MÉTHODE EXPÉRIMENTALE
par rexpérimentation : c'est laie plus souvent une fçtwk erreur. Mais remarquez bien (|ue cette espèce de confiance avec laquelle on abonie^Jes questions les plus coi»pKquées ne se rencontre {^uère que dans les choses da domaine de la médecine et de la physiologie. Loi^ qu'une personne compétente traite un sujet spécial de chimie ou de physique , ceux qui ne sont ni physiciens ni chimistes , m taisent et évitent de se m61er à une discussion pour laquelle ils se sentent iaconpétonti. Eh bien , la même chose n'a plus lieu quand il t^t de médecine ; tout le monde croit pouvoir en parler et ep parle. En raison néme de leur obscurité, les sujets qili touchent à la vie na sont donc pas dm nature à rebuter ceux qui les abordent sans une préparation suflBsante: aussi voyons-nous tous les jours les expériences les fim incomplètes se produire.
Ayant à vous amener à mon point de vue^ je dois vous sign^aler les vices de méthode et d'appréciation qiri frappent de nullité des résultats auxquels il ne faudnût pas accorder la valeur des faits bien observés, sous le prétexte qu'on a eu la prétention d'interroger la nature.
En effet , quand on parte d'expériences, il y a é^ak choses à considérer : i* l'art expérimental , 9^ Tesprit expérimental.
L'art expérimental , qu'il ne faut pas confondre avec l'esprit expérimental , consiste dans la manière plus ou moins ingénieuse de préparer un appareil, de condhiiie une série d'épreuves. 11 s'acquiert dans les laboratoires, exige des connaissances profondes en anatomie, et des notions exactes en physique , en chimie , une grande
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habitude des inauipulations, mais il ne s'enseigne pas.
L'esprit expérimental est tout autre chose : son histoire mériterait d'être &ite et offrirait matière à des considérations qui , indiquées çà et là par les philosophes, formeraient un des chapitres les plus curieux de l'histoire de Tesprit humain.
Dans toute expérience il faut avoir un point de départ, et ce point de départ doit donner naissance à une idée préconçue qu'on soumet ensuite à la vérification expérimentale; c'est toujours ainsi que procède Texpérience proprement dite. On comprend , d'après cela, que l'observation doive toujours précéder l'expérimentation, et que souvent même une expérience première n'ait pasd'autre but que de fournir matière à une observation, que l'esprit interprétera de façon à en tirer une idée préconçue, qui sera ensuite vérifiée par une expérience ou même par une observation nouvelle. Ce dernier cas se voit eu astronomie, où Ton ne peut pas expérimenter cela arrive encore pour les observations pathologiques.
On a cherché à définir l'expérimentation en disant que c'était une observation provoquée , ou bien encore que .Kirimrvation n'était que U contemplation des phénomènes tels qu'ils se montrent dans l'ordre naturel des choses, tandis que l'expérience serait leur observation dansdesconditions particulières plus ou moins artificielles ou perturbatrices. Or, comme je le disais, il y a des floiences où, d'après cette définition, on ne peut qu'observer sans expérimenter. En astronomie, par exemple, on observe le cours des astres, maison ne peut pas le trou- JUer artificiellement. On exécute seulement l'observation
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à Taide d'inslruments spéciaux, comme les naturalistes le font dans maintes circonstances.
n est vrai que dans une expérimentation il y a gêné* nlement trouble des phénomènes, tandis que dans Tobservation cela n'a pas lieu ordinairement; mais cependant il serait fort di£Bcile de délimiter ainsi l'observation de Texpérimentation. Je pense, quant à moi, que le procédé expérimental ert beaucoup plus dans le but queFesprit se propose, que dans les moyens dont on fait usage. On doit, en effet, d'abord cherchera bien constater un fait et ses conditions par Tobservation , et ensuite on remonte à la recherche de la cause, c'est-à-dire de la loi du phénomène pardesexpériencesinstituéesdanscebut,ou même par des observations qui peuvent aussi quelquefois en tenir lieu.
En résumé , l'observation n'est que le résultat d'une application des sens, pour la constatation d'un fait ou d'un phénomène, tandis que l'expérience suppose une idée {Hréconçue et une série d'opérations intellectuelles, avec remploi d'un raisonnement logique pour arriver à une conclusion.
Ici , comme nous faisons des recherches qui reposent sur des faits déjà observés, nous ferons beaucoup d'expériences. Mais je vous prie de ne pas confondre une idée préconçue avec une idée fixe. C'est toujours en prenant ce dernier terme en mauvaise part que l'on parie des gens à idées préconçues ; je vois là une erreur de mots. Les idées préconçues sont nécessaires, indispensables: on ne fonde rien sans elles; il faut savoir seulement les abandonner lorsqu'elles n'ont plus de raison d'être. A ce moment, si l'on s'y rattachait, elles cesseraieat