‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 21 sur 136 · SIXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

SIXIÈME LEÇON

9 JÂXViEa 1857.

SOMMAIRE : Unité de la paire nerveuse établie par les phénomènes de la sensibilité récurrente. — Du point de commonication de cette propriélé de la racine postérieure à la racine antérieure. — De Tassociatlon des racines rachidicnnes deux à deux. — Exceptions. — De la sensibilité récurrente dans la moelle.

Messieurs ,

Grâce aux nombreuses expériences rapportées dans les précédentes leçons, le phénomène de la sensibilité récurrente nous est actuellement bien connu , non-seulement dans les conditions variées qui peuvent le modifier, mais aussi dans son caractère essentiel. Sous ce dernier rapport , nous voyons que la sensibilité récurrente de la racine antérieure n'est, en quelque sorte, qu'une prolongation de celle de la racine postérieure correspondante. Il faut concevoir, en tout cas, la sensibilité comme provenant d'une source unique, de la racine postérieure et se propageant vers la périphérie, non-seulement jusqu'à la peau, mais pouvant revenir par la racine antérieure jusqu'à la moelle elle-même, comme nous le dirons plus tard.

On pourrait se représenter cette distribution et ce trajet de la sensibilité récurrente de la tnanière suivante (voyez fig. 7) :

On pourrait considérer qu'en divers points de la racine postérieure se rencontrent des filets de retour

t nÉcuunm. 99

qui revieDDent ven le centra par U racine antérieupR motrice.

Quant k la muiière suivant laquelle a lieu ce retour des filets sensitifs dans les nerfs moteurs, et quant au

Fifi. 7 (1).

point exact où il s'opère , les expériences ne peuvent le déterminer rigoureusement ; mais tout porte it pi'iisur que c'est près de l'extrémité môme des nerfs nue s'effectue principalement te retour. Nous avons vu . toutefois, qu'en coupant le nerf sciatique dans la rt^ioii de la cuisse, on ne détruisait pas la sensibilité des racines

(1) Vofet VéxpntMhm, piftP Sn.

100 SENSIBILITÉ RËCURHENTE.

antérieures qui concourent à sa formation. Mais, dans ce cas , il restait encore beaucoup de branches au-dessus de la section qui peuvent expliquer cette persistance de la sensibilité.

Mais toutefois, quand on coupe comme Tavait déjà fait Magendie Je tronc nerveux mixte peu après la joDction des deux racines, sans laisser aucun rameau qui émane de cette portion du nerf mixte, on constate que la sensibilité récurrente a disparu de la racine antérieure correspondante, ce qui prouve que ce n'est pas au niveau même de la jonction des deux racines que s'opère, d'une manière absolue au moins, le retour des filets.

Plus tard nous verrons, en étudiant la sensibilité récurrente sur des nerfs moteurs crâniens , des oerfs mixtes , que la sensibilité récurrente revient principalement par les anastomoses terminales du nerf sensitif avec le nerf moteur.

Lorsque la sensibilité se propage, elle s'étend donc du centre à la périphérie, et de la racine postérieure à la racine antérieure ; mais lorsqu'elle se retire , elle disparaît d'abord dans les parties les plus éloignées, et se conserve plus longtemps dans les troncs les plus rapprochés de la source même de la sensibilité. C'est ainsi que la sensibilité disparaît par exemple dans la peau avant de disparaître des troncs nerveux ou dans la moelle épinière, et on comprend que la sensibilité doive disparaître d'abord dans la racine antérieure, qui est plus éloignée du centre sensitif que la peau elle-même.

Ainsi, on aurait donc la succession suivante pour la disparition de la sensibilité: l"" insensibilité des racines

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