‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 6 sur 136 · OBJET DU COURS · texte numérisé non relu

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encore son influencrdans les phénomènes de la vie organique, dans tous les actes de nutrition, sécrétions, production de chaleur, etc. Il n'y a plus de doute aujourd'hui sur la réalité de ce rôle général : en effet, nous pouvons, par des actions sur le système nerveux , troubler nonseulement les actes de la vie de relation, mais modifier encore les phénomènes de sécrétion, de calorification ; ces phénamèpes, quoique d'ordre purement physique ou chimique, sont cependant dans une dépendance étroite de l'influence nerveuse, qui embrasse ainsi tous les actes de la vie et assure le rang le plus élevé au système organique qui est chargé de l'exercer.

Les progrès dans la physiologie du système neneux sont de date récente. C'est dans le commencement de ce siècle seulement que les travaux de Ch. Bell et de Magendie ont montré, dans les nerfs, des conducteurs dis- Ûocts pour le mouvement et pour le sentiment. Bien que les anciens eussent reconnu l'importance de ce système, ils n'avaient que des notions assez confuses sur les propriétés et l'agencement de ses diverses parties. L'importante découverte de la distinction des nerfs, en nerfs sensitifs et nerfs moteurs, est devenue le point de départ de toutes les recherches faites depuis dans cette branche delà physiologie. La nature sensitive ou motrice de presque tous les nerfs a été déterminée par un même procédé expérimental qui consiste à opérer la section d'un ùerf et k voir ensuite laquelle des facultés motrice ou sensitive est abolie. On a ainsi constitué une physiologie topographique du système nerveux. Cette étude est aujourd'hui en grande partie faite ; elle a seulement laissé

SYSTEMS NERVEUX. 5

des points obscurs sur les nerfs que lexpériuientation n'a pas pu atteindre.

Cette analyse expt'Tinientale des nerfs par la soustnuy tion de leur influence à Taide de la section , et par la restitution de cette influence par certains excitants , par le galvanisme en particulier, a indiqué Tusagede chaque partie ; elle a permis de localiser les phénomènes, mais elle n'apprend rien sur la nature et les propriétés spéciales de Tagent nerveux.

L'histoire générale de cet agent est encore inconnue ; mais cependant on a commencé de nouvelles études qui ont conduit à des résultats remarquables sur la régénération des nerfs et sur les courants divers qui peuvent s'y développer.

Les anciens avaient, sur la nature du fluide nerveux, des idées qu'il n'est pas sans intérêt de rappeler dans ca rapide aperçu sur l'histoire du système neneux. Elle était en réalité, pour eux, aussi satisfaisante que celles que nous avons aujourd'hui. En eflet, comme toutes les théories, ces idées n'étaient que l'expression d'une manière de voir destinée à expliquer les fails, et il est remarquable de voir combien leur tbi'îorie des esprits animaux lemblait eu rendre compte d'une manière satisfaisante et parfaitement lucide. Ainsi Willis parle des esprits animaux qui, sécrétés dans la partie corticale du cerveau, descendent dans la moelle allongée qui leur sert de réservoir ; en piquant ce |>oint, on donne issue aux esprits animaux, ce qui cause subitement la mort.

Dans les idées de Willis et des anciens, ce fluide, auquel on donnait le nom d'esprits animaux, repn'^sentait

h IDÉES DES ANCIENS SÛR l' AGENT NERVEUX.

la quintessence du sang et du chyte. Le cen^eau en séparait les parties les plus ténues, qui circulaient en* suite dans le système nerveux.

Ces vues rendaient très bien compte, avons-nous dit, des faits observés : en effet, si Ton empêche le sang d'arriver au cerveau, les fonctions de ce! organe sont anéiinties; Tagent nerveux n'existe plus. On trouve d'autre part, dans leseifets d'une alimentation suffisamment réparatrice et fortifiante, la preuve que les qualités du sang sont pour beaucoup dans la réparation de l'activité nerveuse.

Willis explique avec détail ses idées, et il dit comment il se fait que l'on paralyse le diaphragme pour une ligature posée sur le nerf phrénique: on empêche, dit-il, les esprits animaux de descendre du cerveau. Que l'on vienne ensuite à exciter le nerf phréniqueau-dessus de la ligature, on ne déterminera aucun mouvement du diaphragme, parce que les esprits animaux ne peuvent plus passer; qu'au contraire on porte Texcitation au-dessous de la ligature, on déterminera encore des contractions, parce que la petite quantité d'esprits animaux que la partie inférieure du nerf peut tenir en réserve agissent encore. Si je vous ra{^He ces idées qui n'ont plus cours depuis longtemps, c'est pour vous montrer qu'on a pu changer les mots, remplacer les esprits animaux par un fluide impondérable, sans réaliser pour cela un véritable progrès. Tant qu'on n'a fait que substituer une théorie a une théorie sans preuve directe, la science n'y a rien gagné ; celle des anciens en vaut une autre. Aujourd'hui les esprits animaux ne sont plus

en cause ; les progi'ès do la physique et quelques analogieSy assez séduisantes d ailleurs, leur ont fait substituer le fluide électrique ; mais si nos connaissances sont plus avancées sur ce sujet, ce n'est pas que nos théories Talent mieux : c'est que nous avons la connaissance d*UD grand nombre de faits quon ignorait. Pour ce qui est de la théorie moderne basée sur les analogies de Tagent nerveux avec Télectricité, nous aurons à y revenir bientôt, et nous verrons que la force nerveuse, bien qu'elle soit liée à 1 accomplissement des phénomènes chimiques de loq^anisme, diffère essentiellement de la force électrique ; aussi a-t-on proposé de lui donner un autre nom.

Haller avait réellement commencé Tétude des propriétés ner>'euses en les examinant dans leurs relations avec les propriétés des autres tissus; c'est ainsi qu'il avait pu déjà considérer que la contractilité musculaire était due à un agent distinct de l'excitabilité nerveuse. Depuis Haller, ces idées ont été longuement discutées; mais nous verrons que ces questions sont élucidées aujourd'hui par des expériences concluantes.

Les deux ordres de points de vue que nous venons de rappeler nous tracent le pn^ramme que nous avons à suivre.

D*une part, nous aurons à envisager les propriétés générales des nerfs et les rapports de ces propriétés générales avec celles des autres tissus. Ce que nous pourrons savoir du fluide nerveux en lui-même, de ses analogies avec le fluide électrique, etc., trouvera là sa place.

Ensuite, passant à l'application de ces notions, nous

6 MI^THODE ll'l?rrESÎKATI09.

mtenrige ions chaque nerf en partkiilier: dans cette étnrie, les oliservations pathologiques intenrieodront plus directeriienl et nous seront souvent un precieox moyen de montrer Tapplication à rhomme des faits que nous observerons directement chez les animaux s«>umisà notre expf'^rimentation. Nous vous exposerons les résultats les plus nk'ents, les conséquences qu'on en a tirées, cher* chant dans la discussion de ces faits, dans la critique de oes oonsf^quences le point de départ d'expériences qui puissent ajouter h nos connaissances sur ce sujet.

Quant il la méthode que nous suivrons dans les reohcuThos auxquelles nous nous livrerons, je n'ai plus à vous en parler. L'expérimentation seule dans notre science peut conduire h des résultats sérieux ; il n'y a donc pas il choisir. Si nous no l'avons vue intervenir que tardivement on physiologie, c'est qu'elle avait besoin du secours inn^ssant de sciences qui, comme la physique et la chimie, n*étnient pas dans un état assez avancé pour lui fournir Iw insirumonts, les moyens de mesure ou d'appréciation t|ui lui sont indisjHMisables. Les conquêtes nombreuses el varitVs do la pln*siologie moderne montrent suflBsammont aujourd'hui que It^ entraves tenant à rinsuflBsance d<>s movons d olvsi^n-ntion vont en diminuant de plus en plus : tious avons mainlonanl de meilleui's instruments, il lu^ \\i\\\ plus qm^ sawir s en st^nir.

Mais ici. uu^ours. je veux jiarticulièrement vous sijîttï^lor dos fvuoik qui no tiennent ni à la méthode, ni ïiux nH>> on^ dt>nt olk^ disjx>si\ mais à Texpérimentateur

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