contractile, aussi le parler est-il devenu très embarrassé, surtout pour la prononciation des mots DÛ se trouvent des lettres labiales. A chaque mouvement respiratoire, les lèvres, comme deux voiles mobiles, sortent et rentrent, sebn la direction du courant de Tair* La mastication est pareillement très pénible, car les aliments se portent de chaque côté entre les gencives et tes joues, et la malade est obligée de se senir des doigts pour les ramener sous les dents. Les joues sont flas(|ues, pendantes, ce qui rend la figure plus longue et la fait paraître vieillie. D'après ces phénomènes, il est manifeste que, de chaque côté, les muscles soumis à TinOuence de la septième paire ont perdu toute action qui leur soit propre pour ne plus remplir qu'un rôle exclusivement passif. On dirait presque une tétc inanimée sur un corps vivant Cependant la sauté générale de la malade n'a point cessé nn instant d'être parfaite. L*appétit est conservé, le sommeil calme, la tète est libre. La paralysie de la face est donc plutôt ici une incomoQodité qu'une maladie véritable.
M. Magendie galvanise h peu près tous les jours les deux septièmes paires. Les contractions musculaires deviennent de plus en plus
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marque gauche ; elles soûl, au contraire, très faibles du côté droit, c'est-à-dire du côté où la paralysie s*est montrée en dernier lieu.
Troisième période, — Déviation des traits du * côté gauche; guérison de ia paralysie de la septième paire de ce côté. — Vers la douzième séance (18 avril), les traits commencent à se dévier à gauche. Légère d'abord, cette déviation se prononce chaque jour davantage. La malade, qui en avait paru vivement affectée, reconnaît bientôt que ce qu'elle croyait être une nouvelle complication est on symptôme nerveux qui coïncide avec le retour des mouvements dans tout le côté correspondant de la face. Ainsi, du côté gauche, elle peut déjà plisser les lèvres, rider le front, rapprocher les paupières, tandis que ces mêmes mouvements sont encore presque nuls ûm côté droit.
C'est par le degré de déviation des traits que nous sommes avertis de l'amélioration de la paralysie gauche ; de sorte que le même signe qui, dans la première période, nous indiquait le progrès de la maladie , nous indique dans celle-ci le progrès la guérison. Cette contradiction apparente des phénomènes est bîeo de simple à expliquer : dans le premier cas, les muscles du côté gauche devenaient plus faibles ; dans le second cas, ils devienneot plus forts.
A chaque application galvanique, nous obtenons une augmentation de la contractiliié musculaire ; aussi la face est-elle de plus en plus déviée du côté gauche. Si les muscles de ce côté recouvrent chaque jour quelque chose de leur action, ceux du côté opposé ne restent pas statioonaircs. Maintenant (2^ avril), ils peuvent exécuter quelques mouvements par la seule \olouté de la malade, et le galvanisme les fait se contracter bien plus fortement. Mais, qu'on me pardonne cette expression, ils sont en retard par rapport aux muscles du côté gauche. Ceux-ci étaient déjà eu voie de guérison que ceux-là n'avaient éprouvé aucune amélioraUlMi sensible. De h prédominance des premiers iur les seconds.
Nous voici arrivés à la dix-huitirme séance (28 avril), I^ déviation ()ersiste, bien que de chaque côte les progrès conliuuenL Ils
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sonl tels du côté gauche que les mouvements de ce côté {Kiraissent être entièrement rétnblis.
Quatrième p^iode. — Ifpdressement actif des traits, (piéri'êonde lajHxralysiede ta septième paire gauche. — Les muscles du côté droit se contractent de jour en jour davantage, et |)ar suite la déviation des traits tend à s'effacer. Le redn'ssement de la face n*est plus ici, comme dans la seconde période, Tindice d*une double paralysie, mais, au contraire, d*une double guérison. Ainsi, du côté droit, les mouvements reviennent de la même manière qu'ils sont déjà revenus du côté gauche. Les larmes et la salive ne s'écoulent plus involontairement, la narine ne s'affaisse plus dans l'inspiration ; h malade n'a plus besoin du secoursdes doigts |)our ramener les aliments sous les dents : eu un mot, ce sont les mêmes sym|)tôiu«s d'amélioration que nous avons observés du côté gauclie, alors que la paralysie de ce côté était nrès de dLS|)araître.
A la vingt-cinquième séance (8 mai) , les traits paraissent redevenns réguliers, quand la face reste immobile; mais |)our pen que la malade parie ou rie, on ^marque encore une légère déviation do côté gauche. — A la trentième séance (15 mai), la face a repris wm expression normale. Tous les mouvements sont libres, et dans quel* que sens «fue la malade les exécute, on n'a |)erçoit plus que les traits se dévient d'aucun côté. La paralysie devait donc être regardée comme entièrement guérie, n'était encore un |xîu d'embarras dans h prononciation de certains mots qui exigent spécialement l'action des lèirres; par exemple, la malade ne dira pas couramment papa^ mais jpa — pa, en mettant un petit intervalle entre les deux syllabes. Aussi M. Magendie jugc-t-il quelques applications galvaniques encore nécessaires. Dans les séances qui ont suivi, les aiguilles ont été implantées directement dans les muscles d(»nt les contractions n'étaient |)oint tout à fait assez nettes : de cette manière, les miMcles ont été plus vivement stimulés que quand les aiguilles étaient placées aux deux extrémités du nerf. 11 n'a plus fallu qu'un petit nombre de séances pour que la prononciation fût redevenue aussi facile qu'avant l'invasion de la paralysie.
Pendant les premiers jours qui ont suivi la guérison, les yeux
sont restés un peu larmoyants par suite de Taction irritante qpt Tair avait exercée à leur surface alors que les paupières ne pouvaient se fermer. Le retour et la persistance des mouvcmenls de cligoe* ment ont promptcment fait cesser cette légère incommodité.
Depuis cette époque, mademoiselle X... n*aplus éprouvé la moindre gêne dans les mouvements de la face. Ses traits ont repris toute leur vivacité, toute leur expression, et il ne reste aujourd'hui aucune trace des deux paralysies.
Cette observation est d'autaut plus intéressante qu'elle offre successivement les phénomènes d'une paralysie simple, puis ceux d'une paralysie double.
Cette paralysie néanmoins est un cas simple dans lequel on n'a pas signalé de troubles du côté des organes intérieurs. M. Ricord a eu, dans son service à Thôpital, un malade affecté d'une paralysie double du nerf facial, chez lequel il n'y avait que l'immobilité extérieure de la face sans aucun désordre des organes internes. La déglutition, la gustation étaient restées sans lésions apparentes.
D'autres fois au contraire, il y a, en même temps que les signes extérieurs de la paralysie de la face , des troubles du côté de la langue et du côté du voile du palais. Ces troubles peuvent exister tantôt avec une paralysie d'un seul côté, tantôt avec une paralysie
double.
Dans les paralysies du facial, beaucoup de malade) se sont plaints d'une altération du goût. Ce symptôme, signalé d'abord par M. Montault, a été souvent observé depuis. Cependant ce phénomène n'est pas constant et il est des malades chez lesquels on ne le
rencontre pas. Il était assez naturel d'attribuer cette lésion du goût à une altération de la corde du tynipan, ce nerf établissant la seule communication anatomique qui existe entre la langue et le facial. Lorsqu'on a examiné avec soin les malades chez lesquels une lésion du goût se rattachait à la paralysie du facial, on a vu que l'altération remontait très haut. On ne robser>e pas dans les affections de la portion superGcielle du facial, dans les paralysies dont la cause n'a atteint que les branches superficielles du nerf.
Or, nous verrons en effet que ce phénomène s'observe chez les animaux auxquels on a coupé la corde du tympan.
Lorsqu'un malade offrant la lésion du goût qui nous occupe vient à tirer la langue , et qu'on dépose une substance sapide, de l'acide citrique par exemple, alternativement du côté sain et du côté malade, la sensation d'une saveur acide est immédiatement et très nettement perçue du côté sain. Du côté de la paralysie, au contraire, il y a seulement perception d'une sensation obscure, et encore cette sensation n'esl-elle pas immédiate.
Si, après cette épreuve, on vient à toucher la langue alternativement à droite et à gauche, on peut voir que la sensibilité générale est parfaitement nette des deux côtés. Ces observatioas, faites sur l'homme, montrent donc que les paralysies profondes du facial s'accompagnent, non pas d'une abolition complète de la faculté gustattve, mais d'une diminution et d'une perversion notable de cette faculté sensitive.