SUE L^ŒIL
ranimai sembla faire quelques efforts inspiratojres. On pratiqua alors rinsuffiation par la trachée à l'aide d'un soufflet; mais ce fut inutilement, car les battemients du cœur qui avaient cessé ne reparurent pas et \%, mort fut définitive.
Pour enlever le ganglion cervical supérieur chez le chien, il &ut fiaire une incision en T, dont la branche transversale passe immédiatement au-dessous de l^con-^ que auditive ; la branche verticale est prolongée en bas, le long du bord postérieur du sterno-mastoïdien. On trouve d'abord le bord postérieur de la glande parotide, qui sera déjeté en avant en ménageant la veine jugulaire qu'on repoussera dans le même sens.
On tire en arrière le bord de la plaie formé par le muscle splénius, et on aperçoit au fond de la plaie Ip ventre postérieur du digastrique dont on divise l'insortion postérieure à l'os le plus exactement possible. Par sa rétraction, le muscle laisse à découvert, au-dessous de lui, les vaisseaux et nerfs profonds du cou traversés par l'hypoglosse qui est placé sur le premier plan.
C'est immédiatement au-dessous de l'anse que formie ce nerf que se trouve le ganglion cervical supérieur qu'il devient alors facile d'extraire, parce qu'en ce point il est séparé du pneumogastrique.
Ivœp. (4 juillet 1842). — Le ganglion cervical supérieur gauche fut extirpé sur un jeune chien. Aussitôt après cette opération, l'ouverture palpébrale gauche était déformée et plus petite que celle du c4^té opposé, et Ift paupière inférieure «semblait plus relevée qu'4 l'ordinaire.Lesde ux yeux étaient chassieux, mais partiel)-
lièrement celui du côté où le ganglion cervical avait été enlevé. L*animal paraissait souffrir des plaies qui étaient enflammées.
Le 7 juillet, on observa de nouveau l'animal et on constata les mêmes phénomènes. On examina la narine gauche, et on reconnut qu'elle était plus excitable et comme agitée de frémissements musculaires constants.
Le 8 juillet , même état. — I^s plaies se cicatri* sent.
Le Sa août, cinquante jours après l'opération, ranimai était parfaitement guéri de toutes ses plaies ; l'œil gauche seul était resté chassieux ; il était baigné par un liquide muco-purulent, sans que cependant la cornée fut altérée. Il paraissait y avoir exaltation de la sensibilité de l'œil gauche. La pupille et l'ouverture palpébrale sont toujours plus resserrées que du côté opposé. L'animal avait, depuis l'opération, conservé une petite toux qui survenait par quintes.
Ce chien fut ensuite soumis à une expérience de la commission qui examinait les travaux de Darcet sur la gélatine.
Le 6 novembre, deux cent six jours après l'extirpation du ganglion, l'œil gauche est dans le même état, chassieux ; l'ouverture palpébrale et la pupille sont tou^ jours resserrés ; le chien a toujours cette espèce de toux quinteuse. Ce jour-là, on fit sur l'animal une autre opération consistant dans la section de tous les nerfs du plexus brachial à droite, afin de voir quels seraient les troubles que cette opération apporterait dans la nutri-
SUR l'obil. 5tô
tion du membre. En môme temps on nourrit Tanimal avec de la garance, afin de voir si elle passerait dans le membre paralysé de même que dans l'autre.
Le 13 novembre, la plaie de Taisselle était à peu près cicatrisée. Il n'y avait rien d'apparent dans la nutrition du membre : pas d'œdème; la patte offrait une certaine rigidité et était entraînée dans le sens de la flexion.
Le i5 novembre, neuvième jour de l'alimentation à la garance, les urines étaient rouges et l'ammoniaque les rendait pourpres. Les excréments étaient brun noir et l'ammoniaque y révélait clairement la présence de la garance.
Sur le membre antérieur droit paralysé, on mit à découvert l'artère et la veine. L'artère conteniait du sang rutilant, et la veine du sang noir. Les muscles de la jambe, qui avaient leur couleur normale, étaient excitables; il n'y avait aucune douleur quand on tiraillait les nerfs du membre.
On chercha si dans le pus qui provenait de la plaie il y avait de la garance ; il ne parut pas y en avoir ; l'ammoniaque ne fît pas apparaître de coloration rouge.
Le 28 novembre Fanimal fut sacrifié. Les mêmes phénomènes déjà observés du côté de l'œil persis^ taient.
On fit l'autopsie et on examina si le ganglion avait été parfaitement enlevé. On le trouva enlevé complètement sauf une petite portion de sa partie supérieure. Les poumons étaient sains ; il n'y avait rien d'anormal du côté du cœur.
Ea>p. (20 novembre 18&5). — > Sur un chat adulte^ on
San INFLUENCE DU iSRAND SYMPATHIQUE
découvrit le filet de communication des gan^ioDS cervicaux et on en fit la section des deux o6tés. Ce filet était uni au Vague ^ situé en arrière de lui, et contenu dans la même gàtne: la séparation en fut assez difficile. Après la section du filet d'un côté, la voix présenta un timbre moins fort ; en coupant Tautre filet, le timbre delà voix diminua encore d'intensité; la respiration n'était pas gênée. Alors, des deux côtés, la pupille très sensible était arrondie et semblait élargie. La troisième paupière rebotivrait la moitié au moins du globe de l'onl. On fit des essais infructueux pour suivre le filet jusqu'au ganglion cervical inférieur; et, en faisant cette opération, on observa qu'à chaque cri d'expiration de l'animal, l'oesophage se gonflait d'air qui venait de l'estomac.
Alors, on ouvrit l'abdomen de l'animal, il était en pleine digestion. On titilla le ganglion solaire et l'on . H'bbtint rien.
C'est après cela que Ton coupa les deux nerfs vagues Mm \6l région du cou. Ce qui ne détermina pas de phénomènes de sufibcation. Après cette section, on excita les deux ganglions solaires et on détermina dans lë thorax et dans le train postérieur de l'animal des mouvements convulsifs involontaires. On coupa et on arracha alors les ganglions du plexus solaire.
On ouvrit ensuite le thorax, le cœur battait avec force et très i'égulièremetlt. Alors on arracha les ganglions cfervicaux inférieurs et aussitôt les battements du cœur, db réguliers qu'ils étaient, devinrent irréguliers; et les contractions confuses paraissaient moins énergiques.
Eœp. -^ Sur un cochon dinde, on coupa le filet sym-
SUE l'oeil. 585
patbique au cob, après quoi Ton observa que l'ouverture palpébrale était devenue plus petite et plus oblongue que celle du côté opposé. Au moment de la section du nerf, on vit diminuer considérablement le calibre de Tartère carotide.
On ne put pas voir bien clairement les effets pro* duits sur la pupille. Plus tard, Tanimal étant placé à la cave, dans Tobscurité. on constata, à la lumière, que la pupille était bien plus dilatée du côté opéré que du côté sain . L'oreille était également plus vasculaire de ce côté et sa chaleur plus développée.
La section du filet sympathique a donc chez le cochon dinde les mêmes effets que chez les autres animaux ^ sauf la pupille qui est dilatée au lieu d'être rétrécte.
Enfin, Messieurs, sur les animaux sains, la section du grand sympathique manifeste aussitôt ses effets par une injection violente dans tout le côté correspondant de la face ; tandis que sur les animaux affaiblis et très débiles, les phénomènes sont excessivement peu marqués.
En outre, chez les animaux faibles, il arrive de la suppuration comme conséquence de la section du grand sympathique, ce qui n'a pas lieu chez les animaux robustes. Sur deux chiens chez lesquels te vs^ue et le sympathique avaient été coupés d'un côté, dans la région du cou, les animaux étant devenus malades, il y eut suppuration dans le nez et dans l'œil du côté correspondant.
Mais lorsque ensuite les animaux reviennent à la santé et reprennent de la force, ces phénomènes inflamma-
536 INFLUENCE DU STMPATHIQUB
toires disparaissent; c'est^-dire que la suppuration cesse«
Le sympathique paratt avoir encore une influence sur les exhalations des membranes séreuses ainsi qu'il paraîtrait résulter d'expériences que nous avons faites sur les ganglion^ cervicaux :
Eoop. — Sur un lapin, on enleva le ganglion cervical inférieur du côté droit; la mort arriva au bout de six jours et on trouva à Fautopsie une pleurésie et surtout une péricardite intense avec formation d'une quantité considérable de fausses membranes. Les poumons étaient gorgés de sang, particulièrement du côté opéré.
Eœp. (7 juin 18&1 ). — Sur un jeune lapin, on enleva de chaque côté le ganglion cervical supérieur à l'aide du procédé suivant :
L'angle de la mâchoire inférieure et l'apophyse transverse de l'atlas étant pris comme points de repère, on fit une incision longitudinale entre ces deux tubérosi* tés. On évita la veine jugulaire qu'on repoussa en avant, puis , un peu plus profondément , on aperçut bientôt l'artère carotide et le pneumogastrique, entre lesquels se trouve placé le ganglion cervical supérieur au-dessus de l'anse de l'hypoglosse.
Il fut très facile alors d'en faire l'ablation.
Des deux côtés, le ganglion cervical supérieur fut pincé, tiraillé, lacéré, sans donner aucune trace de sensibilité. Le pneumogastrique pincé dans cette région donna, au contraire, des signes de sensibilité évidente.
Le 22 juin ISAi, treize jours après, le lapin mourut après quelques jours de langueur.