FIG
sucre.
Exp. (9 mars 18S9). — Un jeune lapin a été piqué par l'espace occipito-atloïdien, sur le plancher du quatrième ventricule, exactement sur la ligne médiane. La piqûre avait produit une lésion assez étendue â cause desniouveniciits do l'animal. Le lapin tomba aussitôt sur le flanc, resta sans mouvement, se refroidit peu à peu, et au bout de quelques temps, rendit du sucre en grande quantité dans ses urines. L'état de l'animal s'aggrava peu à peu, et six heures après l'opéralioh, l'animal étant très refroidi, respirant très lentement, on constata que ses urines ne contenaient plus de sucre. A l'aulopsie (fig. 5-2), on trouva dans la partie piquée une déchirure
(I) Plancher du quatrième ventricule chez te lapin, — a, a, lobes (lu cervelet écartés ; — b,b, tubercules de VVenzel 1 l'origine des ntrb ^tcousliques ; — c, c, corps olivaires; — tl, bec du calamiis scriptorins; — S, aqueduc de Syivius; — ft, tubercules quadrijumeaui ; — V,V, origine des pneumogastriques ; — PP', Iiïsions qui ont été faites par l'opé
DU QOATRIÉHE VEIfTKICVLE. &07
avec épancbement sanguio dans la partie eoTironnante. Le foie ne fut pas examiné.
Eœp. (11 mars iB&9). — Sur un lapin chez Icqud on ouvrit la menibraneoccipito-atlnïdienne pour découvrir-le quatrième yentricule, on fit une incision superficielle, longitudinale, sur la ligne médiane depuis l'entrvf
duquatrièineventricQlejusqti'nn{>euenaTant rinbecdu calamus scriplorius. L'animai ne parut en épronver aiicune douleur. On recousit la plate et l'animal garda ses mouvements libres, quoiqn'i fiU sorti du liquide céphak>~ rachidien;celatenaitàrintégrilédes muscles de lanuque.
Les urines de l'animal qui furent exaniinée.s durant toute la jouméedans laquelle l'opération fut pratiquée, ne présentèrent aucune modification ni dans leur quantité ni dans leur qualité relativement à la présence du sacre.
Sur un autre lapin, on pratiqua ta même op(>ratioo excepté que l'on fit pénétrer l'incision AB (fig. 53) profondément. A mesure que l'inslnmicnt pénétrait, l'animal manifestait une douleur vire et ses yeux devii>-
rent clignotants. L'animal laissé libre tomba sur le flanc et fut pris de mouvements comme épileptiformes ; sa -respiration, d'abord accélérée, devint ensuite plus lente à mesure que sa température baissait.
Avant Texpérience, les urines étaient alcalines, et ne contenaient ni sucre, ni albumine. Deux heures après l'opération, les urines rares étaient acides et contenaient énormément de sucre.
Cinq oa six heures après l'opération , l'animal allait toujours en s' affaiblissant , et les urines dans la vessie étaient devenues gluantes, se prenaient en gelée par le refroidissement, et contenaient beaucoup de sucre. On sacriBa Tanimal en lui ouvrant la poitrine et on recueillit le sang qui s'échappait du cœur. Le sang se coagula bien , et il s'en sépara un sérum opalin qui contenait beaucoup de sucre.
Eœp. (18 mars 1849). — Sur un gros lapin, nourri avec des pommes de terre crues et des carottes, ayant les urines troubles et alcalines, sans sucre ni albumine ; on divisa la membrane occipito-atloïdienne et on insinua l'instrument par l'orifice inférieur du quatrième ventricule, de manière à aller piquer aussi haut que possible et sur la Ugne médiane le plancher de ce ventricule.
Aussitôt après la piqûre, le lapin tomba dans une syncope réelle et resta sur le flanc ; les mouvements respiratoires étaient complètement arrêtés. L'animal revint peu à peu, et les respirations se montrèrent bientôt très accélérées et très vibrantes. Il y avait des tremblements dans la face, mais rien dans les yeux. Trois quarts d'heure après l'opération, les urines étaient de^-enues
acides et transparentes, et contenaient une grande i[uuntité de sucre, mais point d'albumine.
Quatre heures après, les urines étaient toujoui-s abondantes, le sucre y existait en quantité énorme, les yeu.\ de l'animal étaient saillants et la respiration très ronflante, surtout quand on agitait ce lapin. 11 y avait encore des mouvemenls de défécation fréquents, sa température, prise dans le rectum, était de 37 degrés cent.
L'animal, op<'ré à onze heni-es du matii), fut observé jusiju'à cinq heures du soir.
Le lendemain, vingt-quatre heures après l'opération. le lapin vivait encore. L'urine prise dans la vessie était claire; elle ne contenait pas de sucre ni d'albumine. I^ température avait baissé; elle n'était plus alors que de 30 dwçrt's dans le rectum. On sacrifia l'animal et on fit son autopsie.
Le tissu dn foie broyé donna une décoction claire, jaune, qui ne contenait pas de sucre uu tout an plus des traces douteuses. L'autopsie de la tùte monlni que la piqûre P, assez étendue en forme de seclion . siégeait à la partie supérieure de l'olivcdroi te près de l'origine du nerf acoustique (fig. 54). ^"'- ^û-
Exp. {23 mars 1 849), — On piqua dans le quatrième ventricule un lapin à jeun depuis la veille, et ayant déjà, par suite de l'abstinence, les urines acides.
Aussitôt après l'opération, l'animal tomba sur le flanc et présenta les symptômesordinaires. 11 avait été opéré à huit heures et demie du matin, puis on revint à onze heures et demie. A ce moment, on retira des urines qui étaient claires, limpides, abondantes, légèrement acides et contenant énormément de sucre. Avant l'opération, les urines étaient acides, gluantes, se prenant en une espèce de masse gélatineuse par le refroidissement, comme cela a lieu souvent chez les herbivores à jeun ; elles ne contenaient point de sucre.
A midi et demi, Turine recueillie était toujours abondante et très faiblement acide, presque neutre ; elle contenait du sucre , mais en quantité évidemment moindre que les urines recueillies une heure avant.
A une heure et demie, l'urine recueillie était claire, abondante, neutre au papier réactif, et ne contenait plus de sucre. Le lapin était toujours vivace; il avait, comme cela arrive souvent dans ces cas, des défécations presque continuelles. On sacrifia l'animal en lui ouvrant les veines jugulaires et les artères carotides pour recueillir le sang. Avant de le sacrifier, on avait pris sa température dans le rectum; elle était de 38 degrés, température qui peut être considérée comme la température normale des lapins lorsqu'ils sçnt à jeun.
Le sang recueilli des vaisseaux contenait à peine des traces de sucre.
Autopsie : tous les organes étaient exsangues à cause de la mort par hémorrhagie. Le foie donna par Tébullition, une décoction d'un jaune clair et contenant l)eaucoup de sucre.
On voit donc que celte opération a été faite sur un animal à jeun qui est devenu néanmoins diabétique; mais le sucre a paru se montrer moins longtemps dans les urines , pnisqu'au bout de trois heures il avait en partie disparu et qu'il n'en restait plus que des traces.
Nous ajouterons relativement à ce lapin, qu'en incisant la membrane occipito-atloïdienne mise à nu, il n'y eut qu'une très petite (juantité de liquide céphalo-rachidien qui s'échappa. C'est ce qui arrive ordinairement chez les animaux à jeun, tandis que chez les animaux en digestion la proportion de ce liquide paraît beaucoup plus considérable.
Eœp. (8 avril 18/i9i. — Sur un chien nourri depuis deux jours avec de la viande et ayant servi à une expérience cardiométrique, on écarta les muscles de la nuque et on piqua le plancher du quatrième ventricule. L'animal, qui était très vivace, tomba aussitôt sur le flanc, dans l'immobilité et tournant la tête du cAté droit. Dans ce côté de la face, l'œil ofirail un strabisme interne très fort, le globe oculaire était devenu saillant, mais avait cependant conservé sa sensibilité. Les paupières étaient immobiles et la septième paire semblait paralysée dans ce côté de la face.
L'animal avait fait un repas de viande à huit heures du matin ; il fut opéré à trois heures du soir, et, à ce même moment, on retira du sang de la jugulaire et de l'urine de la vessie. L'animal resta toujours couché sur le flanc ; mais environ une demi-heure après la piqûre il fut pris d'une sorte d'aboiement continuel.
Voici ce que donna l'examen des urines : au moment
/lis PIQURE DU PLANCHER
de l'opération , les urines étaient claires, acides, d'une couleur ambrée foncée et ne contenaient pas de sucre. Vingt minutes après l'opération, les urines présentaient les mêmes caractères, seulement il semblait y avoir des traces de sucre.
A six heures du soir, l'urine recueillie était claire (1 ), limpide, peu colonie, acide, et contenait une grande quantité de sucre. A ce moment, on retira du sang par la même veine jugulaire.
A neuf heures du soir, les urines de l'animal étaient toujours claires, aqueuses, acides, et contenaient beaucoup de sucre. La température dans le rectum de l'animal était 39%5. Quelque temps après, il fut pris d'un tremblement général, quoique la température fût tou-
(1) L'urine est recueillie au moyen crunc sonde de gomme <*lasUque qui doit être une , et dont Tintroduction est rendue assez difficile chez les chiens à cause du rétrécissement du canal dans Tes pénial. La soude doit être mimie d'un mandrin en fer, et lorsqu'on est parvenu au coude que forme le canal de Turèthre chez les chiens, il serait impossible de faire passer la sonde dans la vessie. Mais alors on retire un peu le mandrin de façon que le bout de la sonde soit rendu flexible, et puisse s'engager en haut dans la vessie. A mesure qu'on retire le mandrin , on pousse la sonde lentement et on parvient ainsi assez facilement dans la vessie pour avoir de l'urine en laissant la sonde à demeure, si Ton veut. J'ai remarqué que l'introduction de la sonde est toujours beaucoup plus facile chez le chiee après la piqûre, de même que l'émission de l'urine est aussi plus facile chez le lapin par la pression opérée sur le ventre. Chez les chiennes, il m'a été impossible d'obtenir Turine a volonté par le cathétérisme. Gomme la pression sur l'abdomen ne peut pas être employée, le procédé qui m'a paru le plus convenable consiste à boucher exactement avec la main les narines de l'animal, de manière à produire un commencement d'asphyxie , et il arrive toujours, lorsque Tasphyxie commence à se manifester, qu'il y a émission de l'urine. Ce procédé peut être employé également chez les chiens, lorsqu'ils sont trop petits pour qu'on puisse introduire une sonde dans leur urèthre.
DU QUATRIÈME VEXTRICULE. 413
jours dans le rectum de oy%5 ; température normale du chien« On examina alors le sang pris dans la veine jugulaire. Le sang recueilli le premier était bien coagulé ; le sérum était opalin, alcalin, et contenait seulement des traces de sucre.
Le sang recueilli k six heures était également bien coagulé, seulement le sérum était limpide et contenait beaucoup de sucre.
Le lendemain (/i un i il) le clnen était k peu près dans le même état. Ou relira de l'urine de la vessie; elle était jaune, d'une couleur and)iée, peu abondante; elle ne contenait pas de sucre mais lieaucoup d'urée.
On saigna alors dr. nouveau Tanimal par la même veine jugulaire; ce sîmg se coagula avec une grande rapidité, et donna un scTuin clair qui accusait à Texamen direct des traces évidentes de sucre.
On ingéra dans Testomac une seringue de bouillon cliaud ; mais bientôt le chien en vomit la plus grande partie. On lui injectii ensuite du bouillon froid qu'il ne vomit pas. Dansle vomissement l'animal rendit des fragnientsde tête de mouton qui étaient ramollis et seulement en partie digérés : ce qui prouverait que la digestion (le l'animal avait élé arrêtée par l'influence delà piqûre.
Le môme jour, (i avril, à trois heures du soir, on relira de ruriiio en petite quantité, elle était de couleur ambrée et ne renfermait pas de sucre.
5 avril. Le chien était dans le même état. On lui ingéra un (juarl de litre de bouillon gras. L'urine ne contenait pas de sucre.
7 avril. Même état, le chien ne prit rien.
8 avril. Il était toujours dans un mauvais état; on lui ingéra de Teau dans l'estomac ; les yeux étaient chassieux et purulents.
9 avril. 11 mourut.
Autopsie. Poumons à peu près sains, cœur gorgé de sang, intestins et estomac n'offrant rien d'appréciable. Les reins paraissaient hypérémiés, la vessie était pleine d'urine.
On examina avec soin durant toute cette expérience les urines que l'animal avait rendues, ainsi que celles qui étaient dans la vessie au moment de la mort. Voici le résultat de l'examen comparatif de toutes ces urines :
1° Urine aussitôt après la piqûre : couleur jaune ambrée, odeur forte d'urine de chien, réaction acide.
Par acide azotique : pas d'albumine, mais précipitation en niasse de nitrate d'urée.
A l'aréomètre , marquait 5«,25 ; pas de sucre.
2** Urine vingt minutes après la piqûre : couleur jaune ambrée, odeur forte, réaction acide.
Par acide azotique : pas d'filbumine, précipite encore en masse du nitrate d'urée.
A l'aréomètre, marque S^^S, traces de sucre avec le liquide cupro-potassique.
3** Urine trois heures après la piqitre : couleur pâle, odeur faible, reaction acide.
Par l'acide azotique : pas d'albumine, mais se prenant en masse en nitrate d'urée, seulement lorsqu'on les plaçait dans un mélange réfrigémnt.
Marquait à l'aréomètre 10%5, donnait avec le réactif cupro-potassique énormément de sucre.
4o Urine six heures après la piqûre : plus color(}e que la précédente, odeur un peu plus forte, réaction acide.
Par l'acide nitrique : pas d'albumine, niais précipité direct en niasse de nitrate d'urée.
Marquait à raréoniètre 10%25. le liipu'de cupropotassique accusait énonnénient de sucre.
5» Urine du U avrils onze heures du matin : couleur jaune ambree, odeur forte.
Par l'acide azotique : pas d'albumine, prise en masse du nitrate d'urée.
Pas de sucre par le liquide cupro-potassique.
C** Urine du 4 avrils quatre heures du soir : couleur jaune ambrée, odeur forte, réaction acide.
Par l'action azotique : pas d'albumine, prise en masse de nitrate d'urée.
Par le liquide» cupro-potassique, jias de sucre.
Cette uriue et la précédente ont été ajoutées ensemble à cause de leur petite quantité; on en prit la densité à l'aréomètre ; on trouva 6,5.
7° Urine du 9 avril prise dans la vessie après la mort.
En grande quantité — ^^jaune ambrée, acide, contenait des cristaux qui se déposaient au fond du verre.
Par l'acide nitrique, pas d'albumine, précipitation en masse de nitrate d'urée ; a l'aréomètre marquait 5,5.
L'urine essayée avec le liquide cupro-potassique, réduisait énormément en gris aidoisé par le i^efroidissement.
Si l'on ajoutait au liquide bleu un grand excès de potasse, la réduction se faisait plus facilement et le produit de la réduction prenait une teinte rouge.
Cette urine, soumise à la fermentation avec de la levure de bière ordinaire, donna quelques bulles d'acide carbonique; mais cette fermentation fut très douteuse.
Les cristaux qui s'étaient déposés au fond du verre paraissaient être des cristaux d'acide urique.
Il s'agirait maintenant de savoir si la réduction qu'on a observée dans l'urine, après la mort, de même que la fermentation douteuse qui s'y est développée, sont des caractères suffisants pour faire admettre la présence) du sucre? — Je ne le pense pas, et voici pour quelle raison.
D'abord la réduction n'avait lieu qu'après avoir fait fortement bouillir le liquide et au moment du refroi<lissement,à moins qu'on n'y ajoutât un grand excès de jX)tasse. L'urine dans laquelle il se faisait ainsi un précipité abondant qui indiquerait la présence d'une grande quantité de sucre, ne donne que 5,5 à l'aréomètre, c'cst-cVdire à une densité qui n'était pas plus grande que celle de l'urine normale du chien, tandis que nous avons vu cette densité augmenter jusqu'à 10 et 10,25 loi-sque, sous l'influence de la piqûre, il y avait du sucre. Enfin, cette urine ayant été précipitée par l'acétate de plomb continuait toujours à donner la même réduction au liquide cupro-potassique; mais examinée h l'appareil de Soleil, elle ne déviait aucunement la lumière polarisée, tandis que l'urine sucrée, recueillie 3 et fi heures après l'opération, la déviait très manifestement. *
Ce qu'il y a de remarquable, c'est que la décoction du foie donnait exactement les mêmes réactions que l'urine après la mort. 11 est diflBcile de décider à quelle substanciî on avait afl'aire, soit dans la décoction du foie, soit dans
Turine prise dans la vessie après la mort. On a pu seulement établir que ce n'était ni de Tacide urique ni du glycose.
En résumé, nous avons vu par cette expérience, que la piqûre du quatrième ventricule avait produit chez ce chien l'apparition du sucre dans les urines; mais cette apparition n'a été que momentanée et elle n'a pu se reproduire, malgré iju^on ail essayé de nourrir l'animal avec du bouillon, ce qui tient sans doute à l'état de maladie dans lequel s est trouvé le chien par suite de la piqûre.
Exp. (18 avril 1849). — Sur un gros lapin nourri d'herbes, on piqua le plancher du quatrième ventricule ou traversant le cervelet et en perçant directement la partie supérieure de l'occipital, par le procédé déjà décrit. La lésion du cenelet n'a ici aucune importance relativement à la production du sucre comme nous l'avons vu en obtenant le môme résultat lorsqu'on pénètre par rintervalleoccipito-atloïdien antérieur ou postérieur.
Au moment de la piqûre, l'animal ne parut pas éprouver une grande douleur, mais l'instrument ayant été incliné un peu a droite Tanimal éprouva des désordres graves et resta couché sur le flanc; la respiration était devenue plus accélérée.
On examina successivement les urines rendues après ropémtion, qui fut faite à dix heures du matin :
1* Urine avant l'opération : Trouble, blanchâtre, alcaline, contenant des carbonates, mais ne paraissant pas renfermer de phosphates ;
2** Urine une heure après l'opération : claire, alcaline, pas d'albumine ni de sucre ;
B., Sl»T. KMV. — I. 27
8» Urine une heure €i demie après ropératien : claire^ limpide, réactioTî acîde, cantenail beaaooup de sucre.
On recueillit pendant deux heures l'urine qui offrit toujours les mênïes caractères. Cette urine, examinée au polarimèlre, par M. Biot , offrait une déviation très mamifeste à droite, c'est-à-dire dans le sens de l'urine des diabétiques. On mit cette urine fermenter avec de la levôredc bière, et il y eut une production rapide d'acide curbonique par suite de la fermentation;
'&• Six heures après r opération, l'uriiie était toujoars très sucrée : elle était claire, limpide et acide; elle cou-^ tenait des phosphates, ce qui semblerait prouver que la piqâre du cervelet a pu agir sur la constitution chimique ites urines, quoiqu'on ne doive évidemment établir aucane relation nécessaire «itre la présence du sucre et celle des phosphates.
Les urines de ce lapin furent li^ abondantes depuis l'opération jusqu'à huit heures après, ou elles commencent à diminuer ;
5" Alors {huit heures après C opération), j'injectai dans
r^estomac de l'eau avec une seringue; 6* Dix heures après l'opération^ les urines étaient al)on-
(lantes, limpides, acides et ne contenaient pkrs de sucre.
Le lendemain (19 avril), on eiîamina les urines de la veille, et voici les observations qu'on fil à ce sujet :
A. Les urines de la période sucrée, depuis midi jus- (pa'à cinq heures du soir, furewt mélangées et examinées au polariniètre de Soleil ; elles donnaient une indication correspondant à 57 de sucre pour 1000. Elles marquaient 5 à Taréomètre.
DU QOâTaiÉME TENniC0LE. ttt
B. Les urines, depuis huit heures du soir, époque à laqiieUe a cessé de se montrer le sucre, jusqu'au londenain, marquaient i à l'aréomètre. (Oo n'avait pas pesé rorine ayant la piqûre.)
En comparant ces résultats à ceux observés chee le diîen, nous voyons que Turine non sucrée marquait cheE kû 5 , tandis qu'elle ne marquait que 1 chez le Ispiu. Cette difiërence tient sans doute à ce qu'il y avait chez te chien une très grande proportion d'urée. Du reste, le ancre a produit dans tes deux cas une augmentation aeosblemeot égale de la densités
7* Le 19 avril , le lapin était toujours dans le même état, reste couché sur le flanc , s'agitant de tonps en temps, tournant la tête k gauche. Les deux yeux étaient 9enaibtes, mais l'œil gauche était rouge, injecte et Jar- Hioyant. La cornée n'était pas altérée.
Les urines recueilltes le matin étai^tit daires, limpides, acides, ne renfermant pas de sucre, mais conàûnaient des phosphates.
On voit ainsi que si tes phosphates semblaient être afiparus avec te sucre, ils ne disparurent pas avec kïi. En effet, c'est à Tacidite de l'urine produite par Ja ^ûre que se trou\^ liée en général la pnéseace des phosphates.' On ir^'ra dans Testomac du lapin, à oeuf iieures du matin, une seringue pleine d'empois d'amidûft dans le but de lui faire pisser du sucre. Après cette in* gestion d'amidon, j'examinai tes urines durant toute la journée, et dles ne changèrent pas de caradère, c'tstàrdire qu'dtes restèrent claires, limpides, contenant des phosjdiates, mais ne renfermant ni sucre ni albumine.
Le 20 avril, le lapin était toujours dans le même ét<U, couché sur le flanc; on examina les urines à dix heures du matin. Elles étaient toujours acides, claires, sans sucre ni albumine. Alors je repiquai le lapin parle même trou et dans le même endroit, ce qui produisit chez cet animal une vive douleur en même temps que des mouvements convulsifs ; cela semblerait indiquer que la substance cérébrale avait acquis une vive sensibilité par suite de la dernière piqûre.
Les urines recueillies une heure après étaient jaunâtres, acides, copieuses, gluantes, se prenant en gelée par le refroidissement , et ne contenaient pas de sucre. Deux heures après, elles offraient les mêmes caractères physiques, mais renfermaient des traces de sucre.
Les urines recueillies, quatre heures après la seconde piqûre, étaient acides , jaunâtres, ambrées, peu al>ondantes et contenaient beaucoup de sucre. Alors on ingéra dans Testomac du lapin de Teau tiède pour rendre les urines plus abondantes.
Une heure après (à trois heures), on fit de nouveau pisser le lapin ; il rendit des urines de même aspect que es précédentes, très jaunes, contenant beaucoup de sucre. On découvrit alors Tartère carotide qui était pet ite, à moitié pleine d'un sang noir, peu différent par sa couleur du sang veineux. Les respirations étaient au moins aussi fréquentes que chez un lapin à Tétat normal.
Le défaut de plénitude de l'artère peut s'expliquer par l'abstinence prolongée de l'animal ; mais la couleur noire ne s'explique pas par l'asphyxie, puisque le lapin respirait bien et fréquemment. Il rendait de l'acide car-
DU QUATBIÈSIE VENTRICULE. &31
boiliquc, car eu lui introduisant le nez dans un verre qui contenait an fond de l'eau de chaux, celle-ci se ti-oubla aussi rapidement et aussi évidemment qu'elle le fit sous l'intlueitce de ta respiration d'un autre lapiu bien portant et dont le sang art<iriel élait rutilant.
On retira du sang en ouvrant l'artère carotide, ce qui tua très rapidement l'animal. Aussitôt après la mort, la température était de 28" dans le rectum.
Autopsie : Le sang retiré do l'artère était resté, dans le verre, plus noirquelesang artériel retiré comparativement d'un lapin sain. Au bout de plusieurs jours, il s'était séparé de ce sang un sérum limpide qui contenait beaucoup de sucre.
Les poumons étaient sains, excepté dans quelques points très limités. L'examen du foie n'a malheureua'nientpasété fait.
Ix cerveau fut examiné, il présentait les traces de deux piqûres. La piqûre P il son aspect nous parut être très probablement la r--^-^ plus ancienne . et la pi- \ ^v-^"^ qûrc 1" la plus nouvelle (fig- 55).
Exp. (18 avril 1849).
— Sur un gros lapin nourri d'herbes, on piqua par le procédé ordinaire le quatrième ventricule, et on enfonça l'instrument jusqu'à l'os basilairesansquel'animal éprouva une douleur très évidente, ni aucun désordre dans les mouvements.
i|9S FIQVRE DU PLlSCBtB
Aussitôt après, le lapin marchait et se promenait comme araparavani.
Les urines, retirées de la vessie, offrirent les caractères sotvaiits :
1* Avant Topératiofi, elles étaient troubles, bisnchâtrès, alcalines, ne renfermant pas de phosphates ; elles ne contenaient ni albumine ni sucre;
2* Deux heures après la piqûre, elles étaient limpides, abondantes, alcalines, contenaient des phosphates, mais pas de sucre ni d'albumine. Elles faisaient effervescence avec Tacide azotique sans offrir de coagulation ;
3' Pendant le reste de la journée, les urines présentèrent les mêmes caractères.
I^ soir on donna à manger à l'animal et ses urines étaient redevenues le lendemain troubles, alcalines, sans sucre ni albumine comme avant Topération, et elles ne difitenaient plus de phosphates.
Ix 19 avril, Tanimal étant revenu à sou état primi* tif , je le piquai de nouveau par le nïême procédé, seulement en dirigeant l'instrument plus en arrière dans la pensée que la première fois Tinstrument avait été trop en avant. On enfonça encore Tinstrument jusqu'à Tas, et, dans cette piqûre , au moment où Ton traversa k moelle allongée, Tanimal en ressentit une doufetir vive et en même temps sa respiration devint profonde et rapide. L'instrument fut maintenu autant que possible dans la ligne médiane.
AussîtM a{Nrès la piqûre, Tanimal éprouva des désordres du mouvement considérables. Il tomba sur le flanc et essaya vainement plusieurs fois de se relever ; chaque
DU QUAXEIKME VENTRICULE. j|23
fois il retoml)ait; sa respiratioa étail rapide. Peu k peu^ cepefuLant^ce lapin se remit. Au Umt de dix minutes ou UD quart d'beui-e, il œmiueDça ix marcher et à se soute* uir. U marchait d'abord doucement avec une allure vacil^ laate et présentait une gi'aude faiblesse, surtout dans les membres antch'ieurs. Au bout de vingt mimites, la dé^^ marche fut plus assurée, la respiration moins mpide; le lapin marchait pas à pas, se tenant assez bien en équilibi*e :air ses quatre [Kittes. Toutefois ses mouvements étaient lents et quand ou le poussait poiu* aller plus vite, iltombait sur le cèté'^, s agitait avec ses quatre pattes et ne pouvait se relever que trt's difficilement. L animal tenait la tète droite ; les deux yeux étaient sensibles; le facial et la cinquième paire ne pamissaient lésés ni d'un côté ni de Tautre.
L'opération fut faite à neuf heures et demie du matin.
Voici ce que donna Texamen des urines :
Les urines recueillies une demi-heure après l'opératien étaient claires, très abondantes, alcalines, iK>n aibumineuses, faisant effervescence avec l'acide azotique. Traitées par le li(|uide bleu, elles offraient des traces de sucre; elles contenaient des pbo^bates.
A ce moment Tanimal était à peu près dans le même état. Il marchait lentement, dressé sur ses quatre pattes, ne paraissant pas malade et mangeant ce qu'il rencontrait ; trois quarts d'heure après l'opération , le lapin rendit spontanément une grande quantité d'urine. Cette urine était alcaline, claire et contenait beaucoup de sucre. Le lapin était toujours à peu près dans le même état \ cependant Toreille droite semblait êti*e le siège de
&2& PIQURE DU PLANCHEE
quelques mouvements convulsifs, et les yeux étaient largement ouverts. Parfois, Tanimal paraissait inquiet et comme poussé à se mouvoir continuellement ; les mâchoires étaient le siège de quelques mouvements convulsifs et quelquefois Tanimal s'arrêtait immobile, dressé sur ses quatre pattes.
Une heure après l'opération, les urines étaient claires, limpides, alcalines ; l'émission spontanée en était fréquente; elles contenaient beaucoup de sucre. On donna de l'herbe à manger au lapin, il essaya de la manger, mais l'état nerveux dans lequel il se trouvait lui rendait la préhension très diflBcile et il n'y parvenait pas.
Trois heures après l'opération seulement, Tanîmal commença à se calmer et l'espèce d'irritation nerveuse dans laquelle il était tendait à cesser.
A ce moment on lui fit rendre de l'urine qui était trouble, blanchâtre et ne contenait que des traces très faibles de sucre.
Pendantle restede la journée, l'animal alla de mieux en mieux ; il perdit peu à peu cet état d'excitation nerveuse dans lequel il se trouvait pendant qu'il était diabétique. Du reste, il marchait encore avec une sorte de précaution, se tenant dressé sur ses pattes. 11 mangea très bien les carottes qu'on lui donna, n'ouvrait plus autant les yeux et n'avait plus l'air, comme auparavant, étonné et irritable au moindre bruit. On recueillit les urines pendant le reste de la journée ; elles étaient troubles, abondantes, alcalines , ne contenant plus ni sucre, ni albumine, ni phosphates.
Voici maintenant l'examen comparatif de toutes les
DU QUATRIÈME VEPrTRlCULE. 425
urines rendues par ranimai. Ces urines furent examinées le jour même.
1*^ Urines rendues un quart d'heure après : marquant à l'aréomètre i .
2* Urines recueillies trois quarts d'heure après : marquant à l'aréomètre 1,5; au polarimètre donnant 3, c'est-à-dire une déviation répondant à 7 gr. 143 pour 1000.
3* Urines sucrées recueillies de une heure à trois heures après : pesait à l'aréomètre, 2,5, donnait au polarimètre, 12, c'est-à-dire une déviation répondant à 28 gr. 571 pour 1000.
Le 20 avril, l'animal étant toujours bien portant, on constata que ses urines étaient troubles, alcalines, ne contenant ni sucre ni albumine. Alors on le piqua de nouveau dans le même point que la veille. Il y eut aussitôt une douleur très vive qui semblait indiquer que la sensibilité de la substance cérébelleuse avait augmenté.
Le lapin tomba aussitôt sur le flanc, s'agita, saliva beaucoup. La respiration était redevenue aussitôt saccadée, accélérée.
Trois quarts d'heure après, il s'agitait, surtout avec ses pattes antérieures. On recueillit les urines un quart d'heure plus tard : elles étaient abondantes, claires, acides, ne contenant pas d'albumine, et renfermant peut-être des traces douteuses de sucre.
Une heure et demie, et trois heures après, les urines présentaient les mêmes caractères sans qu'on pût y constater les moindres traces de sucre. Les urines renfermaient des phosphates.
AS6 rlQUKE DU PLAKCHEB
Od découvrit idors la cirotide et la jugulaire de l'animal ; le sang, rutilant daus la carotide, était noir daos la jugulaire. On recueillit ensuite le sang de la carotide, ce qui Bt périr le lapin par hémoi'rhagie. Le saôg se coagula, donna un sérum clair qui coDtenait k peine ées traces de sucre. Les poumons étaient sains et l'a»- . topsie montra les piqûres suivantes : P, [««mière piqûre ; P' P', deuxième et troisième piqûre [fig. 56).
1^ foie De fut pas exa- Fic 56. miné.
Exp. (28 avril 18i9}. — On piqua en perr^uit l'ocdpital, le plancher du quatrième ventricule d'un lapÎH; l'instrument alla jusqu'àl'os. Au moment où l'iiistrument traversa la moelle, l'animal manifesta de ta douleur et des frémissements musculaires. AussitM après la piqûre, l'animal tomba comme paralysé de ses quatre membres, surtout des antérieurs qui étaient écartés de manière que la poitrine de l'animal touchait le sol. Peu à peu le lapin se remit , seulement il était devenu très excitable ; aussitôt qu'on le touchait il s'agitait violemioent, tombait, tournait, et quand il tombait, il avait plus de tendance à le faire sur le côté gauche. La tète avait de la fffopension à tomber comme si l'animal voulait dormir. Il y avait un écoulement considérable de salive. Les deux yeux étaient sensibles, seulement celui du cûté gauche était un peu convulsé en bas.
DU QUATRIÉHE TElfTRlCnLE. ft97
Avant rexpérience, les urines étaient troubles, jûu- B&tapcs^ aleaKnes, ne contenant pas de sucre.
Tro» quarts d'heure après, les urines encore troubles ék drdînes, eten petite quantité, renfermaient déjà très ■etfeement du sucre.
Trois heures après, les urines étaient devenues claires, feiîMement acides, toujours en petite quantité et contenant énormément de sucre.
Quatre heures après : urines claires, très acides, toujou» en petite quantité, contenant un peu moins de ancre que les précédentes. Du reste, à ce moment le kpÎD albût mieux, il ne tremblait plus, se tenait bien sur ses pattes et n'offrait plus Tensemble des désordres de mouveoient qu'il présentait lorsque les urines étaient tiès chargées de sucre.
Sept heuresaprès l'opération, le lapin allait tout à fait bien ; il n'y avait plus du tout de sucre dans les urines ; A mangea avec avidité de Therbe qu'on lui donna.
ËB résumé, ou voit d'après cette expérience^ que la piqûre a produit un diabète momentané, mais queTunae quoique très sucrée, était toujours restée peu abondante ; de sorte qu'il y a eu les phénomènes du diabète, sans ewx de la polydipsie. On voit également que FapparirtÎM da sucre dans les urines a coïncidé avec une irritatîoB nerveuse très grande qui a cessé lorsque le sucre ne s'est plus montré. Le lendemain ce lapin était revenu àsen état normal.
Après l'avoir sacrifié pour une autre expérience, on a constaté que la piqûre avait porté en P comme cela est ÎMliquée dans la figure suivante (fîg. &7).
&28 PIQURE DU PLANCHEB
Eœp. (février 1850). — Sur un jeune lapio en digestion de carottes, on piqua le plancher du quatrième ventricule; aussitôt l'animal tomba sur le flanc ayant les yeui fermés ' quoique sensibles. Il était d'abord dans un état d'agitation, puis tomba dans le coma. 11 resta dans cet état pendant deux heures, après quoi PiG. 57. on examina les urines
qui ne contenaient pas de sucre.
Alors, supposant que la piqûre avait été faite trop en avant, P première piqûre, on repiqua de nouveau le plancher du quatrième ventricule plus en arrière, P' deuxième piqiire (Og. 58).
Trois quarts d'heure après cette seconde piqûre, le lapin étant toujours dans le même état, ses urines contenaient très manifestement du sucre.
Avant toute opération, les urines étaient troubles, alcalines et blanchâtres comme chez les lapins en digestion. Après la première piqûre, les urines n'avaient pas changé de caractère. Après la seconde piqûre, elles devinrent moins troubles, plus abondantes, en même temps qu'elles contenaient du sucre.
On fit pisser le lapin environ toutes les demi>heures; les urines recueillies deux heures après la seconde piqûre étaient toujours sucrées.
Le lapin pendant tout ce temps était resté dans un
DU QUATRIÈME VENTRICULE. ftSïl
coma profond, presque mourant; il s'était refroidi, avait un tremblement général . avec Hc l'agitation et de la tendance à tourner sur son axe.
Uanimal étant dans c£t état et presque monrant, on ouvrit le ventre et l'on vit que le foie étaitgorgé de sang, la veine porte était gonflée par le sang, de même que la veine cave inférieure au niveau des veines rénales. On recueillit le sang de la veine porte, du coeur et de la veine cave inférieure; puis, lorsque le sang fut coa^lé^ on examina le sérum qui en était séparé. Le sérum de la veine cave inférieure était alcalin, légèrement opalin et donnait une réduction 1res prononcée avec le liquide cupro-potassiquc. Ià: sang de la veine porte ne se coagula pas: il était tn>salciilin et il réduisait très faiblement le liquide cupropotassique.Uaus le cœur, le sérum réduisait égale* ment le liquide cupropotassic)ue mais moius que le sang de la veine cave inférieure. 1^ tissu du foie, broyé dans un fir.. se.
mortier, donna une décoction très opaline qui ivduisit abondamment lu liquide ciipro-potassique.
Exp. (8 février 1850), — Sur un autre lapin, nourri également avec des carolles, se trouvant dans les mémos conditions que le préa-dcnl, ayant aussi les urines troubles et alcalines, on flt une première piqûre Pifig. 58) qui deux he:uos après n'avait pas encore donné de sucre.
tSO riQUBB DU I
Toutefois oeUe piqûre u'avait que peu aSedé ranimai, au moment môme, i) était tombé sur le flanc, s'étaitagité, mais deux ou trois minutes après, il s'était relevé, oatfserrant seulement un peu de faiblesse dans les memives antérieurs.
Alors on piqua de nouveau l'animal plusen airière ¥• (fig. 59), aussitôt il tomba sur le ûanc et ne se r^èva pas; ses poils se hérissèrent et il fut pris d'un tremblement général. Trois quarts d'heure après la seoondf piqûre, les urines conteraient beaucoup de sucre.
Avant lasecoode piqûre, les urines étaient rares, troubles et aloûines. Après, elles restèrent alcalines, derinrent moins troubles et beaucoup plus abondantes. Le sang contenait du sucre dans le cœur droit et dam le cœur gaudie; mais plus abondamment «■ a{^reuce dans le oœw droit.
Le lapin owurut pendant la nuit.
Le lendemain , on- fit k déooctioa du foie qot était ^Htline et ocnl»- FiG. » (1). pjjjj beaucoup de tncn:
Toutes les urines du lapin qui avaient été recueilHei furent mélangées; puis on dosa la quantité de sucre qu'elles contenaient et on la trtwra égale k l^'jOW pour 100.
Exp. (12 février 1S50}. — Sur nii iapin maigre «l
(1) P, pMmRK ^fkci f, i
DU QUATRIÈME VENTRICCLE. iSt
cbétif, on Gt une piqûre ; on pensa que cette piqûre était sur la ligne médiane j car Tanimal ne chancela ni d'un côté ni de l'autre. Dans le premier moment qui suivit la piqûre, il resta d'abord immobile, puis, ensuite, les membres postérieurs s^agitèrent violemment tandis que les antérieurs furent très faibles et restèrent écartés sans pouvoir supporter le corps. L'animal avait de la tendance à aller en avant ; il poussait son corps dans cette direction à Taide de ses membres postérieurs. Une demi-beure environ après la piqûre, Tanimal paraissait malade; il avait le fri^n et les poils hérissés.
L'urine examinée avant l'opération était peu abondante, trouble, alcaline, et ne contenait pas de sucre. Trois heures après la {ûqûre, l'animal étant toujours dans le même état, on recueillit son urine qui était trouble., alcaline et contenait beaucoup de sucre.
On aliandonna ensuite Tanimal k lui-même.
Le lendemain on trouva le lapin se promenant, gai, et 4ans un parfait état de santé. L'urine examinée ne contenait plus du tout de sucre. Ce symptôme du diabète avait cessé ainsi que tous les autres : frissons et tremblements musculaires qui accompagnent généralement le diabète artificiel.
Le 1& février^ le lapin se. portait toujours bien; on le piqua de nouveau; mais à la suite de cette nouvelle piqûre, il resta sur le flanc, s'agita et était grelottant avec les poils hérissés. Après trois heures, l'animal étant toujours dans le même état, on recueillit l'urine qui, de même qu'avant l'opération, était trouble et alcaline, mais de plus elle contenait très nettement du sucre.
A32 PIQintE DD PLANCHER
Le 15 nu matin, l'animal était mort.
Voici l'autopsie de sa tête : P, première piqûre; P*, deuxième piqûre.
L'a'/), (lu avril 1850).
— Sur une chatte qui, quelques jours auparavant, avait servi à une expérience sur les norfs spinaux, on piqua directement le plancher du quatrième ventricule.
^'^- ^^- Aussitôt après la pi-
qûre, la respinitioii fut très aa'rée; puis peu à peu apparurent Iessymptôni(!S qui suivent la piqûre et l'horripilntion caractéristique. On ne put ni faire pisser la rhiitte, ni la sonder. Alors on tira du sang de la veine jugulai re et on constata qu'il renfermait beaucoupde sucre. Le lendemain matin , la chatte était toujours tn-s vivante ; elle fut tuée par hémorrhagie, et son sang alors ne contenait plus sensiblement de sucre.
On retirade la vessie de l'urine acide qui contenait beaucoup de sucre; le dosage indiqua h pour 100.
Le foie ne fut pas examiné. Cette chatte avait cini| petits dans les cornes de la matrice, et l'ou constata que le liquide renfermé dans le périchorium et l'allantoide renfermait du sucre d'une manière très évidente. Toutefois, ce sucre n'était pas le résultat de la piqûre, puisque nous avons montré ailleurs que ce phénomène se i-eiieontre normalement; cela prouve seulement que la piqûre n'avait pas fait disparaître c-e sucre fœtal.
nu QUATRIÈME VEffT&lCflLE. J)S3
Toutefois, le sucre avait (tis|>aru du sang le lendemain de l'opération, parce que l'animal était devenu malade, ce qui arrive très facilement chez les lapins; or il faut toujours, pour que le diabète se produise, ainà que nous l'avons dit, qu'il y ait intégrité des pbéuotnëoes de la nutrition.
Exp. (30 juin i850). — Sur un jenne lapin vif, bien portant , on piqua le plancher du quatrii''me ventricule. Au bout de deux heures, les urines contenaient du sucre d'une manière évidente ; mais le diabète ne dura pas longtemps, parce que la piqûre était peu profonde.
Le â juillet, l'animal étant très bien portant .
parfaitement rétabli de sa premièrepiqûre,on piqua ^^ de nouveau le plancher du quatrième ventricule. Au bout d'une heure et demie il y avait du sucre dans les urines; on sacrifia l'animal et ou fil l'au- P'<=- **■
topsie pour constater la place des piqûres. P, première piqûre; P' deuxième piqûre.
Exp. (26 novembre 185i). — Sur une grosse lapine très bien nourrie, très vigoureuse et en pleine digestion, on piqua directement le plancher du quatrième ventricule. Aussitôt après la piqûre, l'animal aflaissé sur ses pattes marchait comme en rampant , sans toutefois dévier ni d'un côté ni de l'autre. Bientôt l'animal futcomplétement remis, seulement sa respiration était très accélérée.
iSft notntc t)u pLAhcHEtt
Après une demi-heure, l'urine du lapin contenait des traces de sucre, et une heure et detnieaprës, l'anioia], toU^ jourstrès bien portant, et ne paraissant avoit' stibiaoetlm opération, rendaitdes urines forteme[itsucréeS;touteibis, bieolût après, le sucre cessa de paraître dans teï tiHnsi. Cet animal eut à peine, au moment où il rendait dtt sucre, un peu de tristesse. EnQn^ cette expérience est ude des mieux réussies, parce que la glycosurie a été le seul symptôme très saillant, l'animal ayant d'ailleurs à peu près conservé ses allures normales. De plUs, il fitut ajouter que la piqûre bien placée n'intéressait que IW deux tiers de la Inoelle, de asrle que la partie antérieure n'avait pas été blessée; ce qui explique l'absence de troubles du mouvement, bien que la piqûre P(&g. 62), ne fut pas située exactement sur la ligne médiane. Cette seule expérience suffirait pour montrer que le pissemenl du sucre est complet»^ ment indépendant des troubles de mouvement qui suivent la piqûre.
Nous allons abréger les expériences qui suivent : Eaop. (30 avril 1851). — Lapin vigoureux. On le piqua entre l'occipital et l'atlas avec l'instrument à double pointe : affaissement , tendance à tomber du côté droit, respiration plutôt ralentie qu'accélérée, salivation. Le sucre apparut trois quarts d'heure après
DU QUATRIÈME VENTRICULE. ftBÔ
daos Turine dont la quantité était augmentée; elle devint transparente. On sacrifia l'animal au bout d'une demi-beUre. A Tautopsie, on trouta que les piqûres étaient obliques; Tune (a) entrait par le corps restiforme et allait obliquement en haut jusqu'à l'origine de la cinquième paire ; l'autre (a') entrait par la ligue médiane (fig 63). Le foie contenait ilu sucre et donna une décoction opaline.
(80 avril 1851). — Lapin adulte. Piqûre avec l'inslrument à double pointe en perforant roccipital, desorte que les piqûres étaient directes et non obliques : aiïaissement de l'animal qui tomba sur le côté droit; salivation^ apparition du sucre dans l'urine au bout d'une beure environ. Les urines, toujours troubles et alcalines, n'avaient pas du tout augmenté de quantité. A l'autopsie, la double piqûre portait au niveau des tubercules de Wenzel, au-dessus des olives (c, c', flg. 63) ; le foie contenait beaucoup de sucre.
(8 mai 1851) . — Sur un lapin, on ouvrit la membrane eocipito^tloïdienne, on donna issue au liquide céphalorachidien et on piqua la moelle allongée avec Tinstniment à deux pointes, obliquement et en remontant vers les olives. L'animal fut anéanti; la respiration lente, profonde et saccadée ; il y eut augmentation légère de la quantité d'urine, puis apparition du sucre dans l'urine trois quarts d'heure après la piqûre. L'aniinal mourut au bout de trois heures, ayant toujours du 9ucre dans l'urine. Le foie donna une décoction sucrée et très opaline. A l'autopsie, les deux piqûresélaient situées : la droite (d), sur l'olive; et la gauche (rf'), un peu plus en
A 38 PIQURE DU PLAKCUER
Le lendemain , 20 mai , le lapin allait toujours bien, mais ses urines ne renfermaient plus de sucre. A Tautopsie, on trouva les deux piqûres symétriques (6, 6*, fig. 63) n'intéressant que deux tiers de l'épaisseur de la moelle (tUougée. Les pyramides antérieures n'avaient p^s été atteintes.
(80 juin 1850). —Sur un jeune lapin vif, bien por-r tant, en digestion, on fit une piqûre simple en perforant Toccipilal. Au bout de deux heures les urines étaient très sucrées; le diabète avait duré peu de temps.
(3 juillet 1850). — Sur le même lapin, très bien réti^bli de la première piqjdire, on repiqua p«ir le même procédé. Le lapin avait de la tendance h tomber du côté droit.
Au bout d'une heure et deniie les urines étaient très sucrées. A Tautopsie , ou retrouva les deui^ piqûres (1^ première a et la seconde a', fig. 64).
(2 juillet 1850). — Jeune lapin, vigoureux, t)ieQ pQfr tant, en digestion. Piqué par lap^rtje supérieure d9 Toccipital, un peu du côté droit. Ten4 ^ rQuler à d^te, grelotte comme nous l'avons vu dans la plupart des e^s. Une heure et demi après les urinei^ ét^ant ^uqpées. On obtint lli centimètres cubes d'uriqe qui, étfUit (^psés? donnèrent O^^âô de sucre, soit ?^',B0 p, IPO. ï^foie pesait 31^% sa décoction était Ifut^us^ et lei sucre qu'il contenait, étant dosé, donna QF,/i/i pQU^* ^^^ 1^ foie, soit 1«S41 p. 100.
(4 jqilleng&O), — SMrMn grcfilapiq on piquft Ift WC*Up allougée en péqptrfiqt par Toocipilal. Un mouvpmept ç|p l'animal caus^ des J^i^iop^i grftv^ ^\ pftr f^^le Iç çom.
Après uDe heure et deaiie il y avait du sucre daus l'urine. Alors on tua ce lapin. Le foie pesait 52 grammes, (JpQna une décoction laiteuse et contenait 2,15 p. 100 de 9icre.
L4 piqûre portait au-dessus du tubercule de Wenzel (6, fig. 64) ; elle était étendue et irrégulière
(25 novembre 1851). — Lapin jeune auquel on avait troisouquatre jours auparavant coupé leGlet sympathique AU cou; il est piqué en pénétrant directement par le trou occipital; sans mettre à nu préalablement la membr^e occipito-atloïdienne. Aussitôt Tanimal tomba comme mort ; la respiration fut suspendue, puis mWe reprit bientôt, d'abord ronflante et saccadée. Le lapin resta couché sur le côté droit , tomba dans le coma, devint grelottant, etc. Les respirations, avant l'opération, étaient de soixante par minute; aussitôt après, de quatrevingts; plus tard, elles tombèrent à cinquante-deux. Au bout d'une heure pt demie, les urines, devenues abondantes, contenaient du sucre: le sang était très rutilant dans les artères quoique lanimal fut dans le coma. A l'autopsie on trouva que la piqûre était placée très bas [Cj fi^. 64) ; mais, en la suivant, on la voyait remonter dans l'épaisseur de la moelle allongée jusqu'au-d(3ssus del'orgine du vague correspondant. On voit par là qu'il ne f^ut pas s'en tenir à Texamen du point d'entrée de l'instrument. Dans ce cas, par exemple, une piqûre di? recte sur le point c n'eût pas donné de sucre.
(26 novembre 1851). — Grosse lapine en pleine digestion, bien portante. Qn piqua la moelle allongée par la partie supérieure de l'occipital. Aussitôt après la piqûre
A&O PIQUBE DU PLANCHER
l'animal se tenait en équilibre et courait sur ses quatre pattes.
Après une heure, on trouva déjà du sucre dans l'urine; après une heure et demie, il y en avait beaucoup. L'animal était toujours très bien portant, on le sacrifia. A l'a
trouva que la plaie {d) n'intéressait pas toute 'épaisseur de la moelle allongée et qu'elle n'avait pas atteint les faisceaux antérieurs.
{1" novembre 1851).
— Sur un lapin , on coupa un pédoncule cérébelleux après avoir divisé le grand sympathique et !e vague au cou des deux côtés. L'animal F'G- 8ù. tournait comme à l'ordi-
naire sur son axe. Examinée avant l'opération , l'urine ne contenait pas de sucre; examinée une demi-heure après, on la trouva très abondante avec traces de sucre ; une heure et une heure et demi après, urine toujours abondante mais très sucrée; alors on tua l'animal par hémorrh^ie. Son foie donna une décoction laiteuse qui éliiit très sucrt'e; le sang contenait beaucoup de sucre. A l'autopsie, ou constata que le pédoncule gauche était très bien coupé de même que le vague et le sympathique.
DU QUATRiÈME VENTRICULE. &&!
Cette expérience prouve que la section du pneumogastrique n'empêche pas le diabète; elle semble même le favoriser, comme nous le verrons encore dans d'autres expériences.
(Novembre 1851 j. — Sur un lapin, i)ien nourri, on détermina une apoplexie en coupant le cerveau en travers, au devant des pédoncules cérébraux ; après quoi on fit la section des vagues : il avait apparu du sucre dans Turine quelque temps après, quoique en petite quantité.
Nous avons cité ailleurs des animaux chez lesquels nous avions déterminé des lésions cérébrales, et amené par suite l'apparition du sucre dans leurs urines.
Quant à l'action de la piqûre du plancher du quatrième ventricule, sur laquelle nous aurons bientôt à nous expliquer, elle s'opérerait donc par la moelle épinière et non pas par les vagues. Nous allons vous rapporter des expériences qui établissent ce fait, et vous verrez en même temps que la section de la moelle a une influence directe sur la quantité de l'urine émise.
1* Sur un lapin adulte, on coupa la moelle épinière à la.partie supérieure de la région dorsale. Au moment de la section les respirations furent accélérées, puis peu à peu elles se ralentirent ; l'animal était paralysé de tout le train postérieur. Trois heures après, on observa des mouvements péristaltiques deTintestin, très visibles à travers les parois abdominales. Les oreilles de l'animal étaient très chaudes, ce qui tenait probablement au point où la moelle avait été coupée.
L'animal fut sacrifié cinq heures après la section de la
A&3 BIQUHE DU PLANCHIg
moelle épinière. Le foie contenait du sucre en petite quantité, et sa décoction était transparente ; il n'y avait par conséquent pas de n^âtière glycogène. Le densimètre donna 1 degré.
L^autopsie montra que la moelle était inooDipUtoment coupée et seulement contuse entre Ips fleuiième et huitièipe vertèbres dorsales, au bas de la région cilio-spinale. L'urine qu'on trouva dans la vessie était acide et non mcrép.
En comparant cette expérience aux sections fiaites plus haut, dans la région cervicale, il semblerait que c'est le renflement brachial qui exerce surtout son influence sur les fonctions du foie. Il iiaudrait également savoir si ces résultats auraient lieu quand la moelle est détruite plus ou moins complètement.
i^ Sur un lapin adulte et bien portant, on piqua le plancher du quatrième ventricule par Le procédé ordinaire. Après une heure et demie, Turine du lapin contenait beaucoup de sucre sans que la quantité de l'urine fut augmentée, le sang de la veine jugulaire était sucré.
Alors on fit la section de la moelle épinière à la partie inférieure de la région cervicale, après quoi l'animal fut paralysé des parties situées au-dessous de la section. }jdL respiration ne se faisait plus que par le diaphragme.
Après pette opération , la formation de T urine fut coinplétement arrêtée, et il ne fut {dus possible d'en retirer de la vessie.
Deux heures après la section de la moelle, on sacrifia l'animal : son sang contenait encpre du sucre, mais pn moindre qi^ptité. Le foie eu ren^rmait e^c^vement
DU QUATRIÈME VENTEICULE. &&3
peu; mais il donnait une décoction très opaline, indice d'une grande quantité de matière glycogène.
L'autopsie de la tête montra que la piqûre était faite très haut , au-dessus des tubercules de Wenzel, ce qui ^tiut eq rapport avec la non-augmentation de Turine.
Cette expérience montre donc que la seetion de la moelle, dans la région indiquée, a arrêté la productioa de Turine ; que le sucre semble diminuer dans le foie, ][Qfûs que la matière glycogène y existe abondamment ; ca qui n'est pas le cas des lapins qui ont été rendus diar bétiques p^r la piqûre de la moelle allongée.
Il serait intéressant desavoir si, danacettecirponstano6| }1 n'y a pas eu formation de matiëreglycogène dueà lasec^ tion de la moelle. Cela ne pourrait se juger qu'en faisant I4 section de la moelle le lendemain, pai* exemple, alors qpe le diabète a disparu et que la matière glycogène se tipiive ordinairement absente.
Z^ Sur un lapin bien portant, on coupa la moelle épipière à la partie inférieure de la région cervicale. Après quoi, on relira du sang de la veine jugulaire ; puis on piqua le plancher du quatrième ventricule. L'animal étftnt paralysé, on vida la vessie de l'urine qu'elle contwait et on laissa Tanimal en repos.
yne heure et demie après, on saigna de nouveau ranima par l^qième veine ; car on constata qu'il ne s'était pas ÏQVfi^é d'urine dans la vessie depuis la section de la POplle.
Ëp e:(fiminant les deux saignées, on trouva du suere c}ans toutes deui^, sans qu'il fut possible de dire qu'il y en eût plus dans Tune que dans l'^uirt^»
bkli PIQURE DU PLANCHER
Trois heures et demie après la section de la moelle, l'animal étant toujours dans le même état, on retira de nouveau du sang de la veine jugulaire, et Ton constata qu'il était complètement dépourvu de sucre.
Dans ce moment, la température de l'animal avait considérablement baissé ; elle était de 23 degrés dans le rectum, tandis qu'avant elle était de 38 degrés. Alors on sacrifia ce lapin par hémorrhagie, et on constata de nouveau dans la masse du sang qu'il n'y avait pas de sucre. Le foie donna une décoction très opaline qui était complètement dépourvue de sucre. On constata, en outre, que la piqûre avait été faite dans un point qui devait donner du sucre dans l'urine, et que la moelle épinière avait été bien coupée.
n résulterait donc de cette expérience, que la section de la moelle arrête l'effet de la piqûre, et que, non-seulement l'animal ne devient pas diabétique, niais que le sucre disparaît de son sang. Ce qui différencie ce cas de la disparition du sucre par suite d'un état maladif, c'est qu'ici la matière glycogène se rencontre dans le foie en grande quantité. Cet effet est d'autant plus remarquableque cette matière glycogène peut être changée en sucre après la mort de l'animal. Il semblerait donc que pendant la vie l'action de la moelle empêche le contact entre cette matière et le ferment qui doit la transformer.
IV" Sur une lapine pleine, on fit la section de la moelle immédiatement au-dessus du renflement brachial. L'animal paralysé présenta des mouvements réflexes très violents dans le train postérieur, sans en présenter dans les membres antérieurs.
DU QUATRIÈME VENTRICULE. Ai) 5
Sept heures après la seotjon de la moelle, l'animal était refroidi, rendait une grande quantité d'excréments, et remuait continuellement la queue. Ace moment on le sacrifia, et on observa ce fait que le cœur battit très longtemps après la mort. Le foie donna une décoction lai* leuse, il contenait une grande quantité de matière glyoogène, et pas sensiblement de sucre. Cette décoction donna 5 d^rés au densimètre. Le lendemain, on fit une décoction avec une môme quantité du foie abandonné à lui-même : cette nouvelle décoction était à peu près transparente et la quantité du sucre y était très considérable. Toutefois l'indication du densimètre n'avait pas sensiblement varié.
On observa un autre fait assez singulier : c'est que la première décoction du foie, celle qui ne contenait pas de sucre, mais seulement la matière glycogène, était très alcaline, tandis qu'elle devenait acide quand la matière se changeait en sucre.
Les résultats précédents montrent que la section de la moelle amène des modifications profondesdans les phénomènes chimiques qui s'accomplissent dans le foie.
S'^Sur un lapin, on coupa la moelle épinière tout à fait à la partie inférieure de la région cervicale, immédiatement au-dessus de la vertèbre proéminente. Les oreilles s'échauffèrent beaucoup. Il y eut des mouvements réflexes très forts dans le train postérieur, et l'animal exécutait des mouvements avec les membres antérieurs.
Quatre heures après l'opération, on tua l'animal par la section du bulbe rachidien, et on observa qu'au moment de la mort il v avait des mouvements violents dans
kkQ MQUILE DU t^LÀI^CHBft
le traiti postérieur paralysé; c'est un phétiomène qui s'dbsefve aùs^i lorsqu'on aspbyiie des doiniatii dont la moelle épitiièt-e a été coupée au dos.
hè foie ddtina utie décoction excessivement laiteuse, mais contenant encore dli sucre;
6*» Sur utî cochon d'Inde bien portant, là moelle épH oière fut coupée à la partie inférieure dé la région certicale. Lfes membres antérieurs étaient encore doilês de moufement; tout le train postérieur était paralysé. Le lendemain, l'animal qui était vivâce coûtait à Taide dé ses membres antérieurs. 11 avait très peu mangé deptiis Topératiori et fut sacrifié par hémorrhagie.
Le foie examiné donna une décoction laiteuse alcaline, ne contenant t)as de sucre. Une autre portion du foie, erue^ abandonnée à elle-même jusqu'au lendemain^ donna une décoction moins opaline, acide et accusant la présence d'une grande quantité de sucre;
T Un autrecochon d'Inde^ dont la moelle épinière avait été coupée vers le tiers inférieur de la régidfa cervicale, fut paralysé de ses quatre membres. L'animal^ abaiH donné à lui-même, fut trouvé mort le lendemain. La décoction du foie était limpide et très sucrée. U y Avait donc absence de matière glycc^ne ; ce qui tenait sans doute à ce qu'elle avait été changée en sucre après la mort de Tanimal.
8" Un autre cochon dinde eut la moelle coupM au niveau de la deuxième vertèbre dorsale. L'animal^ paralysé du tmin postérieur, marchait avec les membres antérieurs. 11 resta vif et mangea comme à TordiDaire. Le lendemain , on le tua par hémorrhagie et Ton exih
mina son foie dont ladécoction alcaline ne contenait pas de sucre. On conserva une partie du foie jusqu'au lendemain pour savoir si le silcre y apparaîtrait, et on constata qu'il n'y en avait pas plus que la veille.
Il est bien intéressant, si ces expériences se confirmedt , que la section de la moelle dans la région dorsale arrête la production de sucre dans le foie alors Itienlfe tjuë l'ahittial continue k mangbr. Tdiitefois, lorsqu'on divise la moelle épinière à la partie inférieure de la région dorsale, la digestion paraît pouvoir se faire, ainsi que nous l'avons vu sur un chied qiii cortiinuait à manger, et chez lequel la sécrétion du sucre persista.
&* Sur un lapid en digestion, bien portant, ayant seulement subi, quinze joui*s auparavant, lextirpation d'un ganglion cervical supérieur, on coupa la moelle épinière vers le niveau de la première vertèbre lombaire. Le lapin fut paralysé aussitôt du train postérieur. On piqua ensuite la moelle allongée. Trois heures après la piqûre, le lapin, qui était resté couché sur le flanc, donna de l'urine sucrée. Quatre heures après, cette urine était encore plus fortement sucrée ; T animal grelottant était iDOuché sur le flanc; il donna beaucoup d'urine.
Le lendemain 12 novembre, Tanimal fut trouvé mouranl. Cependant son sang artériel était toujours rutilant, et le sang veineux dans la jugulaire était noir. L'urine était en grande quantité dans la vessie et elle était toujours sucrée.