‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 91 sur 136 · SES PROPRIÉTÉS SENSITIVES ET MOTRICES · texte numérisé non relu

SES PROPRIÉTÉS SENSITIVES ET MOTRICES

Nous avons remarqué en outre que lorsqu'on pince les ganglions du grandsympathique, il y a, à Tendroit pincé, formation d'une espèce de contusion brunâtre; ce qui n'a pas lieu lorsqu'on pince les autres parties du système nerveux.

Quand on pince les filets même du grands sympathique dans le thorax ou dans le cou, je n'ai jamais vu de douleur développée ; mais on provoque cependant des mouvements réflexes. Ainsi, par exemple, quand on pince le bout supérieur du filet cervical du grand sympathique, on détermine des mouvements de déglutition.

Il est cependant certains états dans lesquels nous pouvons avoir conscience de la sensibilité de ces organes profonds. Dans les inflammations, par exemple, il est certain qu'il existe une sensibilité qui d'obscure est devenue évidente. Il est donc infiniment probable que dans les organes de la vie organique, comme dans ceux de la vie de relation, les deux modes de sensibilité existent ; avec cette diflérence, toutefois qu'à l'état normal l'une de ces sensibilités est masquée par l'autre , bien que dans des circonstances données le phénomène le plus obscur puisse à son tour prédominer et qu'il y ait telles circonstances dans lesquelles les rôles sont renversés.

Je vous rappelais tout à l'heure quelques-uns des phénomènes de sensibilité qu'on peut le plus facilement observer dans le tube intestinal. Je vous signalais, entre autres, la variété des effets obtenus par les excitants 'chimiques suivant la partie des voies digestives sur laqielle on les fait agir.

Les irritations chimiques, mécaniques ou galvaniques

semblent avoir sur le grand sympathique une acikm analogue à celle qu'elles ont sur les nerfs du système cérébro-spinal. Lorsqu'on galvanise, par exemple, le bout supérieur du filet cervical du grand sympathique, on produit des effets très remarquables sur les vaisseaux de la tète et sur les muscles de l'œil^ effets que nous examinerons plus tard.

Lorsqu'on galvanise le bout centrai, on n'd)serve rien de semblable. De sorte que le filet du grand sympathique réagit ici comme un nerf moteur pur, ne donnant pas de signe de sensibilité consciente ni inconsciente par son bout central, et donnant lieu à des actions motrices par F irritation de son bout périphérique.

Toutefois, il existe ce fait singulier que lorsque Tod pince seulement le même bout périphérique, on observe dans le pharynx des mouvements qui semblent être des mouvements réflexes. Dans ce cas , le ganglions cervical supérieur jouerait-il le rôle de centre pour un certain nombre de filets nerveux qui représenteraient la racine postérieure, tandis que les nerfs moteurs prendraient leur origine dans la moelle épinière? Le ganglion sym* pathique serait-il réellement un petit cerveau qui enver* rait à la moelle des filets sensitifs inconscients et moteurs, tandis que la moelle ne lui enverrait que des filets moteurs? Ce sont là des questions que font naître les particularités observées et sur lesquelles nous reviendrons.

Lorsqu'on galvanise les portions thoraciques ou abdominales du grand sympathique, on obtient des effets variables, et même dans certains points, on n'obtien» aucune action appréciable. Il en est de même, d'ailleui^i

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de la section des filets du grand sympathique dans diverses régions ou de l'ablation des différents ganglions sympathiques.

J'ai constaté que la section du filet cervical sympathique, l'ablation des ganglions cervicaux, du premier thoracique et du glanglion semi-lunaire, produisent une augmentation de chaleur, une activité plus grande de la circulation et amènent des inflammations violentes dans des circonstances déterminées; tandis que la section des grand et petit splanchniques, la section des nerfs qui entrent dans le foie , Tablation du ganglion lombaire dont les filets se rendent au rectum, ne produit aucun efiet semblable.

Ces indications suffisent pour montrer combien il fègne d'obscurité sur les fonctions de ce nerf, qu'il faut, jusqu'à nouvel ordre, distinguer du système cérébroipÎDal au point de vue d'un certain nombre de propriétés.

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