‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 11 sur 136 · DEUXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DEUXIÈME LEÇON

19 DÉcmBRE 1856.

SOMMAIRE : Des propriétés générales da système nerveux. — Moa?ement et sentiment. — Paire nerveuse. — Son unité pliysiologique. — De la sensibilité récurrente. — Expériences par lesquelles on la constate.

Messieurs,

Nous avons vu, dans la leçon précédente, que toutes les études dont le système nerveux a été l'objet ont été faites dans deux directions. Tantôt on s'est attaché à observer les phénomènes généraux qui expriment le mode d'activité de ce système, et on a étudié les propriétés spéciales du tissu nerveux comme celles des autres tissus^ en cherchant à se faire une idée aussi exacte que possible de la nature même de l'agent nerveux ; tantôt^ prenant chaque nerf en particulier, on a eu en vue son influence sur le fonctionnement d'un appai*eil, d'un organe. Je vous ai dit que dans chacune de ces directions, des observations, chez Thomme, de paralysies générales ou localisées avaient souvent apporté à l'expérimentation physiologique l'aide de vérifications pathologiques précieuses.

C'est par l'étude des propriétés générales que nous commencerons, nous réservant ainsi de n'aborder l'histoire particulière des nerfs, que suffisamment édifiés sur les notions que l'on a aujourd'hui sur leurs propriétés communes.

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Lorsqu'une science met au service de la physiologie les moyens d'investigation dont elle dispose, il est rare que l'intérêt qui s'attache au moyen employé ne fasse pas un peu perdre de vue le but que l'on devait pour* suivre. C'est ce qui arrive souvent dans les recherches physiologiques entreprises par les physiciens et les chimistes. Elles sont en général très exactes, mais les conditions physiologiques ont généralement été négligées. Ce n'est donc qu'après avoir fait les résen^es nécessaires pour conserver au phénomène son caractère physiologique, qu'il est possible de l'étudier fructueusement avec les moyens que la physique met en notre pouvoir.

Quelque variés que soient les phénomènes dans les» quels il a sa part d'action, le système nerveux ne se manifeste que par des expressions de deux ordres : sensibilité et mouvement. Il y a des nerfs conducteurs du mouvement, d'autres du sentiment ; ces nerfs ne sau* raient se remplacer mutuellement. Il ne faudrait cependant pas conclure de là que les propriétés sensitives et les propriétés motrices soient séparables les unes des autres; partout où il y a mouvement, il y a sentiment. Sans doute, l'esprit peut pour une abstraction séparer ces deux propriétés; mais voir là autre chose qu'une abstraction, serait reconnaître une chose qui ne se rencontre pas chez les êtres doués de la vie. Aussi Cuvier faisait-il remarquer que, lorsque les poètes ont voulu impressionner par des images émouvantes, ils n'ont rien trouvé de plus saisissant que d'enfermer des êtres humains sensibles dans une forme immobile, dans un arbre,

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