CINQUIEME LEÇON
7 JANYick 1857.
SOMMAIRE : Suites des expériepces sur la sen-sibililé récorreute. — Anomalie apparentes. — Leur expllcalion. — Influence de Péthélîsàûàû. — ftènflement deè hicines après iénr ^biToK.
Messieurs,
Après ETblh fîté les rèj^les d'après lestliielles il contJétit d*ôpérér, pour rechercher la sênsibilil? récurrente , nous allons vou* citer les expériences très nottibreuses Hùe nous avons faites sur ce siijet, et (pli, par rensemblé de leurs résultats, établissent d'une manière définitive les caractères de cetti» sensibilité, ainsi que quelques anomalies apparëliteS qu'elle peut offrir.
Ea^p. (8 avril 1847). — Vu chicn de trois a quatre mois était depuis ertviron quitiie jours dans le laboratoire; où il atait maigri beaucx)up, quoiqu'il ne parfit pas malade. L'anitnal avait fait un repds de viande uile heuf^e avant l'expériéhce. On pratiqua, d'après le procédé décrit, TouvertUré de la moitié latérale droite du canal vertébral dans Ik région lombaire. On mit à nu li^ deu.t dernières paires lombaires du côté droit, ainsi que les ganglions intervertébraul ; qui étaient très visibles. On avait, pendant Tôpératich, produit un ébranlement de la moelle, en se seHant d'un rogne-pied pour enlever une portion d'ôs.
Au^tôt après l'expérience, on isola les racines anlê-
rieures, et ou les pinça sans obtenir de manifestation douloureuse appréciable. On coupa les deux racines, et leurs bouts, aussi bien le périphérique que le central, étaient insensibles. Il sembla à peine, en pinçant le bout périphérique de la plus grosse des deux racines, qu'on obtint quelques traces d'une sensibilité obscure.
On découvrit alors le facial chez cet animal, et Ton coupa ses trois branches. On trouva que les trois bouts périphériques offraient dans les trois branches une insensibilité complète.
On laissa Tanimal en repos pendant quinze à vingt minutes, sans toutefois le remettre en liberté; après quoi on examina de nouveau les racines rachidiennes et les bouts du nerf facial. La sensibilité n'était revenue dans aucun de c«s nerfs ; l'animal était assez calme, sans cependant paraître très affaibli. Alors on recousit les plaies du dos et de la face, et Ton détacha l'animal, qui fut mis en liberté. Le chien se sauva, ce qui prouve que les mouvements étaient encore assez libres, excepté toutefois ceux de la patte postérieure droite, dont deux racines avaient été coupées et que Tanimal traînait à moitié paralysée.
Ce chien resta en repos , couché dans un coin du laboratoire, pendant deux heures. Après ce temps on décousit les plaies des lombes et de la face et l'on examina les nerfs sur lesquels on avait précédemment expérimenté. Les plaies étaient chaudes, fumantes, offrant ce qu'on appelle un état de réaction, et la peau était très sensible, tandis qu'elle était complètement insensible quand , après l'opération , on avait cousu la peau. Le bout périphérique de la plus grosse des deux
racines (la septième) présentait une sensibilité excessivement développée lorsqu'on vint à le pincer. Le bout de cette racine qui précédemment avait été pincé semblait s'être gonflé dans la plaie et être devenu turgide, de telle sorte que les màchures déterminées par la pince avaient disparu et que le nerf était devenu sensible, même dans ces points. Le bout central , par opposition au bout périphérique^ était resté flasque et n'était le siège d'aucune turgescence analogue. Lorsqu'on le pinça, il ne manifesta aucune trace de sensibilité.
L'autre racine, plus petite (la sixième), ne présentait pas de sensibilité dans son lK)ut périphérique, mais nous devons dire que celui-ci avait été préalablement mâché dans toute son étendue. Elle ne présentait pas non plus la turgescence comme l'autre racine; cependant les màchures produites par la pince avaient en partie disparu, et le nerf avait repris à peu près sa forme cylindrique. On examina ensuite la plaie de la face, et Ton découvrit les bouts périphériques du neif facial, qui paraissaient gonflés et un peu rougeàtres; l'aplatissement du nerf résultant de l'action de la pince avait disparu, et l'extrémité du nerf, seule examinée, paraissait gonflée. On la pincça sans produire de douleur. Il faut noter qu'on agissait sur le nerf dans les points où il avait été préalablement con tondu par la pince.
Le lendemain, 9 avril, vingt-quatre heures après l'opération , l'animal n'ayant pas mangé , on ouvrit de nouveau la plaie du dos, dont la surface grisâtre était déjà le siège d'un commencement de suppuration. Le bout périphérique de la racine antérieure de la septième
paire, qui était très sensible la veille , était affaissé et cpUé par des fausse^ meml^rapes contre la surface externe dp la dure-mère. Cet^e p^tréipité de racine était rougsftre et enflammée, mais elle n'offrait plus la tui^ear qppc^ ^t Taspect brillant qu'elle avait le jour précédent. Qn 1^ piuça, aprè$ l'avoir soulevée dqucement, sans qu'il ep résulta aucune douleur ; cette portion du nerf était {f^pbableqient désorganisée par Tinflammation et par 1q$ nombreux pincements qu'on avait exercés sur elle.
La racine postérieure correspondante, qui était visibte (}f^i)$ la plaie, présentait une vive sensibilité au moindre ^toucbement.
Vers le quatrième jour l'animal mouru^ , et la portjpn de rachis qui avait été ouverte fut conservée pour préparer la pièce osseuse.
pœp. (8 avril 1 847) . — Sur une chienne d'assez forte taille, âgée de quatrx^ mois environ, très vorace, très grasse e\ fQV\ bien nourrie, ayant fait son dernier repas une heurç avant l'opération, on ouvrit la moitié droite du canal yertébral dan$ la région lombaire par le procédé ordî- Q^irç. Pans l'avulsion des os, le périoste avait été méi\^^ ; on rouvrit ensuite et l'on enleva une grande quantité de graisse située entre lui et la dure-mère. On i^U^ la racine s^ntérieure de la septième paire lombaire; on la pinça, et Ion obtint une douleur évidente quoique, non très vive; on la coupa alors rapidement avec des ciseaux bien tranchants, sans que Tanimal manifestât la n^qindre doyleur au moment de la section. Alors on pinça aussitôt le bout périphérique qui accusa une douleur très nette.
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^vant d'ouyrir le racb js , ou avait mis à découvert le nerf facial, etj'oQ 4vait pincé la brauchp moyenne de ce ilgrf qui offrait dans soq bput périphérique une sensibilité ^nojf\ trè? yiye, di| jnpips bien évidente. Après rouvej:ture du r^cbis, on pinça copiparativenient le bout péjripjiériquç du nerf fapi^l et le bout pt'ripbérique de la ^cm^ antérieure; le pincement de^ deux nerf^ Ht aç(>pser i\ Tanipi^ mï\ç douleur sensiblement égale.
4 ce moment d(^ ropération, ou recousit les pl^ips et pn lai^ reposer lauinial pendant une beure environ. ApW's ce Ipmps, on ouvrit les plaies , et Ton trouva la plaie dorsale fumable et cbaude. On voyait que le Ivout péiipbérique (le la dernière paire lombaire était turgi^p, Juisant e\ fjrronfli par son cxtréniité. Les impres- ^on$ qu'y avaignt faites les mors de§ piuces avaient {entièrement (jisp^ru. On pinça ce bout périphérique, e^'pu trojiva qu'il possédait une sensibilité exquise, tellement ^aJtéç, qu'il suffisait de serrer avec une faible prt^ssion re^tr^mité de ce nerf pour provoquer à l'instant mê|;iip d^ dqgleurs yiv^s et des cris aigus. Cependant éditait dans çç poipt que le nerf avait été pincé précédemment lprsqi{*qq | avait examiné çl'abord. Du reste , la ppau qqj bj;)fd^j la plaie était beaucoup plus sensible qu\ai^ moment de l'opération , et , en la cousant une seconjie fois, l'animaj poussa des cris aigus.
Op exî^uina alors Ip facial ; tous les bouts ptériphériqijeç des branchps coupées étaient rougeàlres et luisapts. Les impressions du mors des pinces avaient disparu. En pinçant ces bouts périphériques , môme dans les points où ils avaient été précédemment mâchés, ils
En pinçant les bouts périphériques, ou le ganglion racbidien lui-même, on ne détermina aucune sensation douloureuse ; mais, en comprimant ces deux bouts en masse, on produisit à chaque pincement des contractions dans le membre correspondant. En pinçant les bouts centraux, on trouva que celui de la racine antérieure était oomplétement insensible, tandis que celui de la racine postérieure avait conservé une sensibilité exquise.
Exp. (19 avril 1867). — Un chien noir, de taille moyenne, de cinq mois environ, amené dans le laboratoire depuis trois ou quatre jours, bien portant, quoique Reparaissant pas très vif, ayant faitson dernier repastrois heures avant l'opération. On ouvrit adroite une moitié du canal vertébral dans la région lombaire, et Ton n'en* leva qu'une seule lame de vertèbre , afin de mettre la septième racine lombaire à im. On enleva ensuite le périoste, qui était resté intact, ainsi que la graisse qui environne la dure-mère. Après quoi on put saisir la racine antérimire avec le petit crochet et la soulever légèrement. Dès qu'on la pinçait au c6té externe du crochet, l'animal accusait une sensibilité évidente. On coupa ensuite la racine sans que l'animal éprouvât de douleur; puis on pinça alors les deux bouts , et Ton constata une insensibilité parfaite pour le bout central , et une ttnsibilité évidente pour le bout pt^iphérique.
On recousit ensuite la plaie du dos, et on laissa mareher l'animal, qui se sauva en paraissant peu vif, quoiqu'il ne fût cependant pas beaucoup affaibli.
Quatre heures après on décousit la plaie du dos pour reconnaître l'état de la racine antérieure coupée. La
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piaie n'était pas fumante, et n offrait |>as de réaction marquée ; elle était baignée au fond d'un peu de sanjç fluide et séreux ; ses lèvres ne paraissent pas douées d'une sensibilité bien vive.
On pinça le bout central de la racine antérieure, qui se montra insensible , tandis que le t)out périphérique âait doué d'une vive sensibilité dans les points où il n'avait pas été préalablement mâché. Oi bout péripb^ rique de la racine antérieure n'était pas tui^ide j et m difiér^t pas sensiblement par sou aspectdu bout centrât On constata k plusieurs reprises, et très facilement, la sensibilité du bout périphérique ; après quoi on coupa la racine postérieure correspondante.
Au moment de la section de cette dernière, Tanimal manifesta une douleur très grande. Alors on pinça de nouveau le bout périphérique de la racine antérieure: toute sensibilité avait disparu.
Ou constata aloi*s, en examinant les quatre bouts qui résultèrent de la section des deux racines, que tous étaient insensibles , excepté le bout central de la racine posté* rieure, qui était resté doué d'une sensibilité très vive.
On recousit alors la plaie sans provoquer aucun cri de l'animal ; elle ne paraissait douée que d'une sensibilité assez obtuse.
Le lendemain , vingt-deux heures après l'expérience, le chien était triste et peu vivace ; la plaie , non réunie, était remplie d'une sérosité sanguinolente dans laquelle il semblait y avoir mélange de liquide a'phalo-rachidien. Celte plaie était grisâtre, d'une odeur fétide, sans réaction et sans chaleur. Desquatre bouts de nerfs, trois étaient
insensibles comme la \eille ; seul , le bout central de la racine postérieure était encore doué de sensibilité, mais d'une sensibilité bien moins vive que la veille. On recousit la plaie sans provoquer aucune douleur. L'animal mourut dans la nuit.
Eœp. (21 avril 1847). — Sur un chien lévrier, âgé de quatre à cinq mois, vif et bien portant, ayant fait son dernier repas sept heures avant Texpérience. A trois heures, on ouvrit le canal vertébral suivant le procédé indiqué ; l'opération fut très facile, grâce à la maigreur habituelle à ces animaux.
Pendant l'opération, le chien rendit des matières diarrhéiques, et nous ferons remarquer ici que ce phénomène se manifeste chez presque tous les chiens auxquels on pratique cette opération sur le canal vertébral. Ils rendent généralement, pendant l'opération, des excréments diarrhéiquos et une grande quantité de gaz fétides. Nous ajouterons encore que, lorsque les animaux ont mangé depuis peu, cette opération arrête leur digestion, et que le lendemain on retrouve les aliments dans l'estomac de l'animal quand il meurt ou qu'on le sacrifie.
Aussitôt après l'ouverture du rachis, on isola à l'aide du petit crochet la racine antérieure de la quatrième paire lombaire. Par le pincement cette racine manifesta une sensibilité qui, sans être très vive, était néanmoins évidente.
On coupa cette racine sans produire de douleur apparente, et le bout périphérique, étant convenablement séparé et isolé , fut pincé , et l'animal s'agita peu , de manière h laisser difficilement apprécier si ce pincement
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était réelleniciit très douloureux; alors ou passa un fil au-dessous de la racine antérieure de la troisième lombaire, afin de pouvoir plus tard soulever cette racine avec facilité. On recousit la plaie du dos, et on laissa ranimai se reposer pendant une heure.
Dès que ce chien fut délié, il se montra très agité et turbulent, puis il se calma peu à peu; au bout d'une demi-heure il était tranquille. Une heure après l'opération, on redécousit la plaie du dos, qui offrait une réaction marquée, quoique peu vive encore. Le bout périphérique de la quatrième lombaire était rougeâtre, arrondi, turgescent. Le pincement y détermina une sensibilité vive , que Ton constata à pluffieurs reprises. Le pincement du bout central n'en détermina aucune. Alors on souleva la racine antérieure de la troisième lombaire, avec le Gl pass(> préalablement audessous : aussitôt que l'on attira cette racine , l'animal poussa des cris, ce qu'on aurait pu attribuer au frottement de la racine postérieure; mais cependant, étant parvenu à pincer la racine antérieure bien isolément, on constata que le pincement y développa une sensibilité très vive. On coupa ensuite cette racine sans y déterminer de douleur, et le bout périphérique resta très sensible, tandis que le bout central ne donna plus trace de sensibilité. Ces derniers résultats furent constatés à différentes reprises et d'une manière très nette.
Alors, voulant faire disparaître la sensibilité des racines antérieures , on pratiqua une forte ligature sur la cuisse, aussi haut que possible et très serrée. Après cette ligature, le membre était comme paralysé et com-
plétenient insensible; en le piquant au-dessous de la ligature, il en sortit du sang noir. Pinçant alors les deux racines antérieures des quatrième et cinquième paires lombaires, on les trouva toujours sensibles. On laissa b ligature appliquée pendant environ dix minutes, et, après ce temps, les racines antérieures furent encore trouvées sensibles. Alors on enleva la ligature , puis on coupa le nerf crural dans le pli de Taine , aussi hant que possible; puis on pinça la racine antérieure de la quatrième paire lombaire qui entre dans la composition du nerf crural : le bout périphérique de cette racine était toujours sensible. Je coupai ensuite cette racine aussi haut que possible dans la cuisse , et les bouts périphé* riques des deux racines antérieures, troisième et quatrième lombaires, restèrent toujours sensibles. Après toutes ces opérations , le membre était paralysé et com* plétement immobile.
Enfin, on coupa la racine postérieure de la cinquième paire lombaire; cette section détermina une douleur vive et de longue durée , que Tanimal accusa par des hurlements prolongés. Par suite de cette section , le bout périphérique de la racine antérieure devint complètement insensible, et le bout central de la racine postérieure conserva seul sa sensibilité ; on recousit k plaie.
Le 22 avril , dix-huit heures après l'opération , le chien était encore vivant ; on décousit la plaie, qui offrait une vive réaction et un commencement de suppuration. Le bout périphérique de la racine antérieure de la cinquième lombaire était rougeâtre et un peu gonflé. 11 pré-
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senta uue sensibilité bien nette (|uand on le pinça; alors on essaya de coupeur entre les denx apophyses traDSYei*ses le nerf crural, dans lequel se rend cette paire nerveuse; mais il est possible que cette tentative n'eût pas réussi , car le bout périphérique de la racine antérieure resta toujours sensible.
Alors on coupa la racine postérieure correspondantet cette section détermina une douleur vive et des cris proK longés. Après quoi on constata que la sensibilité avait coiDplétement disparu dans le bout périphérique de la racine antérieure, et son pmcementne déterminait dans le membre que des contractions et pas de douleur. Ces contractions feraient supposer que le nerf n'a pas été coupé au niveau des apophyses transverses.
Earp, (11 juillet 18(i7). — Un chien adulte, à jeuB depuis trente-six heures, fît un repas avant ropératioo. On mit à nu les racines du côté droit par le procédé ordinaire ; une racine antérieure étant convenablement isolée au moyen d'un fîl passé au-dessous d'elle, on la coupa sans que Tanimal manifestât de la douleur. Cependant , en pinçant le bout périphérique , l'animal reth sentit évidemment de la douleur. On recousit la plaie du dos; la peau était insensible aux piqûres de l'aiguille. On laissa reposer l'animal pendant une heure. Après quoi on examina la plaie, qui était devenue très sensible, de môme que le bout périphérique de la racine antérieure, qui était gonflé , sensible, comme érectile et doué d'une sensibilité très vive.
Avec un fîl de fer rougi à la lampe on brûla le bout périphérique, qui se montra très sensible à cette action .
On coupa alors une portion de ce bout périphérique, et Ton constata qu'à ce moment la section provoquait de la douleur, tandis qu'au moment où l'on venait de faire l'opération elle n'en avait pas donné.
On isola une autre racine antérieure, située au-dessus, et on la trouva beaucoup moins sensible que celle dont il vient d'être question , sans pouvoir se rendre compte de cette différence de sensibilité entre les deux racines. Mais, à l'autopsie, on constata que la racine postérieure correspondante avait été en partie détruite i>ar un coup de scie auprès du ganglion intervertébral.
L'animal était en pleine digestion et les chylifères bien remplis.
Exp, (28 juillet 1847). — Chien jeune, ayant fait un repas trois heures avant l'opération , après un jeûne de trente-six heures. L'ouverture du canal vertébral fut un peu laborieuse et dura longtemps.
Après l'ouverture du canal , on put , à l'aide du petit crochet, séparer les racines les unes des autres, sans que l'animal témoignât la moindre douleur. On passa un fil au-dessous de la racine antérieure de la cinquième paire lombaire, et de celle qui est au-dessus (quatrième) ; on serra le fil sur la cjuatrième , sans que l'animal éprouvât de douleur; ou coupa ensuite la racine sans qu'il le sentit davantage.
A ce moment, on découvrit le nerf facial sur la joue; la branche supérieure, coupée sans douleur, offrait dans son bout central une sensibilité évidente, tandis que son bout périphérique n'en présentait qu'une très obtuse.
La branche moyenne coupée présenta une douleur
me. Le bout périphérique était à peu près insensible, tandis que le bout central était très sensible.
La branche inférieure, coupée sans douleur, offrait un bout central peu sensible et un bout périphérique d'une sensibilité obscure. A ce OKMnent, toutes les plaies, celle du dos et celle de la face, forent recousues , et Tanimal fut laissé en repos pendant trois heures et demie.
Examinées après ce temps, les plaies n'offraient pas beaucoup de réaction. Cependant le bout périphérique de la racine antérieure de la quatrième lombaire fut trouvé sensible d'une manière évidente.
La racine antérieure de la cinquième paire lombaire non divisée étant soulevée sur le fil, puis pincée, se montra très sensible au pincement , puis on la coupa entre le point pincé et la périphérie. Cette section détermina bien évidemment de la douleur. Enfin, on constata encore que le bout périphérique de la racine antérieure était bien sensible, tandis que son bout central était complètement insensible.
On découvrit ensuite les bouts du facial, et les bouts périphériques des trois branches étaient devenus parfaitement sensibles. Mais le bout périphérique de la branche moyenne se compose de deux portions : l'une, insensible, qui est la portion du rameau auriculo-temporal de la cinquième paire, et l'autre sensible, plus petite, qui appartient au tronc même du facial.
JBojp. (11 août 1847). — Chien de taille moyenne; les racines sont mises à nu, comme à l'ordinaire, du côté droit. Au moment de l'expérience, immédiatement après la dénudation de la moelle , on examina la sensi-
90 SENSLBILITÉ RÉCURRENTE.
bilité de la racine antérieure de la sixième on septième lombaire. Ellle était obtuse ; on recousit la plaie, puis on découvrit le facial et l'on divisa les trois branches. Les bouts périphériques présentaient tous trois une sensibilité obtuse ; on distingoft Mes bien . dans le bout périfdiérique de la branche mçfftme, la portion qui appartient à la cinquième paire de celle qui appartient an facial. Quand on pinçait la première, elle était insensible et ne donnait pas lieu à des convulsions dans le museau; tandis que quand on pinçait la seconde . elle avait une sensibilité obtuse et donnait des convulsions violentes de la lèvre supérieure.
On recousit alors les plaies dn dos et celles de la faoe, et on laissa l'animal se reposer pendant environ vingtcinq minutes, étant toujours fixé sur la table. Alors on trouva le bout périphérique de la racine antérieure très manifestement sensible.
Alors on éthérisa ce chien, en le faisant respirer à troh vers un tube qui contenait une éponge imbibée d'étber. L'animal n'était pas complètement éthérisé ; cependant la sensibiUté récurrente du bout périphérique de la nn cine antérieure de la septième paire lombaire avait disparu, tandis que la racine postérieure correspondante était encore sensible.
En cessant Téthérisation , la sensibilité récurrente reparut dans le bout périphérique et la racine antérieure précitée.
On remarqua en outre ce fait sinj^lier que, pendant Téthérisation incomplète, au moment où le bout périphérique de la racine antérieure lombaire était iuaeaabie ,
l'animal manifestait encore de la douleur quand on pinçait les bouts périphériques du facial. Il faut ajouter que la conjonctive était eucore sensible, et que Tanimal fermait les yeux quand on la touchait. Ce fait semblerait prouver que la sensibilité nerveuse récurrente du facial s'éteint plus tard que celle des lucint^ lombaires, de même que la sensibilité de la cinquième paire résiste plus longtemps à Télbérisation que celle des racines lombaires.
On coupa ensuite chez ce chien le nerf vague du côté gaudie, côté où le facial avait été dénudé. Lorsque le vague n'était pas divisé, il était évidemment sensible; il fut ensuite coupé , et le bout supéiieur seul se montra sensible, tandis que l'inférieur était dépourvu de sensibi^ lité. On attacha chacun de ces bouts de nerfs avec un fil pour pouvoir les retrouver dans la plaie le lendemain.
On revint aloi*s au facial, et Ion trouva que les bouts périphériques étaient devenus insensibles. Comme las nerfs s'étaient refroidis, on recousit la plaie de la face.
On versa ensuite de Téther sur les racines racbidiennes, afin de voir si le froid ou l'action de Téther ferait disparaître la sensibilité récurrente. 11 nen fut rien, car on constata aussitôt après de la sensibilité dans le bout périphérique de la racine antérieure.
Enfin, on ouvrit les membranes delà moelle, on donna issue au liquide cépbalorachidien, et Ton versa de Téther dans la cavité des membranes, qui se trouva ainsi direotenient en rapport avec les nerfs ([ui constituent la queue de cheval. Après cette épreuve, la sensibilité persistait toujours dans le bout périphérique de la racine
antérieure. On examina ensuite de nouveau les bouts périphériques du facial, qui étaient insensibles, de même que le bout périphérique du nerf vague. Toutes les plaies furent refermées , et l'animal laissé en repos jusqu'au lendemain.
Le lendemain (12 août), on examina la racine lombaire, et Ton constata très nettement que le bout central de la racine antérieure était insensible, tandis que le bout périphérique fut trouvé sensible tout autant qu'il Tétait la veille. On divisa alors la racine postérieure correspondante, et aussitôt la sensibilité disparut dans la partie périphérique de la racine antérieure.
Eœp. (17 août 1847). — Sur un chien adulte et de taille moyenne, ayant eu le canal vertébral ouvert dans la région lombaire , on trouva les racines antérieures douées de peu de sensibilité après l'opération. Bientôt cette sensibilité devint très manifeste et put être constatée de la manière la plus évidente.
Exp, (19 août 1847). — Cette expérience, à laquelle assistaient M. Flourens et M. le docteur Philipeaux, fut faite sur un vieux chien ayant une maladie de la peau. On mit à nu la moelle épinière comme à l'ordinaire. Lors de la section de la peau et même de l'ouverture du canal vertébral, l'animal resta immobile et ne poussa aucun cri ; aussitôt après l'ouverture du canal , on sépara les racines antérieures des racines postérieures sans que l'animal poussât aucun cri. Après avoir soulevé sur un fil les racines de la sixième et de la septième paire lombaire, on recousit la plaie, et on laissa l'animal reposer pendant deux heures.
Alors on découvrit la plaie et Ton piuça la racine antérieure de la septième paire lombaire. Au moment où Ton pinçait, l'animal fit un mouvement général léger ^ mais ne poussa aucun cri. En pinçant le bout centi*al , ranimai ne fit aucun mouvement. En recommençant sur le bout périphérique, on vit . outre la simple contraction des muscles auxquels se rend la racine , un mouvement plus général , qui indiquait évidemment de la douleur, mais Tanimal ne poussa aucun cri.
On agit alors sur la racine antérieure de la sixième lombaire, et Ton obtint les mêmes résultats que ceux qui ont été signalés pour la septième. Alors ou coupa la racine postérieure, ce qui produisit chez l'animal une agitation assez grande , mais à peine quelques cris. Le bout périphérique de la racine postérieure était devenu par suite promptement insensible , ainsi que le bout périphérique de la racine antérieure qui , par le pincement , ne produisit plus le mouvement précédemment indiqué. Le bout central de la racine postérieure avait conservé sa sensibilité.
Ce chien était donc par sa nature excessivement peu sensible, comme le prouvèrent d'autres expériences faites sur lui dans le but d'étudier Tinfluence de la moelle épinière sur le cœur.
Eœp. — Sur un chien adulte, vigoureux, à jeun depuis la veille, on mit à découvert la moelle épinière dans la région lombaire, comme à l'ordinaire. L'animal, sans avoir perdu beaucoup de sang, était un peu abattu et engourdi immédiatement après l'opémtion. On passa à l'instant même un fil au-dessous de la racine antérieure,
9A SENSIBIUTÉ RÉCURRENTE.
et on laissa le chien reposer pendant huit ou dix minutes ; après quoi on constata de la manière la plus nette une sensibilité vive dans la racine antérieure, lorsqu'elle était intacte. On la coupa et Tanimal cria au moment de la section ; des deux bouts , le {)ériphériqiie seul resta très sensible ; alors on coupa la racine posté* rieure : l'animal poussa des cris plus longtemps proloD- ^ que ceux que lui avait arrachés la section de la racine antérieure. Aussitôt la sensibilité avait disparu du bout périphérique de la racine postérieure , et , des quatre bouts résultant de la double section des racineB , le bout central de la racine postérieure était le seul qui fût resté sensible.
Cette expérience, qui a présenté une très grande netteté dans ses résultats, a été faite devant MM. Melloni, de Naples , Magendie et Rayer.
Eœp. {i8 novembre 1847). — M. Mianowski, de Saint-Pétersbourg, assistait à cette expérience.
Sur un chien qui avait un tic convulsif général dans les membres , une sorte de chorée , on mit à découvert la moelle dans la région lombaire, comme à l'ordinaire. Les mouvements choréiques rendirent l'expérience un peu plus longue et 1 animal perdit beaucoup de sang.
Après l'opération, le chien était aflaibli, mais son tic ne parut en rien modifié. 11 consistait toujours dans des mouvements convulsifs survenant simultanément dans les quatre membres , dans les muscles abdominaux et dans les oreilles.
Alors on coupa la racine antérieure d une paire bm*
OLHtLîEfices. M
Imre mise à du, sans que 1 aoiiual eu éprouvât aucune douleur. Le piucemeutdu bout périphérique détermiiia uoe douleur évidente, mais pas très développée. Ëo voulant élargir la plaie , on coupa incomplètement la racine postérieure de la paire située au-dessus; Tani-mal poussa des cris. Alors, après un quart d'heure de repos, on pinça de nouveau le bout périphérique de la lacioe antérieure précédemmeut essayée , et Tanimal éprouva une douleur très nette, plus développée que la première fois. A ce momeut on coupa la racine postérieure correspondante ; aussitôt la sensibilité du bout périphérique de la racine antérieure dispai*ut.
Aussitôt après la section de ces deux racines le tic cessa dans cette jambe, mais bientôt il reparut.
On coupa la racine postérieure d'une autre paire lombaire, et le tic disparut de môme pour reparaître bientôt.
E(vp. (15 décembre 1847). — Fixpérience à laquelle assistaient MM. de Huniboldt et Magendie.
Sin nu chien adulte , bien purtanty les racines lombaires étaient déjà mises k découvert depuis quelque temps, lorsqu'on pinça une racine antérieure; on la trouva parfaitement sensible. Celle-ci étant coupée, le bout périphérique seul resta sensible.
Lorsqu'on coupa ensuite la racine postérieure correspoodante, la sensibilité disparut dans la racine antérieure.
Ewp, (Û février 1848). — Sur un chien encore Jeune, de taille ordinaire , bien nourri , on mit à déœuvert les racines lombaires du côté droit, et Ton constata la sensi-
bilité récurrente des racines antérieures. On coupa deux racines antérieures ; leur bout périphérique était resté sensible. Coupant ensuite les deux racines postérieures correspondantes, la sensibilité disparut dans la racine antérieure correspondante. On recousit la plaie et l'on garda l'animal afin d'examiner ultérieurement ses racines lorsqu'elles seraient cicatrisées.
Le 22 mars, la plaie du dos était complètement cicatrisée. L'animal était bien portant, seulement il avait maigri. L'animal fut sacrifié dans d'autres expériences, et l'on fit l'autopsie de la moelle. Les racines étaient dans un magma de tissu cicatriciel qui en rendait l'examen très difficile. Relativement aux racines coupées dans le membre postérieur droit, on remarqua, aussitôt après l'expérience, qu'il y avait un affaiblissement des mouvements dans le membre , une sorte de paralysie partielle. Lorsque le chien fut guéri , et la plaie cicatrisée , il n'y avait aucune trace de paralysie apparente
Eœp. (juin 1848). — Expérience à laquelle assistait M. Borner, de Philadelphie.
Sur un gros chat, la colonne vertébrale fut ouverte dans toute sa largeur, et la moelle fut mise à découvert dans la région loipbaire. On isola les racines antérieures des deux dernières paires lombaires gauches; on passa des fils au-dessous d'elles , après quoi on referma la plaie sans vérifier l'état de leur sensibilité. Au bout de trois quarts d'heure, on examina de nouveau les racines antérieures, et Ton constata qu'elles possédaient une sensibilité très évidente.
E(vp. (4848). — Un chien auquel on avait failTouyerture du canal vertébral et chez lequel on avait cx)n8taté la sensibilité récurrente des racines antérieures, vécut environ quinze jours après l'opération. On le sacriQa alors pour une autre expérience et on examina c^ qu'étaient devenus les bouts des nerfs divisés. Il fut difficile de distinguer dans la plaie les bouts périphériques des racines; mais il fut facile de constater sur les bouts médullaires que le bout central de la racine antérieure présentait un renflement nettement indiqué, tandis que le bout central de la racine postérieure paraissait c^m me infiltré, mais sans présenter le renflement caractéristique de la racine antérieure.
B., Stst» HCKT. — K