‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 26 sur 136 · DE LA CELLULE NERVEUSE · texte numérisé non relu

DE LA CELLULE NERVEUSE

émerge une seule fibre. Au sortir de ces cellules, le tube est toujours dirigé vers la périphérie, de sorte que ces éléments nerveux paraissent être sans comniunicatioD avec les centres.

L'existence dans les ganglions de ces celluiffs uni|)olaires montre qu'il sort du ganglion , du cAté de la périphérie, plus de fibres nerveuses cpril n'y <mi entrr par la racine postérieure venant de la niorlle. Bien plus, il arrive quelquefois que des cellules nervousi's donnent naissance à deuv ou plusieurs tubes diri«?('s dans le inéuH! sens; ce sont encore des cellules bi|><)laires, mais a pôles non opposés. Ces celluU^, cpii ont été vues chez les animaux élevés, ont él<'M'onstab'*es par M. Faivre chez les sangsues. On trouve encon; des cellules apolaires, c'est-à-dire qui sont isolées et ne tiennent à aucune fibre nerveuse.

On trouverait donc trins sortes de cellules dans les ganglions: l"" des cellules bipolaires de deux sortes: les unesfonnant un renflement sur le trajet d'une fibre primitive, les autres paraissant être Torigine de deux fibres primitives dirigées par la périphérie; 2° des cellules unipolaires donnant naissance chacune à une seule fibre primitive, toujours dirigée vers la p^Tiphérie ; 3* des cellules apolaires.

Presque tous les anatomistes s accordent à reconnaître qu'il existe, en outre, des fibres primitives qui traversent le ganglion sans afiecter avec les cellules aucun rapport de continuité.

Récemment M. Waller a fait des expériences fort intéressantes (pii iLssignent aux gan^^lions un nMe très

136 srmocTUKi dis ganglions.

imporUot sur les propriétés des nei^; nous aurons

ptuB tard à y revmir, «t nous insistenHU^ors sur les

Fie. 11 (1). Fie. 12 (î).

rapports des données anatomiques qui viennent de vous £tre eiposées avec les pbénomèites pbysiolof^ques créé» par l'expérimealalion.

(1) Ganglion duyranétympathitpiê(i'tipTh»V.Lejà\f). —b,b,gtagHan cmpoié de cellnlea n(illIpolairet| — a,a, a.a, B)eu BcrteuiL énuBuit dn ganglion.

(3) Ganglion ipinal (d'apris P. Leydlg). — A, radae aeuible a*W

SimnCTOEE DE Là MOELLE ÉPlinÈRE. 127

EiaminoDs maÎDlenant les fibres primitives et les orilules nerveuses dans la moelle épioière :

Dans la substance blanche , on retrouve des fibres nerveuses , comme dans les nerfs ; la substance grise est formée surtout par des cellules. Les grosses fibres dominent dans le foiMMUl antérieur, les petites dans le fiiisceau postériflir. Da mèipe les grosses cellules sont en grandq qototifé àtum la corne antérieure, dans la oommisann griWi et les petites cellules sont plus aboiidanteséuw toonroA poitérîeiure de la moelle. Les cellules de la urtirtiiwe griie médullaire diffèrent de celles des gaDgUo!ip.EUfliiDnlt en général, multipolaires. On admet qae, pir Iran pMfla« elles le continuent avec les nerfs: mais m rapport, înflnimeat probable, serait d'une difficulté etffème à oomtater. En effet, lorsqu'une fibre nerveuse a pénétié dans un centre, elle se décomposerait, et Tenvelo^ disparaîtrait après la {K^néti-alioD dans le centre; le cylindre d'axe eontinuei*ait seul. Les cellules ne se trouvent donc en rapport de Hmtinuité qu'avec le cylindre d'axe, et non avec la fibre oomfriète. Or on a vu des axes de fibres nerveuses pénétrer le centre médullaire ; on a vu dans ce centre des cellules d'où partaient» des cylindres d* axe; ou eu a conclu à la continuité de ces cylindres sans avoir pu la uîvre encore complètement.

D'après ce qui précède, on voit que les cellules se* raient tantôt l'origine des fibres nerveuses, tantôt des

■B fingtion composé de cellules bipolaires; — B, racine motrice; — Zf bcandie posiérieure du nerf rachidien mixte ; — D, branche anéritue da nerf rachidien mixte.

IHB STKUCTUBE IM LA MOELLE 1

oi^anules placés sur te trajet de ces fibres. Od pourrait dans ces cas considérer les tubes comme les couducteun du système nerveux, dont les cellules seraient l'agent élaborateur ou collecteur.

Fie. 13 (I).

Voyons maintenant comment les nerfs ain« constitués, prenant naissance des cellules, ou se trouvant en contact avec elles à leur origine, cimment ils se terminent dans les organes auxijuels ils portent leur influence.

(1) Coupe dt la moelle fpiniére du Salmo Salor (d'après Owsjionikow). — A, siHoD médullaire antérieur ; — B . sillon mëdallaire po» Mrteur; — C, canal ceoiral de la moelle lapUsé par un éplUtdluu cylindrique ; ~ D, liasu crllulalrc qui entoure le unal ceoirat, ei qni envole un prolongement dans le sillon anlérleur et poslérieur delà moelle ; — F., racine antérieure ; -^ K, libres constituant la commiaiore de la moelle ; — O, fibres de la racine postérieure ; — H, tissa celInlaiTC; — 1, fibres nerveuses de la substance blanche coupées transverxal«iiMn1; - H, vaisseaux saaguios coupés en travers;— L, cellules gai^lUmmtm

numiAisoifs des neefs. 139

1* Nerfs moteurs. En mettant sous le champ du microscope un muscle à fibres striées (certains muscles peaussiers des grenouilles), on voit que, lorsqu'un filament nerveux arrive à ce muscle , il se place transversalement à la direction des fibres musculaires, et il arrive souvent que le tube nerveux primitif se divise lui-même et que le cylindre d'axe se ramifie. On a bien constaté cette division, qu'on n'avait pas d'abord observée. Mais on Dé peut aller au delà et saisir le rapport des fibres musculaires avec la fibre nerveuse. Que la fibre primitive soit entière au moment où on la perd de vue , ou qu'on ait pu suivre ses divisions, toujours le dernier filet qu'oo m pu suivre parait cesser brusquement.

Vous voyez, messieurs , que la terminaison des filets moteurs est peu connue, et que ce qu'on sait des rapports anatomiques des pailies qu'on peut suivre ne fait rien connaître sur le mécanisme de leur action.

En se rapprochant de son extrémité terminale , le n^ paraît perdre son enveloppe, et sa fibre primitive se trouve, comme à sou arrivée dans les centres, réduite au cylindre d'axe, qui se confond avec le tissu cellulaire de fiiçon à n'en plus pouvoir être distingué, ce qui fait qu'on ne peut plus le suivre au delà.

La même incertitude règne sur le mode de la terminaison du nerf moteur dans les glandes. Il est toutefois possiUe qu'un jour un réactif, qui l'isole suffisamment du tissu cellulaire, permette de la suivre plus loin.

2* On sait mieux comment les filets sensitifs se terminent dans la peau. I^, on voit de ces filets dispanttre dans des corpuscules nerveux de deux ordres,

B.y SfflT. vuiv. — I. 9

f 80 TERMmAISONS DES IfSEFS.

qui sont les corpuscules du tact et les corpuscules de Pacini.

Les corpuscules du tact se rencontrent en amas à la pulpe desdoigts, aux orteils, dans les parties enfin chargées plus spécialement de recueillir les impressioos actiles. Ce sont des pelotons nerveux enroulés, inei* tricables, dans lesquels on voit pénétrer une fibre nen* veuse et desquels on en voit sortir une autre. Gerlach les regarde comme un simple enroulement de la fibre nerveuse. Kolliker pense qu'il y a là de plus un tissu particulier, qui sert do support au nerf; Wagner a émii une autre opinion. Quoi qu'il en soit de ces différentes manières de voir, il reste établi que les corpuscules du tact offrent un mode de tenninaison des nerfs sensitifs dans la peau.

Mais ce mode de terminaison n'est pas le seul , et les corpuscules de Pacini nous en montrent un autre. Les corpuscules de Pacini se trouvent surtout sur le trajet des nerfs collatéraux des doigts, aussi leur avaitr-on accordé une part assez large dans les phénomènes tactiles. Mais cette supposition no saurait tenir en présence des dissections , qui ont montré dos corpuscules de Pacim dans le mésentère du chat, dans les cavités osseuses des oiseaux, etc.

Dans l'état actuel de nos ainnaissanceSy on doit s'interdire toute conjecture sur leurs usages. Là encore nous observons un mode de terminaison nen'euse sans pouvoir conclure de la configuration anatomique au mécanisme de la fonction.

On admet encore, et cette fois je crois que c'est «V6C

TERMIlfAISONB DES IfERFS. 131

mison, que les nerfs du sentiment se terminent en anse. Cette Tue me semble justifiée par les phénomènes de sensibilité récurrente qui nK)ntrent qu'il existe entre les nerfs moteurs et les n^s sensitifs un lien périphérique. Or, puisquil est démontré que quelque chose unit les extrémités périphériques des deux espèces de nerfs , il fout bien admettre qu'une communication existe entre eux, aifectant la disposition en anse. Vjd serait une sorte de réflexion du filet sensitif, qui, au lieu de se tenniner dans la peau, remonterait par la racine antérieure jusque dans la moelle. Cette dispositiou itk;uiTente lattacheml le. nerf moteur à la racine sensitive ; c'est au moins œ qu'il semble légitime de conclure des expériences que nous ?ous avons exposées dans les dernières leçons.

On a pensé que les différentes parties du système uer- ?eux, ainsi que les différents éléments qui concourent à constituer le nerf avaient chacun un rôle, une destination spéciale. D'hitéressantes recherches de M. Waller ont récemment enrichi la siience de données relatives à ces propriétés des parties élémentaires.

11 arrive quelquefois ([ue les nerfs s'altèrent : dans ces cas, cest surtout la moelle nerveuse qui accuse une modification anatomique profonde. Lorsqu'on coupe un nerf, on peut suivre, dans un des bouts auxquels donne lieu la section, une altération extrêmement remarquable de la moelle nerveuse. Klle devient granuleuse , pivnd une coloration noire : ce phénomène s'observe chez Tani* mal vivant, et l'altération permet de suivre des yeux les progri'sde la dégénérescence ilu nerf coupé.

Jusqu'à prc^nt, messieurs « je ne vous ai entretenus

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