OLFACTION
enveloppait dans du papier, d'une part du fromage de gruyère , de l'autre, un morceau de bois ou de liège. Les deux paquets étaient ensuite jetés au chien, qui prenait le plus souvent celui qui renfermait le fromage, défaisait l'enveloppe et mangeait le contenu. Il semble difiScile d'admettre qu'il pût, en cette circonstance, être conduit à choisir par autre chose que par l'odorat. Cette expérience a été faite plusieurs fois, toujours avec des résultats analogues.
Lorsque repoussant les conclusions de Magendie, on a voulu montrer que ses expériences étaient entachées d'erreur, on a invoqué ses expériences avec l'ammoniaque ; quant aux autres, je ne sache pas qu'on ait cherché à les répéter.
Peut-être eût-on pu obtenir d'utiles indications d'expériences faites sur des chiens de chasse qu'on aurait rendus ensuite à leurs habitudes ; ces expériences nous paraissent mériter d'être faites.
Les expériences de Magendie sembleraient donc montrer que, si le nerf olfactif préside à la sensibilité olfactive, ce n'est pas d'une façon exclusive. Nous aurons à nous prononcer làMlessus plus tard.
Les cas pathologiques observés chez l'homme ontoffert des particularités qui sont très importantes dans l'appré-^ dation du rôle des nerfs olfactifs.
On a fréquemment observé l'absencecongénitale de ces nerfs chez l'homme. Or, il est remarquable que dans aucun cas cette lésion n'a été diagnostiquée pendant la vie.
Les BuUetins de la Société anatamique renferment un certain nombre de ca5 d'absence de nerfs olfactifs
228 CAS d'absence
rencontrés eu faisant de Tanatoinie dans les amphithéàtrès. II parait probable que si l'on avait pendaut la vie reconnu l'absence de l'odorat, on aurait dû faire Tautopsie des sujets à ce point de vue.
Lorsque, constatant à l'autopsie l'absence des nerfs olfactifs, on a été conduit à soupçonner une lésion de l'odorat en rapport avec les fonctions qu'on prêtait à ces nerfs, on a reconstruit après la mort l'histoire des malades sur des renseignements recueillis avec une idée préconçue évidente. Le cas d'absence des nerfs olfactifs chez l'homme que Ton invoque toujours, et qui aurait coïncidé avec une absence complète de l'olfactioii, est précisément de cette nature. M. Pressât a soigné un malade sans soupçonner l'absence de l'olfaction ; c'est après la mort que les parents, pressés de questions, ont fourni des renseignements qui l'ont porté à admettre cette lésion pendant la vie;
. Loi*sque j'étais interne et préparateur du cours de Magendie au Collège de France, j'apportai ici , pour la disséquer , la tète d'une femme phthisique morte à THôtel-Dieu. En ouvrant. le crâne, je fus surpris de l'absence complète des nerfs olfactifs. L'absence des neris olfactifs reconnue, je pris l'adresse de la femme et me mis en quête de renseignements, évi* tant toutefois de poser les questions de manière à influencer les réponses. Ces renseignements, comme ou va le voir, ne furent nullement en rapport avec la théorie qui voudrait que les ne^fs de la première paire présidassent.exclusivement à l'olfaction.