SES PROPRIÉTÉS MOTRICES HT SENSITIVES
admis par les physiologistes : nerfs moteurs^ sensilifs^ irùphiques et Èensoriaux^ doivent donc être réduites, caries nerfs trophiques doivent être, suivant moi, considérés comme moteurs.
La glande sous-maxillaire , par exemple , reçoit un filet de la corde du tympan partie de la septième paire, du facial, et par conséquent filet moteur. Quand on excite ce nerf, on produit une exagération de la sécrétion qui n'est encore là que le résultat d'une action motrice spéciale, comme nous le verrons plus tard en détail.
Il doit sans doute en être de même des autres glandes*
Nous devons maintenant chercher à suivre, dans le grand sympathique, l'élément sensitif de la paire ner- Yeuse.
On pourrait penser qu'il n'y a pas de sensibilité dans les organes intérieurs. Nous n'avons, en effet, aucune conscience de leurs manifestations sensibles. Mais, bien que les nerfs qu'ils reçoivent soient d'ordinaire impuissants à transmettre les impressioî)s d'une sensibilité consciente, ils n'en ont pas moins une sensibilité particulière, sans conscience, à laquelle on a donné le nom de sensibilité réflexe. Cette sensibilité inconsciente existe d'ailleurs pour les organes de la vie de relation, dans certains états pathologiques de l'encéphale.
On a un exemple de cette sensibilité sans conscience lorsqu'on examine les parties profondes du canal intes* tinal, lorsqu'on voit ce qui se passe dans l'estomac ou le duodénum quand les aliments y arrivent. Beaumont, qui, diez son Canadien porteur d'une fistule gastrique, a pu parfaitement observer ces phénomènes, a constaté que le
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contact des aliments produisait des phénomènes de deux ordres : des mouvements et des sécrétions (1). D y a là évidemment une sensation perçue ; on peut en aioquérîr la certitude en coupant tous les nerfs qui se distribuent à l'orgaoe : dès lors la réaction est empêchée et TarriTée des aliments dans l'estomac n'y détermine plus ni mou* vements ni sécrétions.
Les mêmes phénomènes s'observent dans le duod^ num , à Torifice des conduits pancréatique et biliaire. En ouvrant le duodénum , on peut voir ces conduits ne donner lieu à aucun écoulement de liquide; mais, si l'on vient à exciter leur orifice intestinal, l'écoulement se produit indirectement. Pour provoquer cet écoule^ ment, l'excitant mécanique n'est pas le plus efficace; l'action des excitants chimiques est bien plus vive: il semble qu'il y ait par ces surfaces une sorte de ji^ustatioD en vertu de laquelle elles soient plus spécialement stimulées par certains agents. Dans la bouche, les substances acides provoquent un écoulement abondant de salive, il en est de même dans le duodénum. Le contraire a lieu dans l'estomac : l'ingestion de vinaigre étendu d'eau y produit moins d'efiet qu'un alcali faible qui y détermine des mouvements et le fait sécréter abondamment. On a cru voir, dans ces cas , une sorte d'affinité chimique entre la substance ingérée et le liquide sécrété par la partie avec laquelle elle se trouve en contact. C'est pour cela qu'on a dit que les sécrétions alcalines étaient activées par les aoidds, tandis que les alcalis étaient sans
(1) Voyez Leçons de physiologie eoopérifnerUalet t. Il» p. 3Si.
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action bien sensible sur ces mêmes sëerétions. L'inverse aurait lieu pour les sécrétions acides , qui, non influencées par les excitants acides , le seraient très vivement par les excitants alcalins.
On retrouverait des nerfs de sensibilité dans le poumoQ, qui jouissent là d'une sensibilité spéciale accusant le besoin de respirer; et ne traduisant, au point de vue de la douleur, que des sensations obtuses.
n en est de même pour le cœur, et très vraisembla- Uement aussi pour les vaisseaux, etc.
Nous trouvons, en résumé, que la sensibilité dans les organes profonds est inconsciente , incapable de provoquer des réactions volontaires et produisant seulement des réactions réflexes spéciales.
Quand on fait vibrer par le frottement les filets nerveux sympathiques dans Tabdomen , j'ai vu qu'on peut aussi déterminer des secousses violentes et des mouve* finents réflexes brusques dans les membres et dans les muscles de la vie extérieure.
D'après toutes ces observations, nous voyons qu'il y a évidemment des nerfs de mouvement et de sentiment dans le grand sympathique. Cependant on ne pourrait pas distinguer physiologiquement, dans le système du grand sympathique , deux ordres de racines nerveuses eaaentielleoieDt distinctes, dont Tune aurait des propriétés analogues à la racine antérieure, et l'autre à la racine postérieure.
Lorsque Ton examine les origines des nerfs grand et petit splanchnique, par exemple, on ne peut pas suivre leurs racines en rapport avec leurs propriétés.
Nous avons trouvé, pour les nerfs de la vie extérieure, que les racines postérieures sont sensibles; ici, il s*agis* sait de savoir si les filets ou les ganglions du grand sympathique qui ne sont en rapport qu'avec des sensa* tiens sans conscience dans l'état physiologique, ne sont pas susceptibles de manifester de la douleur lorsqu'on vient à les irriter.
M. Flourens a fait déjà des expériences à ce sujet (1), et nous en avons fait nous-mème. M. Flourens, en pratiquant des expériences sur des lapins, a admis que le ganglion semi-lunaire est doué constamment d'une vive sensibilité, tandis que le.s autres ganglions cervicaux ou thoraciques, n^en ont gardé que très peu ou pas du tout. Dans nos expériences qui seront rapportées à propos de l'histoire spéciale du grand sympathique , nous avons cru remarquer que tous les ganglions du grand sympathique étaient insensibles, quand on les pinçait sans exercer sur eux aucune espèce de tiraillement. Seulement le ganglion semi-lunaire détermine d'une manière très évidente des mouvements réflexes dans le tronc et même dans les membres de l'animal, mouvements qui pourraient être pris pour des mouvements de douleur; mais nous pensons que ce ne sont que des mouvements réflexes, car ils ont lieu, même plus fortement, chez un animal qui vient d'être sacrifié par la section du bulbe rachidien, par exemple.
Dans les autres ganglions du grand sympathique, les mouvements réflexes sont moins faciles à apercevoir.
(1) Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, Paris, i8/|2, iiî-8.