IDÉES PRÉCONÇUES
d^être idées préconçues pour devenir idées fixes, et constituer une véritable infirniité de Tesprit. L'idée préconçue est toujours interrogative ; c'est une question adressée à la nature. Il faut écouter froidement la réponse et cesser de faire la question , quand la réponse , quelle qu'elle soit, a été donnée.
n nous serait facile de vous montrer que tous les grands expérimentateurs, Harvey, Spaltancani , Réau-^ mur, etc., ont eu des idées préconçues : c'est avec dofc idées qu'ils ont interrogé l'expérience qui leur a répondu.
Les hommes à idées fixes n'interrogent que pour la forme ; ils ont fait d'avance la demande et la réponse. Semblables à ces gens qui , bien décidés sur ce qu'ill doivent faire, vous demandent des conseils qu'ils ne suivront pas, s'ils sont contraires à leurs idées, car au fond ils cherchent une approbation et non un conseil.
Les recherches que Ton entreprend sur un sujet otit toujours pour point de dépttrt une hypothèse pure Ott bien une induction , c'est-k-dire une hypothèse qui A un fait pour origine , comme je vous le disais tout à Theure. Si Texpérimentateur se trouve sans aucune donnée, il fera une exj)érifence à tout hasard, observera et cherchera dans ce qu'il aura vu matière à une hypothèse qui puisse lui fournir une idée pour établir un système préconçu de recherches ; ce n'est que du moment que rhypothèse ou l'induction a été formulée que rexpérlmentation a un but ; avant ce ne pouvait êtw que de l'obsenation. Je ne puis mieux vous faire com*prendre la liaison des observations et des expériences, ainsi quelesopérations intellectuelles qui les coordonneM
ou HYPOTHÈSE PROBABLE. 11
et leur donnent un sens, qu'en tous rappelant l'histoire de la grande découverte dont je vous parlais au com* mencement de cette leçon.
Les anciens avaient eu Tidée de Texistenc^ distincte possible de nerfs moteurs et de nerfs sensitifs. Galien avait observé des paralysies distinctes de ces deux ordrei de fonctions.
Lorsque Cb. Bell , disséquant les nerfs de la faœ^ vit que les filets du facial allaient presque tous dans toi muscles, et que les filets de la cinquième paire allaient à la peau, il faisait une simple observation ; mais ensuite il fit une hypothèse et se demanda s'il n'était pas poa^ sible que le nerf facial fût moteur et le trijumeau sen«> sitif. — Ch. Bell, qui était plus anatomiste qu'expéiv* mentateur, fit vérifier la supposition par Schaw, qui opéra sur des ânes : Texpérience donna raison à sa supposition. Cette expérience, vous le voyex, ne fut pal entreprise d'emblée et sans but.
Ch. Bell obser\a ensuite alors avec soin les nerfs de la face sur lesquels il avait expérimenté : il vit que le nerf de la cinquième paire avait sur son trajet un ganglion, et que le facial n'en avait pas de semblable. Ce caractère faisait ressembler le nerf de la cinquième paire aux radnes postérieures des nerfs rachidiens, et le facial aux racines antérieures. Les racines postérieure! n'étaient-elles pas sensitives? les racines antérieures n'étaient-^lles pas motrices î Telle fut la question ou rhypothèse qui se déduisit d'une observation et qui devint l'indication d'une nouvelle expérience.
n arrive souvent qu'à une même époque, une Diêm«