‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 13 sur 136 · TROISIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TROISIÈME LEÇON

24 DÉCBUil iS56.

flOMMAIRE : fUstorique de la découverte de k MMlbiUlé récormlt. -^ VkMtade de cette qvcstioo. — Des condidoot dus letqaellet doit être obeenré le phénooièBe.

Messieurs,

Noos avons établi, dans la dernière leçon, ce qu^on doit entendre par Tunité nerveuse, et comment elle se compose nécessairement de deux éléments, Tun moteur, l'autre sensitif , qui cependant, malgré leur rôle différent, se trouvent constamment associés par une propriété commune.

Maintenant que nous avons indiqué la signification que Ton doit donner à la sensibilité récurrente , nous allons vous montrer immédiatement les expériences qui rétablissent. Mais comme il s'agit ici d'un des phénomènes nerveux les plus importants, et d'une de ces propriétés fugaces qui , par son absence ou sa présence y dans des cas différents, a amené des apparences contradictoires dans les résultats des expérimentateurs, je désire vous faire connaître , par l'évolution même de la découverte , toutes les difficultés de cette question im« portante. Nous aurons en même temps l'histoire des autres propriétés nerveuses dont la sensibilité récurrente est inséparable.

B., Sfftr. mHiT. — t. '

SA SENSIBIUTÉ RÉCURRENTE.

Je VOUS ai déjà dit quelle différence existait entre les fonctions des racines postérieures chargées de transmettre les impressions sensitives et les racines postérieures chargée^ de transttettre l'excitation motrice. Ch. Bell avait avancé par induction, vers le commencement de ce siècle, que les racines postérieures devaient être sensitives^ et les racines antérieures motrices. Vous savez que plus tard Magendie trouva, en coupttnt séparément les unes et les autres , que , sur ce point , les vues de Ch. Bell étaient exactes. Voilà pour les fonctions. Mais Ch. Bell avait été plus loin et avait émis théoriquement , sur les propriétés de ces organes , des vues qui ont été ensuite reconnues inexactes. Or, tandis que personne ne discutait plus sur le rôle fonctionnel des racines nerveuses, leurs propriétés restaient robjet d'une controverse très vive. D'accord avec Ch. Bell sur le rôle des racines antérieures et postérieures, Magendie, en découvrant la sensibilité récurrente, cessait de Têtre sur les propriétés de l'élément nerveux., En effet, le physiologiste anglais pensait que les racines postérieures, sensitives, étaient sensibles, tandis que les racines antérieures, motrices, étaient insensibles ; vue théorique que vous savez déjà être inexacte : les deux r^icines sont sensibles; seulement leur sensibilité vient d'une même source. En 1822, Magendie, voulant soumettre à l'expérimentation les vues de Ch. Bell^ trouva quelquefois les racines antérieures sensibles, quelquefois à peine sensibles, quelquefois complètement insensibles; quant aux racines postérieures, elles étaient toujours sensibles.

Ces expériences, ayant été répt^tées en 1839, donné-

rent des résultais assez constamraent positirs potir que Xigendie pût conduire que les racines antérieures étaient sensibles. Deptiis 1893 il avait fait d'ailleurs des expéfieficeê suf les nerfs de la face, et tu non-seulement que lé fhcial était sensible, mais encore qu'il tenait sa sensibilité de la cinquième paire. Puis, trouvant plus tard c)M la racine antérieure était sensible, Il put encore retfontiattre qu'elle tenait sa sensibilité de la racine postérieure, et que cette sensibilité lui arrivait non par la Oioelltf, tnals par la périphérie. Bien qu'une séri<» d'expêfieflces eût établi parfaitement la réalité des faits qu'il amiodçait, les résultats négatifs antérieurement observés Mbiàient toujours. Plus tard ils se reproduisirent, même avec persistance : il y avait là une singularité qu'on ne s'mpliquâtt pas.

Ceat ici mdme qu'expérimentait Magendie. M. Longet, qui suivait alors lé cours du Collège de France, fréquentait le laboratoire et assistait aux expériences, il crut pmvoir réclamer l'idée de la découverte, dans des lettres adfestêM à la Gazette dès hôpitaux du temps.

Quelque temps après, M. Longet, après avoir voulti répéter les expériences de Magendie, ne réclamait plus fieii ; il publiait, au contraire, un travail dans le(|uel il élftblifiMit que ta sensibilité récurrente n'existait pas Les résultats contradictoires qu'avait obtenus Magendie en 192S^ 18:29 et 1889 lui furent alors reprochés très amèmmmt et très iojustement. Le fait est que Magendie avait dit toujours ce qu'il avait vu« sans se préoi^cupr^r des variétés que pouvait offrir le phénomène, et que l'aveu uàèBie des léiultala différenta de l'expérience témoignai!

36 SENSIBILITÉ RÉCUBRENTE.

d'une entière bonne foi et d'un grand amour de la yé* rite. Cependant, chose bizarre et bien faite pour dérouter rexpérjmentateur, dans des expériences postérieures à 1839 Magendie et d'autres ne purent plus rencontrer la sensibilité récurrente, et Ton crut même que sa nonexistence devait être définitivement admise.

Pourtant un phénomène que Ton a observé même une seule fois existe. Que des résultats contraires viennent ensuite à se produire, ils ne détruisent en rien les premiers, et en présence de l'incertitude qu'ils peuvent jeter sur des conclusions trop affirmatives, le moyen d'arriver à la vérité n'est pas de nier les résuUats positifs au nom des résultats négatifs, ou réciproquement , mais bien de chercher la raison de leur divei^ence.

 cette époque (1839) je suivais le cours de Magendie, et je fréquentais aussi le laboratoire. J'avais été témoin des faits qu'il avait signalés, je les avais vus de près, je les avais touchés, et bien que dans ses nouvelles expériences Magendie ne retrouvât plus la sensibilité des racines antérieures, je ne pouvais pas pour cela admettre que ce que j'avais vu n'existât pas.

Cependant, plus tard, je répétai moi-même à divenses reprises les expériences sur la sensibilité récurrente dans des cours de physiologie que je faisais , et pendant plusieurs années je ne la trouvais pas.

Je m'arrêtai dès lors à l'idée d'une propriété fugitive, dont les conditions d'existence étaient à fixer. Mais ce ne fut que quatre ans après, alors que la question pouvait sembler jugée, et que les racines antérieures étaient généralement regardées comme insensibles, que mon

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