PARALYSIE DU NERF FACIAL
nous avons seulement h nous occuper ici : les traits sont considérablement déviés et la paralysie du mouvement est complète do côté gauche de la face ; la sensibilité est conservée partout. Les paupières ne peuvent s'occlure ; la vision est intacte pour l'œil du côté paralysé, seulement il y a parfois un peu d'épophora. L'ouïe est tout à fait perdue à gauche et Técoulement purulent existe toujours assez abondant. Les mouvements de la langue sont libres, la luette n'est pas déviée ; il y a un peu de gêne pour la prononciation des labiales. La gustation offre une différence remarquable du côté droit et du côté gauche de la langue. Quand on place à gauche du iBulfate de quinine, par exemple , la saveur y est plus faible, et il faut un certain temps pour qu'elle soit |)erçue, tandis que du côté droit, le malade la reconnaît et l'apprécie instantanément. Ces observations faites par M. Rayer furent répétées souvent devant les personnes qui suivaient sa visite. La paralysie faciale fut attribuée à une lésion de la septième paire consécutive à une affection tuberculeuse du rocher. Pendant toute la durée du séjour du malade à l'hôpital, l'écoulement purulent de l'oreille ne discontinua pas; il ne survint non plus aucun changement dans les phénomènes relatifs à l'hémiplégie faciale , si ce n'est une petite tumeur allongée et douloureuse à la pression qui apparut au-devant du conduit auditif externe. Les symptômes de la phthisie pulmonaire marchaient toujours, et le 15 décembre 1868 le malade succomba.
Autopsie. — Les poumons présentaient de vastes cavernes; tous les ganglions bronchiques et ceux (iu cou étaient considérablement engorgés de matière tuberculeuse. C'est à une altération de cette nature qu'était due la petite tumeur qui s'était développée au-<levant du conduit auditif externe du côté gauche, etc. Je recherchai avec beaucoup de soin les altératiojis pathologiques relatives au nerf facial gauche. A ruuveriure du crâne , et après avoir soulevé le cerveau , on voyait, du côté gauche, sur la duremère qui recouvre la face externe et supérieure de la base do rocher, une solution de continuité de forme arrondie, de deux centimètres de diamètre environ. On apercevait dans ce point dé-
nadé la substance osseuse du rocher ; la portion qui répondait à la partie supérieure de Toreille moyenne était dure et nécrosée, tandis que plus bas, au niveau de l'hiatus de Fallope, Tos pétreux friable et infiltré de matière tuberculeuse ramollie, permettait au stylet de pénétrer à traders cette substance jus({ue dans la caisse du tympan. La partie correspondante du lobe moyen du ceneau participait à ces altérations ; on y voyait une perle de substance de la même grandeur, creusée en forme d'ulcération de 3 millimètres environ de profondeur, et offrant un fond jaunâtre et a)mme induré. Au pourtour de cette perte de substance du cerveau, les méninges cérébrales avaient contracté des adhérences avec les I)ords de la dure-mère pétreuse, et de cette façon le pus du foyer circonscrit s'écoulait par l'oreille moyenne. Le nerf de la septième paire (portion dure et portion molle) était altéré jusque \ers son origine : ^ son entrée dans le conduit auditif interne, il présentait sur son trajet une |>eiite tumeur ovoïde blanchâtre, visible dans rinlérieurdu crâne. Celle petite tumeur éiait duo à de b matière tuberculeuse infiltrée au-dessous du névrilème. En suivant avec précaution le facial dans le canal spiroîde du rocher, il était gonflé, jaunâtre , et offrait la même dégénérescence tuberculeuse jusque Tcrs son premier coude environ. Mais dans ce |>oint, on perdait le nerf, et il disparaissait au milieu de la masse tuberculeuse ramollie qui, envahissant roreillc moyenne, s'étendait au loin dans les cellules mastoïdiennes désorganisées et remplies de pus. l)*après l'examen attentif delà pièce, tout porte à penser que c'était là le point de départ de raffection, qui s'était ensuite propagée dans le crâne par rhiatus de Fallope, et, vers l'origine du nrrf, i ar le conduit auditif interne. Le facial, avons-nous dit, avait complètement disparu an milieu de ces altérations |)rofondes : ce n'est que vers l'extrémité inférieure du canal de Falloj)e qu'on retmu\aii le bout périphéricpe altéré et gonflé; de sorte que, dans tonte sa portion pétreuse, le nerf facial était dégénéré ou désorganisé par la suppuration. Les branches du trijumeau, et le nerf lingual en particulier, furent examinés avec beaucoup de soin : on n'y découvrit aucune lésion.