P^ LA VARIÉTÉ
Toutefois, dans les uerfs rachidions, on aurait pu avec raison considérer également un élément sensoriel qui transmet les sensations spéciales relatives aux impressions tactiles. Cela serait d'autant plus rationnel qu'on sait au-jourd'hui qu'il y a des corpuscules spéciaux affectés aux sensations tactiles ; on sait de plus que, dans les cas pathologiques, la sensibilité tactile peut être isolée de la sensibilité générale. Il y a des cas, eu effet, dans lesquels une diminution de la sensibilité générale coïncide avec la conservation de la sensibilité tactile. Les individus qui présentent cette lésion n'éprouvent plus de douleur par le pincement ou par l'irritation directe de la peau, quoiqu'ils perçoivent le contact des corps les plus légers, le frottement de la barbe d'une plume, par exemple.
On observe des cas dans lesquels, au contraire , la sensibilité générale est exagérée douloureusement avec diminution de la sensation tactile. On donne le nom d' hypereslhésie à cette augmentation de la sensibilité générale, et le nom d'anesthésie à la perte complète de sensibilité générale et tactile, et enfin celui d'analgésie à la perte de la sensibilité générale seule, avec conservation de la sensibilité tactile.
Il existe encore un autre cas dans lequel la sensibilité générale est conservée à peu près à l'état normal, tandis que la sensibilité tactile se trouve émoussée. Dans plusieurs de ces cas, la lésion m'a paru se rattacher à une lésion du grand sympathique en connexion avec le nerf de sensation spéciale. Nous verrons que la corde du tympan, par exemple, exerce une influence de cette nature sur les sensations de la langue.
DES FORMES DE SENSIBILITÉ. il
Ëofiu, nous rappelleroi s que ta sensibilité peut refètir les formes les plus variées; que celle de la cornée transparente offre, sous ce rapport, les particularités les plus curieuses.
Les nerfs de la tète ne diffèrent donc pas dans leur nature des nerfs des autres parties du corps. Toutefois Tintensité des propriétés nerveuses est plus considérable dans la face qu'ailleurs. Aussi la cinquième paire est sans contredit le nerf qui possède la sensibilité la plus exqpise; et lorsque cette propriété disparaît de Torganisme, c'est en général dans les branches de ce nerf qu'elle disparaît eo dernier lieu. Le facial tient sous sa dépendance les mouvements les plus variés. D'ailleurs cette suractivité des fonctions nerveuses dans la face peijt être considérée comme liée à la suractivité circulatoire qui existe daqs cette partie du corps. En effet, il y a up rapport constant entre l'intensité des propriétés nerveuses et celle de la circulation. Nous savons que che2 les animaux à sang froid,, lorsque la circulation se ralentit avec l'abaissement de la température, l'activité des phénomènes nerveux diminue ; lorsque au contraire la température s'élève, l'activité des mouvements et des sensations se relève avec la température, qui amène une activité plus grande de la circiilation. Il y a alors chez ces animaux un phénomène remarquable, sur lequel il est important d'insister. C'est que les propriétés nerveuses et celles des autres tissus disparaissent après la mort d'autant plus rapidement qu'elles étaient plus intenses pendant la vie ; tandis lu'au contraire, elles se conservent d'autant plus longtemps que ranimai se trouvait, au moment de la mort,
sioii de toutes les fonctions. C'est ce qui fait que l'on peut employer si utilement les grenouilles et autres animaux à sang fmiil, puni" iMudier aprî-s la mort les propriétt^s de leurs nerfs et en général de tous leurs tissus ; c'est encore jmur cette raison qu'il vaut mieux faire ces études sur ces animaux en hiver qu'eu été.
Chez les animaux à sang chaud , ou ne peut pas se livrer avec la même facilité à ces études, parce que les proprif^tés nerveuses disparaissent d'autant plu.s mpidement que l'animal sur lequel on opère a une circulation plus active et une température plus élevée; plus rapidement chez ranimai adulte que chez l'animal très jeune, plus rapidement chez l'oiseau que chez le mammifère, etc.
Nous avons déjà dit ailleurs (1), qu'en abaissant la température et, par suite, en raleulissanl la circulation chez un animal à sang chaud, ou voyait les propriétés nen'cuses et musculaires persister après la mort beaucoup plus longtenqis. Aujourd'hui nous allons revenir un instant sur ce sujet pour vous montrer que ranimai placé dans ces conditions ne diiîèrc pas sensiblement d'une grenouille, et qu'on peut étudier comme chez la gi-enoiulle les propriétés nei'veuses avec toutes leurs particularités. De sorte que si, très souvent, on décrit certaines propriétés élcctriipies, certains courauLs musculaires connue propres à la greunuille, cela lient
DES PROPRII'TÉS NCRViaStiS ET MUSCULAIRES.
nient et plus convenablement sur cet animal; mais ; faudrait pas croire que le système nerveux de la j nouille a des propriétés que ne possède pas celui animaux plus élevés. Si on n'a pas étudiées ou consta ces propriétés chez ces derniers , c'est qu'elles diî raissent trop vite après la mort. Mais elles doivent considérées comme existant chez ces animaux.
Pour vous donner la preuve de ce que nous vei d'avancer, nous avons préparé un lapin en lui coupai moelle épinière, entre la cinquième et la sixième verte cervicale, à la partie supérieure du plexus brachial telle sorte que l'animal respire encore par le diaphrag peut-être un peu par la partie supérieure du thoi car il a conservé quelques niouvtînienls dans les m bres antérieurs. L'animal a res]>iré d'abord d'une nière plus accélérée , ses oreilles se sont échauffées section ayant porté sur la région cilio-spinale. Bientô respirations se sont ralenties, l'animal a eu une dt cation continuelle et les autres symptômes que nous ^ avons déjà décrits. Mais il ne paraît pas autren malade, car il mange des carottes qu'on lui a donn
11 y a sept heures que la section de la moelle a faite. L'animal est refroidi dans tout son train ] térieur, les mouvements réflexes y sont violents , la culation est très ralentie dans toute cette partie du coi et si nous obs(îrvions la pression du sang dans les artè nous la trouverions certainement très affaiblie. ]> pouvons maintenant étudier les propriétés nerveuses le train postérieur de cet animal dont les fonction*^ été ainsi abaissées, et non*i ^"»' •
ik IDENTITÉ DES PROFRIÉTÉS NERVEUSES ET MUSCULAIRES
pas sensiblement de celles qu'on observe chez la grenouille et qu'elles sont même }dus énergiques sous cer-
tdtns rapports.
Nous sacrifions d'abord , l'animal par la section du bulbe rachidien, afin de vous montrer qu'après sa mort ces propriétés persisteront longtemps ; mais nous aurions pu conserver ce lapin vivant et voir les mômes phénomènes pendant plus longtemps encore.
Maintenant je fais une incision à la cuisse et je découvre le nerf sciatique. On peut voir déjà, en faisant l'incision des muscles, qu'ils jouissent d'une contractilité très grande.
Actuellement je coupe le nerf sciatique, j'isole ce nerf dans une certaine longueur, et le soulevant avec un petit tube de verre, je fais toucher son extrémité de section sur la surface longitudinale d'un muscle voisin, et vous voyez aussitôt une contraction brusque avoir lieu dans toute la partie inférieure du membre où se rend le nerf sciatique. On peut voir ici très bien que la contraction n'a lieu que lorsque le nerf touche la surface externe du muscle par la surface coupée de son extrémité ; tandis que si on relève l'extrémité du nerf et si Ton fait toucher la surface externe du muscle par la surface externe du nerf, il n'y a pas de contraction . Cela s'explique très facilement : la surface du muscle étant électrisée positivement, sa coupe est électrisée négativement; il en est de même pour le nerf, sa coupe est électrisée négativement et sa surface extérieure positivement. Or, pour obtenir une contraction , il faut toujours mettre eu contact deux surfaces électrist'^es en sens invei^ : soit la coupe