MARS
SOMMAIRE : Lésions du plancher du quatrième ventricule qui ne produisent pas le diabète. — Expériences. — Cautérisations. — Lésion des corps restiformes. — Suppression de Turine. — La section des vagues et du grand sympathique n'empêche pas la piqûre du quatrième ventricule de produire le dial>ète. - Piqûre entre les tubercules quadri- • jumeaux. — Expériences sur des pigeons. — Arrêt de la digestion.
Messieurs ,
Nous continuons aujourd'hui le sujet qui nous a occupés dans la leçon précédente. Il nous reste à vous montrer que toutes les lésions de la moelle allongée ne sont pas toutes également susceptibles de produire le diabète ; que non-seulement il est nécessaire que la lésion porte sur un certain point, mais que sa nature même n'est pas indifférente, que les cautérisations, par exemple, ne donnent pas les mômes effets.
Exp. (11 mars 1849). — Sur un lapin de taille moyenne, on découvrit la membrane occipito-atloïdienne en écartant simplement les muscles de la nuque sans les couper en travers. On perça la membrane : il sortit du liquide céphalo-rachidien comme à l'ordinaire. Alors on porta à l'entrée du quatrième ventricule, avec une pince fine, un fragment de nitrate d'argent fondu, gros comme la tète d'une épingle. Aussitôt le lapin s'agita, tourna la tête, tomba sur le flanc, exécuta quelques mouvements convulsifs et mourut environ cinq minutes après.
A Taulopsie, ou trouva que les organes abdominaux paraissaient plus congestionnés, et les uretères plus remplis d'urine. L'examen de la tête montra l'entrée du quatrième ventricule profondément cautérisée aimique la partie interne des pédoncules cérébelleux.
Uuriue examinée ne contenait pas de sucre ; mais en admettant même que Teffet habituel des lésions du plancher du quatrième ventricule eût été produit, le sucre n'aurait pas eu le temps de passer dans l'urine.
Exp. (12 mars 1849). — Sur un lapin , on mit à découvert l'entrée du quatrième ventricule et, avec un fil de fer rougi au feu, on cautérisa exactement le milieu de la face inférieure du ventricule.
D'abord, tant que la cautérisation fut superficielle, l'animal ne sentit aucune douleur, mais, en approchant de la partie inférieure vers le bec du calamus scriplo^ riw, il y eut des manifestations, de douleur très évidentes. L'animal, après cette opération, paraissait paralysé de tout le train postérieur ; toutefois, peu à peu, il se remit sur ses pattes et marcha en tendant toujours à s'incliner un peu du côté droit. Les yeux étaient clignotants, les pupilles dilatées ; l'urine était acide (parce que l'animal était nourri d'avoine) et ne contenait pas de sucre après l'opération.
Le lendemain, l'animal était toujours vivant et ses urines ne contenaient pas de sucre.
Exp. (15 mars 1849). — Sur un lapin nourri d'herbes, ayant les urines claires et alcalines, on découvrit l'entrée du quatrième ventricule, près de l'origine des pneumogastriques. On fit autant que possible la cautérisation
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sur la partie moyenne, mais cependant, à la suite de cette cautérisation, il y eut une paralysie de la cin* quième paire du côté droit. Après cette opération, l'animal resta sur le flanc. Il était pris parfois de tournoiement; on put obtenir à peine de l'urine dont l'excrétion paraissait suspendue; elle ne contenait pas de sucre.
Cinq ou six heures après, l'animal se refroidit, il tournait de temps en temps et saliyait beaucoup.
Le lendemain, dix-huit heures après l'opération, l'animal fut trouvé mort et froid. 11 y avait un épanchement séro-sanguinolent dans les ventricules latéraux; on constata que la partie cautérisée était située un peu au-dessous de l'origine des pneumo-gastriques, et que la cautérisation avait atteint en même temps le pédoncule cérébelleux droit. Les poumons étaient engoués et marbrés en noir par du sang. Le foie était friable, son tissu broyé donna une décoction claire qui ne renfermait aucune trace de sucre.
Sur un autre lapin, on découvrit également Tentréc du quatrième ventricule et on cautérisa avec un fil de fer rougi au feu, appliqué sur le plancher du ventricule, et autant que possible sur la ligne médiane.
Après l'opération, l'animal tomba sur le flanc et demeura anéanti. La cinquième paire n'était paralysée ni d'un côté ni de l'autre.
L'urine, claire et alcaline avant l'opération, ne contenait pas de sucre. Après l'opération, l'excrétion urinaire parut suspendue, et on put à peine retirer quelques gouttes d'urine qui n'était pas modifiée dans sa composition et ne renfermait pas de sucre.
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Cinq ou six heures après la cautérisation , l'animal s'affaissa de plus en plus et sa température baissa; le leodemain on le trouva mort et raide.
On vit, à Tautopsie, que le point cautérisé répondait exactement à la partie moyenne du quatrième ventricule, au niveau même de Torigine des vagues et descendait un peu au-dessous.
La décoction du foie broyé était à peu près claire et ne donnait que des traces de sucre. On trouva dans Testomac des pommes de terre et énormément de glycose, qui peut-être était la cause de la présence du sucre dans le tissu du foie. En effet, lorsque le foie ne fait plus de sucre, sa décoction est généralement claire, et le sucre qu'il contient provient ou de la transformation de la matière ^ycogène préexistante, ou bien, comme ici, de rimbibition ou de l'absorption du sucre contenu dans l'estomac ou dans les voies digestives. Le cœur avait toutes ses cavités pleines d'un sang noir, mal cailleboté, qui se ooagula ensuite plus complètement dans un verre.
La vessie était absolument vide.
E(vp. {\li mars i8li9). — Sur un lapin, dont l'entrée du quatrième ventricule avait été mise à découvert par la section de la membrane occipito-atloïdienne , on divisa, avec la pointe de ciseaux très fins, les deux corps r^tiformes près du calamm scriptorius.
Aussitôt après l'opération, l'animal ne parut pas s'en apercevoir; il marchait bien, sans chanceler. Mais envi* ron dix minutes après, l'animal tomba dans un collapsus complet; il était affaissé, mou, ne pouvait plus marcher, respirait lentement et avec beaucoup de peine.