‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 3)Chapitre 73 sur 99 · ALTÉRATION DES POUMONS · texte numérisé non relu

ALTÉRATION DES POUMONS

D'autre part, des travaux entrepris sur le même sujet nous montrent que cette altération peut être fort légère, qu'elle peut même manquer complètement. Dans leurs expériences sur le pneumogastrique, de Blainville et Proyençal n'ont trouvé aucune altération anatomique dans les poumons d'animaux qu'ils avaient fait périr en leur coupant les pneumogastriques. Ils en avaient conclu que ces animaux mouraient , non par l'appareil respiratoire, mais par l'appareil digestif; qu'ils mouraient de faim.

Les expériences de de Blainville et Provençal montrent seulement que l'altération du poumon n'est pas constante, qu'elle peut manquercomplétement, sans que les animaux survivent pour cela à l'opération ; que par conséquent l'opinion qui veut trouver dans cette altération pulmonaire la cause de la mort par section dtt nerfs pneumogastriques est une opinion erronée.

Enfin cette lésion du poumon n'existe pas chez les oiseaux, bien que chez eux, comme chez les mammifères, la section des pneumogastriques soit mortelle.

Répétant à mon tour Texpérience, qui consiste à couper les nerfs pneumogastriques dans la région du cou, et à suivre les perturbations fonctionnelles ou anatomiques qui en sont la conséquence, je suis arrivé à des résultats variables. Toujours ou presque toujours (j'aurai à revenir sur cette restriction), les animaux ont succombé dans un temps, qui avarié de quelques heures à trois ou quatre jours. Mais tantôt j'ai rencontré les lésions pulmonaires signalées par Legallois, tantôt les poumons étaient complètement exempts de cette infiltration san-

B», SftT. IIBtT. — u. S3

454 If««F PffEUMOGASTpjQUE.

giiine signalée. Je me suis dès lors attaché à chercher chm les conditions de Texpérienoei la raisoq de celte divergence des résultats, et je crois l'avoir trowvée.

GçUo caroifîcation du poumon se montre plus spéci^emept pbez; les jeupes animaux, chez ceu« qui sont m m^me t^ps plus petits, cpmme les lopins , ou Içs cochpRs d'Inde. Pn lapin jeune, wquel qd a coupé les pneupiQiJWtriques^ meurt généralement avant vingtquatre beurei» ; or, si on le sftcri&e une heure après

Topération, on trouve déjà de la congestion ; un peu

plus tord, un épancb^mpot «oguin sç faitj les poumons sont alors marbrés par le sang; l'anin»^ périt plus tard réellement asphyxié,

Mais cette asphyxie n'est qu'aocidentellÇi il y a en effet des animiE^Ux qui ne réprouvent pas et qui n'en meurent pas moins. J'ai vu des chiens survivre trois ou quatre jours à Topération sans présenter de signes d'asphyxie et conservant les poumons sains et le saog vtériel parfaitement rouge,

Lorfquon a coupé les pneumogastri^uçif 4 un animolf la mort qui survient rCest donc pas nécessçLiren^eni la epnséquençe de Vasphyxie.

M. Traube, de Berlin, a expérimenté sur des lapins pour tâcher de saisir la cause de l'altération que présentent chez eux les poumons. )l a cru rçowrquer que, chez eux, l'altération des poumons était due à rintro^uo tion, dans les bronches, des liquides sécrétés dans la bouche ou remontant de l'estopiac dans l'œsophage paralysé. La présence de ces liquides dans les brondi^ expliquerait, suivant cet auteur, l'asphyxie et les altéra-

ALTÉaiTiON DES POUMONS. 365

tkNm ipatomiques qui raccompagpant. Les observations de M. Traube sont exactes en ce que les phénomènes qu il ngnale sont possibles ; mais je ne saurais admettra les ûQDolusioQg quil ep tire, parce que l'introduction des liquides dans les bronches n'est pas plus nécessaire pour prodiûre l$s désordres an^tomjques observés dap« les pompons, quaceg désordres m le sont eM&^piémw ppvr pNMlHiro U mortf C'est 1^ eocpre un accident qpi vjent s'ajOMtar au pbéponiànet mtis qui m est indépepditii): «( M mimt â^Q ragvdé GOfnme sft cause productrice,

En effets on peut, chez les mêmes aniipaux, empâr <Aer les wUPPftitéSi les liquides v^p^ot du pt)AryRX d'§ntfer dang ]m bronches, la congestion pulpiouair» p'ep a pas moius lieu. Pour le voir, j'ai prii deH% l^pips et j^ai, sur tous d6U]^y coupé les nerfs ppeupiogaslriqu^s, comme nous le rapporterons plus t^rd. EJpsuite, j'^ pf^qué sur rpn d'eu?^ la trachéotomie, et introduit dans la trachée une canule gui a été convenablement liter U est évidept que che^ pe derpiery aucun liquide 06 pouvait pénétrer dans la trachée, qui pe commupiqpait plu« qu'avec l'ei^ti^rieur directement. Tout deux o^pdapt opt iHiocombé m même temps, prâ;eptant les att^rations du poumon à up même degré.

(^ ef périepces qui suivept montrent que chez les iWimAHi^ de m^^^e espèce (chiepsj, pu peut trouvpr tjinUH cette itération et taptêt la voir pianquer. Ces Qipéri^pfîes poptiennepten outre de» observations hémométriques qui ont été faites en vue de constater l'influence de la seption des vagues sur la pression du S4ng 4fim Ip «y^t^me artériel. Nous donnons ici ces résultats

356 I^EBF PNEUMOGASTRIQUE.

quoiqu'ils se rapportent en partie ii un sujet sur lequel nous aurons à revenir plAs loin.

Eœp. — Sur une chienne de taille moyenne, on fit la section des nerfs vagues dans la région moyenne du cou.

Avant l'opération, les pulsations étaient au nombre de 72 à 75 par minute avec l'irrégularité etrintermittence qui s^observent chez les chiens. Les respirations étaient au nombre de 16 à 17 par minute. L'hémodynamomètre placé alors sur l'artère carotide droite oscillait de 150 à 210.

L'instrument restant en place, on fit la section du nerf vague droit ; les pulsations atteignaient le chiffre de && par minute, avec de grandes intermittences. Oo comptait 11 respirations par minute. L'hémodynamomètre oscillait de 180 à 230 au moment même de la section du nerf ; puis, au bout de dix minutes environ, il était revenu de 75 à 105.

L'instrument restant toujours en place, on fit la section du nerf vague gauche. Alors, après la section des deux vagues, les pulsations devinrent si nombreuses qu'on ne pouvait plus les compter, et elles n'offraient plus aucune intermittence. L'hémodynamomètre , au moment même de la section du nerf gauche, l'animal restant calme, monta jusqu'à 2&0, 250 et 260; la chienne fit à ce moment des efforts tellement violents, que l'instrument échappa de l'artère d'où s'écoula une certaine quantité d'un sang rutilant.

Après une demi-heure, l'animal étant calme, on réappliqua l'hémodynamomètre ; les pulsations n'étaient

plus que de 80 à 85, et les respirations de 6 à 7 par minute.

Après la section des deux nerfs vagues, on remarqua que le plus grand abaissement de la colonne mercurielle coïncidait avec l'expiration, comme cela se voit d'habitude.

D'abord l'animal avait eu la respiration libre ; mais, trois quarts d'heure après, il fut pris d'une gène de la respiration excessivement prononcée, qui semblait tenir à la présence de mucosités qui venaient peut-être de l'estomac.

Le lendemain, 19 octobre, seize heures après la sec* tion des vagues, l'animal était plus calme, quoique sa respiration fût toujours gênée. Pulsations de l&5à 150, sans irrégularité. L'hémodynamomèlre, appliqué sur la même artère que la veille, oscillait de 1/iO à 170, puis rasuite il baissa et oscilla de 120 à 130, puis de 110 à 90, lorsque l'animal devenait parfaitement calme. Le sang était noir dans l'artère, tandis que la veille il était rutilant. Quand on mettait l'animal dans la position horizontale, il y avait vomiturition d'un liquide alcalin, Inlieux, venant de l'estomac. L'inspiration et l'expiration étaient séparées par un temps considérable, pendant lequel la colonne mercurielle se tenait toujours à son minimum.

On pinça alors le bout supérieur du nerf vague gauche qui était très peu sensible ; ce pincement parut donner lieu à un phénomène singulier de frémissement dans le côté correspondant de la face ; la température prise dans le rectum de l'animal était de 35*5.

398 NERF ftiEbiKTOJlWRIQUE.

Le iO octobi«, t|barante heures apfès ropéfatk», l'animal fut trouvé mort. A l'autopsie, on vit le» poumons gdrgés de Mng dans leur tissu, t/estoniad était rempli d'un liquide jaune-verdfttre^ bili0U]t,lileftliD^qai reflliait directetneât par l'œsophage flaiKjue et pinlyid, lorsqu'on venait à comprimer l'estomac. Cette sorte dé réfluxi qbi âvdit lieu ijUaild l'anltnal était datte Ift {MSition borttdtitAle, itVait mmé se pTodOire fMiidiitft Ift ti«i

Éaip. ^ Dand tiii atitfe cas tiôM atoos m MiPttmir d^ l^hétûoptysie aprds la section dés uerfs vague» ! sur ut chien adulte et en pleine digestion, on reséquA les dam

derf^ vagtfeë dttùs la région ititrjfetitie du oa«« O obien

jpfjrésëdtfiùt lès symptômes ordinaires de la lectâon dit vagbe6 ; seulement^ vingt-quatre heures ftprès^ Is re»^ piration devint beAuoonp fdtttf^née, le chien fut prii d'uùe faéhioptysië abondante ià ùtbiirut quelque» beurei Après. A l'Atitapftie^ on trouva le» poumons marbré^ edmniecArniflé»^ avec des mucosiiéëAangttinoleHtaftdatt lèsbroneheâ.

Sœp^ -^ Un tiettx ehien^ de taille moyennei étiot couché sur le dos^ on compta, l'animal étant OBkan^ de 88 à 90 pulsation»! et 13 ou Sft respiration» par mioute.

Alors on fii une incision dans la région du oou et w isola les deui nerfii vagues au^lessou» desqucd» ou piM une anse de fil.

On compta de nouveau les pulsation» qui étaêeut alors au nombre de 9A, et les respirations au Dombra de 13 à 10i

On plaça rbëmodynamomètre sur lacarotidadroîte}il accusait une pression de 160 à 180 millimètre».

ËXPÉRIENCIsS. 559

On fît alors la section du vague gauche, Thémody- Damomètre restant en place. Aussitôt il y eut une accélération comme convulsive des pulsations ; Tanimal s^agita, fît des efforts, et la pression monta dans l'instrument de 180 à 220, peu à peu le calme se rétablit; mais l^hémodynamomètre allait encore de 160 à SOO millimètres.

tin quart d^heure après la section du premier nerf, on coupa le vague du côté droit, Thémodynamomètre étant toujours appliqué. lAnimal s'agita de nouveau et le mercure monta dans l'instrument de 260et270 millimètres. Le calme revint peu à peu, et la pression resta stationnaire entre 250 et 260 pendant un quart d'heure environ qu'on observarinstrument. Les pulsations étalent devenues régulières et excessivement précipitées. Les respirations étaient rares. L'aniinal perdit un peu de sang artériel qui était parfaitement rutilant, ce qui proiivait que la respiration n'était point gênée; ce chien était, du reste, calme.

Peu à peu, la pression baissa ; et, dails ce tnoinënt, on aperçut très bien les effets de la respiration : à Chaque lUspiration, il y avait soulèvement de la colonne mercuriélle, et abaissement au moment de respiration. Mais la quantité dont la colonne niercurielle s'abaissait était totijours plus considérable que celle dont elle â'élevait, il eh résultait qu'elle ne remontait j&tnais aussi haut que dans l'ascension précédente, d'où un abaissement successif de la colonne mercurielle. Ce qui fit qu'après avoir observé pendant une demi-heure l'héniodynamotnètre eU place, il était descendu entre 160 et 150.

360 NERF PNEUMOGASTRIQUE.

Alors OU enleva rhémodynaniomètre et on laissa ranimai en repos.

Une heure après, on replaça l'instrument. Le chien avait perdu peu de sang dans toutes les manœuvres. La sang était toujours rutilant dans les artères. L'hémodynamomètre donna alors une pression qui oscillait entre 130 et 150. Les pulsations étaient excessivement faibles et avaient perdu, après la section des vagues, leur intermittence qui était naturelle chez le chien. Les respirations étaient au nombre de 8 par minute, les pulsations de 132.

On laissa Tanimal en repos. Cinq heures après laseotion des vagues, on revit ce chien ; il était calme ; il y avait 6 inspirations par minute et 17/i pulsations. L^hémodpamomètre placé successivement sur les artères carotides droite et gauche oscillait entre 150, 100, et même descendait jusqu'à 80. Il y avait toujours ascension de la colonne pendant Tinspiration et abaissement pendant l'expiration. Le sang était toujours rutilant dans les artères.

Le lendemain 5 octobre, vingt heures après la section des nerfs vagues, le chien était couché, calme, n'avait pas du tout la respiration gênée. Il y avait 5 respirations et 175 pulsations par minute.

On prit Tartère carotide gauche dans laquelle s'était formé un caillot noir. En donnant issue à ce caillot, il sortit un jet de sang très rutilant. On appliqua Thémodynamomètre.

Au moment de l'application dePinstrument, l'animal fit quelques eflbrts et la colonne mercurielle monta à

150, 160, alla même à 200. Peu à peu le calme se réta* but; et, après dix à douze minutes, Tanimal étant bien tranquille, on observa ce qui suit :

Peudant l'intervalle d'une expiration et d'une inspiration, le mercure oscilla entre 70 et 80 ; puis, dans Tinspiration, il monta à 90 pour descendre à 70 dans Texpiration.

Après chacune de ces expériences, l'animal paraissait très faiigué, ce qui accélérait un peu le nombre des respirations. Le lendemain 6 octobre à huit heures, le chien fiit trouvé mort, sans doute depuis peu de temps, car il était encore chaud.

A l'autopsie, les poumons étaient d'une couleur rose magnifique, ne contenaient point de sang épanché et étaient partout perméables à l'air. Les bronches ne contenaient pas de mucosités. La plèvre, sèche, ne renfermait point de sérosité.

Le cœur était rempli de sang coagulé dans toutes ses cavités. Le péricarde était sain ; il ne contenait pas de liquide. L'estomac était vide ; il ne renfermait qu'un liquide biliaire fétide.

Exp. — Sur un chien encore jeune, amené depuis deux jours dans le laboratoire, et qui, depuis ce temps, avait refusé toute nourriture, on fit la section des nerfs vagues après avoir pratiqué une ouverture à l'estomac, dans le but d'empêcher le reflux par l'oBsophage des liquides gastriques.

!• On découvrit l'artère carotide gauche ; les pulsations étaient au nombre de 115 par minute, intermittentes; les respirations, de 13 par minute. On appliqua

362 NERF PNEUnOGASTRlQUE.

rhémodynaniomètre qtli oscillait de lAO à 160.

2^ On fit aloM une incision abdominale et on attira ^r les bords de la plaie la paroi de l'éstdfnac, qu'on olitrit et qu'oii Qxà à la plaie pat* quelques points de suture. L'estotnac était vide; sa tllëmbtàné muqueuse était pâle et Ihide ; il d'éooUla seulement une petite quantité d'un liquide clair, très nettement acide. On chercbë à exciter là surface de restomac, dont la sensibilité était assez obtu^ \ les points^ qdl fultint tou()hé8 deVibrent rouges et comme le siège de vergetufes.

Alors on chercha les deux nerfs Tàgues dati!i la plaie du cou, ils étaient complètement insefiMbles Au piiioSment. On en fit la sectidtl ; et toici ce qui se passa à ce moment du côté de l'estomac :

La couleur pâle de la membrane muqueuse ne ohatigea pas. En promeilflnt le doigt dans l'estoniae, sa surface paraissait plus sèche et il n'y eut pas Cette fbrmàticfh abondante de mucus qui fût obsef vé datis un autre cas (voir plus loin). En introduisant le doigt par le cardia, dans l'oBSOt)hage parAiyèè^ il y pénétrait atecuhe grande facilité, tandis qu'avant la section des vagues cela n'attit pas lieu à cause de la Oôftstrictiôtl de l'oesophage.

Il est à remarquer que, bieti que cet anioial fût jeuM, il ne se manifesta Aucun phétiotuène de safibtetiott. Cela tient-il à Ce qu'il était à jeun depuis deux jôttA, du à ce qu'il n'y avait point de liquide dans restottuMÎ

Le 30 octobre, dix-sept heures après ropérAtion, l'animal ne présentait aucune gène de la respiration. La membrane muqueuse de l'estomac s'était en pâfUe reti^ versée au dehors par la plaie^ et ell0 offrait due oo&let

EXt>ÉRiËffCii:s. 863

rouge briclae ; ce qui protenait, sans doute, ûë son contact àTec l'air. La tnembratie tnuqueuse offrait une réaction tleuti*e au papier de tournesol, et aucun mucus ne s'échappa par la plaie. La température de Testomac était de 92 AantéÉ \ celle du rectum de S8 à 3& degrés.

A trOi§ beureë du soir^ vingt-H|uatre heures aprè^ la gMHk>D destterfs tftg;Ue8, l'animal était très faible, couché sur le flanc ; les respirations étaient très lentes, mais nuU tom^tit gdnéeft; le pduls n'était plus perceptible aux àftèfeu; Tanitnàl s'était considérablênient refroidi.

Oti ouvrit l'tirtère carotide qui contenait à peiné du flUfg \ il était très rutilant et s'écoulait en bavant ^hs jet sensible. Cependant le sang était toujours noir dttH§ litelde jugulaire.

L'animal étant mourant, on ouvrit le thorat : les poumons s'affaissèrent et il fit des efforts de respiration seuiMMnt aveo ta bouche mais nullement avec le thorax.

Dès l'otiterture du tborat, le sang de Tartère était devoriu iloir. On vit alors le cœur, ekcessivement petit, ne remplissant pas le péricarde, continuer à battre de It DàAdière suivante t

i« Contraction des debx oreillettes) fi^ aussitôt après,

ooiltfaction des ventricules $ S* au moment delà contractiofl dei oreillettes^ il ^ avait reflux du sang dans les ««itlM pulmonaires par la contraction de l'oreillette gtiicbe^ et reflux dans les veines caves par oontraction de l'oreitlette droite.

Ijê liiMi des poumons n'était nullement altéré ) on n'y ntdOontra aueyne ecchymose et leur insufflation se faisait patùàMÊO^nii Oo remarqua^ en outre^ qu'il y avait un

36& NERF PNEUMOGASTRIQUE.

emphysème cousidérable dans le tissu cellulaire des médiastins antérieur et postérieur. Cet emphysème, qui était dû à l'entrée de Tair par la plaie du cou, soulevait la plèvre jusqu'à sa réflexion sur les côtes.

Eœp. — Un chien loulou, vivace, depuis quatre joun dans le laboratoire, ayant toujours mangé avec vor»cité, fît son dernier repas trois heures et demie avant Topération.

L'animal étant placé sur la table, et une plaie ayant été faite aux parois abdominal^ pour y fixer Festomac; puis une plaie faite au cou pour mettre à découvert l'artère carotide gauche ; l'animal étant resté parfaite^ ment calme durant toutes les opérations :

l"" On compta les pulsations de l'artère en la tenant sous le doigt. Ces pulsations irrégulières, au nombre de 90 par minute, sont pleines et vibrantes.

2» Les respirations sont au nombre de 15 par minute.

8' L'hémodynamomètre appliqué sur l'artère carotide gauche, l'animal étant très calme, oscille de 160 à 190.

Alors on enleva l'hémodynamomètre et on ouvrit les paroLs de l'estomac. Un thermomètre mis alors dans l'estomac marquait 38 d^és ; son indication n^avait pas varié lorsqu'ensuite on avait fait la section des vagues.

La surface interne de l'organe était rouge ; Testomac contenait beaucoup de tripes non encore digérées ; il s'en écoula une grande quantité de suc gastrique. On retint la plus grande partie des aliments contenus dans l'estomac afin d'observer plus facilement la membrane muqueuse. Alors, on coupa le nerf vague gauche qui se

montra sensible au pincement. Cette section du nerf n'amena pas de décoloration dans la membrane muqueuse stomacale. Alors on coupa le vague droit, Clément très sensible au pincement ; il y eut une décoloration très sensible de la muqueuse. On observa quelques efforts; bientôt l'animal se calma et la respiration n'était pas sensiblement gênée.

On compta de nouveau les respirations et les pulsations :

Pulsations : 192 par minute, sans intermittence. L'artère était beaucoup moins pleine et moins tendue qu'avant la section des vagues ; le sang y était resté rutilant.

Respiration : 9 par minute. L'hémodynamomëtre, l'animal étant parfaitement calme, oscillait de 120 à 1 30. Lespulsalions étaient devenuesbeaucoupplus fréquentes, en même temps qu'elles étaient moins énergiques ; elles ne présentaient pas d'intermittence.

On examina alors la surface intérieure de l'estomac, qui était devenue rouge brique dans certains points; ensuite on délia l'animal et on le remit en liberté.

Le lendemain, 1" novembre, dix-neuf heures après l'opération, on reconnut que Tanimal avait eu pendant la nuit des évacuations fréquentes; il était calme et sa respiration n^était pas gênée. Les respirations étaient de 11 à 12 par minute ; les pulsations de 19/i à 196. Uhémodynamomètre placé sur la carotide gauche qui contenait un sang très rutilant, oscilla de 130 à 1 AO ; les oscillations étaient à peine perceptibles. Alors j'appliquai l'instrument sur la carotide droite, et il donna

366 NERF PVEUMOaiMSIVQUB.

de 150 à 160, augmentation de pression qui wiii toujours la ligature d'uq nouveau vaisiseiitu,

la thermomètre introduit d^m restomac «cmis» une te(ppériiture de 38 degrés,

1^ % npveml)re, trant§rrsi^ b^ur^ êmron wpièi ropératioQ , l'animal fut trouvé mort, d^puw pep (t« temps sans doute, car il était apport çhwidt 4 l'MitopM^i

les poumons étaient sains } il$ i|'affais§»i9i}t pwrfiMte-

ment, ne contenaient pas d'épanchement de sapgi toutefois, ils étfdeot comme flétr|setp0u cr^pitantu sQus le doigt. L'estomac étftit vida-

On remarqua, en putre, m «rppby^n^ 4m^ )9s W^ diastins antérieur et postérieur, emphysème qui s'ékiit propagé depuis le tijH»u cellulaire de }a plaia 4ll ÇQH JP^ que dw^ l& poitrine.

Messieurs, ce n'est qu'Après Veiameu «t la ponti# des faits que je vieps de vous sigOfder que ja 4 W oh^f« cher à déterminer la cauj»a da cette léf^ipq 4ll Mm» PP)>^ monaire.

Je pense que la cau^ qui la produit (^ dd? wm physique, que la lésion du poumoq ast primitivaipfv4 une lésion traumatique occasionnée par les trouves qui surviennent dans les ai)tas mécaniques da l^ rasr piration.

ûbservou», ep affet, un animal sur lequel ou vimt flfl couper les pneumogastriques : les mouvepienta raspira? toires sont beaucoup moins frèqu^pts ; mais ils sont devenus beaucoup plus larges , beaucoup plus profondSf

I)ans ce cas, il semble que les mouvements respiratoires gagnent en amplitude ce qu'ils perdent en fré*

ïïutfamcMS. 367

quence, et qu'ils tendent à introduire une uiôme quantité d'air dans le poumon. La dilatation du thorax peut alors d^^venir telle que, pour le »qivre, le poumon se trouva distendu au delà des limites ordinaires et se dédiire. Cela expliquerait consent Taltération de cet organe s'Q^rve, suftout chez les jeunes animaux dopt I9 tissu pulmoniiire est moins r^istftnt.

L'pl^rvatioq direpteest d'ailleui^s presque possible ici . ¥fi ^fi^if nous avons, sans entamer la plèvre pulmonaire, pratiqué en enlevant les muscles intercostaux, une ouver* ture, upe sorte de fenêtre par laquelle on pofivait suivre les mouvements du poumon. I)ès que les pneumogastriques sont coup^, il y a de Temphysème ; on distingue des bulles d'air sous la plèvre. Cet emphysème s'accompagne ensuite de ruptures vasculaires, d'épanchement sanguin 9 d'obstruction des vaisseaux aériens, etc.

Cherchant à vérifier directement Texistence de la Çiiuse à laquelle nous avions d'abord attribué la production possible d'un emphysème, nous avons fait respirer un animal avant et après Topération, en lui faisant faire sa prise d'air sous une cloche. Nous avons yu ainsi que 8Î| avant Topération, il prenait, à chaque inspiration, une certaine quantité d'air , il en prend une quantité notablement plus grande après qpe les pneumogastriques pnt été coupés.

Si ranimai n'est plus jeune, l'emphysème arrive plus tiyrd. Chez les vieux chiens il ne se produit pas.

Dans ces expériences, un autre fait assez singulier s'est présenté k notre observation, fait dont je n'ai reconnu la cause que longtemps après.

368 NERF PNEUMOGASTRIQUE.

Pour saisir les nerfs pneumogastriques, on fait une plaie au cou de l'animal. '

Dans les inspirations forcées que nous ayons vues après la section de ces nerfs, le médiastin entraîné par la face interne de chacun des poumons tend à suivre le mouvement des parois thoraciqueg, tend à s'agfwidir. D en résulte un emphysème produit par l'air que l'aspiration du médiastin a introduit par le tissu cellulaire de la plaie. Cet emphysème peut quelquefois être prévenu en coQsant bien la plaie.

La, lésion pulmonaire consécutive à la section des pneur mogastriques produit donc un emphysème traumatique^ par une distension mécanique du tissu du poumon.

La réalité de ce fait nous paraît assez bien établie pour que nous puissions, faisant Texpérience, annoncer à l'avance si l'on aura ou si Ton n'aura pas cet emphysème. Sur un jeune animal on produira cette lésion; sur un très vieux chien, on est à peu près sûr de ne pas la rencontrer.

Il est des animaux chez lesquels les conditions mécaniques de la respiration sont autres que celles que nous venons d'examiner : chez les oiseaux , par exemple, dont les poumons sont fixes et dans d'autres rapports: C'est pour cela qu'opérant, sur des oiseaux, la section des pneumogastriques, on ne trouve pais diez eux d'altération des poumons. La lésion n'est donc pas, comme on Favait dit, un eiïet spécial dû au défaut d'action du pneumogastrique. On ne saurait, comme on a fait, la comparer à l'altération de nutrition que présente l'œil après la section de la cinquième paire;

KXPÉRIENCKS. 369

en effet, il peut manquer, tandis que la fonte de l'œil, après la section du trijumeau, est généralement inévitable.

Voici le détail des expériences qui prouvent que les inspirations sont plus larges après la section des vagues que dans Tétat normal.

Exp. — Sur un jeune lapin, on plaça dans la trachée, préalablement ouverte dans la région du cou, une sonde de gomme élastique de 3 à & millimètres de diamètre intérieur, diamètre sensiblement égal à celui de la trachée de Tanimal. Après celte opération, on enleva quelques fibres musculaires, vei^ la partie antérieure des derniers espaces intercostaux, en ménageant le feuil* let pariétal de la plèvre qui était transparent et permetrtait de voir, comme à travers une vitre, le bord inférieur des poumons, exécutant à chaque respiration des mouvements d'élévation et d'abaissement. Alors on introduisit la sonde qui tenait à la trachée dans une éprouvette graduée placée sur l'eau, et Ton constata qu'à chaque inspiration Teau montait dans Téprouvelte d'une certaine hauteur, par suite de l'entrée dans le poumon d'une certaine quantité d'air. On coupa les vagues dans la r^ion moyenne du cou, en ménageant les deux filets sympathiques. On constata alors que, à chaque inspiratien, l'eau montait plus haut, ce qui indiquait évi* demmentque la quantité d'air introduite dans le poumon, était plus considérable qu* avant la section des vagues. Les respirations de l'animal étaient tombées à 52 après la section des nerfs.

Pour mesurer plus exactement la différence qu'il y

B., SyST, RM?. -* lU %i

370 NERF PNEUMOGASTRIQUE.

avait entre la capacité respiratoire avant et après la section des pneuniogastriqueSy on refit une nouvelle expérience sur un autre animal.

Exp. — Sur un lapin vif et bien portant, en digestion, on adapta à lat racbée une sonde de â à & niillimètres de diamètre ; ensuite on mesura exactement la différence qu'il y avait dans la capacité respiratoire du poumon avant et après la section des vagues. Voici ce qu'on observa :

Avant la section des pneumogastriques, l'animal inspirait 190 divisions de Téprouvette , c'est-à-dire près de 20 centimètres cubes d'air. Aussitôt après la seo* tion des vagues, il inspirait 310 divisions c'est-à^ire 33 centimètres cubes environ. Dans les deux cas, le 1apin était dans la même situation , étendu sur la table.

Deux beures et demie après, on mesura encore de nouveau la capacité inspiratoire et on trouva qu'elle était de 32 centimètres cubes, exactement comme immédiatement après la section des nerfs.

Le lendemain l'animal était mort ; on en fitTautopsie et on trouva que la sonde était bien adaptée sur la trachée, de sorte que rien n'avait passé dans les bronches et gêné mécaniquement la respiration. Le poumoH présentait des ecchymoses, qui toutefois ne semblaieot pas aussi profondes que dans certains cas où il n'avait pas été mis de tube à la trachée.

Ce tube avait bien empêché les mucosités de la bouche de tomber dans les voies respiratoires, de même que les parcelles d'aliments que l'animal avait mangées après l'opération et qui s'étaient accumulées dans l'œsophage,

puis celles-ci, arrivées au pharynx, n'ayant pas pu des* oendre dans le larynx, étaient sorties par le bout supérieur de la traohée dans la plaie du cou.

Toutefois, il y avait do Temphysème du poumon, par-* tîeolié»^inent sur les bords do Tnrgane, et on voyait de |ihB des echymoses sanguines bien caractérisées.

Noos devons maintenant, Messieurs, vous donner dea exemples des faits que nous vous avons indiqués oomme conséquence de la section des vagues. Nous vous rendrons aujourd'hui témoins des phénomènes primitifs; dans la prochaine séance, nous observerons lit phénomènes consécutifs.

Jïâpp.-^- Voici un chien boule-dogue; il est d'une taille moyenne mais déjà un peu vieux. Les chiens ont normalement de 16 à 20 respirations par minute. Nous lui tD trouvons 16 d'abord, puis 25. Il a été agité lorsqu'on Fa j^é sur la table , mais il se calme ; nous lui trou*vons encore 25 respirations par minute. Le thorax se dilate peu : tout à l'heure vous le verrez se dilater beaucoup plus largement et bien plus rarement.

Nous saisissons les pneumogastriques entre les deux BBrfs laryngés : nous paralyserons, par conséquent, le larynx; mais l'animal, qui n'est plus jeune, ne succom-* bora pas immédiatement à cette lésion.

Noos couperons le pneumogastrique des deux côtés. S on se bornait à en couper un seul, l'animal ne suc- GOtuberait pas ; on pourrait le garder longtemps et observwchez lui une altération semblable à celle dont je vous pariais , mais dans le poumon correspondant au nerf ooupé. Nous faisons d'abord la ligature d'un des pneu*^

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mogaslriques ; Tanimal s'agite et fait quelques efforts pour s'échapper ; puis il redevient calme. Nous lions également le pneumogastrique du côté opposé ; la ligature est ici équivalente à la section ; elle nous permettra de plus de saisir à volonté le nerf si nous voulons, plus tard, le galvaniser. I^a ligature de ce second pneumogastrique produit encore quelques efforts violents, puis une suffocation qui se dissipera tout à l'heure; suffocation qui m'a paru plus considérable quand les animaux sont en disgestion que lorsqu'ils sont à jeun. La respiration est ralentie et le deviendra de plus en plus, mais elle est beaucoup plus lai^e ; la dilatation des parois thoraciques s'accompagne d'une contraction des muscles abdominaux très facile à constater.

Les mouvements respiratoires sont déjà tombés à 6 par minute ; ils deviendront plus rares encore. Nous suivrons cet animal et je vous le présenterai dans la prochaine séance.

Nous allons reproduire l'expérience sur un lapin.

Je vous montrerai d'abord celui-ci ; c'est un lapin auquel nous avons, il y a deux jours, coupé un pneumogastrique dont la section n'a pas été douloureuse. Ce lapin pourra vivre encore longtemps avec une altération du poumon, du côté qui correspond à la section. Lorsque, comme cela a eu lieu chez cet animal, on coupe les pneumogastriques d'un seul côté, l'animal respire plus largement de ce côté. Toutefois, si l'inspiration est plus active, l'expiration paraît l'ôlre moins. Si l'on place un petit corps léger devant les narines de l'animal, on voit que- du côté où le pneumogastrique a été coupé, l'ex-

piratiou est d'une faiblesse extrême, tandis qu'elle se fait très bien du côté opposé.

Celte observation est très curieuse en ce qu'elle semblerait établir une solidarité entre Tissue deTair par les narines et le jeu des poumons. C'est la un phénomène très singulier, sur lequel nous reviendrons.

Cet autre lapin, qui n'a encore subi aucune opération, offre près de 100 respirations par minute. Nous lui praquons une incision sur le milieu du cou : on découvre à droite et à gauche de la trachée les nerfs pneumogastriques.

Nous les lions tous deux séparément. Les mouvements respiratoires sont devenus plus larges; ils ne sont plus que de 25 par minute. Trois jours nous séparent de notre prochaine réunion ; Tanimal mourra d'ici là et nous vous montrerons ses poumons.

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