‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 3)Chapitre 41 sur 99 · AI · texte numérisé non relu

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SOMMAIRE : Portion intra-crânienne de la septième i>aire (suite). — SectkNida facial dans le crâoe ; avulsion do facial. — Son Indépendance du nerf de Wrisberg. — Altération du goût produite chei le chien par la section du facial dans le crâne. — • Rameaux fournis dans le rocher par le nerf intermédiaire de Wrisberg. — De Texcrétion salivaire sous-maxillaire. — Action de la corde du tympan sur cette sécrétion. — Expérience. — Mécanisme physiologique de la sécrétion sous-maxillaire. -^ La section de la corde du tympan, qui supprime la sécrétion sous-maxillaire , laisse persister la sécrétion parotidienne. -» L'excrétion parotidienne n'est pas sous la dépendance du nerf fadal* — L'excrétion parotidienne, supprimée par la destruction du nerf de Wrisl)erK, peut s'effectuer lorsque le ganglion spbéno-palatin qui reçoit le grand nerf pétreux a été seul détruit. ~ Les sécrétions sallvairet peufent-elles être déterminées par une sensation partie de l'estomac 7

Messieurs,

Après nous être arrêtés sur une distinction à établir entre les différentes parties de la septième paire, et l'avoir s^puyée d'arguments empruntés à la pathologie, il nous reste à vous présenter les. raisons expérimentales qui viennent confirmer les résultats de Tobservation clinique.

En effet, pour connaître les fonctions d'un nerf, on fait usage de plusieurs moyens.

La section de ce nerf supprime les manifestations fonctionnelles qui sont sous sa dépendance ; ensuite Tanatomie pathologique peut, dans certains cas, offrir de précieuses ressources et faire apprécier des nuances moins tranchées.

ARRACHEMENT OU NERF FACIAL. Iftl

Tai fait, il y a une quinzaine d'années, quelques essais qui m'ont permis d'observer sur des chiens des lésions semblables à celles que nous avons notées chez r homme. J'avais coupé le facial dans le crâne en y pénétrant par le trou de passage de la veine mastoïdienne qui se rend dans le sinus occipital. L'instrument introduit par ce trou était dirigé vers l'origine de la septième paire pour en opérer la section. Les symptômes étaient notés avec soin et l'autopsie montrait si l'on avait produit la lésion cherchée. Les résultats que j'ai obtenus ainsi sont parfaitement d'accord avec ce qu'on observe chez l'homme dans les cas de paralysie des deux éléments du facial .

Une autre donnée me permit de varier les conditions de l'expérimentation. Ayant cherché quels pouvaient être les moyens de détruire le nerf accessoire de Willis sur lequel je faisais alors des recherches, je songeai à l'arrachement. Pour cela il suffit d'une traction opérée sur ce nerf qu'on saisit avec des pinces à sa sortie du crâne. Le succès qui avait couronné mes tentatives d'avulsion du spinal me donna l'idée d'essayer d'arracher le facial. Je vis alors que la chose est à peu près impossible chez les chiens, dont le tissu cellulaire est dense et ferme, tandis que l'opération réussit assez facilement sur les chats et les lapins.

Cette expérience peut fournir un argument d'une grande valeur pour prouver l'indépendance du facial et du nerf de Wrisberg. En eflet, on arrache quelquefois le facial seul , le nerf de Wrisberg restant intact, ainsi que le ganglion géniculé. Si ces nerfs n'étaient pas dis-

l/i2 EFFETS PRODUITS SUR LA LANGUE

tincts, on ne pourrait pas, ce me semble, arracher Tun sans Vautre. Cette expérience permettrait d'observer les symptômes qui suivent la destruction complète du facial et de ses branches externes, les nerfs pétreux et la corde du tympan restant intacts. Mais malheureusement on ne réussit pas toujours, et souvent on arrache en même temps que le nerf facial le nerf de Wrisberg et le gangUon géniculé.

Lorsque avec un instrument introduit dans la caisse du tympan on détruit le facial à son entrée dans le canal de Fallope, on observe alors non-seulement les phénomènes notés du côté de la face, mais en môme temps des désordres internes liés à la paralysie des filets que le facijal fournit dans le crâne.

On retrouve alors une altération du goût qui, signalée déjà dans les observations pathologiques, ne se montre pas lorsque le facial est détruit seulement dans sa partie superficielle ou dans les cas pathologiques qui, chez Thomme, n'affectent que la partie extra-crânienne de ce nerf y comme on le voit dans certaines paralysies rhumatismales.

Nous avons déjà insisté sur les symptômes de la paralysie profonde du nerf facial, qu'elle ait été produite par une fracture du rocher, par la carie de cet os qui s'observe quelquefois chez des phthisiques, ou par toute autre cause. L'un de ces symptômes est une altération du goût qui a été constatée depuis chez l'homme par tous les observateurs.

Cette altération du goût , j'ai pu la constater aussi chez le chien. Il faut^ pour y arriver, beaucoup de

PAB LE NEBF FADAL. 163

patience. J'avais coupé le facial dans le crâne sur un chien 9 en introduisant, ainsi que je Tai dit tout à Theure, Tinfllrument par le trou de la veine mastoïdienne. Puis, j'avais apprivoisé assez bien Fanimal pour qu'il se laissât facilement mettre sur la langue les substances sapides qui me servaient de réactifs pour sa sensibilité gustative. L'examen de la langue ne montrait au point de vue delà sensibilité tactile, aucune différence entre le côté sain et celui qui correspondait au facial coupé. Mais on obtenait des effets tout à fait différents lorsqu'on plaçait un corps sapide alteniativement sur le côté sain et sur le côté paralysé. Je me servais d'acide tartriqueen poudre. Son contact avec la muqueuse de la langue, du côté sain, faisait naître une sensation instantanée ; l'animal

retirait immédiatement la langue. Lorsque Tacide tartriqué était déposé sur le côté correspondant à la section, la sensation n'était plus perçue aussi rapidement; le chien ne retirait pas la langue de suite et il la retirait moins vivement : la sensation paraissait émoussée.

C'est aussi ce qui se passe chez les malades qui accusent dans ce cas une sensation obtuse, mais non une insensibilité absolue. Nous verrons plus tard comment on doit expliquer ce phénomène.

Nous avons également constaté chez des lapins, après la destruction du facial dans la caisse du tympan , une déviation de la langue et de la gène de la déglutition. Qiez les chiens, nous avons observé une action remarquable sur les glandes salivaires. Nous allons examiner successivement ces symptômes et rechercher leur explication physiologique. Cette explication ressortira de

l&A CORDE DU TVHPAK.

l'étude que nous allons faire du nerf iatennédiaire dâ Wrisb^ et des ganglions sous-niaxitlaire, subliugual, spbéQO-palatin, otique, qui se trouvent sur son trajet.

Les différents rameaux que fournit le nerf intermédiaire de Wrisberg sont : l" la corde du tympao, ^n rapport avec les gansions sous-maxiltaire et subliagual; S" te grand nerf pétreux superficiel, eo report avec ]e ganglion spbéoo-palalin ; ^^ le petit nerf pétreux superâciel, en rapport avec le ganglioD otique. Eofiiif nous aurons à discuter si te Glet qui va au muscle de l'étrier doit être considéré comme provenant du facial ou du nerf intermédiaire de Wrisbei^. ,l J

Examinons d'abord les fonctions de la corde du-i|)|fiv^j ■pan{fig.6et7): 'J

Lorsque après avoir engagé un tube dtuis le conduit d||îj la glande sous-maxillaire mis à découvert, on place uqhJ substance sapide sur la langue, on voit s'i^couler la sAkfi live. On a admis que cette action était provoquée {WTt 1 l'entremise du nerf lingual. ,

Comment s'opère cette transmission de rexcitatioo*^ d^Hiis le uerf lingual jusqu'à la glande ?

Évidemment ce ue peut être , comme on avait pa le croire autrefois, par «les filets directs faisant communiquer la muqueuse linguale avec la glande, par l'iotermédiaire du ganglion sous-maxillaire. En e0et , si on coupe le nerf lingual au-dessus du ganglion sous-maxillaire, l'application d'une substance sapide sur le c6té eorrespondant de la langue n'excite plus la sécrétion salivaire. Alors Texcitation galvanique du bout périphérique du lingual coupé reste également Impuissante à

"(Sfeîsk i

produire la sensation, mais la galvanisation du bout central proroque la sécrétion, pourvu toutefois que ce bout central communique encore avec le fîanfïlion sousmaxillaire.

On explique ta s(*crétion salivalre par nue fiction réflexe à laquelle preudrait part, comme cela a toujours

U en pareil cas, un nerl' sensilîf et uu nerf moteur. 1^ ijiiestion est maintenant de savoir si l'action motrice ap-

[i) Dijipûjitîofi dt la oordt du tympan cAe: l'homme. — A, trono lit U dnqaltme paire ; — B, mri facial offrant lers son coude l'origlae du nerb pétrens , et dans sa porlion desceodinle , pour CRtic pièce en particulier, one wne d'IalninCKence gangliforme C, d'où nali la corde du Ijinpail ; — U. oert dentaire coupé ; — E, corde du tToipao Mjparéc, par ladlMectlon, du nerr lingual ; on voit en F. tin Hlei du n<TMtngiiftl , Sm. I

ilid SECT. DE LA CORDE DU TYMP. DANS L*OREILLE MOYENNE.

partieiit au maxillaire inférieur de la cinquième paire ou à un autre nerf. On peut , dans Texplication de ce phénomène, faire intervenir le facial et attribuer Faction motrice k un filet venant de ce nerf, et qui serait la corde du tympan. On savait déjà que, quand on irrite les filets qui se séparent du nerf lingual pour se rendre à la glande, on provoque la st^crétion salivaire ; mais on n'a jamais agi sur la corde du tympan elle-même avant son union avec le lingual.

Nous allons vous montrer l'effet que produit la section de la corde du tympan sur la sécrétion de la glande sous-maxillaire. L'expérience a été préparée: on a mis à nu le conduit salivaire de la glande sous-maxillaire, dans lequel nous allons introduire un tube par lequel vous verrez couler la salive. Avec un fil nous soulevons le filet lingual qui, du ganglion sous-maxillaire, va à la glande ; plus tard nous agirons sur ce filet.

Maintenant on met du vinaigre dans la gueule de ce

qui para!! ensuite y rentrer en H ; une autre portion de b eofde di tympan va se rendre au ganglion sous-maxIllaire G , ttndls qa*ne de ses difisions suit le nerf lingual; ^ F, filet buccal proTenani da nerf lingual ; — G, ganglion sons-maxillaire recerant un filet de la corde du tympan , et envoyant des rameaux en arrière qui se distribuent à diverses parties delà membrane muqueuse buccale, probablement dans les glandules qu^elle renferme ; j*ai pu suivre un de ces rameaux très long, jusqu^à une masse glandulaire du voile du palais et du pharyns; — N, filet allant à la glande sublinguale M ; — I, nerf lingual ; — K, artère méningée moyenne entourée par des rameaux sympathiques communiquant avec la corde du tympan ; — L, filet faisant communiquer le nerf maxillaire inférieur avec la corde du tympan ; — M , glande sublinguale ; — N, rameau nerveux venant du ganglion sous-maxillaire et allant à la glande sublinguable ; — O , glande sous-maxillaire ; — I\ conduit delà glande sons-maxillaire; — M, glande sublinguale.

AEltT DE LA SECTION SAUVAIRB SOUS-MAXlLLAnE. 1A7

chien : la salive coulo par le tube. L'application du vinaigre a déterminé une sensation , cette sensation a donc dû produire une réaction motrice sur la glande , car les actions motrices sont toujours les manifestations définitives.

Nous allons maintenant chercher à couper la corde du tympan dansToreille moyenne, puis nous verrons ce qui en résultera. C'est une expérience que je n'ai encore jamais faite dans ce but spécial. La corde du tymjian est excessivement difficile à atteindre dans les diverses parties de son trajet. C'est un nerf très grêle qui naît du facial dans le canal spiroïdo, à quatre ou cinq millimètres au-dessus du trou stylo-mastoïdien , se dirige en haut et en avant et pénètre dans l'oreille moyenne qu'il traverse d'arrière en avant : là, ce filet se trouve isolé dans un très court espace entre Teuclume et le marteau, après un court trajet de six à huit millimètres, il passe vers la fissure de Glaser, et sort du crâne au voisinage de J'épiqe du sphénoïde.

Pour couper ce nerf, le moyen le plus simple est de Tattiquer dans le point où il est libre dans la caisse du tympan, en y entrant par le conduit auditif externe. Pénétrant dans cette cavité avec un instrument tranchant, analogue à celui que nous employons pour la section de la cinquième paire, nous dirigeons le tranchant en haut, et inclinant le manche en bas, nous accrocherons le nerf de telle façon qu'il est presque impossible de ne pas le couper. Dans tous les cas, l'autopsie de Tanimal nous montrera s'il a été effectivement divisé. Une sensation de papier déchii*é, accompagnée d'un bruit que vous avez

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