URINE
Avant Vexpérience.
Ambrée, claire, acide, pas de sncre.
SARG.
AtMnt l'expérience.
Sérum limpide, alcalin, contenaat des traces de sacre.
Pendant toute la durée de la galvanisation, rurine et le sang conservèrent les mêmes caractères. Le lendemain; le sang comme l'urine étaient dépourvus de sucre.
d'où il résulte que la galvanisation du pneumogastrique dans les conditions précitées n*apas produit l'apparition du sucre dans les urines et l'aurait même fait disparaître du sang. On a conservé ce chien : les jours suivants, peu à peu il se remit à manger et revint à son état normal, ce qui prouve que les nerfs galvanisés avaient pu reprendre leurs fonctions, car l'animal serait mort, si les pneumogastriques avaient été coupés ou altérés d'une façon équivalente.
Le 28 avril, l'animal était à peu près revenu à son état normal et il servit plus tard à d'autres expériences.
£a?p.(2S avril 1849). — Sur un gros lapin, on mit à découvert les deux nerfs vagues, on les soulevaà l'aide d'un fil placé sous eux et on les galvanisa avec un courant faible pendant quelques instants.
Avant Texpérience, les urines étaient troubles, blanchâtres, alcalines, ne contenaient pas de sucre.
Quelques heures plus tard, les urines étaient toujours claires, elles étaient moins alcalines et renfermaient du sucre d'une manière très nette, quoiqu'on petite quantité.
Le soir, neuf heures après la galvanisation, les urines étaient troubles, alcalines et paraissaient contenir encore des traces de sucre.
Le 24 avril, le fil étant toujours resté autour des vagues fut retiré avec une certaine difficulté.
Dès ce moment, l'animal parut avoir la respiration gênée et il mourut la nuit suivante avec tous les symptômes de la section des nerfs vagues.
Les poumons étaient ecchymoses. Le foie donnaitune
4â9 NEBF PI(fiy:VQ4UâTAIQU£.
^écoctipn. jaunâtre, limpide, qui ne cooteiHÙ^ aucune trace de sucre.
Exp. (16 nevemlire 1852), — Sur une cbirane m pleine digestion et biep portante, on fît la section des pneumogastriques dans la région moyenne du cpn et on galvanisa, les deu^ bouts ^^périeurs préalahlem^t liés ensemble. La galvanisation dura environ une demilieure, mais elle était interrompue et op agissait alternativement sur chacun des deux nerfs. L'anjipal vopiit abondamment; les yeux devinrept saillants. Dans les premiers instants de la galvanisation, la pupille se rps- ^rra ; mais bientôt elle se dilatait fortement si lagi^vaniss^tion coi^tiaqait.
Penda^t la galvanisation, Tc^imal présenta des convulsions assez violentes. Uae demi-he^re ftprè^ la gnlyani^tioA, ce çl^ien readit de Vurlq^ qui ne contenait pas de si^cre.
Une heu^e après la preipière opératiaq, on galvanisa encpre l'apimal pendant un quart d'beure ^veç des interruptioivs. Lç gs^lvapisime détermipa toujours clés convulsions avec efforts de vomissement.
Un peu plus t^rd, on fit la ponctipu de la vessiç pour obtenir de l'urine qui fut trouvée légèrement ^k^Une et contenait une grande quantité de siicre*
Upç heure après h ponction de ^ vessie, Tanimal rendit spontanément de l'urine très chargé? de sucre. Ifi leudemaip ^^5^tin, environ dU-buit fleures %pr^, rapimfil fut trquvé mort^ ip^js encore chaud.
A utopsie. Le foie ne çontenf^it que des traces de sucre. Lft vessie et les û^t^^tins ^t^iwt vides. L^ corue^ de la
BXFi^lEKCES. 439
taatriœ renfermaient six petits, dont trois seulement étaient morts. Le foie de ce^ petits chiens contenait du sucre de môme que le liquide amniotique*
Le cerveau et la moelle allongée étaient très injec-^ tés, ce qui tenait peut-ôtre à la galvanisation du bout lupérieur des nerfs vagues.
Le cœur était plein de sang coagulé; il y avait unç eodiymose hémorrbagique dans l'épaisseur de la valvule mitrale. Les poumons étaient engoués et comme bépa^^ tisés.
Eoop. — Sur un chien en digestion, on fit, le 12 w>^ vembre 1853, la piqûre delà moelle allongée, aprèsavoir, quatre jours auparavant, tenté la section des nerft grands splanobniques.
La piqûre réussit bien, et, au bout d'ui\e heure environ , l'animal ^'était r^evé et marchait. Seulement il avait vomi et il salivait beaucoup. La pupille, qui était très dilatée immédiatement après la piqûre , Tétait encore beaucoup quatre heures plua tard.
Oo saigna ranimai de\f,n heures environ après la pi-^ qûre et on trouva une grande quantité de sqcre dans le sang de la veine jugulaire.
On examina de l'urine que l'animal avait rendue spontanément quelque temps après, on y constata iwe quantité considérable de sucre.
Deux jours après, le 14 novembre, l'animal i^^avait plus de sucre (jians son urine. Àloxs on découvrit les deux nerfs vagues dans la région moyenne du cou ; on \e^ lia ensemble , et on galvanisa au-dessus de la liga* ture avec l'appareil éleatro*m9gnétique de Breton. La
hkO NE&F PNEUMOGASmiQUE.
première fois, on galvanisa pendant quelques minutes. Vingt cinq minutes après, on les galvanisa de nouveau: l'animal mourut pendant l'opération, ce qui tenait,sans doute, à l'arrêt des mouvements respiratoires qui étaient comme suspendus pendant la galvanisation.
 l'autopsie, on constata que les nerfs splanchniques n'étaient coupés ni à droite, ni à ^gauche; l'instrument avait porté trop en dehors. Le sang de l'animal renfermait du sucre, de même que le foie qui, au dosage, donna 0,77 pour 100. Il n'y avait point d'urine dans la vessie.
Exp, (6 janvier 1853). — Sur un chien loulou, ayant fait le matin un repas copieux de viande et de soupe, on pratiqua la section des deux vagues dans la région moyenne du cou afin de pouvoir les galvaniser ensuite.
Le chien , étant étendu sur la table et fixé par des liens, offrait par minute 28 respirations et 152 pulsations à l'artère crurale. On fit la ligature des deux nerfs vagues ensemble, et ensuite leur section, de manière à tenir réunis dans des ligatures séparées les deux bouts supérieurs et les deux bouts inférieurs. Les nerfs vagues parurent complètement insensibles, et, au moment où on en fit la ligature, l'animal remua la queue seulement comme cela arrive fréquemment.
Après la section, les respirations étaient de 12 par minute, et les pulsations de 192. Cette augmentation des pulsations n'a paru se manifester que cinq à six minutes après la ligature des nerfs. Il serait curieux de savoir s'il eu est de même dans d'autres cas. Alors on galvanisa successivement les bouts centraux et pé-
EXPÉRIENCES. kh l
ripbériques des nerfs vagues. On galvanisa modérément et à diverses reprises, pendant cinq à six minutes, les bouts supérieurs. Quand on galvanisait le vague droit, i) y avait toujours vomissement des aliments et arrêt de la respiration. Quand on galvanisait le vague gauche, il n'y avait pas de vomissement et il semblait que la respiration ne s'arrêtait pas aussi facilement. D'ailleurs, lorsqu'on galvanisait ces nerfs, il y avait du côté des yeux les symptômes ordinaires; et du côté de la face, tiraillement en arrière des commissures de la gueule, etc.
Après cette galvanisation, l'animal fut détaché et mis en liberté dans le laboratoire. La respiration était lente et difficile ; après une heure on recommença de nouveau la galvanisation ; et aussitôt après on retira de la vessie des urines qui étaient devenues alcalines^ d'acides qu'elles étaient avant; on constata qu'elles contenaient manifestement du sucre.
Dans la seconde galvanisation, les symptômes provoqués par chacun des deux vagues en particulier ne fu* rent pas aussi nets que la première fois.
Enfin on galvanisa plus tard très fortement l'animal, et le sucre disparut de l'urine.
Dans aucun cas, on n'irrita le bout périphérique des nerfs vagues. Le lendemain matin, l'animal n'était pas encore mort; il n'avait plus que 8 respirations par minute. Il mourut le soir. On trouva à l'autopsie son foie dépourvu de sucre.
Eœp. (11 juin 1855). — Sur un chien , de taille moyenne et adulte, en pleine digestion et ayant fait trois heures auparavant un repas de viande cuite (tête dé
hk% NERF mSUMOa^STRlQUE.
Kiûiltop) , 00 compta les respirationsquî étaient de 30 par minute (l'aninoal était uu peu agité), les pakatiooa étaient ^ 96 à 100. ËQSttite on fit k seotiop des deux nerfa \9gae& dana la région moyenne du cou, entre deux Ugatfites portées aur les deux nerfs à la fois qfû étaient peu. sensibiles. Après la section de ces deux nerfs on a^t du oô^ de l'cBil et de la face les phénomènes ordinaîres de la j^ectioii dy grapd sympathique faite en même ifWV^ que celle des vagues. Qa galvanisa alors les deux |>QUts {supérieurs, tantôt àla foia, tantôt allant d'un nerf ^ Tautre, pendant é^n miputes environ, avec des intermit^nces. Les mouvements resipiratoires éUÔenl suspen* du^ pendant cette galvanisation. L'animal n'eut paa eu de vonvssements réels, mais il avait de la tendance à vomir pepdant qu'on galvanisait, allant toijyomra d'uo nerf à l'autre.
Après qu'on eut cessé la galvanisation, on constata que les respiratipns étaient de i 3 par minute, et les pulsations de lia 4 l'^O- Le chien étant remis en liberté, les respirations étaiei^t difficiles et ses yeux étaient déformés et injectés. On retira des iwines de la vessie et on constata qu'elles étaient alcalines. Une beme aftfés, cm galvanisa le phiçn ; on prit de l'urine avapt la galvani* sfition et on n'y copstata pas la présence du suc^e. Âpres la galvanisation, qui avait dffxé environ dix minutes ^vec inter^nittence^, pn i^eprit les urines). Les urines paraissaient alors moins alcalines qu'elles ne l'étaient une heiire auparavant et elles ne couinaient pai de yucre. Une heure après la seconde galvapisation» ob retirade l'urine qui était toujours légèrement alcaline,
et OQ y r8(X)wut la présence d'une grande quantité de ancre. On trouva alors les respiratioins de 13 par mn nut«, çt les pulsations de 152 à 160* Alors on sacrifia l'animal par la section du bulbe raobidien et on re-r cueillit, par le procédé ordinaire, le sang de différents vaîaseaMx, savoir : de la veine porte, des veinesi bépa^ tiqii9s, du (Heur droit et du cœur gaucbe. On constata la présence du sucre dans tous ces sanga» mai^ beaucoup plus dans le swg de^ veines sus-bépatiques. Le sérum était ç\BàK et limpide dans tous les sangs, excepté dans celui du cœur droit où il présentait une teinte laiteuse. Q existait dftns Iç péricarde un épancbement conaidélable de^rQsité,qui w prenait par le refroidissement en une masse flbrinçuse et qui contenait beaucoup de suere.
On fit fermenter alors, comparativement, lea urines Av(mt les gf^lvftnisatioqji, et les urines qu'on avait retirée de Vwimal ^pr^ 1a mort. La fermentation fut puUe d»Qft la prewi^re ; di^ns l'autre, elle fut tri» aetivct et dopna une gr^ude quantité d'»eide carboniquei.
Le cbien pesait 16^^S son foie pesait 18Q gram«; il donna yne déeoction limpide, dans laquelle on trou vaque le tisi^ de l'oigne contenait 1^,&15 de sucre pour 10(L
L'cmmen du foie fut fait le lendemain de la mort« On eait^mina de 9ième le contenu de l'estomac, qui ne renfermait pM de sucre ; la bile était, au contraire, manifestement sucrée.
^^ {^À janvier ISSiS). -- Sur une ctuenaû de Bioyenne taille, très grasse, ayant déjà servi à d'autres expériencesi, et ayant ep les deuK ner£s récurrents coupés piar un procédé sou^-cutané. On peut, w efiet^ couper
hhh NBRF PNEUMOGASTRIQUE.
les nerfs récurrents chez le chien par la méthode souscutanée. Pour cela, ayec notre crochet à couper les nerfs, on pique la peau et on va sur les côtés de la trachée, vers sa partie supérieure. Gela fait, on remonte le long de la face externe droite et gauche de la trachée, on accroche et on coupe les nerfs récurrents qui sont accolés sur les parties latérales des premiers anneaux du tuyau respiratoire.
On reconnaît que la section est opérée à la raucité de la voix de l'animal. Mais revenons au sujet de Texpérience actuelle.
On coupa les nerfs vagues dans la région moyenne du cou, puis on galvanisa les bouts supérieurs, et, à trois • reprises, on constata qu'alors les mouvements du thorax étaient arrêtés. Puis, on galvanisa les bouts inférieurs et on vit que le cœur était arrêté. Ensuite, on revint galvaniser les bouts supérieurs, en prolongeant davantage la galvanisation, afin de faire vomir l'animal; la chienne ne vomit pas et n'eut pas même des envies de vomir ; mais l'autopsie prouva plus tard que Tanimal était à jeun, qu'il n'avait rien dans l'estomac. Une heure après, on galvanisa les bouts inférieurs des vi^es seulement, à deux ou trois reprises, à un quart d^heure d'intervalle ; puis, une demi-heure après la dernière galvanisation, l'animal fut sacrifié par la section du bulbe rachidien.
L'autopsie montra que le foie contenait beaucoup de sucreet que l'urine, qui était acide, était sucrée, ainsique la bile. Le foie contenait 1<%67 pour 100 de sucre.
On observa sur cette chienne différentes particulari*
BXPéRlENCES. Aâ5
tés : 1* le vague droit paraissait bien évidemment plus petit que le gauche (cette disposition ne serait ici qu'exagérée). 2* Les vagues étaient sensibles avant qu'on n'en fit la section ; mais après la section, il sembla que les bouts inférieurs excités, donnaient lieu à des mani* festations de douleur, qui ne pourraient s'expliquer là que par Tirritation du bout central du grand sympathique, qui restait] uni au bout périphérique du vague* S* 11 sembla quechez cet animal les phénomènes du c6té des yeux étaient moins prononcés qu'à l'ordinaire. &® Enfin cette expérience prouve encore que la galvanisation des bouts périphériques n'a pas empêché le diabète de se produire, par suite de la galvanisation des bouts centraux. 5* On constata chez cette chienne, au moment où elle fut sacrifiée, que dans la mort par section du bulbe rachidien la conjonctive devient insensible avant la cornée. Enfin, cette expérience montre que le diabète peut parfaitement se manifester l'animal étant à jeun.
Eœp. (Octobre 1851). — !• Un petit chien, de six à huit jours, fut éthérisé d'une manière continue, pendant une heure, dans le but de voir si cette éthérisation produirait l'apparition du sucre dans l'urine. Une heure après, en examinant Turine dont sa vessie était remplie, on n'y rencontra pas de sucre d'une manière sensible.
On tua ensuite l'animal par décapitation. Son sang contenait du sucre, de même que la décoction du foie qui était transparente.
Dans les expériences de diabète, on ne saurait attribuer l'apparition du sucre dans les urines au ralen**
ii&6 NERF Pi^tMÔâASt&IQUE.
tissMnebt de la respiration qui acootnpAgne Ift section àm pneumogastriques et qiii donnemetit lied à une sorte d*Aspbyxie. yeïpériencé stliv&nte montre que raâ^yxie twait pitttftt un eiSst contraire.
Ewp.'^ ¥ Un autre chiett,du mèlne âge que te précédent, eut led deui récurrents coupés dans la ré^^on du cou ; il devint de suite cyanose ; il suffoquait; mais, oomttie il était né dépuis quelques jours, son asphyxie Ait léllte et dnira une heure et quart. La vessie était pleine d'urine qui ne renfermait pas de sucre; le sang contenait seulement des traces de sucre et la décoction du foie n'en contenait pas.
Eœp. — 8* Un troisième petit chien, de la même portée que les précédents, fut tué directement par décapitation pour être comparé aux deux précédents. Son sang contenait du sucre. La décoction de son foie était opaline et sucrée. L'urine ne renfermait pas de sucre.
n résulte de ces tfois expériences faites sur ces trois petits chiens, dans les mêmes conditions de digestion à peu près terminée, que Tasphyxie lente a détruit le sucre au lieu de le faire apparaître dans le sang et dans les urines. L'éther, au contraire, quoiqu'il n'ait pas fait apparaître le sucre dans l'urine, d'une manière évidente, semble avoir augmenté sa production dans le sang et dans le fbie. Quant au troisième chien, nous voyons que la décoction de son foie se distinguait des deux autres par l'opalescence, caractère qui, d'après ce que nous avons vu depuis, indique que son foie contenait de latnatièreglycogène, tandis qu'il n'y en avait plus chez les deux autres. Gette expérience prouve de plus que, sous
nfÉ&IBNCBS. khi
ce mpport^ ii de faudrait pas Asstokiier TtéUier «ot tgMttt asf^yxiaDts.
La section d^un seul ptieumofiaslriqtte o'eM pas ntoN telle ches les chiens ; et, si au bout d'un certain tempu, de six semaines, par exemple, on pratique ksaetlM de Tautre pneumogastrique, on dit que I'mîmiI résiste à celle section successive des deux nerfs. Oa a petMé que le temps qui s^tatttécmilé entre les deux opérations avait été suffisant pour permettre le rétablissement des fSmc* tioQs du vague coupé. Toutefois, apràs ce temps, les pbé^ nomènes que la section amène du côté de Tceil et du cMé de la température de la tète ti'ont pas encore disparu.
Eosp. ^ Une grosse chienne avait eu te poeumoga^ trique 'droit coupé dans la région moyenne de cou, et éprouva^ comme conséquence, tous les symptômes ordinaires qui sont observés du côté de l'œil et du côté de la chaleur de la tète.
Deux mois et demi après, ces symptômes n'avaient pas encore disparu. L'œil du côté coupé était plus pe^ tit, la pupille plus contractée, etc. AJors^ on coupa le pneumogastrique bien au-dessons du point où il avait été coupé la première fois, et on galvanisa son boutsiih^ périeur, afin de voir si la galvanisation aurait quelque effet sur Tœil, en d'autres termes, si les propriétés des âerfe étaient rétablies dans le point coupé. Cette galva^ nisation ne produisit aucun effet sensible sur la pupille ; Tœil ne devint pas saillant.
Cette expérience semblerait prouver que^ après «Jeux mots et demi, le pneumogastrique ou plutôt le sympa* thique qui lui était uni, ne s'était pas régénéré, de ma^
fttô NERF PlfBUMOGASTRIQUB.
nière à reprendre ses fonctions. Gela peut paraître surprenant, parce qu'on dit que la section des deux pneumogastriques est ordinairement suivie de mort, tandis que.la section successive des deux nerfs à six semaines de distance ne Test pas. On explique ce résultat en disant que le nerf coupé a eu le temps de reprendre ses fonctions. Cette expérience prouverait cependant que le nerf n'avait pas recouvré ses propriétés physiologiques ; il eût fallu , pour savoir si le nerf pouvait entretenir la vie, faire la section du côté opposé. Il aurait été nécessaire encore de faire la section du nerf au-dessus du point de la section primitive, afin de voir si la galvanisation du bout périphérique n'aurait pas arrêté le cœur, effet qui appartient exclusivement au pneumogastrique.
Nous citerons à ce propos Texpérience suivante quoiqu'elle renferme d'autres résultats qui se rapportent phitût à l'histoire du grand sympathique.
Bûop. (28 octobre 1855). — Sur un chien ayant, comme dans le cas précédent, un pneumogastrique coupé depuis longtemps, on constata qu'il y avait encore un peu de chaleur dans l'oreille correspondante et les désordres caractéristiques du côté de Tœil ; ce qui montrait que les fonctions du grand sympathique n'étaient pas rétablies.
Après avoir éthérisé l'animal, on découvrit le pneumogastrique vers le point de sa cicatrisation, puis on laissa revenir l'animal de son éthérisation. On galvanisa le nerf au-dessus de la cicatrice et on n'observa rien du côté do cœur, tandis qu'il y avait saillie du globe de l'œil et les phénomènes ordinaires du côté de la tôte. On galvanisa ensuite au^essous de la cicatrice et on observa un arrêt
Au eœur et rien du côté de la tète. Ge qiû (Nrouve évidemment que rexdtation éliectrique ne passait pas a travers la cicatrice.
On sacrifia ensuite l'animal par la section du bulbe rachidien et aussitôt on observa qu'en galvanisaut le pi^mi^ ganglion tboracique du côté gauche, le cœur se remit à battre et des mouvements énergiques appai'urent dans rintestin grêle et dans restomac. Quand ou galvanisa le ganglion cœliaque du môme côté, on vit, ap contraire, les mouvements de l'intestin grôle s'arrêter tandis qu'il en apparut dans le gros intestin de très violents. Â plusieurs reprises on constata le> mêmes phénomènes, après quoi on galvanisa de même les ganglions, premier thoracique et cœliaque du côti^. opposé, avec les mêmes résultats.
Enfin, on coupa le filet nerveux qui unit inférieure* ment le ganglion premier thoracique au ganglion suivant, et on obtint toujours le même résultat par la galvanisation du ganglion, ce qui prouverait que rinfluence du ganglion se transmet aux intestins par une action réflexe passant par la moelle. En effet, on galvanisa alors le bout supérieur du nerf coupé tenant au ganglion et on produisit les mêmes phénomènes de contraction ; tandis qu'en agissant sur le bout iuférieur, on ne vit aucun mouvement se développer. Il reste maintenant à déterminer par quel filet cette action réflexe se propage aux intestins; tout porte à penser que c'est par les nerfs si^anchniques.
JioM reviendrons sur ces questions à propos du nerf sympathique.
B., Stit. nbuv. — IL 29
A50 NeRP PNEUMOGASTaïQUB.
Lorsque les nerfs ont été fatigués par une cause quelconque; par la galvanisation, par exemple, ils reprennent leurs propriétés assez vite, contrairement à ce qui a lieu après leur ligature ou leur section ; c'est ce que prouve l'expérience suivante :
Eœp. (25 avril 18&9). — Sur un chien, on mit ànu les deux vagues et on les galvanisa dans la région moyenne du cou. On fit passer un courant assez faible pour ne pas trop altérer les nerfs ; cependant, après avoir cessé la galvanisation , la voix de Tanimal était devenue rauque, voilée ; la pupille du côté gauche était rétrécie et la membrane clignotante faisait saillie au-devant de Tœil comme lorsque le sympathique a été coupé ; les respirations ne paraissaient cependant pas sensiblement ralenties. Pendant qu'on galvanisait les pneumogastriques, ranimai faisait de fréquents mouvements de d^lutition.
Le 30 avril, Tanimal se portait bien ; il mangea, et les symptômes précédemment observés avaient disparu : la voix était redevenue claire et la pupille de l'œil gauche avait repris son état normal.
Alors cet au i mal fut piqué au plancher du quatrième ventricule, et, à la suite de cette opération, on observa l'apparition du sucre dans les urines avec les phénomènes que nous avons signalés.
Cette expérience montre que Taltération des nerfs, qui a été produite par le fait de la galvanisation, tf cessé plus rapidement qu'on aurait pu le penser, puisque au bout de cinq jours le nerf avait r^ris ses propriétés. Ce qui prouve que le nerf était simplement fatigué par
la galmmisatioD, mais nop pas détrait, car les choses se fosBent passées tout autrement après la section.
Enfin, il semble que le pneumogastrique soit un nerf capable d'offrir des exemples de toutes les anomalies possibles, car on a vu des chiens sunrivre à la section des deux pneumo^^astriques sans qu'on puisse en donner Texplication, si ce n'est en disant que Vinfluence ner- Teuse a pu se continuer par l'anastomose que Galien avait déjà signalée entre le laryngé supérieu r et le laryngé inférieur, anastomose qui serait dans ces cas plus forlt) qu'à l'état ordinaire. Nous considérons cette explication comme une simple hypothèse. Quoi qu'il en soit, divers observateurs, M. Sédillot en particulier, ont signalé des exemples de survie prolongée chez des chiens à qui on avait coupé les nerfs vagues. Nous allons vous en rapporter un cas que nous avons observé nous-mème.
Eœp. (26 mars i8A7). — Je réséquai, sur un chien, les deux vagues dans la région moyenne du cou.
Avant l'opération, les pulsations étaient au nombre de 85 avec irrégularité. Après l'opération 178, et régulières. Les respirations, qui étaient avant au nombre de 16, étaient tombées à 12 après la section des nerfs.
On remarqua pendant l'opération qu'après la section du nerf vague gauche, la circulation était déjà accé lérée.
Aussitôt après la résection des deux nerfs vagues, Panimal suffoquait convulsivement; bientAt le calme se rétablit.
On observa, en outre, du côté des yeux une constric* tion de la pupille, un enfoncement du globe oculaire^
âBt NERF FMmMÉSniQDS.
ttoedéformAtten db rouverture^p^Nrale^ ewnéqueoces de la seetioii dtt grand syfltpatlûqpie inéniabieiBeol eoupé avec te pneumogastrique.
Le 27 mars, Tanimàl allait biea^ ne paraissait pas triste, les symptômes de la veille persistaient du oMé et la respiration et de la circulation. On donna à ranimai un morceau de viande qu'il mangea, mais qu'il ne put avaler; il le vomit bientôt, essaya de nouveau de le manger, le revomit et ainsi de suite.
Le 38 mus, Tanimal allait toujours bien ; les mêmes symptômes persistaient; Fauimal buvait asseK bien les aliments liquides; cependant^ en buvant, il toussait et vomissait de temps en temps ; mais une certaine quaalAé des aliments arrivait cependant dans l'estomac^ car il en rendait beaucoup moins qu'il n'en prenait.
Le S9 mars, mèdie état ; le chien mangeait ttouyeun et vomissait la fb» grande partie de œ qu'il prenait Du SO mars au S avril, le diien testa toujouis de même : il rendait toujours la plbs grande partie de œ qu'il prenait. De temps en temps il rendit des escrémeats qui étaient dursv et son urine était très foncée.
L'animal paraissait calma, il se courbait en road pour s'ebdormir comme à rordinmre; ses respirations étaiebt toujours eieessivetaient laborieuses et l'inspiration commençait toujours par la contraction très forte des muscles abdominaux, à laquette sueoédait l'écartement très marqué des côtes. Au tneriMDi oà l'inspiration commençait, tous les muscles de l'anin»! étaient pris d'une soHe de timnblement oonvulsif qui se voyait même jusque dans les muscles de ht cuisse,
tXFÉRISlfGES* iS3
et eè treinblemeot eouvulsif durait dms tes ipiuetes peDCJant tout Ip temps de rinspiratîen et cessait uu instant au moment où l'expiration se faisait paF uu relèvement brusque des forces inspiratrices,, pour recemrneBcer bientôt avec une nouvelle inspiration. 1^ jours suivaBts, ranimai présenta toujours les mêmes phénor mènes.
Buit jours après la résection des vagues, on plaça une canule a Testomac de l'animal. On trouva ^u'il y avait une certaine quantité de liquide acide dans l'estomac ; qu'uBe partie des aliments y avait pénétré et paraissait y être digérée. On nourrit le chien avec du bouillon et différents autres aliments.
Le chien maigrissait toujours de plus en plus, el il mourut dix-sept jours après la section des vagues. A Tautopsie, on trouva un poumon entier ai suppuration, l'intestin grêle présenta, en grande quantité, des villosites blanchâtres gorgées de chyle, ce qui tenait à la len* teur de l'absorption, car ce fait s'observe aussi chez des animaux auxquels on foit la section du vague en pleine digestion. La dissection de la r^ion du cou montra que les deux nerfe vagues étaient bien coupés ; il existait une solution de eontimâté entre les deux bouts qui présentaient chacun un renflement très manifeste.
Nous avons aussi répété pluâeurs fois la section du pneumogastrique au-dessous du coror et du poumon, de teUefiiçon que les effists de la paralysie de ce nerf ne peuvent se manifesteF que sur les organes abdominaux, lions avons déorit aîDeurs (i)le procédé à l'aide duquel
(1) Tome r, p. 328,
AS& MEEP PlfEUMOGASTEIOCB.
on coupe le pneumogastrique dans la poitrine. Il n*y a, dans l'opération ainsi pratiquée, aucun phénomène du côté du cœur, ni de la respiration qui reste normale, mais, ce qui est plus remarquable, c'est que les désordres que la section de ce nerf apporte dans les fonctions des organes abdominaux n'influent pas d'une maniera immédiate sur la santé de ranimai. C'est ainsi qu'après cette opération, nous avons vu la digestion continuer, et la formation du sucre avoir lieu dans le foie ainsi que le prouve l'expérience suivante.
Eœp. — Sur un chien, jeune et de taille moyenne, m }H^tiqua réthérisation pour couper les nerfs pneumogastriques au-dessous des poumons, par le procédé déjà décrit (t. I, pag. 328). Après l'opération on observa ce qui suit :
L'urine avant l'opération était colorée, acide, et elle donna directement du nitrate d'urée par TadditioD d'acide azotique. Une heure après l'opération, rurine était légèrement alcaline, pas de précipité albumineux par l'acide azotique, ni par la chaleur; mais il y avait toujours précipitation de nitrate d'urée par l'acide azotique; pas de sucre dune manière évidente;
Deux heures après l'opération, les urines ofiraient toujours les mêmes caractères; leur réaction était légère* meut alcaline. En laissant sécher le papier rouge qui était devenu bleu par son immersion dans l'urinOy on le voyait redevenir rouge, ce qui semblerait indiquer que l'alcalinité était due à de l'ammoniaque.
En faisant bouillir ces urines qui étaient nettement alcalines, elles devenaient également acides.
EXPÉRiracBS. 455
Le 14 juin , le chien mangea et se portait bien. L'urine présentait toujours les mômes caractères.
On aTait constaté que les pupilles du chien n'ofraient pas de déformation. Le sympathique, qui agit sur la pupille, n'était donc pas encore uni dans ce point avec le pneumogastrique.
Le 19 juin, le chien était toujours bien portant, il mangeait bien ; T urine, au moment de l'émission, était légèrement alcaline; mais l'alcalinité disparaissait sur le papier quand il séchait, et l'urine même finissait pas devenir acide à l'air.
21 juin. — Le chien était toujours dans le même état On recueillit de l'urine qui présentait toujours les mêmes caractères; alcaliuité légère, au moment de l'émission, qui disparaissait par Tébullition. On fit servir ce chien à des expériences sur la salive, expériences qui ont été rapportées (t. II, p. 113).
L'animal fut empoisonné par injection de strychnine dans le canal parotidien. Â l'autopsie, on trouva vers le quart inférieur de l'oesophage, que le vague, appliqué contre la partie droite de ce canal, était coupé et présentait des cicatrices renflées à ses bouts. Sur le côté gauche, on trouva également un filet coupé. On constata donc que les filets nerveux, qui à ce niveau représentent les deux pneumogastriques réunis, étaient très bien coupés. L'animal avait été sacrifié au commencement de la digestion, l'estomac était rempli de viande; le canal thoraciques et les lymphatiques étaient distendus par un liquide blanchâtre.
Le sang contenait du sucre ; le tissu du foie en ren
&56 NkRF PNKUVOGASTRIQUE.
fermait une grande quantité, tandis que le contenu de l'intestin n'en donnait pas de trace.
Cette expérience prouve donc qu'après la section des pneumogastriques au-dessous du poumon, la vie a pu continuer sans lésion pulmonaire et sans que las fonctions digestive et glycogénique du foie aient été suspendues.
Ces derniers résultats sont très importants en ce ({u'ils semblent bien montrer que Taction mortelle de la section du pneumogastrique ne produit pas ses effets funestes par une action directe sur les organes abdominaux, mais très probablement par une action léflexe qui aurait sa source soit dans le poumon, soit dans le cœur. Le grand sympathique doit probablemeot avoir un rôle dans ces sortes d'actions réflexes organiques, et c'est précisément à cause de ce mélange des propriétés d'un nerf de la vie extérieure et d'un nerf de fat vie organique, que le pneumogastrique nous offre dans son histoire des obscurités qui ne pourront être dissipées (|UG lorsque le sympathique lui-même sera mieux connu.
Afin de distinguer les actions qui appartiennent aux pneumogastriques et au grand sympathique, il faudrait faire la physiologie comparée de ces uerfe chez des animaux où leurs filaments se trouveraient séparés.
Chez les invertébrés, il y a des nerfs qu'on a comparés au pneumogastrique et au grand sympathique. Ces deux nerfs affectent un développement inverse.
(ihez les insectes, deux filets partent du cerveau de uièn)e qu'un autre du ganglion médian ou ganglion
EXPÉRIENCES. âo7
frontal. Le filet émané du ganglion frontal vient passer dans Panneau œsophagien et accompagne le canal digestif. Les filets émanés du cerveau se rendent aux trachées et au vaisseau dorsal.
Quand on suit le filet œsophagien chez les dystiques, on voit qu'il se distribue à l'espèce de jabot dans lequel descendent les aliments : on ne peut le suivre au delà. Si Ton vient à couper ce nerf, Fanimal d^lutit constamment; s'il ne mange pas^ il déglutit de l'air.
L'arrêt brusque de ce |nerf à la fin de l'organe de la d^hitition se retrouve dans les espèces animales élevées : lorsque, sur un chien ou sur un oiseau, on galvanise le pneumogastrique, on lait contracter l'estomac ou le jabot ; on ne produit rien au delà. Chez les animaux invertébrés il semble en être de même.
Tout à l'heure, sur le pigeon que vous avez vu ouvert sur cette assiette, noas avons galvanisé les pneunuigastriques et fait ainsi contracter le gésier ; les contractions n'ont pas été au delà ée cet organe.
Sur ce chien qui nous a déjà servi au commencement de la leçon et qu'on vient de sacrifier, nous allons gai-* vaniser le pneumogastrique.
L'estomac se contracte (l'animal est en digestion) ; mais nous ne voyons aucun mouvement des intestins. Ces mouvements sont provoqués surtout lorsqu'on gatvaiiise le pneumogastrique vers la partie inférieure de }'œsophage. Les mouvements péristaltiqiies intestinaux sont indépendants de ceux qu'on provoque ainsi dans l'estomac. En portant les conducteurs de l'appareil gai* vanique sur le pcrât dont je viens de parler, nous obte*- BODS des mouvements braucoup plua violents, surtoi^t
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vers le pylore. D faut, pour que ces mouvements airat une grande intensité, que Tanimal soit en digestion.
Les mouvements qui ont pour siège les fibres contractiles des conduits pancréatique et biliaire ne sont pas sous rinfluence du pneumogastrique. Chez les pigeons, où ils sont très prononcés, ils continuent après la section du pneumogastrique comme le font les mouvements du cœur. Ils ne sont pas non plus, chez ces animaux, arrêtés par la galvanisation. D'après ces faits, l'action motrice du vague semblerait donc s'arrêter à l'estomac.
Messieurs, en finissant l'histoire du pneumogastrique, nous terminons celle des nerfs cràoiens. Nous avons déjà, dans le premier semestre, vu les racines rachidiennes, de sorte qu'il ne nous reste plus à étudier que le grand sympathique dans ses différentes portions. Toutefois, avant d'aborder ce sujet, nous devons revenir sur quelques points de l'histoire des iierfs cérébro-rachidiens. Ainsi on a signalé fréquemment des paralysies partielles de certaines branches nerveuses qui dépendent de lésions centrales du système nerveux, et qui àcause décela sont assez difficiles à expliquer. Ainsi, dans les affections saturnines on voit survenir une paralysie qui affecte plus spécialement les muscles extenseurs. Quant au siège de cette paralysie il est difficile de s'en rendre compte, soit qu'on le place dans les muscles, soit qu'on le place dans la moelle épinière. Cependant nous devons rappeler que nous avons vu dans nos expériences qu'il y avait certaines parties de la moelle affectées plus spécialement aux mouvements d'extension ou de flexion.
On a encore signalé, comme conséquence de l'asphyxie par le charbon, la paralysie isolée de certaines
PLEXUS loaivKux. 659
branches nerveuses des membres. Enfin on sait qu'il existe dans Thystérie et dans d'autres affections, des lésions passagères ou durables de la sensibilité, lésions très exactement circonscrites à certaines régions, et dont il est, dans l'état actuel de la science, impossible de donner une explication physiologique.
 propos des nerfs mixtes rachidiens, nous ne vou* Ions pas ici faire leur histoire détaillée, je dirai quelques mots sur le rôle de leurs anastomoses ou plexus.
Nous savons que tous les nerfs rachidiens s'associent deux à deux , une racine de mouvement avec uoe racine de sentiment. Nous savons encore que ces nerfs mixtes, sur leur trajet, s'associent les uns aux autres dans des plexus d'où émanent des nerfsqui proviennent d'un cer* tain nombre de paires nerveuses. De telle sorte qu'on peut dire que bien que les nerfs rachidiens soient indépendants les uns des autres, cependant ils forment, par la réunion d'un certain nombre d'entre eux, des fais* ceaux nerveux destinés spécialement à telle ou telle partie du corps.
Malgré cette réunion des nerfs rachidiens entre eux dans les plexus, on ne peut pas en conclure que leurs propriétés y soient confondues, et on voit souvent des paralysies partielles et limitées à un muscle paraissant provenir d'une lésion des centres nerveux et mon* trant ainsi que dans un nerf il pourrait y avoir à la fois des fibres altérées et des fibres restées saines.
C'est dans les plexus nerveux que les nerfs rachidiens semblent contracter cette union sur laquelle nous avons longuement insisté dans le premier semestre, union en vertu de laquelle la racine postérieure sensible oommu-
&6ft NERFS SIXTES RACBIDIENS.
niqite sa sensibilité, dite récurrente, à la racine antérieure. Nous savons, en effet, que lorsqu'on vient à couper le nerf rachidien mixte inamédiatement après la réunion des deux racines, on trouve que ht radne antérieure a perdu sa sensibilité récurrente. Ce qui prouve que le retour de la sensibilité de la racine pos* térîeure à la racine antérieure s'effectue plus loin. Mais si Ton vient h couper les nerfs au delà de leur pleius, on trouve que la racine antérieure rachidienne ne perd pas sa sensibilité récurrente, parce que la communication de la sensibilité a eu lieu plus haut que la section.
L^existence de cette sensibilité récurrente se retrouve probablement dans tous les nerfs qui s'anastomosent entre eux. Ceai ainsi qu'en prenant un rameau collatéral du nerf spinal ou un mmeau du nerf fietcial et en opérant la section, ou constate, en attendant un teipps convenable, que les deux bouts qui résultent de cette section sont sensibles. Le bout central possède une sensibilité directe, qui vient directement de la racine postérieure, et le bout périphérique possède une sensibilité récurrente qui revient au moyen des anastomoses périphériques. On trouve, par exemple, en coupant les différentes ana^moses que les nerfis cervicaux eavcnent au nerf spinal, que oe dernier perd sa sensîbîlîté lécurrente.
Il fietut donc admettre que les nerfe peuvent, par leors anastomoses périphériques, communiquer noiMsale* ment de façon à s'aecolev pour marcher vers une destination commune, mais de manière à s'échanger des filets dont tes uns remontent par un trajet féoiRiwt vers les eentoes nerveux. Nous nous somm^ dégè toft-
^ment étendu dans le premier semestre sur ]a manière dont il fallait comprendre ce retour des filets d'une racine dans Tautre. Nous allons ici revenir en quelques mots sur ce. sujet, l'un des plus importants de la phy* siologie des n erfs.
Nous avons dit qu'il fallait évidemment supposer que des fibres sensitives émanées d'une racine postérieure H (fig. 15), se recourbaient en A, après un certain trajet, pour retourner par la racine antérieure V dans le centre nerveux même. De telle sorte que cette fibre nerveuse sen* sitive prend son origine à l'émergence de la racine postérieure^ et se termineàl'émergencedeiaracine antérieure. Or, comme nous savons que les fibres sensitives perdent leurs propriétés de la périphérie vers le centre, il devienl facile de comprendre comment, chez un animal épuisé, la fibre sensitive a perdu ses propriétés à son eitrémité la {>lûs reculée, c'est-à-dire dans la racine atitërieti^e. Cette Itiabière de comprendre le retour de ik fibre sehsiiive dans là racine antérieure, péhnet p&rfaittîinent de coalftH^dHâ éoniment il arrive^ lorsqu'on a diVii^ là hiciiMft àbtlSHeure après avoir constaté qu'elle était sensible, l|Ué ce soit le bout périphérique qili cohterve sa seBsibiKté) tandis que le beat ceatrAl de celte racine devient complètement insensible. C'est qu'en eifet^ ett pinçant le bout périphérique de la racine tintérilBttre^ on pince en réalité le bout central de la fibre sensitivfe qui manifeste ses propriétés ; tandis qu'en pinçant l6 bout central de la racine antérieure, on irrite^ en réa^ Uté, le bout périphérique de la fibre sensitive qui fte reconnaît aux propriétés négatives de cette fibre. Comment maintenant cette fibre sensitive récurrente
&6S SENSDIUTÉ ktiCraBENTIt.
se termine-t-elle dans la substance même de la moelle épinière T Nous savons que ses fibres naissent par des oeUnks dun la oome postérieure de la substance grise. Loraqoe après on kng trajet tXka rerieoDent à la moelle parla racine antérieure, elles se terminent, sans douif, ou par une cellule ou par quelque autre mode de temiinaisoD qu'on ne saurait préciser actuellement.
En réaimé, la paire rachidienne constituée par deux radnes pourrait être considérée comme présentant des fibres dans quatre directions.
Deux espèces défibres, qu'on pourrait t^peler directes, émaneraient de la racine antérieure V, ou de la racine postérieure H, pour aller directement se rendre k la peauP OQ dans un muscle M.
Deux autresespèces défibres, qui seraient récurrentes: l'une provenant de la racine postérieure H, remontant par la racine antérieure V, irait se terminer dans les fusceaux moteurs de la moelle é[Hnière; l'au^, dont l'exisIâDce n'est ici donnée qu'hypolhétiquemeut, émanerait de la radne antérieure V, se recourberait également en A, et remonterait par la racine postérieure H, pour venir se terminer soit par une cellule, soit autre ment dans la partie seositive de la modie épinière.