VINGTIEME LEÇON
4 MÀHS 1857.
SOMMAIRE : Solidarité des phénomènes de sensibilité et de moaYement de la vie oii^nique et de ia vie extérieare. — Influence des seasatlons internes sur les mouyements externes. — Eipériences. — Phénomènes réflexes produits par Tlrritation du pneumogastrique. — Inflaenee des sensations externes sur les phénomènes de la ?ie de nutrition. ^ État conYulsif du pneumogastrique.
Messieurs ,
La question la plus intéressante serait maintenant de savoir si les phénomènes de sensibilité et de mouvement, extérieurs ou intérieui's, sont complètement séparés, et si, malgré une communauté d'origine anatomique, les nerfs de la vie organique diffèrent physiologiquement de ceux de la vie de relation.
Dans certaines circonstances, notamment quand les phénomènes nerveux sont exaltés de part ou d'autre, il y a une confusion entre les réactions volontaires et les réactions réflexes : ce qui porterait à croire que la différence des aptitudes fonctionnelles n'est pas complète, que la séparation n'en est pas absolue. 11 arrive souvent que ces phénomènes réagissent les uns sur les autres, et que les mouvements réflexes d'un organe splanchnique deviennent le point de départ de contractions, de convulsions des muscles de la vie de relation. On a indiqué, entre autres sympathies de cette nature, les convulsions qui seraient produites, chez les enfants, par la présence de
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vers dans le tube intestinal, par le développement des dents, causes internes de convulsions extérieures.
Ces réactions peuvent d'ailleurs être produites artifitcîellemettt : si sur un animal récemment mort oh excite soti plexus solaire, Ton voit bientôt des mouvements agiter le gros intestin ; mais tout ne s'arrête pas là, et souvent on observe en même temps des mouvements dans les membres et le thorax. L'excitation du plexus claire peut donc être suivie d'une réaction générale. • Les réactions du système de la sensibilité organique tte sont pas constamment localisées dans l'organe d'où est partie l'excitation ; elles portent sur un organe plus du taoîtis voisin de celui primiti^îment afTecté ; quelquefois même elles peuvent être générales et retentir iur toute l'économie.
Certaines susceptibilités indi\iduelles qu'on appelle idiûsyncrasiques prouvent à la fois la grande variété de ces sensibilités internes et des sympathies organiques dont les manifestations peuvent changer non-seulement d'un organe à un autre organe, mais quelquefois d'un individu à tin autre individu. Ne perdons pas cependant de vue qu'à Tétat physiologique, dans les conditions normales, les Sensations de ces organes profonds ne sont pas perçues, et que jamais la volonté ne peut agir sur eux pour y déterminer des mouvements.
Nous allons vous citer des expériences seulement pour établir la possibilité de produire des mouvements dans lès muscles de la vie de relation, en agissant sur le système du grand sympathique splanchnique. Nous citerons eusuite des exemples de l'action inverse, c'est-à-dire des
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faits montrant la possibilité d'agir sur les phénomènes de la vie organique, ens'adressant au système cérébrospinal.
Exp. (4 novembre 1845). — Sur un chien bien portant et à jeun, chez lequel la mort avait été déterminée par la section du bulbe rachidien, puis les deux pneumogastriques coupés et l'abdomen largement ouvert, on continua la respiration artificielle.
Alors on irrita le ganglion semi-lunaire gauche du plçxus solaire, ganglion qui se trouve placé immédiatement au-dessous de la capsule surrénale correspondante.
En irritant ce ganglion avec une pince ou la pointe d'un bistouri, on vit aussitôt se manifester des contractions musculaires dans les muscles pectoraux, et jusque dans le cou et la patte du même côté. On observa aussi des contractions musculaires très sensibles dans le diaphragme et dans les muscles coupés de la paroi abdominale. On constata des mouvements analogues quand on déplaçait le rein, ce qui amenait nécessairement un tiraillement des plexus mésentériques. Au bout de dix minutes après qu'on eut cessé la respiration artificielle, ces mouvements avaient cessé de pouvoir être produits.
Eœp. (20 novembre 1845). — Chez un chat vivant, dont l'abdomen avait été ouvert étant en digestion, on irrita les ganglions du plexus solaire, et l'on n'obtint aucun mouvement dans les membres ni dans le tronc. Alors on coupa les deux nerfs vagues dans la région du cou, et l'on ouvrit la trachée eu vue du cas où la suffocation aurait pu se produire. Après la section des vagues, on irrita de nouveau les ganglions du plexus
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sdaire^ et aussUôl on observa , comme résultat, des mouvements convuLsifs violents dans les muscles du tronc et dans les muscles des membres postérieurs.
Eœp. (29 novembre 18&5). — Sur un chien mouton jeune , on enleva les deux ganglions solaires par une large plaie faite à la paroi abdominale. Quand on se bornait à toucher les ganglions solaires, ils ne donnaient lieu à aucune manifestation douloureuse ; mais quand on irritait fortement les nerfs de ce plexus de manière à les faire vibrer comme des cordes tendues, il en résultait des mouvements involontaires, saccadés, qui se mani-* Testaient dans tout le tronc , et surtout dans les mem bres postérieurs ; mai$ il n'y avaitaucune douleur perçue ; et ce n'est que lorsqu'on saisissait fortement les ganglions avec des pinces et qu'on les tiraillait pour les arracher, que ranimai éprouvait de la douleur et poussait des cris.
Chaque fois que Ton contondait ainsi un ganglion du plexus solaire ou un des gros nerfs ([ui en partent, la partie nerveuse contuse restait noirâtre et comme ecchymosée , ce qui n'a pas lieu pour les nerfs du système cérébro-spinal.
A la suite des tiraillements qu'on Gt éprouver au plexus solaire, l'animal fut pris immédiatement d'évacuations diarrhéiques très abondantes.
D'après les expériences qui précèdent , on voit que l'irritation des nerfs du grand sympathique, et particiilièrement celle des ganglions du plexus solaire sur lesquelson a plusspécialenieîit expérinienlé, est susceptible
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de provoquer des mouvements plus ou moins violents dans les muscles du tronc ou des membres, mais plus spécialement des membres postérieurs. Nous toulons seulement ici constater le fait ; car plus tard il y aura à étudier le mécanisme de leur production, et à savoir si c'est par une action réflexe sur la moelle épinière, ou par une action directe, que ces excitations agissent.
Nous remarquerons toutefois quMl y a là une condition bien singulière : c'est qu'il paraît nécessaire que les vagues soient coupés, ou bien que l'animal tué parla section du bulbe rachidien, toutes conditions qui augmentent la sensibilité réflexe interne surtout, lorsqu'on môme temps on a soin d'entretenir la respiration artificielle.
Dans beaucoup de cas, en agissant seulement sur les nerfs, sans toucher aux ganglions, on peut produire des phénomènes analogues : ainsi très souvent nous l'avons va , quand on avait sacrifié un animal par la section du bulbe rachidien, et qu'on venait à lui prendre la veine porte pour en faire la ligature, dans le but de recueillir le sang qui entre dans le foie : aussitôt que l'on tiraillait les nerfs qui entourent la veine ou qu'on les liait, il y avait des mouvements très violents dans le tronc , et particulièrement dans les membres postérieurs.
Toutefois nous n'avons jamais vérifié si , dans ces circonstances, une irritation portée directement sûr la membrane muqueuse d'une partie quelconque de l'intestin aurait pu produire le même résultat : c'est une chose à voir, car il est probable que c'est sur la surface intestinale qu'agissent, dans les cas patbol(^queSy les
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excitations capables de produire des couyulsions dans les muscles de la vie de relation.
n est un nerf, le pneumc^astrique, considéré comme ua nerf de la vie organique , ou comme nerf établissant le passage eiitre les nerfs du système cérébro-spinal et ceux du grand sympathique. Ce nerf , qui prend ses origines dans des oi^anes splancbniques, peut aussi, par action réflexe, donner lieu à des phénomènes moteurs dans les muscles de la vie de relation.
Sans parler du vomissement , qui peut être le plus généralement considéré comme un phénomène réflexe, nous avons remarqué depuis longtemps que rirritalion du bout central du pneumogastrique peut produire Tarrèt des mouvements respiratoires pendant un temps plus ou moins long. Nous avons déjà insisté sur ce phénomène dans notre cours de 1853, et ce fait se trouve consigné dans la thèse du docteur Bacquias, un de nos élèves. (Thèses de Paris, 1853.)
M. Budge a depuis constaté les mêmes phénomènes.
n nous a semblé aussi dans quelques cas obtenir des ooovulsions dans les mouvements respiratoires de la face et des narines, par les irritations portées sur le pneumogastrique.
Dans tous les cas précédemment rappelés, il est évident que c'est une action réflexe qui se passe par Tintermédiaire des fibres sensitives du pneumogastrique. Nous signalerons encore que cette action réflexe peut se produire sans qu'il y ait perception douloureuse. Le ^eumogastrique offre à ce point de vue une propriété ûgulière, sur laquelle nous aurons à revenir quand