COURANT NERVEUX
priétés physiologiques et électriques, ils font dévier Faiguille du galvanomètre et excitent des contractions dans le membre de grenouille dont on promène le nerf sain sur eux.
Rencontrant dans le nerf cette singulière jyropriété électro-motrice, on est conduit à se demander si elle ne lui vient pas du muscle. Or, on voit sur une grenouille empoisonnée par le curare que la propriété du nerf moteur a été détruite sans que celle du muscle ait été atteinte; bien plus, la destruction du nerf, le muscle restant sain , a lieu de la périphérie au centre. Le courant propre du nerf ne vient donc pas du muscle.
Nous avions déjà été conduit à regarder le nerf moteur comme ne s'étendant que des muscles à la moelle épinière, dans laquelle il ne prolongeait pas ses propriétés, qui s'y arrêtent au contraire d'une manière assez nette. L'épreuve physiologique vient confirmer cette vue et montrer la parfaite indépendance des propriétés dû muscle, de celles de la moelle et de celles du nerf moteur.
En examinant l'origine médullaire de ce nerf limité, nous le voyons naître d'un amas cellulaire gris qui semble être son centre nutritif et fonctionnel. Le nerf moteur, en effet, tire ses propriétés d'une partie limitée de la moelle épinière.
Le curare, détruisant le nerf moteur par la périphérie, semble soutirer par les extrémités l'action nerveuse insuffisamment réparée par Tinfluenee centrale. Un feît vient à Tappui de cette manière de voir :
Si l'on examine ce que devient le nerf d'une grenouille empoisonnée par le curare, on peut admettre* que pen-
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dant que les facultés s'affaiblissent , la moelle lui fournit de l'influx encore pendant quelque temps. En effet , si Ton coupe ou si on lie ce nerf, il est beaucoup plus vite empoisonné. Il semble qu'alors il périsse plus vite, parce qoMl ne peut plus être réparé par la moelle.
Eaop. — Voici deux grenouilles sur lesquelles nous illODS nous livrer à l'examen comparatif des propriétés des nerfs et des muscles, selon que ceux-ci auront ou n'auront pas été empoisonnés par le curare. Sous la peau du dos de l'une d'elles, nous injectons un peu d'une dissolution concentrée de curare. Quatre ou cinq minutes après elle est morte. Nous préparons alors les pattes postérieures de ces deux grenouilles , laissant le nerf sciatique déborder les parties musculaires, et nous voyons :
!• Qu'en touchant avec le nerf de la patte saine un muscle empoisonné, les contractions se montrent dans cette patte extrêmement énergiques , même plus énergiques que si le muscle n'avait pas été empoisonné;
Sî* Qu'en touchant le muscle empoisonné avec le nerf ffune patte empoisonnée, aucune contraction ne se produit dans le membre , parce ({ue le nerf est détruit pliTsiologiquement ;
3* Exposant successivement le nerf d'une patte saine et celui d'une patte empoisonnée à l'action d'un muscle sain, nous voyons qu'avec le nerf de la patte saine seul nous avons des contractions, mais moins énei^iques que cdies qu'il donnait tout h l'heure , et qu'il donne encore au contact du muscle empoisonné par le curare.
Nous plaçons maintenant sur l'appareil (voy. fig. 37) ira morceau de muscle empoisonné , et vous pouvez le
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voir dévier très évidemment Taiguille du galvanomètre. En serait-il de même avec le nerf empoisonné?
Quel est donc Tagent qui produit ces phénomènes? Est-ce l'électricité?
Il faut bien Tadmettre, en voyant le tissu musculaire amener la déviation de Taiguille du galvanomètre. Cependant, en considérant ces phénomènes dans les nerfs, on se trouve conduit à reconnaître qu'ils ne sont pas physiologiquement essentiels.
Vous nous avez vu nombre de fois déterminer des contractions dans un membre de grenouille en mettant son nerf en contact avec un muscle , eu ayant soin de fermer le circuit. La nécessité de cette dernière condition dispose à penser que c'est bien un courant électrique qui se produit alors. Toutefois, il est difiBcile de comprendre pourquoi le phénomène cesse d'avoir lieu quand ou lie l'extrémité traînante du nerf avec un fil mouillé, avec un fil métallique, ou qu'au lieu de la lier on la contourne seulement entre les mors d'une pince. On peut aloi^s promener le nerf sur un muscle sans produire de contraction. Or, les causes qui viennent dans ce cas empêcher les contractions de se produire ne sont pas du tout un obstacle à la communication électrique.
Tous ces phénomènes, auxquels on donne le nom de courant propre de la grenouille ou de courant musculaire^ bien qu'ils traduisent des faits bien observés, il me semble difficile de leur donner aujourd'hui un sens physiologique bien nettement déterminé dans l'accomplissement des phénomènes nerveux chez l'animal vivant. C'est