‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 132 sur 136 · LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN · texte numérisé non relu

LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN

les ventricules latéraux, d'où il s'étend jusque dans les ventricules olfactifs chez les animaux qui en ont, chez les chiens, par exemple. On peut avoir une preuve de la réalité des communications que je viens de vous indiquer en appliquant une couronne de trépan au niveau du ventricule olfactif d'un chien, et en versant dans ce ventricule un peu d'un liquide coloré, dont la teinte s'étendra de proche en proche au liquide, situé d'abord dans les ventricules, puis autour de la moelle. Souvent j'ai vu que, dans ce cas, le liquide injecté par les ventricules, olfactifs passait dans le troisième et dans le quatrième ventricule et dans l'espace sousarachnoïdien, sans pénétrer dans les ventricules latéraux.

Magendie avait comparé les centres nerveux protégés par le liquide qui les baigne à l'extérieur et à Tintériçur, au fœtus dans l'amnios, comparaison qui donne une idée exacte du rôle protecteur du liquide céphalorachidien, et montre de quelle nature sont ses rapports anatoniiques avec les centres. Mais là ne se bornent pas ses usages : constamment en mouvement, il agite continuellement les organes nerveux centraux. Le liquide céphalo-rachidien est, en effet, soumis à des oscillations qui répondent aux mouvements respiratoires, et dont nous allons établir le rapport avec ces mouvements.

Le centre nerveux est, nous le savons, entouré par un réseau de vaisseaux artériels et veineux qui se ra* mifient dans la pie-mère ; outre cela, il possède un système vasculaire veineux particulier, le système des sinus. Ce sont eux qui, se remplissant et se vidant alternativement) produisent let mouvemeots du liquide oéphalo-rachidien*

SES MOUVEBfEirrS. SOI

Au moment de l'inspiration, il y a appel de sang dans les poumons, les veines se vident; mais bientôt, pendant que se prolonge l'expiration , le sang est chassé du poumon et la circulation s'y ralentit, alors le sang stagne et s'accumule dans les veines qu'il distend.

Toutefois, il ne faudrait pas croire que l'aspiration du poumon amène une vacuité relative de tout le système veineux; elle ne fait sentir ses effets que dans les vaisseaux veineux les plus rapprochés du thorax. M. Poiseuille a fait, pour reconnaître jusqu'oii cette aspiration pouvait faire sentir ses effets, des expériences qui, d'accord avec les observations d'entrée acoîdentelle d'air dans les veines, montrent que c^tte action aspirante ne s'étend pas loin dans les membres.

Mais cet appel du sang veineux dans le poumon, par les mouvements d'inspiration , n'^ pas la seule cause de sa progression dans les veines. Â une distance plus grande du poumon, les petites veines sont vidées dans le sens de la circulation par la compression que leur font éprouver les mouvements des piu*ties dans lesquelles elles sont situées.

Si la circulation veineuse générale est aidée par ces deux ordres de causes, il n'en est plus de même pour la circulation de la moelle. Ici les mouvements muscu-* laires sont nuls pour comprimer les tissus. Des deux causes de progression du sang que nous venons d'examiner, une seule agit donc : l'aspiration du poumon. Or, la disposition des sinus , système de veines toujours béantes, permet à cette aspiration d'agir fort loin , et de suppléer ainsiairiéfaat des raouveroents. C'est donc fai

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i*espiration qui règle ici la circulation veineuse des centres uerveux. Lorsqu'on a étudié Tinfluence des mouvements respiratoires sur la circulation veineuse, on n'a pas^ngé à étudier quelle modification elle éprouvait par la disposition des sinus. Ces modificatious, que j'ai signalées, sont l'extension à tout le système de l'aspiration pulmonaire , extension nécessaire en miBon de l'insuffisance des autres agents de propulsion du sang' dans le système veineux.

Le gonflement des sinus vertébraux pendant l'expira^ tion chasse en haut, autour des hémisphères et dans les ventricules, le liquide céphalo-rachidien. Leur vacuité au moment de l'inspiration lui peï'met de rectescendre. Le mouvement de bas en haut correspond donc à l'expiration , celui de haut en bas, à l'inspiration. .

Dans les plaies de tête, il y a souvent issue du liquide céphalo-rachidien. M. Laugier, qui en a signalé plusieurs observations, a vu qu'il s'échapimit en suivant les mouvements de l'expiration.

On comprend parce rôle du liquide céphalo-rachidien, destiné à combler les vides que laisse le sang dans ses oscillations, comment, dans une expiration prolongée, l'accumulation du sang dans le système des sinus peut, augmentant la pression du liquide céphalo-rachidien, déterminer sur l'encéphale des phénomènes même de compression , qui ne spnt pas toujours sans inconvénients.

Lorsque la colonne vertébrale perd ses mouvements dans les espèces où elle est un axe rigide, chez la plupart des poissons , l'intervention protectrice du liquide céphalo-rachidien est moins néûefiBaire$ aussi disparatt-il

plus OU moins complètement pour être remplacé par une matière particulière plus consistante.

Les expériences physiologiques et les cas pathologiques offrent encore à notre observation un fait curieux, relatif h la facilité avec laquelle ce liquide se reproduit.

A la suite des fractures du rocher, il peut y avoir un écoulement considérable du liquide céphalo-rachidien. J'ai vu à THôtel-Dieu un malade en perdre plusieurs litres en vingt-quatre heures. Il était impossible d'admettre que cet écoulement fût séreux, qu'il représentâtle sérum provenant d'une hémorrhagie. Les caractères chimiques du liquide écoulé le différenciaient d'ailleurs du sérum, et le rapprochaient du liquide céphalo^-rachidien; il ne coagulait pas par la chaleur, ne contenait par conséquent pas d'albumine.

La quantité du liquide céphalo-rachidien est va^ riable telle m'a semblé être moindre pendant Tabsti* nence. Sa détermination dans les cas particuliers est . sans intérêt; il faudrait, pour que cette estimation eût quelque valeur, pouvoir en fixer les limites extrêmes et reconnaître comment elles varient suivant la taille et l'espèce des sujets.

Je désire vous montrer aujourd'hui ce liquide, afin que vous ne puissiez plus le confondre avec la sérosité.

Pour cela, nous avons pris c^ chien, mis a nu la membrane occipito-atloïdienne, en écartant simplement les muscles. Maintenant la dure-mère est à* nu, et Ton peut la voir soulevée de temps en temps par les oscillations du liquide céphalo-rachidien. En piquant la duremère avec un tube effilé et aspirant, nous cfn avons ime

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