‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 55 sur 136 · GOUBANTS NERVEUX ET MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

GOUBANTS NERVEUX ET MUSCULAIRE

pourquoi je me bornerai à fous résumer ces phénomènes, m vous indrquant quelques vues qui nous ont été inspirées par les expériences que nous avons faites.

Le courant musculaire est un courant électrique qui 86 développe de la surface longitudinale du muscle regardée comme positive à sa surface transversale considérée comme négative. 11 n'y a rien à ajouter à l'étude physique du phénomène, qui a été si bien faite {)ar MM. duBoisReymond, J. Regnauld, etc. Je n'examinerai ici que les conditions physiologiques du phénomène. On ne peut pas nier que ce courant existe pendant la vie, mais nous avons vu qu'il existe aussi après l'empoisonnement par le curare. L'observerait-on de même après Fempoisonnement par le sulfocyanure de potassium, quand le muscle est incapable de se contracter? Toutefois on ne le constate plus sur des muscles moils depuis peu de temps, sur des muscles d'animaux supérieurs, d'oiseaux ou de lapins qui ont cessé d'être excitables par l'électricité. D'après ces faits , on serait donc autorisé à penser que le courant musculaire est lié d'une manière directe au phénomène de la contraction musculaire , puisque nous voyons ce courant musculaire cesser d'exister quand la contraction musculaire s'est éteinte, et que les muscles sont à l'état de roideur cadavérique. D'où il suit que le courant musculaire serait un phénomène physique en rapport sans doute avec les mouvements d'altération chimique qui se passent dans le muscle vivant. Mais bien que ce courant soit capable d'exciter le nerf d'une grenouille galvanoscopique , nous ne saurions conclure à ce qui se passe pendant la vie entre le muscle et le nerf.

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Quand au courant propre, c'est un courant électrique qui se propagerait dans le nerf dans un sens centripète, c'est-à-dire des extrémités musculaires du nerf vers la moelle épinière. 11 résulterait de là que la patte galvanoscopique représenterait une pile dont Textrémité du nerf coupé formerait un pôle, et les muscles de la patte l'autre pôle. Si maintenant on vient, à la manière de Galvani , à joindre le nerf et le muscle par un arc métallique , on fermerait le circuit et on aurait une contraction musculaire. Si, au lieu de se servir d'un arc métallique, on se borne encore à rabattre le nerf sur la cuisse, on aurait encore une contraction au moment où le nerf touche le muscle parce que le circuit se trouverait fermé. Enfin si, tenant deux pattes galvanoscopiques de chaque main, on vient à toucher les muscles de Tune avec le nerf de l'autre , on a aussitôt une contraction, parce qu'alors le circuit serait fermé par le corps de l'expérimentateur ; et ce qui le prouverait, c'est qu'en isolant une patte dans un tube de verre, le phénomène n'a plus lieu parce que le circuit ne pourrait pas être fermé.

Tous ces faits sont exacts , d'une manière générale et ordinairement assez facile à constater ; mais il y a cependant des cas dans lesquels il semble que l'électricité, au lieu de se comporter ainsi dans la patte de la grenouille ou dans son nerf, provient du contact de ce nerf avec le corps étranger que Ton touche. Ainsi j'ai vu quelquefois, lorsque les grenouilles sont trèsvivaces, des contractions avoir lieu au contact du muscle avec la patte galvanoscopique isolée dans un tube de verre ; de même si le nerf est fatigué, lié, ou trempé par son extrémité

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dans la potasse ou de Tacide sulfurique, etc. , les contractions cessent d'avoir lieu , quoique la patte ne soit plus isolée.

Vous voyez , par exemple, ici que nous développons encore des contractions en touchant avec le bout du nerf fat surface du mercure placé dans un verre; seulement il semble qu'il faille que le contact ait lieu sur deux points, et cela réussit mieux si Ton fait un petit pont avec un corps isolant, de manière que deux points du nerf touchent séparément le mercure.

Si de même nous touchons un nerf en deux points avec un autre métal, nous avons aussitôt une contraction vive dans la patte. Je tiens ici l'extrémité du nerf seiatique avec une pince de fer, et je touche un point quelconque de la patte avec une autre pince de fer, et il y a une contraction. Y a-t-il là électricité développée au contact du nerf et du métal? Il semble difficile de le prouver, car le phénomène est ordinairement tout aussi intense avec une pince de fer, de cuivre ou de zinc, qu'avec des pinces de platine ou d'argent, métaux moins oxydables. Ce phénomène a lieu non-seulement sur une patte séparée du corps, mais aussi dans certains cas sur un nerf tenant à la moelle épinière. Ici, je saisis avec une pince de cuivre le bout central du nerf seiatique sur une grenouille vivante, mais décapitée. Si je touche avec une autre pince une partie du corps, la tète par exemple, il y a aussitôt contraction dans les muscles du tronc.

Dans tous ces cas, le corps de rex{)ériuientateur ferme évidemment le circuit d'un courant qui traverse le nerf et la tète de la grenouille ou la patte sépan^e ; en

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