‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 4)Chapitre 66 sur 86 · INFLUENCE DE LA CHALEUR · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA CHALEUR

La deuxième expérience â été faite sur la grehouilte n* 1 , et la sixième expérience sur la grenouille u* 5, lorsque le nombre des battements du cœur fut redevenu le même que dans la première et la cinquième expérience.

n. La chaleur agit-elle sur le cœur par l'intermédiaire du système nerreux ?

D'après une série d'expériences répétées à plusieurs reprises, il semblerait que l'accroissement de l'activité du cœur, consécutif à Paugmentation de la chaleur animale, n'est pas directement lié à l'action du système nerveux.

Première eœpérience. — Après avoir opéré dans les extrémités postérieures d'une grenouille la section des nerfs cruraux , on les plongea dans de Teau chaude, et Ton remarqua que les mouvements du cœur augmentaient exactement de la même manière que chez des grenouilles auxquelles il n'avait pas fait la section des nerfs cruraux.

Deuxième expérience. — Au lieu d'employer de l'eau chaude, on appliqua sur des grenouilles saines de l'acide acétique et azotique, depuis la plus faible dilution jusqu'à la concentration la plus forte : l'activité du cœur n'éprouva aucun changement dans quelques cas, dans d'autres elle s'accrut seulement de quelques contractions ; et, lors de l'application de l'acide azotique concentré, elle s'arrêta même complètement.

Troisième expérience. — On ouvrit le canal rachidien d'une grenouille dans la région de la moelle allongée, et l'on y introduisit la canule d'une petite

seringue remplie d'eau chaude; les mouvements du cœur s'arrêtèrent au moment même de Tintroduction de la canule^ sous Tinflueuce mécanique du contact de l'eau chaude et ayant que l'injection eût pu être faite. Plus tard ils reparurent, mais leur nombre avait diminué de trois à cinq par minute.

Quatrième expérience. — On détruisit complètement l'encéphale et la moelle épinière d'une grenouille, et l'on observa cependant, lors de l'application de la chaleur, la même augmentation des contractions du cœur. Dans la première expérience de ce genre, elles montèrent de 36 à 8& par minute.

Cinquième expérience. — On paralysa les nerfs moteurs d'une grenouille en l'empoisonnant par du curare. Dans la première de ces expériences, le cœur de l'animal battait 50 fois par minute, tant avant qu'après l'intoxication, et avant Tapplication de la chaleur. Les extrémités postérieures ayant été plongées dans de l'eau à 55 degrés, le nombre des pulsations monta à 92 par minute ; et puis il commença à diminuer, et lorsqu'il n'y en avait plus que 60 par minute, on mit les extrémités postérieures dans de l'eau à 73 degrés, ce qui fit remonter le nombre des pulsations à 92 par minute. Dans une autre expérience, le cœur de la grenouille battait 38 fois par minute après l'intoxication et avant l'application de la chaleur. De l'eau à 39 degrés ayant été appliquée sur le cœur, le nombre des battements monta à 86 par minute, puis il diminua insensiblement ; et lorsqu'il n'y eut plus que 7 A pulsations par minute, on fit cesser l'application de l'eau chaude

INFLUENCE DE LA CHALEUR. IlOi

sur le cœur : les pulsations de cet organe continuèrent à diminuer peu à peu en nombre; ce qui prouve que l'action de la chaleur sur le cœur à continué encore à se faire sentir lors même qu'on avait cessé de l'y appliquer directement ; des expériences ultérieures ont pleinement confirmé ce résultat. Une nouvelle application de chaleur provoqué chez la même grenouille, au moyen d'eau à 35 degrés, fit remonter le nombre des contractions du cœur de 40 à 88 par minute; mais ces pulsations étaient doubles, irrégulières et intermittentes, résultat qui fut également confirmé par des expériences répétées et qui ferait voir que la chaleur a de l'influence, non-seulement sur la quantité, mais encore sur la qualité des contractions du cœur.

m. L'accélération des mouvements respiratoires qui, lors de l'augmentation de la chaleur animale, coïncide avec l'accroissement des contractions du cœur, peut en être indépendante dans certains cas.

Chez les grenouilles empoisonnées par le curare, les mouvements respiratoires cessent complètement, et néanmoins Tapplication de la chaleur provoque une augmentation de ceux du cœur. Du reste, nous avons déjà vu que l'application locale de la chaleur sur le cœur en accélère l'activité, sans avoir pour cela d'influence sur les phénomènes respiratoires de la grenouille.

lY. L'accélération de l'activité du cœur, paraît dépendre uniquement de l'action locale et spécifique de la chaleur sur le cœur môme.

Voici de quelle manière M. Calliburcès fit ses expé-

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ipiences : Il extirpa le cœur d'une grenouille qui aysdt 56 pulsations par minute; après l'opération, il en avait encore 18. On plaça alors le cœur dans un verre de montre contenant de Teau à kO degrés, et aussitôt les pulsations montèrent à 9/l par minute. Dans la deuxième expérience, la chaleur de l'eau (AO degrés) fît monter les contractions du cœur de 38, qu'il avait avant l'extirpation à 80 par minute. Un troisième cœur battait encore 30 fois par minute après avoir été excisé ; mis dans de l'eau à 25 degrés, il se contracta 62 fois dans le même espace de temps. Dans la dernière expérience, enfin, on mit le cœur d'une grenouille^, qui avait 36 pulsations avant d'être extirpé, dans de l'eau à 50 degrés, ce qui fit monter les contractions à 72 par minute ; alors on plaça le cœur dans de l'eau qui n'avait que 10 degrés de chaleur, et aussitôt les pulsations cessèrent complètement, mais elles reparurent de nouveau (82 par minute) lorsque le cœur fut remis dans de Peau à 50 degrés.

M. Calliburcès a observé d'une manière générale que le nombre des contractions du cœur augmente en raison du degré de température employé; mais il ne lui a pas été possible d'y trouver une proportion directe : ainsi, pour citer un exemple, une température de 22 degrés fit monter les mouvements d'un cœur de 32 à 45 par minute ; lorsque le cœur fut revenu à 32 battements, on l'exposa à une température de 82 d^rés sous l'influence de laquelle il y eut 65 pulsations par minute.

Conclusions — 1* La chaleur paraît avoir une actlcw spécifique sur le cœur ; l'augmentation dra pulsations

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