‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 4)Chapitre 64 sur 86 · INFLUENCE SUR LA GOICULATION · texte numérisé non relu

INFLUENCE SUR LA GOICULATION

affecte précisément en sens inverse. La respiration de* vient alors plus rare ; le pouls augmente de fréquence; si le chiffre des mouvements respiratoires diminue de moitié, celui des pulsations cardiaques double. Outre cette influence qu'exerce la section des pneumogastri^ ques sur le nombre des contractions du cœur, elle en exerce une autre fort remarquable sur la pression dans le système circulatoire. Nous vous avons déjà parlé de cette modification dans la première partie de ce cours; il nous restera cependant à vous présenter quelques considérations relatives aux actions qui règlent alors ces phénomènes.

Mais avant, je dois appeler votre attention sur un autre fait extrêmement singulier :

La régularité du pouls s'observe normalement chez beaucoup d'espèces animales , chez l'homme, chez le cheval , par ' exemple. Il n'en est pas de mèine chez d'autres ; le chien offre normalement une grande irré* gttlarité du pouls. Lorsque nous avons d'abord observé ce phénomène, nous supposions que l'émotion que pouvait produire chez ces animaux l'examen dont ils étaient l'objet, était la cause de cettç irrégularité. Mais, depuis, nous avons constaté la même chose chez des chiens bien apprivoisés, et très tranquilles. Or, après la section du pneumogastrique chez les chiens, leur pouls devient parfaitement régulier. Je vous signale ce fait tel que je l'ai observé, sans savoir à quelle cause rattacher l'irré-» gularité qu'offre naturellement le pouls chez ces animaux.

Ce changement dans le rhythme du cœur ne peut

S78 itEHP PÏIEUMOGlASTRlQtÈ.

ceftdlnêlmeflt pas être tmè tause de iriort ; les mouvements de l'organe sont i^égularisés et accélérés. La pressiôfi cardiaque du sang dans Tapparcî! circulatoire diminue ; mais cette diminution fié saurait expli- (Juèf la mort. Ce n'est que lorsque celle-ci est Wimiinente <fUe iôutes les fonctions subissent uhe dépression qui f)i'ésagè la cesserfion des actes vitaux, et Ton voit alors les biltertients du cœur se ralentir et p'erdre de leur énergie.

Voifcî des expériences relatives aux troubles qui surf îentiétrt àihs les conditiotts physiques de la crrculdtion apt*ès W Sectioïi des pneaifiogastriquès.

Exp. — Sur un très gros lapin, on fit là section des fierfs vagttès datas la région du cou.

Avant Topération, Tanimàl étant fixé sur la table, on conï|)taTt cent vingt respirations et ceht soixante f)ulsatîôns par ntiinufe.

l'hémodynamomètre placé suf la carotide dèfimait me ptessîon de quatre-vingt-dix millittïètres.

Pendafit c^ne rhémodynamomètref était appKqué, on coupa le nerf vague du côté dfoît è! rien ne fut changé notablement, pendant deux mmMes environ qri'on observa l'irrstrûmeht. Mais l'animal fit des! mouvements violents; l'aMèrè se cassa et une certaine quaùtité âè sang rutilant s'écoula. Ap^ès" cette hétaorAagic Faniûïal était très faibîe et tomba en syncope. Cependant i! revint et on' 4pp!iqua de rio^uveau Fhémodynamomèlre' à l'artère du côté gauche. L'iûslrumenf ne donna alors ^u'tfne pression de 40 millrmètres', ce qui prouvait que la pression avait considérablement diminué soW l'infktenee de cette saigûée aTtérrêlte.

INFLUENCE SUk LA CIRCULATION. 879

Ak}tn on décourrlt le nerf Tagde du côté gaùbfae; mais aussitôt qu'on le toucha, la pression dd cœb^ ttgmenta et l'hémodynamomètre monta jusqu'à 60 et 10.

On ùâfipà le nferf; après sa secticm, rinstrtitiietit doBfla une pression dé 90 millimërtres , coînme ad début Ae V0xpéHe0ce, et il resta statiobnajfe pendant 3 à & minutes qu'on Vobsefva. L'animal sel débatit et l'artèrre 96 eas» encore. On cessa l'expérience.

Eafp. (â9 septeolbre i8&5). — âar un chien d'a^^ foHe taille^ réeeminent dmené dans )e labotatoire, on fit kl sectiota ûti deux netfs tagues dans la région da coOy 6toD observa les phénomènes vivante. Avant de tdettre les nerfs à décootert^ le nombre dès inspii-ations était de 20 à 22 par minute;

hê mfmbte des pulsations de 120 à 125 par «hi-

Où découvrit l'artère carotide giliiche, on i^ûta le 00rf tague, on compta de ntmeAn les pulsations, ((m forent tufmêM au nombre de 130 par mfinntè; yanimal était calme. Il n'y avait rienf departicdlier êems les mouvements du cœnr j ils présentaient FinternSitfence^ qui est normale chez le chien.

Oii apph^fna alors Théiiodynamomètre de M. Poi-^ seuille à l'artère carotide gauche ; il oscilla entre ftA9 elf&^iËiîntittètresf. L^amma) resta toujours calme ^dant les observations. On côtipa k te moment le tKff vagM gmicb^ ifuî fol trettvé sensible au pincemelfit. L'iniMal fit ifoelques respiratiorms profondes» et atotiètees cfii s& calmèrettt bientôt. Otf eomirla tesr

380 NERF PNEUMÔGASTaïQUE.

respirations qui étaient de 23 par minute ; les pulsations, au nombre de i 30 à \kO par minute.

On coupa alors le nerf vague du c6té droit qui se montra également sensible au pincement. Aussitôt, l'animal éprouva des phénomènes d'étouffements ; il survint un trouble considérable, des mouvements comme convulsifs, des vomissements de mucosités abondantes; le sang devint noir dans l'artère.

Alors on ouvrit la trachée et on y plaça une canule. L^animal devenu calme, les inspirations étaient lentes et profondes, au nombre, de 10 à 42 par minute; les pulsations étaient tellement rapides qu'il était impossible de les compter. L'hémodynamomètre appliqué oscillait entre l&O et 150. Malgré la trachéotomie, le sang de l'artère resta toujours noirâtre.

Le lendemain, 30 septembre, dix-huit heures après l'opération, l'animal était assez calme ; il avait quelques mouvements de toux et la respiration paraissaitt gênée. Les respirations étairat au nombre de 5 à 6 par minute. L'artère contenait toujours un sang imparfaitement rutilant. On appliqua Thémodynamomètre qui ne donna plus qu'une pression de 70 millimètres.

On ouvrit l'artère crurale et on trouva sensiblement la même pression que dans l'artère carotide et le sang imparfaitement rutilant. .

L'animal ayant perdu du sang artériel pendant ces opérations mourut quelques heures après.

Nous bornerons ici ces exemples et nous ajouterons seulement quelques expériences de galvanisation du pneumogastrique dans la r^ion du cou, qui montreot

SA GALVANlSATlOPf. 381

le genre d'influence que celle excitation des nerfs exerce sur le cœur et sur le poumon lorsqu'on galvanise soit les bouts périphériques, soit les bouts cen^ traux.

L'influence que la galvanisation du pneumogastrique exerce sur le cœur pour en arrêter les mouvements, est un fait que nous avons souvent signalé ici et qui est connu déjà depuis longtemps sans qu'on en aituneexpli* cation satisfaisante. J'ai, pour ma part, observé ce fait en 18&6; j'auscultais le chien- pendant qu'on galvanisait les pneumogastriques et je constatais alors avec la plus grande facilité qu'à chaque galvanisation, le cœur s'ar^ rètait, que les bruits cessaient pour reprendre aussitôt qu'on arrêtait le galvanisme. Le fait se trouve consigné dans la thèse de M. le docteur Lefèvre (1) qui suivait aloi*s mes cours. La même année MM. Ernest et Henri Weber, publièrent des observations de l'arrêt du cœur par galvanisation des {Hieumoga&triques ou de la moelle allongée chez des grenouilles. Plus tard, M. Budge signala le même fait, et tous les physiologistes ont pu voir depuis cette expérience singu* Hère, dont plusieurs explications et interprétations ont été proposées.

Eœp. (30 novembre 185:2.) — Sur un jeune chien loulou, en digestion, on fit la section des deux vagues dans la région du cou, après les avoir préalablement liées tous deux. Puis on galvanisa successivement les bouts centraux et périphériques, à Taide d'une machine électro-magnétique de Breton.

(i) Thèses de Paris, 18/^8.

383 NERF FNfUMOGASTillQUE.

Au moment même de la ligature des deux nerfs, le c])jen fit des efforts respiri^toires considérables, et le sang devint noir ciaps les artères carotides. Quelques instants après, ces accidents se calmèrent, et ils reparaissaient t0Htl^l3S fois qu'on appliquait le galvanisme sur le bout central de ces nerfs. Voici les phénomènes que Top observait au moment de la galvanisation de^ deui bqpts cpntrs^pxy soulevés et maintepus , liés ensemble

W w fil ;

i"" Les deux pupilles se dilataient considérablement et \g^ globes Qculaires fs^isaient saillie hors de l'orbite. Ûu^n4 on cessait }a g^lv^pisaticm, Tœil rentrait et la pupille se fesserrait.

fi" Op ne remarqua pas de vomissements che? ce chien quoiqu'on en eût observé dans d'autres cas, chez des chiens semblablement opérés.

â"" Dp côté de la respiration, on observa ce qui suit : Avant la galvanisation, les respirations étaient de 11 à 13 pftr minute ; lorsqu'on appliquait le galvanisme, elles 4ipiinuaient peu à peu et disparaissaient complétemeot lor$qp'on faisait agir la xpachine avec force. Les meuveleients respiratoire^ s'arrêtaient alors au moment deViospiration, et le sang des carotides était noir à ce montent. Sji alors on ces^^it la galvanisation, l'animal restait qiielqu04 instants, quelquefois de quinze à trente secondes, ^f^ faire aucun mouvement respiratoire, hieo que les eopjonctîves fussent restées sensibles* Ensuite \m mouventeats respiratoires reparaissaient peu à peu, puis devenaient d'abord très accélérés; au bout d'un quart d'heure environ, ils étaient à 22 par minute, ce qui est

SA GALVANISATION* 688

à peu près l6 nombre normal di^ /cbiflHi M 3q||g0tait alors très rutilant dans les artères carotides. Qn répéta à plusie^rs reprises cette eypériçnpe de l'arrêt des mouvements respiratoires par pne forte galvanisation, et on observa constaipment le$ n)èmes phénomènes. Jjp sang devenait noir dans }es ^rtère^ ; puis lorsqu'on cessai^ 1^ galvanisation , les mouvements respiratoires s' accéléraient et arrivaient ^ peu près au type normal, c'est-à-dir^ à 32 environ par minute. Mais si on attendait un pertain temps, une bcMre epvipon après, les mouvements respiratoires devenaient plus lents et retombaient ^ \^ comme ^vî^nt la gs^lvaqisatioQ.

4'' Au moment de la galvanisation du bout central! du {meomAgastrique , le cœur, qui avant la galvanisation donnait 360 pulsations par minute, n'éprouvutaiir cime espèce d'effet de cette galvanisation, tandis qiie la môme excitation galvanique portée sur le bout périr pbérîque, arrêtait, comme on le sait, immédiatement le cœur.

5"* On plaça sur l'ceil gauche du chien une goutta d'ammoniaque qui produisit immédiatement uqe vivç rougeur, et une douleur telle que l'animal tenait so& œil hermétiquement fermé. On galvanisa alors le bout central du pneumogastrique gauche : aussitôt l'œil s'our vrit largement; quand on cessa la galvanisation, il se referma énergiquement; lorsque l'œil était ainsi ouvert, sous l'influence de la galvanisation du grand sympathique, il ne se fermait pas sous l'influence d'upe action réflexe : de sorte qu^on voyait que la galvanisation du grand sympathique uni au vague, permettait d'ouvrir

38& NERF PNEUMOGASTRIQUE.

l'œil en détruisant en quelque sorte Taction réflexe qui tendait à le maintenir fermé.

6* Lorsqu'on galvanisa fortement le bout central des deux vagues, on remarqua une injection passive de la membrane muqueuse de la bouche, par suite de Tas^ pbyxie momentanée qui était produite. C'est un effetqui est dû au pneumogastrique, car si on eût galvanisé le sympathique seul, on n'eût observé aucun phénomène d'arrêt de la respiration, et au lieu de voir la membrane muqueuse s'injecter, on l'aurait vue, au contraire, pâlir.

1^ Vers la fin de la galvanisation, le chien fit quelques efforts de vomissement et rendit des tripes qu'il avait mangées. Après toutes ces expériences, le chien fut sacrifié par introduction d'air dans les veines. On constata à l'autopsie que le sang de la veine jugulaire contenait beaucoup de sucre; le liquide céphalo-rachidien et la bile contenaient également du sucre; la vessie était complètement vide et revenue sur elle-même, d'où il semblerait résulter que la galvanisation des bouts centraux des pneumogastriques avait complètement arrêté la sécrétion urinaire.

Sur un autre chien, mort à la suite de la galvanisation du bout central des nerfs vagues, on observa également cette vacuité de la vessie.

Le foie donna une décoction jaunâtre, transparente, qui contenait très peu de sucre.

Eœp. (2 décembre 1852). — Sur un gros chien, déjà vieux, en digestion, on fit dans la partie moyenne du cou la section du nerf vague droit, après avoir maintenu par

, SA GALTANISATION. â85

des ligatures le bout central et le bout périphérique. Avant ropération, les respirations étaient au nombre de 1 5 par minute ; aussitôt après Topération, elles étaient au nombre de 20. On remarqua, en outre, que du côté droit, Touverture palpébrale était déformée et rapetissée, que la pupille était rétrécie, que la troisième paupière couvrait le tiers interne de rœil, etc., comme cela se voit toujours après la section du grand sympathique. L'oreille correspondante était plus rouge et plus chaude ; la voix de ranimai était devenue moins forte, et les cris voilés. Alors on galvanisa le bout central du nerf vaguedroit. D'abord l'animal s'agita beaucoup et cria; mais bientôt, en continuant avec assez de force la rotation de la machine, on vit la respiration s'arrêter en restant dans un mouvement d'inspiration, et l'animal ne plus pouvoir crier. En même temps, la paupière s'était élargie, la pupille aussi, l'œil avait fait saillie, l'oreille était devenue plus pâle.

Après la première galvanisation, qui dura environ une minute , on observa les phénomènes suivants : D'abord, aussitôt que la galvanisation eut cessé , l'animal resta environ un quart de minute en repos, sans respirer ; puis, après, les respirations revinrent peu à peu, s'accélérèrent et devinrent plus rapides qu'avant la galvanisation. On répéta plusieurs fois l'expérience pré* cédente, en laissant environ une demi-heure d'intervalle, et Ton observa toujours les mêmes phénomènes : l"" D'abord agitation et cris voilés de l'animal, puis calme, arrêt de la respiration dans le mouvement inspiratoire et cessation des cris; 2'' en même temps, dila<

&•, Stct. rut» — n. 29

àS6 NERF h^UMOGÀITTRIQUE ;

tatiot) des paupières, de la pupille, saillie de l'œil, disparition de la troisième paupière, pâleur survenant dans Toeil et dans l'oreille. Relativement à l'œil , on avait placé une goutte d'ammoniaque sur la conjonctive, ce qui avait produit une vive rougeur; la galvanisation du bout central du nerf vague uni au sympathi- (|U6 fit diminuer et disparaître momentanément cette rougeur, qui revint quand on cessa la galvanisation. La pâleur de Toreille ne fut paiement que momentanée pendant la galvanisation ; elle reparut après quand od arrêta le galvanisme. On examina la face muqueuse de h lèvre supérieure, et elle ne pâlit pas par la galvanisation, comme cela avait lieu pour l'œil et l'oreille ; peutêtre cela tenait-il à la corde qui muselait Tanimal et qui gênait la circulation dans ce point.

6^ Les mouvements respiratoires étant arrêtés par la galvanisation, au moment de l'inspiration, ainsi qu'il a été dit, il arrivait, si l'on continuait longtemps la galvanisation , que ces mouvements revenaient un peu, mais seulement dans le diaphragme, les côtes restant élevées et fixes, et ne reprenant leurs mouvements qu'après la cessation de la galvanisation. D'abord, les mouvements respiratoires reprennent, très accélérés, puis vont ensuite en diminuant. Dans un cas où ils furent comptés, on les trouva d'abord de 60 par minute, puis&8, puis 30, etc., en baissant toujours.

&* Pendant les intervalles de la galvanisation, l'animal restait pris de tremblements et couché ; il paraissait comme épuisé après chaque opération. Pendant la galvanisation Tœil droit paraissait moins sensible ; tou-

SA GALVANlSATÎOlf. 887

tefois il n'avait pas pefdu complètement la sensibî-^ lité.

5* Pendant la galvanisation, la salive coulait toujours; elle était devenue plus visqueuse qu'avant ropéntion. Ce fait a été constaté sur d'autres chiens chez lesquels on avait placé des tubes dans les conduits salivaires, et ches lesquels on voyait ainsi directement que la salive qui s'écoulait de la glande sous-maxillaire, par suite de rexcitation du nerf sympathique et vague réunis au oou, était moins abondante, mais beaucoup plus visqueuse que celle sécrétée sous l'influence de la cinquième paire ou de la corde du tympan.

6* Pendant la dernière galvanisation, on plaça l'animal sur le dos, tandis que dans les opérations précédentes, il était resté couché sur le côté gauche. Alors on galvanisa, non plus le bout central, mais le bout périphérique du nerf vague droit, pendant que l'on tenait entre les doigts l'artère carotide du même côté. Aussitôt qu'on galvanisait, môme très légèrement, le bout périphérique du nerf vague, l'artère cessait instantanément de battre, par suite de l'arrêt du cœur. On répéta plusieurs fois l'expérience, toujours avec le même résultat, c'est-à-dire que le cœur s'arrêtait, tandis que les mouvements respiratoires continuaient.

Alors on galvanisa comparativement le bout central du nerf vague droit, et l'on vit bientôt les mouvements respiratoires s'arrêter complètement, en restant dans l'inspiration; puis, la galvanisation étant continuée avec violence, les mouvements respiratoires reparaissaient ; mais c'était surtout le diaphragme qui agissait, et les

388 NEEF pneumogastrique;

côtes n'y prenaient qu'une part très faible, mais égale des deux côtés. En cessant cette galvanisation, les monvements respiratoires redevinrent accélérés comme à l'ordinaire.

7^ Après deux heures qu'avaient duré toutes ces gal« vanisations répétées de vingt minutes en vingt minutes, on délia l'animal et on le remit en liberté ; il paraissait très fatigué.

8* Au commencement de toutes ces opérations, l'ani* mal avait la vessie pleine d'urine parfaitement acide et dans laquelle on ne constatait pas de sucre. À la fin de la galvanisation, l'urine ne contenait pas non plus de sucre. Une heure et demie après, l'urine ne donnait pas de sucre d'une manière évidente. Les respirations de l'animal étaient alors de 30 par minute, c'est-à-dire 5 de plus qu'avant la section du vague droit.

Cela prouverait-il que la section d'un seul vague accélère la respiration ?

Les pulsations de l'animal étaient de 125 à 130 par minute, et offraient une irrégularité qui semblait consister surtout dans l'absence de la pulsation au moment de l'inspiration.

Eœp. — 5 décembre 1852. — Sur un lapin adulte en digestion, ayant les urines alcalines, on fit la section des deux vagues en ménageant les filets sympathiques. Avant l'opération les respirations étaient au nombre de 60 à 80, et les pulsations de 2/iO par minute. On lia avec quatre fils les quatre bouts des deux vagues divisés, afin de les galvaniser successivement. On galvanisa d'abord successivement et isolément les bouts supérieurs des vagues

SA GALVANISÀTIOPr. 889

droit et gauche: on vit que la respiration thoracique s'arrêtait, mais beaucoup plus évidemment parlagalva* nisation du vague droit que par celle du gauche. On examina en môme temps les artères carotides qui étaient dans le fond de la plaie, et Ton reconnut qu'elles n'étaient nullement influencées dans leurs battements par la galvanisation des bouts supérieurs des vagues, soit qu'on agit isolément sur chacun d'eux ou sur tous les deux ensemble. Seulement, lorsque la galvanisation avait arrêté la respiration, le sang devenait noir dans l'artère sans que pour cela les battements changeassent de type.

Quand on galvanisait le bout inférieur des vagues, à droite et à gauche, on voyait les battements artériels arrêtés de même que quand on galvanisait les deux nerfs ensemble; mais on observa une chose assez singulière qu'on n'a pas retrouvée chez le chien : la respiration s'arrêta ainsi que le cœur; et après la cessation de la galvanisation, les battements de Tartère reparaissaient toujours plus vite que les mouvements respiratoires, qui tardaient à revenir. Quand on galvanisait les bouts supérieurs, et que la respiration s'arrêtait tandis que le cœur continuait, les mouvements respiratoires revenaient immédiatement après Ja cessation du galvanisme, plus rapides qu'avant, pour ensuite diminuer de fréquence.

Si Ton galvanisait les bouts inférieurs des vagues, on voyait aussitôt, avec l'arrêt de la circulation, des mouvements péristaltiques se faire dans le ventre et les liquides de l'estomac remonter par l'œsophage et sortir par le nez. Toutefois c'étaient là des effets de vomit urition plutôt que de vomissement : les efforts de vomis-

399 NERF PNeUllOQA$TRI0UE;

aement réels se produisaient I(»^u'on galvanisait les bouts supérieurs des qerfs vagues^ et plus spécialement du neif droit.

Lor^ue la galvanisation était trop faible, elle n'arrêtait pas les respirations, mais au contraire elle les accélérait,

Lorsque la respiration s'arrête coniplétement, peuton dire que cela est di^ à la douleur? — )1 faudrait, pour le savoir, répéter Texpérience sur des animaux étbérisés.

L'apparition des mouvements péristaltiques, notée dans cette expérience, s'accorde avec d'autres observations dans lesquelles ce phénomène a coïncidé avec un arrêt de la circulation.

Après toutes les opérations, le lapin, étant tranquille, présentait un rhoncbus très fort avec des inspirations profondes. Les respirations étaient au nombre de ih par nniqute. Après une première galvanisation, on laissa ranimai en repos pendant environ deux heures, puis on appliqua de nouveau la galvanisation avec les mêmes résultais, si ce n'est que l'arrêt de la respiration était moins facile k obtenir.

On prit l'urine du lapin, qui était alcaline, mais ne contenait pas de sucre d'une manière évidente. L'animal avait 30 respirations par minute ; les pulsations étaient tellement nombreuses, qu'on ne pouvait les compter.

Le 6 décembre, vingt-quatre heures après l'opératioDi l'aniipal avait toujours le rhoncbus noté ia veille ; soo urine, jaunâtre, alcaline et limpide, ne contenait pas de sucre. On le sacrifia. A l'autopsie, on trouva les poumons emphysématenx, ne s'afifaissant pas quand ou ouvrit la

SA GALVANlSAT(OJr. 381

poitrine et présentant des ecchymoses, surtout du côtâ gauche sur lequel le lapiq était resté couché pendant |es dernières heures de sa vie. A droite , les ecçhympse^ étaient plus petites et moins prononcées. Le cœur renfermait du sang dans toutes les cavités. L'estomac coptenait des aliments et des gaz ; sa réaction était acide ; celle de l'intestin grêle était alcaline. Le foie ne coptenait pas de sucre, parce que Tanimal était mort lentement. Cette mort lente tenait à la température bassCi car pendant Tété les animaux meurent beaucoup plps vite et leur foie peut alors contenir du sucre. On examina la plaie au cou : les deux nerfs sympathique3 avaiept été parfaitement respectés.

Eœp. — Sur un jeune chien on fît, dans la région dp COU) la section des nerfs vagues entre deux ligatures, ^e manière a avoir attachés à des fils les deux bouts ipfér rieurs et les deux bouts supérieurs.

Après la section des vagues, on observa avec soin la forme des respirations, et Ton constata qpe les côtes restaient presque immobiles et que la respiration se faisait surtout aux dépens des mouvements du dia* phragme.

On galvanisa alors à la fois les deux bouts supérieurs des nerfs vagpes. Quand lagalvanisation était très légère, la re^iration n'était pas arrêtée, mais au contraire ellQ ét^jt fréquente et entrecoupée. Les côtes se mouvaient alors rapidement. Lorsque la galvanisation était forte, le$ mouvements respiratoires s'arrêtaient; puis, quand on cessait la galvanisation, les mouvements respiratoires reprenaient au bout de quelques instants avec une grande

392 NERF pneumogastrique;

fréquence et les mouvements des côtes les accompa* gnaient. Pendant la galvanisation des bouts supérieurs des vagues, on vit Fœil devenir saillant, les pupilles et les paupières être très dilatées, l'œil et l'oreille pâlir ; mais quand la respiration était complètement arrêtée, on voyait la langue devenir brune et les phénomènes de l'asphyxie se prononcer; le thorax était arrêté dans Pinspiration forcée, au point que les cartilages des côtes étaient déformés.

On cessa la galvanisation : l'animal en était mort.

Eœp. — Sur un chien de chasse on mit à nu les deux nerfs vagues, on les souleva sur une anse de fil, et on les galvanisa tous les deux à la fois sans les couper.

Pendant la galvanisation il y eut arrêt du cœur, arrêt de la respiration et saillie des yeux, ce qui prouvait qu'il y a à la fois action centripète et centrifuge dans le nerf vague. Ceci résulte encore de Texpérience suivante faite après la section du vague.

Exp. — Sur un autre chien, le vague étant coupé dans la région moyenne du cou, on galvanisa successivement le bout inférieur et le bout supérieur. La galvanisation du bout inférieur arrêta le cœur et laissa continuer la respiration. La galvanisation du bout supérieur arrêta la respiration et laissa continuer la circulation.

Pour le grand sympathique, la galvanisation du bout supérieur, centrifuge, fit saillir l'œil.

La galvanisation du bout inférieur du grand sympathique ne produisit rien d'appréciable; ces effets n'opt du reste pas été suffisamment observés pour s'en

SON mFLUENGB SUR LES MOUVEMENTS DU GÛBUR. 393

faire une opinion complète d'après cette seule épreuve.

Les effets de la galvanisation des vagues sont aussi faciles à constater sur des grenouilles ; c'est sur ces animaux quMls ont été le plus souvent observés. Sous rinfluence de cette excitation des pneumogastriques, le cœur s'arrête. Pour faire Texpérience, on peut ouvrir le canal vertébral ou couper la tète de Tanimal, de manière à mettre à nu Torigine des pneumogastriques sur laquelle on applique ensuite l'excitation.

Nous mettons ici préalablement, à nu le cœur d'une grenouille, en ouvrant sur les parois thoraciques une fenêtre assez petite pour ne pas livrer passage aux poumons. Nous coupons la tète de l'animal, ce qui n'empêche pas le cœur de continuer à battre; puis, nous galvaniserons la moelle allongée mise à nu. La galvanisation n'arrêterait pas le cœur si nous avions enlevé la moelle allongée sur cette grenouille, et galvanisé seulement la moelle épinière. Cette expérience prouve encore que ce n'est pas par l'intermédiaire de la moelle qu'agit le pneumogastrique pour arrêter le cœur.

Voici notre grenouille dont le cœur bat ; elle a été décapitée et la moelle allongée mise à nu. Nous galvanisons la moelle dans le point d'origine des vagues ; immédiatement le cœur s'arrête. On peut voir en même temps qu'il est dilaté : il s'est arrêté dans la diastole. Bientôt les mouvements recommencent.

Voyant l'arrêt du cœur succéder à la galvanisation du pneumogastrique dans la région du cou, on a cru pouvoir admettre que le cœur recevait deux ordres de nerfs : les uns, venant du grand sympathique, destinés

Sdk MQOTiMBKTS DU COm*

à le fi^ire mouvoir ; les autres, venant du pneumogastrique, n'agissant que pour Tarrèter.

On doit reponcer à expliquer tous les mouvements du cœur, en les attribuant directement à une influence ner* veuse centrale ; le cœur bat, en effet, indépendamment du système nerveux central , lorsque, arraché de la poitrine d'un animal vivant, il continue à battre sur une table. Nous avons vu encore le cœur continuer à battre pendant un temps assez long, lorsque, empoisonnant des animaux avec du curare, nous avions anéanti les actes du système nerveux moteur*

En galvanisant le pneumogastrique chez divers animaux, nous avons obtenu des résultats différents. Ainsi, nous n'avons pas ^u l'arrêt du cœur chez les oiseaux, et , d'une manière générale, ce résultat nous a paru d'autant moins sensible que nous nous sommes adressé à des animaux plus élevés dans l'échelle, ou mieux à des animaux offrant une plus grande activité des phénomènes vitaux. Cela tiendrait-il à ce que chez les animaux il faudrait, suivant leur nature, employer des doses différentes d'électricité pour produire les menées effets; or, soit que nous ayons expérimenté sur des animaux inférieurs ou des animaux élevés, nousavons tqi^jours fait usage de la même machine électrique.

lorsqu'on coupe les pneumogastriques ou qu'on les paralyse, loin d'arrêter les mouvements du cœur, ainsi que vous le ^vez, leur nombre augmente d'une façon notable; ce nombre est souvent doublé.

Cette influence de la section du pneumogastrique sur l'augotontation des mouvements du cœur se re-

HOUVBMBNTS DU COSUH. ft95

trouve-trelle chez tous les aDimaux? 0))S9rv&-W)n chez la9 animaui^à sang froid l'augmentation du nombre des pulsations cardiaques et la diminution du nombre des mouvements respiratoire3 que nous avons vus cbez les luiîniaux à sang chaud?

M* le docteur Armand Moreau a fait récemment ici, à ce sujet, queilqMes expériences sur des grenouilles. Il ^résulterait de ses observations que la section des pneumogastriques est sans influence sur le nombre des pulsations, qui reste le même après Topération qu'avant celle-ci. M. Uoreau a également trouvé que le pombre des mouvements respiratoires restait le même. Ces phénomènes, s'ils se confirmaient, constitueraient-ils des difliiieRces assez tranchées pour caractériser l'action du pneumogastrique chez les deux classes d'animaux à sang chaud et à sang froid? — C'est une question intéressante à poursuivre.

D'autres recherches nous montrent une influence différente de celle du système nerveux central, qui a sur le nombre des battements çlu cœur une action bien plus marquée chez les animaux à sang froid que chez les animaux à sang chaud. Voici à ce sujet les résultats d'expériences qu'a faites ici M. le docteur Calliburcès. M. Calliburcès, partant de l'influence connue de la température sur les pulsations cardiaques chez les animaux à sang chaud, a recherché quelle était cette influence chez les animaux à sang froid, chez les grenouilles. Chez les animaux à sang chaud, le froid diminue le nombre des battements ducœur; la chaleur les augmente. La même chose a lieu, mais d'une façon bien plus mar-*

quée, chez les animaux à sang froid. Chez ces derniers, l'action de la température est bien plus prononcée qoe celles des nerfs, tandis que le contraire paraît avoir lieu pour les animaux à sang chaud.

M. Calliburcès se proposa, dansleprincipe, d'étudier rinfluence de la chaleur sur la vitesse de la circulation, et, dans ce but, répéta des expériences de M. Poiseuille. Après avoir plongé dans de l'eau chaude Tune des extrémités postérieures d'une grenouille, il examinait au microscope la membrane natatoire de l'autre patte, et il remarqua que l'influence du calorique appliqué sur l'autre patte accélérait toujours la circulation capillaire, mais que la fréquence des battements de cœur augmentait en même temps d'une manière si notable, qu'elle ne paraissait plus être en proportion avec la vitesse de la circulation. Voici les résultats de ces expé* riences préliminaires qui indiquent en effet que la fréquence des mouvements du cœur est liée à la modification thermique que liet chaleur apporte au sang.

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