‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 89 sur 136 · DE LA GRENOUILLE · texte numérisé non relu

DE LA GRENOUILLE

doigt d toucherait la surface cutanée de la cuisse. Dans le premier cas, il y a un courant qui va de la surface musculaire a positive à la surface de la peau c négative, et c'est le corps ou la main de Tobservateur qui servent de conducteur ; de sorte que , si Ton isole la patte gai vanoscopique, le phénomène cesse d'avoir lieu, parce que le courant entre la peau et le muscle est interrompu.

Mais, quand la patte est isolée dans un tube de verre (fig. A6), on peut avoir la contraction pourvu que Ton place le nerf dans le courant qui va des muscles à la peau. Il suffit de faire toucher le nerf aux muscles et de faire tomber Tanse nerveuse sur la peau.

Il y a donc un courant nmsculo-cutané qui va de la surface longitudinale des muscles, considérée comme positive, à la surface de la peau considérée comme négative. Je ne sache pas que la direction de ce courant ait été signalée. Je Tai constaté d'abord avec la patte gaiyanoscopique , puis ensuite avec M. J. Regnault, à Taide de son appareil (voy. flg. 37). Voici, en résumé,

sorfoce miuculaire en A. Il y a convalsion dans la patte galvanoscopiqne to'fin ontinairemeot à la sortie, parce que le coaraDt est ici indirect et ^éthea g.

T", La patte p"'est isolée ; au lieu de faire toucher le bord du nerf, on a fait d'abord toucher Panse k sur la peau , puis le nerf soulevé en /, on a dit toucher le bout m sur la sorlice musculaire. On a la contraction au nnoment de la fermeture du circuit, parce que, malgré cette inversion dans le procédé opératoire, le courant est toujours resté direct, cVst-à- ^re dirigé du centre à la périphérie par rapport au nerf.

T"". La patte p"' est isolée ; ici le nerf a été appliqué successivement et lentement de la surface musculaire à la surface externe de la peau. Il n'y a pas de convulsion dans la patte, parce qu'il n'y a pas de pont isolant formé sur le trajet du nerf.

Mh GOUHANT MUSGULO^UTANÉ

ce qu&notis avons observé. En plaçant une euiasç de grenouille dépouillée de sa peau d'un c6té et plaoée àè telle façon que la peau touebAt Un coussinet^ et la surfiaoe musculaire l'autre, on avait une déviation très marquée qui allait en sens inverse quand on inversait les surfaces de contact. La direction du courant s'est montrée oonstante des muscles à la peau.

n y a ensuite un courant qui va de la surface interne de la peau positive à la face externe négative. On le constate à l'aide de la grenouille galvanoscopique (flg. 40, r'r T^), et à l'aide du galvanomètre. En faisant desespècesde piles de peau, et en mettant les deui pôles de cette pile animale^ dont l'un est constitué par la face intertle et l'autre par la face externe de la peau, oa a une déviation très évidente dans le sens d'un courant qtii v& de la face interne de la peau à sa face externeé

De tous ces courants électriques , te courant muscu* laire est leplus fort, le musculo^cutané et lecutanéensuite«

Enfin, il peut y avoir aussi Un courant électrique daos un seul muscle, qui irait du tendon à la substance musculaire ou d'un muscle à l'autre (fig. Û6, T', T").

Il est bien remarquable que les organes glanduUlm^ paraissent complètement dépourvus de ces courants éle(^ triques. J'ai essayé avec la patte galvanoscopique le foie, les reins, etc. , les testicules^ les poumons, sans rien obtenir. Cependant, en plaçant le nerf sur le foie et sur la peau chez une grenouille, j'ai vu survenir des coolraotions, de môme aussi sur la langue de la grenouille.

J'ai essayé de vérifier Texistence de ces courants chez des animaux élevés ; mais la peau est munie de poiki

COUIUNT CITTANÉ. S16

«t l'épiderme ^>porte des obstacles k la conBtatalion du

H est difficile pour aujourd'hui de donner à tous ces courants une signification physiolc^que. H est néan-

(1) Courant» miuealaire, rmurulo-fulatii tt eulani de la grenouille, •— Sot nue gmroiinie Tl*antP ou très i^<!«^mtnmt {aée, on ■ pbcé ht DcrE» de la srenonilk f^vanoscophpie dasn divines condltiom.

T. La ptUe p isolée ; an lambetn (te peea eiile*^ a mis k du la nr- Mee euérteareéesiinec)ttdehcnlaee.Ijeb»uldaKrf«lOKbeMlM

316 COURANT MUSGULO-<GUTANÉ.

moins très intéressant de les constater. Us disparaissent rapidement après la mort de l'animal, d'abord le qplHlé, puis le muscuk>cutané, puis le musculaire qui dure le plus longtemps de tous. J'ai vu dans certains cas de troubles physiologiques, tels que la destruction de la moelle, certains empoisonnements, le courant musculocutané disparaître momentanément au moment de Faction perturbatrice, pour reparaître ensuite quand Tani* mal est réellement mort. Dans une pile, on peut dire que le courant marche du métal non attaqué à celui qui Test ; ici nous pourrions également dire que le courant va du tissu le moins attaqué à celui qui Test le plus. Il est certain, par exemple, que la surface de section d'un muscle doit être le siège d'une altération plus active que sa face non coupée. La surface externe de la peau étant à l'air, est le siège d'une décomposition plus active que sa face interne

surface de même que l'anse a'; le nerf esl soulevé en c ; on n'a aucune contraction dans ce cas, parce qu'il n'y a pas de courant. Si , an contraire, on a fait une plaie sur le muscle, comme cela a lieu pour la patte f", aussitôt il y a contraction à l'entrée, parce que la plaie a engendré une surface électrisée négativement qui établit un courant avec la surface musculaire électrisée positivement.

T'. La patte P' est isolée ; le bout d du nerf touche à la partie supérieure du muscle gastrocnémien ; il est soulevé en e , et son anse touche sur le tendon d'Achille t. Quand la patte est fraîche , on obtient un coiu'ant entre ces deux surfaces hétérogènes, quoiqu'il n^y ait pas de plaie faite au muscle.

T". La patte P" est isolée ; en allant d'un muscle à un autre muscle, sur une autre partie du membre, on peut avoir aussi un courant et par suite convulsion, sans qu'il y ait plaie ou section musculaire transversale. Ici, le bout du nerf /i touche la face extérieure des muscles de la cuisse, le nerf est soulevé en y et son anse touche le muscle gastrocnémien /•

T'". La patte P'" est isolée ; le bout du nerf t touche la surface musciilaire longitudinale, il est soulevé en A, et Tanse nerveuse louche dans U

OU la surface longitudinale du muscle. Il y a là. du reste, un sujet d'études du plus haut intérêt que nous ne faisons qu'indiquer et qui seront sans doute poursuivies.

Revenons maintenant à notre sujet , et examinons si Ton peut se placer à ce point de vue, pour comparer les propriétés physiques et physiologiques des Blets qui constituent le système nerveux du grand sympathique.

Les racines antérieures sont toujours Torigine des nerfs de mouvement. Il s agit seulement ici des mouvements involontaires. Les mouvements auxquels président les nerfs nutritifs se distinguent des mouvements qui sont sous Tinfluence de la volonté par la variété des actions qu'ils déterminent; mais nous verrons que ces deux ordres de mouvements peuvent cependant être considérés comme identiques dans leur mécanisme. Tan*

pbilela 8ur(ace transversale; on a ici une con?iilsion par le courant musculaire ordinaire.

Courant cutané. — Un lambeau de peau a ëtd relevé et appliqué par sa face externe sur une petite lamelle de verre V ; on a mis des oerfe de pattes galvanoscopiqucs dans diflTérentes conditions propres à démontrer Texistence du courant cutané de la grenouille.

P"^. La patte galvanoscopique étant isolée , le bont l' du nerf touche Il Êice interne de la peau , il est soulevé en anse, puis Tanse / touche encore la face interne de la peau; il n'y a pas de courant et conséquemment pas de convulsion.

P^. La patte galvanoscopique étant isolée , le bout du nerf n touctie la fKe interne de la peau , et Panse touche la face externe de la peau en m ; il y a contraction dans la patte à rentrée, parce que le courant est direct et va de n en m.

Pvi. La patte galvanoscopique étant isolée , le bout du nerf q louche la face externe d'un muscle, et Tansc touche Ja face interne de la peau o ; il n*y a pas de courant , et conséqucmcnt pas de contraction dans la patte galfanotcopique.

318 GEillfD STifPÂTHIQUB.

tôt ils auront pour but d'activer une sécrétion, tantôt de provoquer des mouvements involontaires^ ceux des in-^ testins, ou ceux du cœur, et ils présideront ainsi tantôt à des phénomènes physiques, tantôt à des actions chimiques. Vous le voyez, messieurs, le rôle des nerfs moteurs ne se borne plus ici à agrandir ou à diminuer l'angle que forment deux leviers ; leurs attributions dans les phénomènes de la vie de nutrition sont plus variées: c'est en les étudiant que nous serons conduit à vous indiquer comment il faut comprendre leur^iiita^ention dans le mécanisme de certaines manifestations purement physiques ou chimiques.

Ce ne sont pas là des vues de Tesprit, des idées théoriques à priori sur les conditions des phénomènes de l'innervation organique; un certain nombre d'expo riences que nous verrons plus tard donnent à ces oonsi» dérations la valeur des faits les mieux établis. Je me bornerai seulement, pour aujourd'hui, à vous rappeler quelques expériences qui démontrent la nature motrice et sensitive du grand sympathique.

Dès 1712 , Pourfour du Petit avait coupé au cou le filet du grand sympathique qui unit le ganglion cervical moyen au ganglion cervical supérieur, filet qui, selon tes animaux sur lesquels on opère , se trouve divisé tantôt seul tantôt avec le pneumogastrique, Pourfour du Petit n'avait porté son attention que sur les phénomènes qui, après cette section, se passent du côté de l'œil. La pupille est rétrécie par cette section : elle a bien conservé le pouvoir de se contracter encore, mais elle reste chez beaucoup d'animaux plus contractée que celle du côté opposé.

SES PROPRltntS MOTRfCES ET SENSITIYES. 5i9

L'observation en était restée là. Quant au phénomène constaté, on Tayait expliqué en admettant que Topera^ imi avait pai*alysé les fibres radiées de riris, et que dès Imb les fibres circulaires agissant seules déterminaient une oontraction permanente. Dans cette interprétation , kl présence des deux ordres d^ fibres musculaires dans l'iris répondait aux besoins de la théorie.

Pourfour du Petit avait dit que la direction du filet du grand sympathique qu'il coupait au cou était asceo-» dante ; MM. Budge et Waller Tout démontré par des expériences. Pour cela ils ont fait la section du grand sympathique dans la région du cou, sur des chiens. Chez ces animaux , la section porte en même temps sur le grand sympathique et le pneumogastrique qui sont étroitemmi accolés. En examinant les modifications qu'après Topération éprouvent les bouts des nerfs coupés , ils ont pu distinguer la partie pénphérique de la partie centrâtes et établir ainsi la direction du nerf. Ds ont appliqué à eeux-d cette proposition générale dont nous vous avons déjà parlé, qu'après la section, le bout périphérique du nerf s'altère tandis que le bout central, ne s'altère pas. Ici le bout périphérique du pneumogastrique s'altère ; le bout central ne s'altère pas. Mais à côté du bout périphérique désorganisé du pneumogastrique, un filet reste intact. Ce filet, c'est le grand sympathique, dont rmtégrité prouve qu'il est central. Le centre d'origine de cette portion du grand sympathique est donc inférieur à la section ; la direction du rameau coupé est donc ascendante. En suivant ce filet pour voir d'où il wnait, MM. Budge et Waller ont reconnu qu'il naissait

de la partie inférieure de la région cervicale de la moelle épinière qu'ils ont appelée région cilia-spinale.

Cependant les phénomènes consécutifs à la section du filet cervical du grand sympathique ne sont pas limités seulement à la pupille. J'ai trouvé qu'il y a en même temps accélération de la circulation dans toute la moitié correspondante de la tête , dont la température augmente ; la peau devient plus sensible ; et, chose encore inexpliquée, la pulsation artérielle est plus forte de ce côté, et les vaisseaux y sont dilatés.

Nous reviendrons plus tard sur ces expériences, à propos de l'étude particulière du grand sympathique; je veux seulement établir que les actions dont j« viens de vous parler reconnaissent toutes pour cause une influence exercée par la portion motrice du grand sympathique sur les éléments contractiles des vaisseaux. Seulement, nous pouvons remarquer dès à présent que la section de ces nerfs moteurs produit une activité exagérée de la fonction de certains organes, tandis que l'inverse paraît avoir lieu pour d'autres organes. Noua aurons à nous expliquer plus tard à ce sujet.

Nous allons vous donner maintenant un autre exemple^ afin de fixer d'abord les faits :

Lorsqu'on c^it sur les nerfs moteurs, on constate immédiatement des mouvements très évidents dans les parties contractiles auxquelles ils se distribuent. Mais cette action n'est pas la seule, et il est de ces nerfs qui se rendent dans les organes sécréteurs sur les fonctions desquels ils ont une action que nous vous rendrons tout à l'heure très évidente. Les quatre espèces de ueriis

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