‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 3)Chapitre 75 sur 99 · INFLUENCE DE LA CHALEUR · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA CHALEUR

Ces premiers résultats imprimèrent une autre direction aux recherches de M. Calliburcès. Ayant sous les yeux un animal à sang froid en quelque sorte métamorphosé en animal à sang chaud, eu égard au nombre des pulsations, il crut Toccasion favorable pour résoudre par voie d expérimentation la question des rapports qui existent entre Tinfluence de la chaleur animale et l'activité du centre circulatoire. Les grenouilles étaient d'autant mieux appropriées à ces recherches, qu'elles se trouvent très sensibles à celte action, et qu'elles se prêtent admirablement à l'analyse physiologique.

Par quelle voie physiologique l'action de la chaleur est-elle transmise depuis la patte au cœur? C'était là le point important du problème. On pourrait admettre à priori plusieurs explications de ce phénomène, et il s'agissait de les soumettre successivement à l'examen expérimental.

I. L'accélération de la circulation provient-elle de ce que la chaleur modifie les conditions de mouvement du sang? La chaleur est-elle ainsi la cause première de la fréquence plus grande des mouvements du cœur?

Se fondant sur les résultats d'expériences répétées, M. Calliburcès se crut déjà autorisé à répondre par la négative à celte première question. Après avoir mis à nu le cœur d'une grenouille, il appliqua une ligature à la partie supérieure des extrémités postérieures de l'animal, en ayant soin de ne pas y comprendre les nerfs cruraux, de manière que la communication par les vaisseaux entre le tronc et les exlrcinités était interrompue, tandis que celle par les nerfs continuait à subsister.

S0B MOtJVfeMENts bu CÔfettt.

Les ëxtrëmités postëfieures ayant été pldDgéeâ jusqu'au toisinage dfes ligatures dans de Teau à 39 dcgt^ oentigrade», les batt^ents du cdëUr montèrent à 88 pér minute, et le même résultat se produisît chez dêS gl*nouilles que l'on plongea dans de Veku à la tilètne température, mais auxquelles on n'avait pas lié \eA extrémités postérieures.

L'accroissement de Tactivité du cœur est au^ la conséquence de la modification physique du mouvement du cœur par l'application de la chaleur sur Torgane lui-même. Après avoir enlevé à une grenouille la paroi thoracique antérieure, on disposa Tanimal de telle sorte que le cœur, qui avait Ai pulsations par minute, vint plonger dans un petit verre, de manière que Faction de l'eau chaude ne pût être que locale. On versa ensuite dans ce verre de l'eau à ki degrés, et aussitôt le nombre des pulsations monta à 6& par minute. On ne peut plus supposer ici que, dans un espace de temps relativement si minime, toute la masse du sang ait subi Finflûence de la température de Feau contenue dans le verre, et qu'elle soit ainsi devenue la cause de la fréquetiCe plus grande des pulsations du cœur.

Voici quelques-uns des résultats obtenus :

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