DES NERFS ET DES MUSCLES
(Test à cause de cela que je fis faire à M. Pulvermacher un modèle de pinces beaucoup plus fort, afin qu'elles fussent capables d'exciter non-seulement les nerfs, mais encore les muscles eux-mêmes lorsqu'on agit directement sinr leur tissu.
Il résulte donc de ce qui précède, qu'il faut, pour faire agir un muscle, une quantité d'électricité beaucoup plus considérable que pour agir sur un nerf. Je ne saurais indiquer avec quelque précision quelle est cette difiérence ; je puis seulement dire qu'elle est considérable. Cette simple remarque peut expliquer, je crois, des faits en apparence contradictoires qui ont été émis par M. Duchenne (de Boulogne) et M. Remak.
M. Duchenne a admis que l'irritabilité musculaire était plus facilement mise en jeu lorsqu'on agissait avec des courants assez faibles sur certaines parties des muscles. M. Remak a fait observer que les points répondaient à l'entrée des nerfs dans les muscles, et que l'action de l'électricité était alors portée directement sur eux, et il en conclu que, sur le vivant, il n'était pas pos • siUe de produire des contractions en agissant directement par l'électricité sur le tissu musculaire sans l'in* termédiaire des nerfs, et qu'ainsi, sur le vivant, l'irritabilité musculaire n'était pas mise en jeu.
La divergence d'opinion entre MM. Duchenne et Remak me paraît s'expliquer quand on sait que la quantité d'électricité qui est nécessaire pour faire contracter un muscle, est beaucoup moins considérable quand on agit sur les nerfsque lorsqu'on i^it directement sur le muscle. Cette différence d'excitabilité à l'électricité entre les
B.» Stat» MUT. •— 11. 30
â66 ÉiCitATlONS ÉLECÏftlQÛEâ.
tissus nerveux et musculaire, me semble, ftinsi que je Y ai dit depuis longtemps, être un excellent Argument pour démontrer que l'irritabilité musculaife et Texcitabilité nerveuse sont deux choses distinctes.
Il est un autre fait que je veux signaler et qui, je crois, avait déjà été observé avant moi : c'est la dilKrenoe d'excitabilité sous l'influence de l'électricité qui existe entre le nerf moteur et le tierf sensitif.
lorsqu'on excite le tronc du nerf scialique d'une grenouille , tenant d'une part à la moelle épinière et de l'autre aux muscles de la jambe, avec une pile très faible ou avec le courant musculaire d'Une grenouille, on n^obtient jamais de contraction réflexe par suite de TëxcitatioU du nerf sensitif, tandis qu'on obtient constamment la contraction dans les muscles oà se rend le nerf sciatIqUé par Texcitation du nerf moteur.
Un troisième point serait relatif à la dîflérence d'électricité nécessaire pour manifester les propriétés d'uii nerf moteur du système cérébro-rachldien él d'un nerf moteur du système sympathique.
En effet, pour faire contracter la pupille ou les va»* seaux soUs l'influence du filet cervical du grand syaipathique, il faut une dose d'électricité plus considérable que pour exeiter un nerf de la vie animale^
Pour faire sécréter la glande {sublinguale sow l'influence de la cenie du tympan, il fout un eommirt ^us énergique que pour foire contracter un muscle en agis* sant sur un des rameaux du nerf focial^ etc.
Les nerfs mixtes, lorsqu'ils ont été coupas, sont susceptibles de se régénérer, M. Waller, en pariiciilier, a
HÉTAËLIâSElIENT DE LA SENSIBILITÉ. ili67
beaucoup ing»té sur le mécanisine de cette régénération. Je veux seulement rappeler ici un fait que J'ai plusieurs fois observé. C'est un retour de la sensibilité après la section des racines rachidiennes. Nous devons signaler aun le retour de la sensibilité dans certaines parties qui ont été séparées du corps. Ainsi, dans certaines opéra^ tions, dans la rhinoplastie , par exemple, on voit des lambeaux qui^ après avoir été séparés de toutes parts, reprennent leur sensibilité. On a constaté que dans ces circonstances^ il y avait eu une régénération des fibres tierveusesdonton ne peiitreconnaitre directement la con*tînuité avec le scalpel, mais dont le microscope donne parfaitement la démonstration. Une question qui pourrait être soulevée à c^tte occasion est celle de savoir si deux bcanehes nerveuses peuvent se souder et reprendre leurs propriétés sans êti'e détruites préalablement. On a essayé, et nous avons essayé nous-même, de souder des oerfs jouissant de propriétés difiérentes, sans pouvoir arrivera aucun résultat décisif. Mais quand, par une greffe animale, on soude è une partie quelconque du corps un appendice tel que la queue ou roreille par son extrémité libre, et qu'ensuite on vient à couper cet appendice vers sa base, il paraîtrait qu'on trouve la sensibilité conservée dans les deux moignons. La question serait de savoir alors si on peut admettre que le même nerf qensitif puisse transmettre les impressions sensittves dans deux sens opposés; ce qui devrait avoir lieu s'il n'y a pas eu formation de nouveaux nerfs et si ceux qui existaient antérieurement restaient encore chargés do Taccomplissement des fonctions.
Il nous reste encore à indiquer une précaution impor-
historique montrera, mieux que toute autre discussbOf la part et la succession des efforts de chacun dans Tétude expérimentale, si difGcile^ de cette partie du système nerveux.
La première expérience sur la portion cervicale du nerf grand sympathique appartient à Pourfour du Petit. Dans un mémoire très remarquable 4 publié dans les Mémoires de V Académie dies sciences poilt 1727 (méthoiie dans lequel il est démontré que les nerfs intercostaux fournissent des rameaux qui portent dei esprits dans les yeux , p. 1 ) , cet auteur soutient déjà qùé la portion cervicale du grand sympathique ne naît t)asdansla tète (de la cinquième et sixième paire) pour descendre vers le thorax comme l'avaient cru Yieussens et WiUis, mais qu'elle monte au contraire ds la partie postérieure du corps (chez les quadrupèdes) vers la tète, pour se terminer dans les yeux, avec les deux nerfs précités. La preuve que Petit en donne, c'est que quand on coupe le nerf sympathique dans le cou, chez les aninmux (chiens), les effets de sa paralysie se manifestent au-des* sus de la section vers les yeux, qui offrent alors un rétrécissement de la pupille, un affaissement de la cornée, une rougeur et une injection de la conjonctive ; de plus, la troisième paupière est saillante et s'avance au-nlevant de l'œil. Chez les chiens, le cordon sympathique au oou est uni avec le vague,, qu'il est impossible par conséquent de ménager. Petit, qui n'ignore pas cette dispoeîtîcMi* distingue très bien dans cette expérience complexe ta effets qui dépendent de la section du pneumogastrique de ceux qui appartiennent à celle du sympathique. Petit
(IISTORIQUE. 471
ijoute que le sympathique influence les glandes et les vaisseaux de Tœil qui, après la section du nerf^ perdent )9ur ressort et s'emplissent de sang ; il explique très bien aussi le rétrécissement de la pupille par la paralysie de» ^bres du sympathique qui, après être unies aux filet§ ciliaires» doivent aller dilater la pupille. Enfin il signale raoore un rapetissement du globe oculaire quand les animaux vivent un certain temps*
Tous les phénomènes signalés précédemment se produisent lorsqu'au lieu de couper le filet sympathique au cou, PQ extirpe le ganglion cervical supérieur ou Tinférrieur.
Dupuy en 1816,Brachet en 18â7, John Reid ep 1838 n'^loutèrent rien de bien essentiel à rexpérience de Pourfour du Petit, Us signalèrent tous, comme conséquence de U section du filet sympathique au coi), ou comme résultat de Textirpation des ganglions cervicaux de ce nerf, le r^trécis^emept de la pupille, la rougeur de la conjonctive^ repfoncemeut du globe oculaire dans Torbite et la prqjection du cartilage de la troisième paupière 4u-dev.ant de Tceil.
Quoi qu'il en soit, c'est ce phénomène du rétrécisse-imtntdB la pupiUe qui avait attiré plus spécialement TattenUoa des expérimentateurs, dans ces derniers tempj ; c'est à ce fait surtout que se sont adressées toutes les exp^tjops proposées et toutes le$ expériences nouvelles qui firent faire quelques progrès à cette question.
En 18/i6, M. Biffî (de Milan) observa cet autre fait nouveau que lorsque la pupille est rétrécie par suite de 1^ sectiopdu n^rf sympfithiqucon peut lui rendre son élar-
&72 NERP GRAND SYMPATHIQUE.
gissement en galvanisant le bout céphalique du nerf sympathique coupé.
À peu près à la même époque, le docteur Ruete (de Vienne) ayant remarqué que, dans la paralysie de la troisième paire de nerfs, la pupille dilatée et immobile peut encore s'agrandir sous Tinfluence de la belladone, en conclut que l'iris reçoit deux espèces de nerfs moteurs correspondant à ses deux ordres de fibres musculaires, et que le grand sympathique, en animant les fibres musculaires radiées, produit le mouvement de dilatation, tandis que le nerf moteur oculaire commun, en ani* mant les fibres circulaires, détermine au contraire le mouvement de contraction de l'iris.
En 1851, MM. Budge et Waller reconnurent que, dans son action sur la pupille, le filet cervical du grand sympathique n'agit que comme un conducteur qui transmet une influence dont le point de départ est dans une région de la moelle épinière que précisèrent ces expérimentateurs, et à laquelle ils donnèrent le nom de rigio9i cilio-spinale. Cette région est comprise entre la dernière vertèbre cervicale et la sixième vertèbre pectorale inclusivement.
Toutefois ces auteurs, en signalant ce résultat, s'attachèrent uniquement à l'explication du rétrécissement de la pupille. Ils admettent aussi qu'après la section du sympathique, les fibres radiées de l'iris (muscle dilatateur) sont paralysées, d'où il suit que Faction des fibres circulaires (muscle constricteur) prédomine et rétrécit l'ouverture pupillaire. Si, quand on galvanise la région de la moelle à laquelle le sympathique prend naissance.
HISTORIQUB. &7Â
OD voit la pupille se dilater, cela vient encore, suivant eux, de ce que, sous l'influence galvanique, le nerf sympathique moteur excite Faction des fibres radiées ; leur contraction énergique surpasse alors temporairement l'action des fibres circulaires et détermine la dilatation de la pupille.
Depuis plusieurs années, en montrant dans mes cours publics les efiets de la section de la portion céphalique du grand sympathique , j'ai insisté sur ce point qu'au lieu de poursuivre une explication exclusive pour rendre compte des modifications de la pupille, il faudrait en chercher une pour tous les autres phénomènes qui, survenant et disparaissant simultanément, semblent naître sous l'influence d'une cause commune. Tous ces phénomènes simultanés et connexes sont, ainsi que nous l'avons vu :
1 • Le rétrécissement de la pupille et la rougeur de la conjonctive ;
2* La rétraction du globe oculaire dans le fond de l'orbite, ce qui fait saillir le cartilage de la troisième paupière et le porte à venir se placer au-devant de rœil ;
S** Le resserrement de l'ouverture palpébrale et en même temps une déformation de cette ouverture qui devient plus elliptique et plus oblongue transversalement;
&* L'aplatissement de la cornée et le rapetissement consécutif du globe oculaire.
Outre les phénomènes précédents, j'ai encore signalé le rétrécissement plus ou moins marqué de la narine et
fie ia boucha du eôté oorrespoddaot ; mais j'ai surtout indiqué une modification toutB spéciale de la circula^ tion« ooïQoidantateo upegtandeaugaienbation de enlo^ rifiîté et même de aanaibiUté dans le» parties*
J'étudiai ces faits^ qui n'avaient été aignaléa pi|r personne avant moi, comme résultat de la destruction du nerf grand aympathique^ et le 29 mars ISfiS^ je lus à r Académie des soiences une note sur rinfiuence du nerf grand SfftnpathiqM sur la chaleur animale.
Bien que ce (riiiénomèue de calorification et d'aug* mentation de sensibilité eût dû se manifester entre les mains de tous les expérimentateurs» personne ne Tavait i^^ndant remarquéi ni ne lui avait donné sa signifia nation : e'est h peine s'il avait été noté. Dupuy parle, dans deux de sed e^^périenoes sur des chevauxi de chaleur passagère et de sueurs même survenues dims quel* qties parties de la face eu de la nuque. Mais cet observateur ne pense pas le moins du monde à oaractériier le phénomène, qu'il confond, du reste, dans la description des symptômes d'une carie de l'occipital qni existait coïncidemment dans un cas^ et éf'nm carie de l'os maxillaire qui existait dans l'autre. Il le signale, n resi^j chee d'autres animaux qui n'avaient pas eu les ganglions extirpés, mais qui présentaient des maladias des fosses nasales ou des os maxillaires (i).
Il reste donc évident que Dupuy n'a pas distillé ai compris 1q phénomène compte résultat physiologique de l'extirpation des ganglions sympathiques, ainsi que nw
(i) Voyes nupuy, D$ l'4iffeoii<m tub9rcu^e^8e, PariA» iSt7> \m-è.
HISTORIQUE. tp&
k démoQtreqt les conclusions de son mémoire, que j^ transcris littéralement et complètement :
0 Des eipériences que nous ayons rapportées, il ré^ suite :
9 i^ Que la situation profonde des ganglions supé* rieurs des nerfs grands sympatiiiques ne s'oppose point à leur excision sur l'animal vivant ;
n 3^ Que l'opération nécessaire pour enlever ces ganglions est simple, peu douloureuse^ et n'est accompa** gnée ni suivie d'événements fâcheux }
0 d"" Que les phénomènes qui se manifestent et qui
sont indépendants de l'opération sont le resserrement de la pupille, la rougeur de la conjonctive^ l'amaigrisse* ment général accompagné de rinfiUratiou dçs membres et de l'éruption d'une espèce de gale qui finit par affecter toute la surface cutanée ;
)» /^* Enfin qu'on est en droit de conclure que ces nerfs exercent une grande influence sur les fonctions nutritives. »
En lisant le mémoire de Dupuy avant la publication de mon travail, aucun des nombreux auteurs qui l'ont cité n'a pu y voir et n'y a vu que la calorification des parties fût la conséquence de l'extirpation des ganglions cervicaux ; car cela n'y est pas dit. Mais aujourd'hui que j'ai caractérisé le phénomène, si on trouve^ en lisant rétrospectivement les expériences du professeur d'Aïfort, ou même celles d'autres auteurs, qu'il y a dan9 les descriptions, des mets, des phrases» des passages qui doivent se rapporter à ce que j'ai décrit, ce n'est pas la question que j'examine; car il est clair, wm ()uç jç l'iii
déjà dit, que les expériences ont dû donner les mêmes résultats entre les mains de tous les expérimentateurs qui ont dû, par conséquent, avoir tous le phénomène m question sous les yeux. Mais il est si facile d'avoir un phénomène sous les yeux et de ne pas le voir, tant qu'une circonstance quelconque ne vient diriger Tesprit de ce côté! En 1842, j'ai fait un grand nombre de sections du sympathique et d'ablations des ganglions cervicaux de ce nerf sans me douter que cette opération produisit le réchauffement des parties, bien que je connusse cependant les expériences de Dupuy. Si, dix ans après, c'est-à-dire en 1852, j'ai découvert le fait, cela tient à ce que je m'étais placé à un point de vue différent pour observer les résultats de l'expérience.
Dans ma note lue à l'Académie des sciences je me bornai à décrire les phénomènes et à signaler leur condition de production sans vouloir entrer aucunement dans leur explication. Cependant au premier abord il était difficile de ne pas croire que cette augmentation de caloricité et de sensibilité ne fût pas consécutive à une plus grande activité circulatoire. Mais comme j'avais observé des cas dans lesquels l'activité circulatoire semblait être le phénomène secondaire au lieu d'être le fait primitif, je me bornai à indiquer la possibilité des deux hypothèses, en disant que la caloricité n'était pas toujours en raison directe de la vascularisation des parties.
Depuis lors je continuai mes recherches et je signalai la même année, dans mon cours, que le galvanisme appliqué sur le bout supérieur du sympathique au oon^
HISTORIQUB. &77
faisait disparaître tous les troubles produits par la section du nerf. Ces résultats furent publiés plus tard dans les Comptes rendus de la Société de biotogie (octobre et novembre 1852).
Mais pendant que je poursuivais mes expériences en France, M. Budge en Allemagne, M. Waller en Angleterre, et M. Brown-Séquard en Amérique, chacun de leur c6té, étaient à la recherche de l'explication du phénomène que j'avais découvert.
M. Budge rattacha cette calorification à la région cilîo-spinale de la moelle, ce qui pouvait confirmer sans doute que la partie cervicale du sympathique naît en ce point, mais ce qui n'ajoutait en réalité rien au phénomène lui-môme.
M. Waller fit pour les artères le même raisonnement que pour la pupille. Il admit que la section du filet cer* vical du sympathique qui est moteur, amène une paralysie des artères de la face, qui se relâchent, se dilatent et se remplissent d'une plus grande quantité de sang. Ainsi s'explique pour lui la calorification des parties. Si Ton galvanise le sympathique, on fait contracter les artères, le sang en est expulsé et le refroidissement survient.
A son retour en France, M. Brown-Séquard réclama pour lui la théorie de la stase du sang par la paralysie des artères, et il annonça avoir vu le premier en Amérique que la galvanisation du sympathique amène le re« froidissement des parties et la contraction des artères. Je n'entrerai pas dans des discussions de priorité relativement à des faits qui datent tous de la môme année, et
h% NEflF GRAND BtMPATHtQUE.
qui se sont déreloppés immédiatement comme eotto^ laifes tout naturels de ma première expérience. Je me félicite seulement de l'empressement que les expérimen^ fateurs cités plus haut ont mis à me suiyre dans l'étude de ces phénomènes de caloHflcation. Gela mn prouve qu'ils les obt trouvés importants et dignes d'intérêt.
M. R. Wagner (de Gœttingue) s'est enc«)re livré dans tes derniers temps à des expériences très intéressantes sur le grand sympathique, mais qui ne se rapportent point directement à la question d'augmentation de caloricité et de sensibilité que nous examinons ici.
Depuis la publication de nos premières expériences sur l'influence du sympathique sur lacalorificatioo, un grand nombre d'expérimentateurs ont vérifié et répété tios expériences.
Depuis longtemps J'avais été frappé du grand nombre de faits contradictoires qui existent dans la science relativement à l'influence des lésions nerveuses sur la calorification des parties paralysées. On a observé en effet, dans ces circonstances, tantôt la diminution, tatitM Taugmentatiôn de calorieité. Il y avait donc à rechercher la raison de ces dissidences dans une spécialité d'influence des diverses espèces de nerfs; car quand, en phy^ôlogie, un phénomène s'offre avec des apparences contradictoires^ on peut être assuré que ses éléments sont encore complexes et que ses conditions d'existence n'ont pas étésuflSsamment analysées. H fUtait examioef ainri successivement l'influence sur la cMorification des nerfe de mouvem^t, des nerfs desentimeiit et deeeux du grand sympatht<|u6. Je commençai parœsdemieni, et je
M dit» quO) étant sou» l'iiifliieiicê de l^déd tièl ftaeteHfie
16 le grand sympathique qui Accompagne spéeialement Yaiflseaux sanguins artériels doit 6tre le nerf qui [de aUx phénomeneu des mutations organiques s'ao^ iplissant dans les tissus vivants, j'eus la pensée que
sebtion> en amenant une atonie des nSsmaasx et un
intissement ou une abditîanr dans les phénomènes irculatoires et nutritifs) serait probablement en rap-*
►ri «tveo le refh>idissement des parties. Je fis done 'expérience et je (àoisis le lapin, parce que chez cet ^animal le filet cervical sympathique, qui monte à là tète len allant d'un ganglion à l'autre, se trouve facile à at- 'teindre et est très nettement distinct du nerf pncomo-' gastHquè. Le résultat Ait loin d'être d'accord avec ma prévision, et, au lieu du refroidissement que j'attendais, je constatai une grande élévation de température dané tout le côté eorréspondant de la tète. Mon hypothèse s'évatoeuit aussitôt devant la réalité ; 'mais elle m'avait mis iùt la trace d'un fait nouveau qui devait rester ac^ quis à la science ; il s'agissait de l'étudier, de l'isoler el de lui donner une signification parmi les phénomènes qnf se rapportent à l'histoire du système nerveux sympathique.
Cknnme c'était sur te le nerf sympaAique de la Atcé que j'avais d'abcHti expérimenté, je pensai qu'il valait Bsieux agir sur les nerfc de sentiment et de mouvement de cette même partie du corps afin d'avoir det phénornèms plus faeilemeot eomparaUea.
4* EttûaisACss sMi ls kerp m ia GotoefebR miu. ^-*- Ea>p. — Le 21 décembre 1851, sur un grm kj^n vif et
&80 NERF GEAKD 8TMPATHI00B.
bien portant, j'ai fait la section de la cinquième paire à gauche dans le crâne par le procédé de Magendie. L'opération , qui réussit parfaitement , fut suivie immédiatement des symptômes d'insensibilité de la face bien connus.
Avant ropération on ne sentait à la main qui saisissait Toreille, ou avec le doigt plongé dans le pavillon auricuiaire, aucune dinérence sensible dans la chaleur d'un côté à Tautre. Environ une demi-heure après la section de la cinquième paire, on appréciait au contraire manifestement à la main que l'oreille gauche qui correspondait au côté de la section était plus froide; on ne mesura pas la différence à l'aide d'un thermomètre. Le lendemain 22 décembre, dix-huit heures environ après l'opération, il existait toujours la même différence très marquée entre la température des deux oreilles; celle du côté gauche était plus froide. La chaleur, prise au thermomètre, donna 3&* C. à droite et Si* C. à gauche ce qui faisait 3* G. d'abaissement de température après la section de la cinquième paire. L'animal avait, du reste, conservé toute sa vigueur.
A ce moment les phénomènes d'altération de nutrition de Tœil décrits par Magendie commençaient à se manifester du côté gauche. La conjonctive était rouge, les vaisseaux dilatés et gorgés de sang, l'œil chassieux, les paupières collées et la cornée déjà altérée ; mais, comme je l'ai dit, la température de ces parties était cependant abaissée malgré l'existence de ces troubles circulatoires qu'on rattache généralement à ce qu'on appelle des inflammations.
EXPÉBIUNGËS COMPARATIVES. &81
Alors je fis larésectiou du filet sympathique au cou à gauche, du même côté où la température des parties avait été abaissée par la section de la cinquième paire, et aussitôt la calorification se manifesta. Âpres quelques instants la température de Toreille gauche dépassa de beaucoup celle de Toreille droite, et le thermomètre plongé dans les deux pavillons auriculaires environ trois quarts d'heure après donna pour l'oreille gauche ^TC. et pour l'oreille droite 31* C.
En résumant les variations de température observées voici les chiffres obtenus :
▲ gftuelit, ▲ droite,
côte opéré, cAU tain.
i* Après la section de la 5* paire. • • 31* cent. 3A* cent. S* Après la section da sympathique. • 87* cent. 31* cent.
Il est bon de noter que l'élévation de température à gauche a coïncidé avec un abaissement à droite. Nous retrouverons plus tard des choses semblables dans des expériences analogues.
Le 2 décembre, les deux oreilles offraient toujours la même différence de température que la veille; les phénomènes d'altération de l'œil marchaient toujours. La conjonctive était toujours très injectée, la cornée était devenue entièrement opaque et ramollie ; il y avait aux lèvres des ulcérations du même côté. 11 est inutile de dire que l'insensibilité complète de la face persistait toujours à gauche ; cependant il y avait encore dans le pavillon de l'oreille de la sensibilité qui provenait des branches auriculaires du plexus cervical. Je fis alors la réfection de ces nerfs au cou, à leur émergence sur le
B., Sut. HKiv. — ti. 31
&82 NERF GftAND SYMPATHIQUE.
bord postérieur dû tnuscie stertio-mastoïdien, et iminédiàtement l'oreille deviht complètement Insensible ; maiâ cela ne bhangea rien dans la température de cette bfeillé qui resta toujours plus élevée que celle dii c6tè bpposé.
Les jours suivants jusqu'au ^7 décembre ranimai fui observé, et il offrit constamment une plus gràtlde élévation d6 température dans le bôté gauche de \A tête.
J'ai bien souvent répété la section dé la cinquième paire sur des lapins dans le but de vérifier rexpérience qui précède, et toujours j'ai vu cette opération êtfe suivie d'un abaissement de température dans la partie correspondante de la tète. Mais si alors on fait la section du sympathique^ les phénomènes de ealorification surviennent de même et indépendamment des lésions que produit la paralysie de la cinquième paire ; et généralement on peut même dire que chacun de ces phénomènes atteint son maximum d'intensité dans des conditions vitales opposées, c'est-à-dire que les altérations dues à la section de la cinquiènte paire se manifestent avec d'autant i^us de rapidité et d'intensité que les animaux sont plus faibles et languissants ; au contraire le phénomène de ealorification se produit avec d'autant plus de force et d'instantanéité que les animaux sont plus vigoureux et mieux portants.
â"" Expériences sur le iverf facial (septeéiie paire). *-« Le 21 décembre 185 \ , sur un gi*os lapin vif et bien portant, j'ai fait du côté gauche la section du nerf facial non loin de sa sortie par le trou stylo-mastoïdien, en pénétrant avec un stylet aigu dans la caisse auditive.
EXPÉhifereckS coMHflATivtS. fl83
Cette ôpérAtioTl fut sliitië des tïhénomènes o^dinaites de paralysie de mouvement que je H*âi pkà h dëcrire. MttlS en examinant l'oreille environ une demi-heure après Topérationj au pcnhl de vue de W calbfiflcàtiHn qui nous dectipe, je troiltai à la tndin l'oreille gauche paiilysëe, ntatlirefitetnent plu« chaude que eelle du côté ^itï; Je làksai rariimàl jttsqn'au lendemain, et je trouvai toujours une élévation de température plus considérable dd côté où le facial avait été coupé. I^ thermomètre donnait :
Oreille Kaiiche paralysée* # . • • 33" cenU Oreille droite saine 30* cent.
Alors je coupai le filet cervical du sympathique du côté gauche. Quelques instants après, la chaleur avait apparu beaucoup plus prédominante encore du côté gauche ; on avait au thermomètre :
Oreille grandie paralysée • * • • • 35* eetit. Oreille droite saine 31*,5 cent.
Les jours suivants, l'animal ne présenta rien de pariieuUer; il fut observé jusqu'au 26 décembre.
Sur un autre lapin adulte et très vigoureux, je fis de idèibe la section du nerf facial dans la caisse auditive du côté ganehe, en ayant soin d'incliner l'instrument de manière à couper le nerf aussi près que possible de fiOD origiOd. L'opération réussit très bien ; mais quelques instante après la section on appréciait à la main une élévation manifeste de température du côté paralysé Le thermomètre donnait :
Orcflle gauche paralysie ..... 33' cent.
Oreille droite ^ific* 31* cent. .
/i8/t NERF GRAND SYltPATHIQUR.
Le lendemain, la difTérence de température était un peu moindre, et on ayait :
Oreille droite paralysée • . . • 32*,5 c^nt. Oreille droite saine 3i*«5 ceoL
Les jours suivants, Texcès de température de Toreiile gauche s'effaça de plus en plus, et six jours après Topération les deux oreilles étaient à l'unisson de chaleur. Le thermomètre donnait :
Oreille gauche paralysée • • • • 31* cent. Oreille droite saine 31* cent.
Cette égalité de température se maintint fiendant les trois jours durant lesquels l'animal fut encore soumis à Tobservation.
3* Autres expériences sur le nerf facial. — Il m'est souvent arrivé, en piquant la moelle allongée des chiens ou des lapins pour faire apparaître le sucre dans leur urine, de blesser involontairement les origines cachées du nerf de la septième paire, et de produire une paralysie simple des mouvements de la face, soit à gauche, soit à droite. Dans ces circonstances il y a toujours, au moment même de la piqûre, une augmentation momentanée de la température dans les deux c6tés de la tète. Mais après quelques instants, lorsque cette chaleur, due à rémotion, a disparu, la face et les oreilles reprennent leur température primitive, quelquefois même elle est un peu plus basse ; or jamais l'oreille paralysée ne fut plus chaude que l'autre : c'était souvent le contraire, et le thermomètre indiquait généralement 1 d^ gréa 1 degré i/2 d'abaissement de température relative, dans le côté de la face paralysé du mouvement et ayant