‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 14 sur 136 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

attention se porta sur les conditions différentes dans lesquelles les expériences avaient été faites.

Je me rappelai qu'en 1839, quand je suivais le cours de Magendie, on préparait Texpérience dans la matinée , et que ce n'était que dans Taniphithéàtre , après avoir laissé reposer Tanimal, qu'on interrogeait la sensibilité des racines antérieures, sensibilité qui se montrait toujours très évidente. Dans les expériences faites depuis, on pinçait au contraire les racines antérieures séance tenante, immédiatement après les avoir mises à nu, et on les trouvait insensibles. J'avais pensé même que la promptitude était dans ce cas une condition de réussite. D'après mes dernières réflexions sur la situation des animaux chez lesquels j'avais vu la sensibilité récurrente exister, la condition contraire paraissait être la raison de faits observés, car dans ce cas l'animal avait pu jouir, après Texpérience, de quelques heures de repos, qui en faisant disparaître la fatigue de l'opération , avaient dû sensiblement rapprocher le phénomène des conditions de sa production normale.

Une autre considération venait à l'appui de cette manière de voir : le facial est sensible ; lorsqu'on le coupe, le bout périphérique accuse une sensibilité récurrente qui ne manque jamais. Pourquoi î — Parce qu'il est facile de couper le facial sans fatiguer l'animal ; qu'une simple incision permet d'arriver sur ce nerf, opération qu'on ne saurait comparer à l'ouverture du canal vertébral. Mon attention s'étant portée sur ce point, je reconnus que, chez un animal auquel on vient d'ouvrir le canal vertébral, le bout périphérique du facial coupé est in-

39 SENSIBILITE^ AÉCUERENTE.

sensible. Si doue, opérant sur les nerfs rachidiens^ ap ne trouvait pas les racines aptérieures sensibUni, cela tenait à ce que la douleur et la fatigue de ropéraiion les avaient amenés à un état d'épuisement qui diminue considérablement la sensibilité.

En effet, quand on commence l'opération , on eQteod d'abord Tanimal crier lorsqu'on coupe la peau^ qu'OP divise tes muscles; plus tard, qu^nd le canal vertébral a été ouvert, on pince la peau, on la recoud, sans faira crier Tanimal. Faut-il en conclure que la peau e^ insensible? La sensibilité disparatt momentanément cb^ un animal soumis à une cause intense et brusque d'épuisement ; certaines parties perdent leur sensibilité avaat les autres : c'est là toute Te^iplication.

A un moment donné, suffisamment rapproché d? l'opération, la sensibilité récurrente peut donc manquçjr complètement, alors qu'une heure après elle existe tr^ appréciable. C'est donc uqç propriété niobile, sujette à de telles oscillations qu'on ne peut apprécier les con*^ ditions du phénomène, à l'état normal, qu'en s'en rapprochant le plus possible. De tous les systèmes organiques, le système nerveui^ est celui qui souffre le plus dp l'épuisement que cause la fatigue. Le chloroforma agU dans le même sens , et je vous ai déjà dit que , spiis son influence, la sensibilité récurrente disparaissait pour renaître , dès que les effets de l'aneslhésie §e dissipent. Cette influence de Tépuisement est aujourd'hui bien établie, et nous pouvons prévoir assez exactement ^^ dans un cas donné, on doit trouver ou ne pas trouver les signes de la sensibilité des racines antérieures.

HISTORIQUE EXPÉRIMENTAL. h9

L'expérience sur la sensibilité récurrente est d'autant plus facile, les résultats en sont d autant plus nets, qu'oq a affaire k un animal plus vigoureux, mieux nourri. Cegl surtout sur des chiens que nous avons fait nos constat^ tfons; ils se prêtent mieux à Topération. Les chats peiir vent être employés, quoiqu'il soit déjà plus difficile chez eux d'isoler les racines. Pas une seule fois je n'dj réussi chez les lapins; ces animaux meurent presque toujours pendant Topér^tion ; il eu est de même des chevaux, qui, s'ils ne meurent pas, sont toujours trop épuisés pour conserver la sensibilité de la racine ant(^ Heure.

Nous allons maintenant vous exposer les expérience par lesquelles nous avons été obligé de passer pour arriver à déterminer les conditions d'existence de la sepsibilité récurrente. Nous ne vous raconterons pas toutes le? expériences que nous avons faites, nous signalerons Idfi principales. Malgré cela, la narration sera encore longiie* Hais nous désirons vous faire assister, pour ainsi dire, à révolution expérimentale de la question, et vous mon-trer l'inimense variété avec laquelle peut s'offrir un phénomène physiologique.

Voici une première série, dans laquelle la sensibilité récurrente a manqué, parce que nous la cherchions immédiatement après Topération, sans tenir compte de Tébranlement qu'a éprouvé Tanimal.

Les expériences de Magendie sur la sensibilité récurrente furent produites en 1839 , et les expériences contradictoires de M. I^nget furent faites en 1840 et publiées en 1841. Cest Ix c^tte époque que nous entre-»

prîmes, de notre côté, des expériences pour rechercher la sensibilité récurrente. Nous ouvrions largement le canal vertébral des deux côtés, et nous avions soin, comme nous l'avons dit précédemment, d'examiner les racines aussitôt qu'elles étaient mises à découvert , pensant à tort, ainsi que nous l'avons appris plus tard, les prendre ainâ dans les conditions les plus .rapprochées de Tétat physiologique.

Eœp. (16 avril 1841.) — Chien d'une forte taille, Agé de dix à douze mois, bien portant. La région lombaire de la moelle épinière est largement mise à nu, l'animal a perdu beaucoup de sang. Il a conservé cependant la mobilité et la sensibilité dans les membres postérieurs.

On isole alternativement sur quatre paires la racine antérieure, et on la pince sans développer la moindre trace de douleur. Le résultat est constant pour les quatre racines. Les racines postérieures correspondantes sont douées d'une vive sensibilité qui persiste dans le bout central, lorsque la racine est coupée.

Exp. (19 avril 1841.) — Chien de forte taille, huit mois. La moelle épinière est mise à nu des deux côtés dans la région lombaire. L'expérience a été faite rapidement. Six racines antérieures ont été mises à découvert et isolées, trois de chaque côté.

On pince successivement chacune de ces racines antérieures: sur l'une d'elles, le pincement ne détermine aucune douleur. Seulement, au moment où l'on pince la racine antérieure , on observe un léger frémissement musculaire dans le membre.

nSTOAIQUE EXïtiRimNTAL. 4i

Sur une deuxième paire nerveuse, on coupe la racine antérieure en laissant la postérieure intacte. Au moment de la section de la racine, aucune douleur ne se manifeste. Mais il y a eu à ce moment une contraction brusque dans les muscles du membre, comme si elle avait été produite par l'excitation électrique. Les deux bouts, après leur section, sont successivement pinces et trouvés complètement insensibles.

La racine postérieure correspondante est très sensible.

Sur une troisième paire rachidienne , le pincement de la racine postérieure manifesta une sensibilité très vive. Celui de la racine antérieure n'en détermina aucune. On fit la section de cette racine : il y eut à ce moment une contraction brusque dans les muscles. Les deux bouts résultant de la section étaient complètement insensibles.

Sur une quatrième paire rachidienne, la racine postérieure, qui était comme composée de deux faisH ceaux, était très sensible, tandis que la racine antérieure était complètement insensible ; son pincement produisit seulement un léger frémissement dans les muscles du membre.

Sur une cinquième paire , on fit la section de la racine antérieure en laissant la postérieure intacte. Le pincement des deux bouts de la racine antérieure ne manifesta aucune douleur. Le pincement de la racine postérieure provoqua seulement une douleur obtuse, ce qui tenait, sans doute, au long temps depuis lequel la moelle épinière était mise à nu : il y avait, en effet, près

4'uqç beurp que Topératloq éUit commwGéi^ Iv'aRÎipal étAJt pourtant e.qcore vivac^.

Sur une sixième paire rdcbidiamie , la racioa ant^ rieure fut trouvée complètement insensible, et 1» raoiny j^gtérieurQ était d'une sensibilité obtuse, Aveo une ft)r g[uill6 à ç^tiiracte, pn piqua alop« \^ faisceaux antérieiirp 4e 1% moelle, qui étaient complètement inseni^ibleiift, tandîf

que la sensibilité des faisceau)^ poslérieuri^ p^n^ist^iept

encpre , mais considérablement éntoussée.

De 1841 à 1844, nous avons répété souvent des (^ ftèvwnç^^ analogues et toujours $ans trouver la sensibilité

récurrente, que nous cherchions dans les mèmeis condjr tionsqi^e précédemment. C'est en ï^lik queTidée oQiv vint que les conditions dans lesquelles nous nons ploir çJQns devaient ôtre diflérenteg de celles dans lesqueliç^ MAgendie avait observé la sensibilité récurrente , et qu9 probablement il fallait laisser reposer les anim&u;^» W

lien d'ei^périmenter tout de suite sur leurs racines rapbi-

djennes. D'après ces nouvelles vues, nous entreprÎPM8l^ d'autres tentatives qui ne réussirent cependant p*s im^ïlé^ diatement , comme on peut le voir p»r les deu> e^pii^ riençes qui suivent :

Exp. (30 septembre 1844.) — Sur un chien Aâult§| assez vigoureux, 4 jeun , H pprtion lombaire du (sinal vertél;)ral fut largement ouverte, ^-'opération ne dur» guère (lu'ppe demi-heure, mais l'animal perdit une asse? grande quantité de sang. Toutefois les monvement* du train postérieur étaient assez libres, et, aussitôt qu'on délia ranimai, il put se sauver.

Une heure et demie «iprès l'opérç^tien, l'ftoiro*! éîwt

dftoi le mènia état ; mais le traiu postc^rieur paraiswt peu teosible, et il fallait que les pincements fussent wcessivement énergiques pour provoquer des cris (]^ douleur. Ou examina alors Tétat des racine» r4c))idieunes, Ou piuv^ légèrement les racines postérieures qu'on trouva douées d une vive sensibilité. Toutefois, quand on ne faisait que les toucher, il n en résultait pas de douleur, comme cela a lieu chez t)eaucoup d'animaux. On pinça alors une racine antérieure, ayant eii soin de laisser la racine postérieure correspondante in- Uictd. On la trouva complètement insensible. Il fi^ut ajouter qu'avant de pincer celte racine du côté droit, oq avait coupé préalablement deux ou trois des racines lombaires postérieures du côté gauche. Lanimal parais- «ait un peu affaibli, et il n*y avait pas de réaction dftiv saplai^.

E(f>p. (24 septembre !&&&.; — Sur un chien adulte»

de taille moyenne, tn^ vifçouieux, la nim^lle épinière lombaire fut mise à découvert, Aussitôt après Tei^périence, le train postérieur de t aninml était un peu eur gourdi, et il fléchissait sur ses membres, socialement wr le membre droit. Cependant les deux paires étaient restées sensibles. Peu à peu Tangourdissement disparut ; ranimai se soutenait bien sur ses membres et se sauvait, quoique la patte droite postérieure restât toujoui's évidemnnent plus faible que la gauche. Quand Tanimal s'arrêtait ensuite, il ne touc^iait pus le sol avec cette patte postérieure droite , qu'il tenait fléchie et relevée.

(4 plaie du dos fut recousue et on laissa Tanimfd jusqu'au lendemain. Alors ('25 septembre) Tanimal

kk SENSIBILITÉ RÉCURRENtE.

était couché triste et morne; il n'avait pas mangé. Quand il marchait, son train postérieur était roide et les mouvements moins faciles que la veille. La faiblesse persistait toujours plus grande dans la patte droite. On décousit la plaie, on la nettoya et on examina Tétat des racines. On constata alors, du côté droit, que la racine postérieure de la troisième paire lombaire s'était trouvée coupée dans l'opération, très près de son ganglion; la racine antérieure correspondante était intacte. On broya cette racine antérieure, ce qui ne donna aucune trace de sensibilité, tandis que le bout de la racine postérieure attenant à la moelle était très sensible.

En soulevant un peu la moelle épinière par un pincement de la dure-mère, on dégagea du côté gauche une racine antérieure, et on la pinça sans obtenir aticune trace de sensibilité, tandis que la racine postérieure correspondante ainsi que les autres étaient très sensibles.

Alors ranimai fut empoisonné avec l'extrait alcoolique de noix vomique, introduit avec une flèche dans l'aisselle du côté droit. Au bout de dix minutes les convulsions tétaniques se manifestèrent, et voici ce qu'on observa du côté deUnioelle et des racines rachidiennes.

Lorsque les convulsions commencèrent et un peu avant leur explosion , la sensibilité de la moelle et des racines postérieures était évidemment exagérée, et le plus léger attouchement, qui avant n'aurait déterminé qu'une très l^ère réaction, déterminait actuellement des cris et des mouvements violents. A cause de cette sensibilité excessive des parties^ il fut impossible d'isoler convena-

HISTORIQUE EXPÉaiMEirrAL. &5

blement les racines antérieures pour voir si elles avaient acquis de la sensibilité. Au moment où les convulsions et où la roideur tétanique existaient, la moelle épinière, lea racines postérieures, touchées ou pincées, paraissaient complètement insensibles. Peut-être cela tient-il à ce que les membres convulsés ne iK)uvaient plus réagir pour manifester aucun signe de douleur.

De 18&/i à 18/i6 nous ne pûmes pas revenir sur ces expériences. Ce n'est qu'au commencement de 1846 que nous recommençâmes une série de recherches nouvelles qui , après une suite de tâtonnements et d'essaisi nous amenèrent à connaître les conditions de Texpérience , et nous permirent d'établir alors les procédés d'après lesquels il faut se diriger pour mettre les animaux dans les conditions telles que les circonstances de Topération elle-même ne nuisent pas au développement physiologique des phénomènes nerveux que Ton veut observer.

Gomme il s'agit ici d'une des questions les plus délicates du système nerveux, je désire que cet enseignement vous soit donné comme nous l'avons acquis nous même, c'est-à-dire par l'observation directe des faits ; et c'est pour cela que je vais vous rapporter, bien qu'elle soit un peu longue, la série des expériences que nous avons faites pour arriver à la détermination des conditions d'existence de cette propriété nerveuse, qui présente cette particularité singulière d'avoir été entièrement perdue, après avoir été trouvée et bien constatée.

Nous suivrons, dans ce récit, l'ordre chronologique, et vous verrez que c'est en étudiant la variété des ré-

A6 SÉNStBttltÉ HÉCUKltEWflî.

^Itatâ obtenue, et eti cherthant leurs rapporbi àrcc les (Jdtiditions dans lesquelles tious nous tfouvioù^, que ûoud éWbns pu en déduire les conclusions définitWe*.

Ea^p. (10 janvier 18Û6.) — Sur un jeune cWeh de dèu* mois enTirt)n, très vif, en pleine digestion, (m ou- Vfit le canal vertébral dans la région lombaire; L'opé»tion dura environ vingt minutes, mais l'animal perdit Beaucoup de sang.

Un instant après l'opération, on pinça successivement les Wicines antérieures, qui se montrèrent bien sensibles. Toutefois Cette sensibilité était plus vive dans les pre* fflièfes racines pincées, et Tanitoal, perdant toujours du liàng, allait s'aflaiblissant : la sensibilité était devenue ttèi obtuse, et môme douteuse, vers la fin de lopération. Peu de temps après, Tanimal finit par mourir d'épui^ ornent, ou plutôt par hémorrhagie.

Exp. (28 janvier 1846.) — Sur un chien adulte à jeun , on ouvrit le caual vertébral dans la région lombaire ; l'opération fut assez longue ; l'animal en parut alTaUili. Aussitôt après l'opération, on pinça la racine rtfttérieure, et l'animal sembla éprouver une sensation, iflais assez confuse. Les racines postérieures étaient^ au ddfitraire, douées d'une vive sensibilité.

Eœpt (26 janvier 1866.) — Sur un chien adulte en digestion, on découvrit la moelle épinière* L'expérience, fort laliorieuse, dura une heure; l'animal, qui en était très fatigué, resta couché sur le flanc. On le laissa reposer après avoir fermé la plaie; il revint peu à peu, et oe n'est que deux heures après que Ton examina l'état des racines.

COlfDlTHMd MtMftlMEirf ALtS IMVERSES. hl

En pin^Mit uiie radine antérieure k gatK^he, il y eut, oominê à Tordinaire, deè tnoutenients dans le membre ', mais ranlniftl tmrut en même temps éproutér de la doiK toiif. Plusieurs racines présentèrent ce même résultat , sSbletnent o'est au pincement de la première racifM (fit la douleur se montra plus prononcée.

Exp. (28 janvier 1846.)-^ Sur un chien adulte, à jetlti depuis S ou ft jours, on ourrit le canal vertébral dam la région lombaire. L'expérience fut assez lon^e (dura une demi-beure environ), et Tanimal était très fati«gué, quoiqu'il n'eût pas perdu une grande quantité dé sang. Les racines antérieures, examinées aussitôt après^ ne jouissaient d'aucune sensibilité, tandis que les racines postérieures offraient Icj) signes d*une sensibilité trèfe éiridente, mais oepeiidant moins vive qu'à l'ordinaire.

L'épuisement de l'animal augmenta encore, et la i^n<^ sibilité devint de plus en plus obtuse dans les racines ptetérieures. Quand on les pinçait, l'animal ne pousMit {rtos de cris et ne^ livrait pas aux mouvements généraitt pftf lesquels se manifeste la douleur.

D'après les expériences ci-dessus rapportées, bods pouvons déjà remarquer que , chez les derniers chienâ affaiblis soit par des expériences antérieures, soit par la kmgueitr de l'opération^ soit par l'abstinence qui leur permet moins de résister à l'opération , la sensibilité récurrente émoussée ne se voyait que tardivement ou pas du tout; tandis que nous l'avons rencontrée presque ÛB suite cfaes un chien jeune, vif, en digestion, et qui avait mieux résisté à l'affaiblissement qui suit l'opération^

Maîi ueiia daviooa noua demanda si , chez les uA^

&8 SENSIBIUTÉ RA^URRHCTB.

maux où nous n'avons pas constaté la sensibilité, elle n'avait pas disparu simplement par le fait de Tépuisement provoqué par l'ouverture du canal vertébral.

11 était difScilede juger la question directement, paroe qu'il aurait fallu pour cela pouvoir examiner la çeosH bilité récurrente d'une même racine, avant d'avoir ouvert le canal vertébral et après son ouverture.

Cependant on pouvait arriver à juger la question indirectement et savoir si l'ouverture du canal vertébral pouvait par elle-même rendre le nerf moteur insensible ; et cela en prenant un autre nerf, le nerf facial, par exemple, dont on examinerait la sensibilité récurrente avant l'ouverture du canal vertébral et après l'opération. C'est pour cette raison que, dans les expériences qui suivent, nous avons quelquefois examiné la sensibilité du facial concurremment avec celle des racines rachidiennes.

Eœp. (12 février 1846.) — Sur un jeune chien de deux mois, en digestion, très vif, on fit l'ouverture du canal vertébral, en l'ouvrant aussi peu largement (pie possible et en enlevant seulement deux arcs de vertèbres. Aussitôt après on pinça une racine antérieure, en ayant eu soin de laisser intacte la racine postérieure correspondante. Le pincement de la racine antérieure manifesta 1res évidemment de la douleur, que l'on put constater fort nettement à deux reprises différentes.

Sur ce même animal , on découvrit ensuite le nerf facial, et on pinça sur la face les trois branches de ce nerf, qui toutes furent trouvées sensibles. Ensuite on les divisa et on pinça successivement les bouts périphériques. Deux bouts , l'inférieur et le moyen , paraissaient plus

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