PROCÉDÉ OPÉRATOIRE
vertèbres. Puis, k Y aide d'une petite scie S dont Textrémité est arrondie et garnie de dents , on donne un trait parallèiement aux apophyses épineuses et aussi près de leur base que possible. On divisera ainsi une ou deux lames de vertèbres au niveau de l'os des iles, ce qui correspond aux deux dernières vertèbres lombaires; on aura soin de ne pas scier au delà des lames des vertèbres, pour ne pas blesser la moelle. Un second trait de scie, parallèle au précédent, est porté au niveau et en dehors des tubercules apophysaires. 11 faut toutefois éviter de porter cm? dernier trait de scie trop en dehors et de le diriger trop verticalement, dans la crainte de couper les racines au moment où elles sortent par le trou de conjugaison , ou de blesser les sinus veineux vertébraux .
On soulève alors, en la faisant basculer à Taide d'un ciseau, la partie osseuse comprise entre ces deux traits de scie , et on Tenlève ainsi en entier ou par fragments. Quelquefois on ne peut pas facilement enlever ainsi toute la lame vertébrale, surtout quand les chiens sont de petite taille. Il suffit alors d'avoir pu pratiquer une ouverture au canal vertébral, en détachant une portion de lame de vertèbre, et ensuite on achève d'élargir Touverture sur les côtés à Taide de cisailles B très tranchantes et construites pour cet usage.
Pendant qu'on pratique ce premier temps de Topération, on écarte les muscles sur les parties latérales avec des érignes, et l'on éponge la plaie avec de Teau tiède . On agira toujours avec la plus grande précaution , pour
7t) SEK^SlÈtLItiÊ HÉGURRENTË.
éviter de blesser la moelle avec les instruments dont on fait usage , ce qui arrive quelquefois par les mouv6^ ttients de l'animal.
Parfois il arrive que le périoste est ménagé quand on enlève les lames vertébrales. Inimédiatement au-déssôâs de lui, on trouve ordinairement beaucoup de graisse qui entoure la moelle et les racines. On enlève cette graisse avec des pinces, en ayant soin de ne pas blesser les sinus veineux rachidiens , qui donneraient une hémorrhagie considérable et difficile à arrêter.
La moelle, étant alors mise à nu, reste néanmoins compléternent protégée par les enveloppes. On voit ausSl les deux racines de chaque paire nerveuse marcher très obliquement entourées par des gaines fibreuses distinctes émanant de la dure-mère rachidienne.
L'ouverture du canal vertébral peut quelquefois être faite en moins de dix minutes, et l'opération est alors très rapide. D'autres fois, lorsque l'animal s'agite beaucoup, elle peut durer au delà d'une demi-heure. Maîâ, dans tous les cas, il arrive qu'aussitôt après Touverturci du canal vertébral , l'animal est affaissé, comme eiigourdi, au point que l'on peut, ainsi que cela résulte Aé beaucoup d'expériences que nous vous avons rapportées, toucher les racines postérieures, non-seulement sans produire une vive douleur , mais quelquefois satis en produire aucune. Il faut alors se hâter, et proflter de œ moment, pour isoler les racines antérieures ou postérieures, afln de pouvoir les examiner plus tard. Avec un crochet mousse et fin on écarte un peu la racine postérieure, et l'on plonge plus avant pour saisir et soulever
PâOGiîl>É OPÉRATOlfiE. 7i
h racine antérieure, sous laquelle on passe aussitôt un ffl que Von laisse , pour la ressaisir plus tard , quand dlë sera rédevenûe sensible.
Voici la forme du petit crochet à l'aide duquel on fltoolèTe les racines nerveuses (fîjç. 6).
L'opération a été pratiquée suitttnt le procédé qîte riobs Tenons de décrire, sur l'animal que vous voyez ici. Depuis deux heures, il se repose, et rèpdisfement dans lequel l'opération l'avait mis êèt actuellement réparé. îl marche sur ses membres postérieurs sait* trébucher. La peau, qui était îîlSén^ble à la fin de Topératibn, est maintenant fehsîblé. Nous allons chercher devaht vous si la fftcin'e âtitérieiiirë rachidîenne est sensible.
Vous voyez qu'en opérant ainsi, nous avons fiîssé â la cdloHne tertébrale assez de solidité pour que l'auimal puîssfe se tenir sur ses jambes.
Nous àvbns, au moment de l'opération , passé 6à fil SoiiS la racine antérieure pour pouvoir l'isoler maintenant; si nous avions attendu jusqu'ici, le âtccës dé l'opération eût été rendu plus douteux, fSAr la dîBiculté qu'on éprouve à ilbler la racinô iiitëfîéufe très sensible, masquée par la postéfteore , et )par les mouvements de l'animal qui Reposent h casser la racine et à ouvrir des sinus télneux, ce qui occasionnerait une hémorrhagie considérable et gênante.
Vous voyez ici ce fil passé sous la racine anténenre de la derhière paire lombaire ; ce fil nous ^*^••• pëHnét de la Soulever plus facilement pour la pincer ; si
72 SENSIBILITÉ RËCURRENTE.
Topéralion est faite depuis assez longtemps pour que l'animal ait pu se remettre de Tépuisement qu'elle lui a causé, nous constaterons que cette racine est sensible. Ensuite nous la couperons, et ayant ainsi un bout central et un bout périphérique, nous verrons que le bout central sera devenu complètement insensible, tandis que le bout périphérique aura conservé toute sa sensibilité. Si ensuite nous venons à couper la racine postérieure, vous verrez que la sensibilité aura disparu des deux bouts périphériques, et qu'elle ne se rencontrera plus que dans le bout central de la racine postérieure.
Sur cette pièce venant d'un chien qui avait subi l'opération que nous venons de pratiquer chez celui-ci, vous pourrez voir comment ont été détachées les lames de trois vertèbres par deux traits de scie longitudinaux, l'un médian, l'autre sur les parties latérales, vers l'union des lames avec les masses latérales des vertèbres.
La dure-mère, qui n'a pas été ouverte, apparatt ici au fond de la plaie ; elle est soulevée de temps en temps par les oscillations du liquide céphalo-rachidien.
Chez ce chien, on voit encore ici les deux racines de la paire nerveuse , chacune dans une gatne bien distincte de la dure-mère; comme nous vous l'avons déjà dit, elles ne sont pas réunies comme chez le lapin ou chez l'homme , et c'est ce qui rend l'opération plus facile chez le chien. La même disposition se retrouve, quoique moins prononcée, chez le chat, dont les deux racines sont moins séparées que celles du chien. Au fond de la plaie profonde que vous apercevrez, et que je débanusse de caillots provenant de l'hémorrhagie