‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 16 sur 136 · CONDITIONS SPÉCIALES · texte numérisé non relu

CONDITIONS SPÉCIALES

renées entre les chiens sous le rapport de la résistance qu'ils peuvent offrir aux opérations.

Le dernier chien n'avait pourtant pas paru perdre plus de sang que Tautre; néanmoins l'opération Ta affieûbli immédiatement et Ta jeté dans un état de pro-stration très grande: c'est parce qu'on ne peut pas toujours expliquer ces affaiblissements par la quantité de sang perdue, que certains médecins ont dit que l'organisme peut être affaibli par des pertes d'influx nerveux comme par les pertes de sang. Toutefois ou avait remarqué que le premier chien, qui a bien résisté , s'était toujours montré plus méchant et plus vorace , d'où l'on pourrait être porté à conclure qu'il faut, pour ces expériences , choisir les animaux les plus vigoureux et les plus voraces. Du reste, j'ai remarqué aussi qu'il y a des races de chiens qui résistent mieux les unes que les autres aux expériences.

En général , on peut dire encore que , toutes choses égales d'ailleurs, les chiens en digestion résistent mieux que ceux qui sont à jeun , quoiqu'il m'ait semblé lemarquer que ces derniers perdent en général beaucoup moins de sang. Enfin, quoiqu'il soit difficile de déterminer rigoureusement toutes les conditions dans lesquelles doit se trouver l'organisme, on peut dire qu'il doit être placé autant que possible dans des conditions de bonne alimentation les plus propres à favoriser le développement de la vigueur de l'animai.

D'après les expériences nombreuses qui ont été exposées jusqu'ici, on a vu combien de conditions variables pouvaient s'introduire dans l'expérience et en rendre les

résultats difficiles à obtenir. Maintenant, nous mettrons à profit toutes les remarques que nous avons pu hire jusqu'ici , et nous en déduisons déjà pour rexpérience des règles de conduite que nous pouvons résumer de la manière suivante :

!• Choisir pour l'expérience des animaux vigoureux, bien nourris et jeunes autant que possible ;

S"" Lorsque l'animal n'a pas été épuisé ni affaibli par ^opération , aussitôt après on trouve la sensibiHtô récurrente des racines antérieures ;

S"* Mais si l'animal a été épuisé pendant l'expérienee, ce qui est le cas le plus ordinaire, il peut se faire qu^âussitM après l'expérience , les racines antérieures soient com» plétement insensibles. Alors , en recousant la plaie pour mettre la moelle à couvert , et, attendant que l'animal reprenne un peu ses forces, on voit revenir la sensibilité récurrente. C'est ce que prouveront les expérieneet types que nous vous exposerons plus tard, expériences dans lesquelles jamais la sensibilité récurrente ne maa-* quera, soit qu'on l'ait trouvée immédiatement aprèB ^opération , soit qu'on ait dû , pour la rencontrer, laisser reposer l'animal ;

h^ Le procédé opératoire régulier consistera déso^mais à n'ouvrir qu'une moitié latérale de la colonne vertébrale pour mettre à nu une ou deux racines jusqu'au ganglion. De cette manière la moelle ne se refroidit pas autant ;

&• Il convient d'agir sur les racines antérieures les plus volumineuses.

n m'a semblé que cette senmbilité des racines anMt

AlfATOmB OPÉEATOIRB. M

rieurs était d'autant plus déTek>ppée que les racines postérieures correspondantes étaient elles-mêmes pkis Tolumineuses.

Ches rbomme et chez le cbien , les racines posté» rienirn rachidiennes sont généralement plus grosses que les racines antérieures. Chez les grenouilles, les racines antérieures sont, au contraire, plus grosses relativement que les racines postérieures. Peut-être est-ce à cela qu'il fuit attribuer l'impossibilité de constater chez ces aai* maux les phénomènes de la sensibilité récurrente, si oe n'est par un moyen indirect , comme nous le Terrons plus loin. A cette cause viendrait se joindre le peu da seMtbilité propre de l'animal.

Gomme le plus grand nombre de nos expériences lyr la arasibilité récurrente ont été faites sur des chiens, oomne c'est sur ces animaux qu'ont été faites égide* ment le plus grand nombre des expériences destiaéqs à eoDstater les fonctions des racines rachidiennes, il est utile de bien connaître Tanatomie des nerfs qui se distribuent dans les parties sur lesquelles on expéri^ ■Mite. Nous allons vous donner en conséquence quelques détails anatomiques qui , une fois établis, nous serviront prar toutes nos expériences ultérieures.

n y a chez le chien 7 vertèbres cervicales, iS dessales, et 7 vertèbres lombaires. U y a conséquemment IS côtes, n y a 8 paires de nerfs cervicaux « IS paires dofsales, 7 paires lombaires et 6 sacrées.

Toutes les racines des nerfs sont contenues dans le canal vertébral et ne sortent par le trou de conjugaison qw lorsqu'elles sont déjà réunies en un nerf n^ixte. La

6& SENSIBIUTË RÉGU&BENTE.

deuxième paire cervicale fait seule exception ; et nous avons pu , il y a longtemps, grâce à cette particularité^ constater la sensibilité récurrente de la racine antérieure dans la région cervicale. Nous verrons également que M. Waller a utilisé cette disposition encore exagérée chez le chat, dans des recherches sur le système nerveux dont j'aurai à vous entretenir.

De même que chez l'homme, les racines nerveuses chez le chien ont une insertion de plus en plus oblique sur la moelle épinière à mesure que Ton approche de l'extrémité de la moelle. C'est dans la région lombaire que cette obliquité est la plus grande et que la longueur de la racine se trouve conséquemment la plus considérable. C'est encore dans cette région où le canal vertébral se trouve élargi , et l'espace qui sépare la moelle épinière des parois du canal est plus considérable, de sorte que les expériences sont les plus faciles à exécuter.

Chez le chien , comme chez le chat , les racines ner* veuses sont non-seulement isolées au dedans des membranes de la moelle, mais cet isolement continue encore au delà, chaque racine étant revêtue par une gatne spéciale de la dure-mère. C'est cette disposition qui permet d'agir isolément sur les racines rachidiennes, sans ouvrir la dure-mère. Cet isolement des racines ne se rencontre pas chez l'homme ni chez le lapin.

Toutefois, quoique isolées chez le chien , les deux racines sont collées l'une à l'autre par un tissu cellulaire assez lâche qu'il faut briser pour les séparer , et dans lequel rampe ordinairement un vaisseau artériel

Lorsqu'on ouvre chez le chien la colonne vertébrale

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