EXCITATIONS ÉLECTRIQUES DBS NEEFS. &6S
Le r51e physiologique de cette communication ou de cette récurrence, qui est bien établi pour les fibres sensitives, serait assez difficile à déterminer actuellement pour les fibres motrices. Nous savons seulement que tes deux racines des nerfs sont toujours asaoeâées eotreelles. Si nous voulions émettre une hypothèse sur ce sujet, ce qui est toujours néeessaire pour ouvrir une nouvelle voie aux recherches, nous dirions que la moelle épinière, constituant en réalité un organe, a besoin de recevoir elle* même, dans chacune de ses parties, des nerfs moteurs et des nerfs sensitifs. Or, la partie motrice de la moelle épinière recevrait par récurrence ses nerfs sensitifs de la racine postérieure ; et, de même, la partie sensitive de la moelle épinière recevrait par récurrence ses nerfs moteurs de la racine antérieure.
Il est singulier que cette sensibilité de la moelle paraisse résider surtout à sa surface ainsi que le montre Texpérience suivante :
Eœp. — Sur un chien, dontla moelle avait été coupée dans la région lombaire, on enfonça très profondément des aiguilles dans le tissu médullaire sans y développer de la sensibilité, tandis qu'à la surface des faisceaux, et surtout des faisceaux postérieurs, il y avait une sensibilité très vive. Ce qui semble prouver que la surface nerveuse de la moelle est plus sensible que la partie intérieure. La substance grise parut complètement insensible.
Je désire placer ici quelques-unes des observations qui m'ont prouvé que la quantité d'électricité nécessaire pour manifester l'activité physiologique d'un organe est bien difiërente suivant le tissu auquel on s'adresse.
n y a plus de dix ans que, pour la première fois, j'ai
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été à même d'observer un fait de ce genre : c'est lorsque voulant étudier les effets que le curare produit sur les nerfs, je priai M. Pulvermacher de construire les pinces électriques bien connues aujourd'hui des physiologistes. D'abord ces pinces étant d'un très petit calibre, voici ce que j'observai sur les grenouilles tuées dans l'état physiologique, et préparées à la manière de Galvani : j'avais constaté que les pinces appliquées sur les nerfs déterminaient des convulsions violentes dans les muscles, tandis qu'au contraire je reconnus que lorsque la grenouille avait été empoisonnée par le curare, la même pince appliquée sur les nerfs ne déterminait aucune œntraction musculaire. Mais alors, voulant savoir si le curare avait détruit l'irritabilité musculaire en même temps que l'excitabilité nerveuse, je portai la pince électrique sur le tissu musculaire même de la grenouille tuée par le curare, et je ne constatai non plus aucune contraction dans le tissu musculaire.
Pour savoir si le musde était également paralysé par le curare, je répétai la même expérience sur des cuisses de grenouilles non empoisonnées, et je vis que diez ces grenouilles, lorsqu'on agissait seulement sur le tissu musculaire, sans exciter le nerf, on n'obtenait aucune contraction musculaire. Il me fut démontré par cette expérience, que j'ai depuis répétée et publiée, que, sur un même animal, on peut, avec un même courant élec* trique, obtenir une contraction très violente dans les muscles quand on agit primitivement sur les nerfs, tandis qu'il faut employer un courant beaucoup plus énergique pour obtenir la contraction musculaire en agissant directement sur le tissu de l'organe.