GOURANTS NERVEUX ET MUSCULAIRE
effet, si Ton substitue à une des pinces une baguette d( verre, la contraction n'a pas lieu. Dans ces cas rélectri* cité est-elle développée par le contact du métal î J'ajouterai qu'il n'est pas nécessaire de toucher avec les deu) pinces deux tissus différents , car si Ton touche le neri en deux points rapprochés avec les deux pinces, la oodtraction s'opère de même.
Lorsque l'animal a été empoisonné par le curare, k phénomène cesse d'avoir lieu, non pas que le nerf cesse d'être conducteur de Télectricité, mais sans doute para qu'il n'est plus excitable et que le courant électrique, qui aurait pu faire contracter les muscles par rintermôdiaire du nerf sain , ne peut pas les faire contracter ec agissant directement sur le tissu musculaire.
De même celte électricité, développée et agissant au contact avec le nerf, n'a plus lieu si Ton mâche le nerf; c'est surtout quand on touche avec deux pinces le nerf d'une grenouille vivante qu'il se produit des contractions dans le membre.
Vous voyez en définitif, messieurs, que tous ces phénomènes, sur lesquels nous reviendrons encore, sont très délicats, et que, bien qu'ils aient été étudiés avec beaucoup de soin , il est encore nécessaire de les ap-profondir. J'ai voulu surtout vous faire remarquer m que nous ne pouvons encore en retirer que peu d'utilité par l'explication des phénomènes du système nerveux pendant la vie de l'animal. u
On a signalé une autre différence entre les manifes* talions nerveuses et les phénomènes électriques. Cette
MESURE DE LA CONTRACTION IfUSCULAIRE. 399
différence ressortirait de la comparaison des vitesses de propagation des deux agents parcourant des conducteurs. Les résultats des expériences instituées pour constater ces différences ne doivent pas toutefois être acceptés sans réserve; on se tromperait en pensant qu'ils peuvent être donnés comme l'expression parfaitement physiologique du phénomène.
M. Helmholtz, qui a institué ces expériences^ a fait d'abord usage d'un appareil pour mesurer la rapidité avec laquelle s'effectue la contraction musculaire. On agit avec un muscle gastro-cnémien de grenouille qui est fixé à l'appareil par sa partie supérieure. Inférieurement Ton a fixé à son tendon une petite pointe de verre destinée à écrire le raccourcissement du nerf sur une surface plane recouverte d'un enduit noir peu adhérent.
MM. Yolkmann et Helmholtz faisaient usage d'une épingle glissant sur un carreau noirci à la lampe; M. deBœcker se sert d'un index de verre frottant d'une façon très égale sur la surface destinée à recevoir l'impression des contractions musculaires. Cette surface est une feuille de papier noircie à la fumée d'une lampe et collée sur un cylindre tournant. Voici quelques-unes des planches ainsi obtenues par M. deBœcker lui-même; les indications de l'appareil ont été, après l'expérience, fixées sur le papier au moyen de l'essence de térébenthine.
M. de Bœcker a reconnu , comme on peut le voir sur ces courbes, que la contraction du muscle est d'abord brusque, ce qui se traduit par une ligne droite verticale; puis le relâchement suit, moins rapide, représenté
SIO VITESSE DE LA TRANSHISSION
par une ligne oblique. C'est là le type de la contraction musculaire normale.
Quand le muscle se fatigue , la ligne qui représente la contraction devient oblique vers sa partie supérieure; puis on voit celle qui représente le relâchement devenir de plus en plus oblique. En laissant le muscle se reposer alors pendant quelque temps , il reprend une partie de son énergie, et les lignes obtenues sont différentes.
Ayant disposé son appareil de façon à pouvoir étudier ces phénomènes de contraction au point de vue de leur durée, M. Helmholtz est arrivé aux résultats suivants : il a vu que chaque contraction se faisait en trois temps :
Le premier est marqué par Tintervalle qui s^éooule entre l'excitation électrique et la contraction : sa durée e3t de 1/100* de seconde environ ;
Le deuxième temps est celui pendant lequel le muscle se contracte: il dure 18/100" de seconde;
Le troisième temps , celui pendant lequel le muscto
contracté revient à l'extension, dure 20/100*' de seconde.
La durée totale d'une contraction serait donc, en y
comprenant le temps nécessaire à l'excitation nerveuaei
de 30/100" de seconde.
Maintenant^ en agissant sur le nerf à différentes distances de son point d'entrée dans le muscle , on trouve, en calculant la vitesse, que Tagent nerveux se transmet dans un nerf de grenouille avec une vitesse de 15 i 20 mètres par seconde. Il n'y aurait là , vous le voyez, aucun rapport à établir entre cette vitesse et celle de l'électricité.
Ces expériences ont été it^lées avec un soin extrême