‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 123 sur 136 · PROPRIÉTÉS · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS

changement définitif en sucre a été effectué, la dissolution acquiert les propriétés de réduire les sels de cuivre dissous dans la potasse, de fermenter sous Tinfluence de la levure de bière en donnant de Talcool et de Tacide arbonique. J'ajouterai que l'action des ferments diastasiques opère cette transformation en sucre en quelques minutes quand on a le soin de maintenir les liquides à une température voisine de celle du corps, entre 35 et ft5 degrés. La dissolution aqueuse de la matière giycogène hépatique ne se change pas spontanément en sucre ; elle ne s'altère que très difficilement quand elle est abandonnée à elle-même et résiste en partie à la putréfaction du tissu du foie cuit.

La torréfaction, l'action limitée des ferments et des acides minéraux changent la matière glycogène en un corps qui offre des caractères tout à fait semblables à ceux de la dextrine.

Cette substance est insoluble dans l'alcool concentré, se dissout dans l'eau en donnant une dissolution transparente ; elle ne se colore plus sensiblement par Tiode, ne réduit pas les sels de cuivre dissous dans la potasse, ne fermente pas avec la levure de bière et dévie à droite le plan de polarisation.

Sur une dissolution aqueuse très peu chargée de cette matière examinée à l'appareil de M. Biot, au Collée de France, dans un tube de 320 millimètres, on a constaté un pouvoir rotatoire très bien caractérisé vers la droite, avec des développements de teintes très marqués autour du minimum d'intensité de l'image extraordinaire.

DE LA MATIÈRE GLTGOGilfE. &73

D'après toutes les expériences qui ont été précédemment rapportées, il reste donc parfaitement établi que le foie des chiens nourris exclusiyement avec de la viande possède la propriété spéciale, et exclusiye à tout autre organid du corps, de créer une matière glyçc^ne tout à fait analogue à Tamidon végétal et pouvant comme lui se changer ultérieurement en sucre, en passant par un état intermédiaire à celui de la dextrine.

Sans aucun doute, Tétude de la matière glycogène du foie ne devra pas se borner là. Il faudra connaître exactement sa composition élémentaire et sa constitution ; savoir si cette matière se change totalement en sucre et si, dans cette transformation, il n'y a pas d'au« très produits qui prennent naissance, et soumettre en un mot à une étude plus approfondie le parallélisme si apparent qu'offre la transformation en sucre de cette matière glycogène du foie avec la transformation en sucre de Tamidpn végétal. Les soins de cette étude appartiennent aux chimistes. Il me suffit, quant à présent, d'avoir prouvé l'existence de cette substance spéciale qui précède toujours l'apparition du sucre dans le foie, pour avoir établi un fait qui est susc^tiUe d'éclairer puissamment le mécanisme physiologique de la formation du sucre dans les animaux, et de fournir en même temps des conclusions qui intéressent au plus haut degré la physiologie générale.

Relativement à la fondation physiologique du sucre chez les animaux, elle doit être nécessairement envisagée, ainsi que je le disais, non comme un phénomène de dédoublement chimique direct des éléments sanguins au

moment du passage du saog dans le foia, m^^is comme une fonction constituée par la suocessiop et Tenchaînepient de deu]( act^ esseptieUement dii^nct?-

Le premier acte entièrement vital» 9|q$i appelé parce que son accomplissement n'a pas lieu ep dehors de l'influence de la vie, oonsistç dans la créatipu de laip^èrç glycogène dans le ti$su hépatique vivaqt.

Le second a^^te^ entièrement chimique et pouvimt s'accomplir en dehors deTinfluence vitale, consiste dans la tr^sfonpation de la matière glycogène m sucre À l'aide d'un ferment.

Pour que le sucre apparaisse dans le fpie^ il faut donc h réunion de ces deux ordres de conditions. Il faut que la matière glycogène puisse être créée par ractivité vitale de l'organe ; il faut ensuite que cgtte matière soit iamenée au contact du fermant qui doit la transformer en sucre.

La matière glycogèni? se forme, cpmpie tous les produits de création oi^nique, par suitç des phénomènes de circulation lente qui açcpmpagnent les actes de nutrition. Quanta décider si, parmi les nombreux vaiss^au^ sanguins dont est pourvu le foiç, il en est qui SQul plus ^écialement chargés de pette circulation jQutritive, tandis queil'autres seraient plus spécialement en rapport avec les phénomènes de transformation chimique de la matière glycogène, c'est une question physiologique que nous n'avons pas à aborder ici pour le moment. 11 nous suflSra d'indiquer d'une manière générale comment le contact entre la matière glycogène et (son Ceriuçnt pçut s'ppérçr chez l'animal vjvant.

DE Lj^ FUEMATION D]5 SUQgE. 476

J'avais d'abord pensé que le ferment était spécial au ioie, comme la matière glycogèoe elle-même ; j'étais même parvenu à l'obtenir à Tétat d'isolement. Mais, Yoyantensuite que le liquide possède la propriété de transr former cette matière glycogène en sucre avec une très grande énergie, il devint impossible de songer àunelocur lisation du ferment, celui qu'on peut extraire du foie v9t nant très probablement du sang lui-même» De sorte que 4 en dehors de Torganisme nous avons plusieurs ferment? pour opérer la transforniation de la matière glyopgèwd en sucre, chez l'animal vivant il su£St d'en admettre up représenté par le sang, qui du reste possède aussi la pn^ priété de changer rapidement l'amidon végétal hydratf^ en dextrine et en sucre. Sans entrer àm^ le méci^nism^ intime de ce contact et dans rexpUcatipn des caus$ts physiologiques qui en font varier l'intensité^ ce qui noup entraînerait dans des descriptions d'anatomie microscopique et de phénomènes de circulation capillaire qui trouveront ailleurs leur développement, nous nous bornerons à dire que l'observation des phénomènes physiologique apprend quedans le foie, parallèlement à cette circulation lente et nutritive, il faut encore en considérer une autre^ intermittente, variable et dont la suractivité çpïncidp avec l'apparition d'une plus grande quantité de sucrf9 dans le tissu de l'organe,

Chez les animaux eu digestion, la circulation dan3 la veine porte est surexcitée, et alors la transfbrmatipn de la substance glycogène est beaucoup plus active, qM0Mp)9 la formation de cette matière ne paraisse p9?

corre^pwdre k oe nioment-làr (Jette sunK^jvit^ ^in»#-

&76 HËGANISME PHYSIOLOGIQUE

toire peut aussi être réveillée en dehors de la digestion ; et aîors le même phénomène de transformation de la matière et de l'apparition du sucre a également Keu. Chez les animaux hibernants ou engourdis, comme les grenouilles par exemple, le ralentissement de la circulation, qui est lié à rabaissement de la température, amène une diminution et quelquefois une disparition à peu près complète du sucre dans le foie. Mais la matière glycogène y est toujours, ainsi qu'on le prouve en l'extrayant. n suffit alors de mettre les grenouilles engourdies à la chaleur pour activer leur circulation et voir bientôt le sucre apparaître dans leur foie. En plaçant de nouveau les animaux dans une basse température, on voit le sucre diminuer ou disparaître pour se montrer de nouveau quand on remet les grenouilles dans un milieu où la température est plus élevée, j'ajoute qu*on peut reproduire plusieurs fois ces singulières alternatives d'apparition du sucre, sans que l'animal prenne aucun aliment et en agissant seulement sur les phénomènes de la circulation par l'intermédiaire de la température.

Chez les animaux à sang chaud, on peut agir aussi, au moyen du système nerveux, sur les phénomènes de la circulation abdominale et secondairement ensuite sur la transformation de la matière glycogène dans le foie. J'ai montré que quand on coupe ou qu'on blesse la moelle épinière dans la région du cou, au-dessous de l'origine des nerfs phréniques , on diminue considérablement l'activité de la circulation hépatique, au point qu'après quatre ou cinq heures, il n'y a plus de traces de sucre dans le foie de l'animal, dont le tissu reste cepen-

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