‹ Leçons sur la physiologie générale et comparée du système nerveux, faits au Muséum d'histoire naturelleChapitre 30 sur 36 · DE L INSTINCT ET DE L INTELLIGENCE · texte numérisé non relu

DE L INSTINCT ET DE L INTELLIGENCE

Des caractères distinctifs que Ton a établis entre l'instinct et l'intelligence. — Instincts relatifs à la conservation de l'individu, de l'espèce ; Castors, Abeilles, Fourmis. — De l'intelligence des animaux. — L'intelligence des animaux est-elle la même que celle de l'Homme ?

Nous avons étudié successivement les diverses parties du myélencéphale ; et, lorsque nous on sommes venus au cerveau proprement dit des Vertébrés, nous avons vu que la substance grise qui le constitue en partie est douée d'une activité trôs-tlifférente do celle que possède la substance grise des autres départements des centres nerveux, activité qui se retrouve, avec des caractères très-analogues, dans les ganglions cérébroïdes des Annelés et des Mollusques.

Cette activité en puissance, cotte virtualité, cesse à certains momentsd'ètrc in potenlia pour devenir in actu. C'est cette virtualité que nous désignons, suivant les cas, sous les noms d'instinct, d'intelligence, d'affectivité ; et ses manifestations actives sont ce que nous appelons les actes ou phénomènes instinctifs, intellectuels, affectifs.

Les facultés instinctives et intellectuelles, les facultés affectives, c'est-à-dire les penchants, les sentiments, les passions, et enfin ces tendances individuelles qui constituait le caractère, tels sont les attributs physiologiques spéciaux du cerveau proprement dit. Je n'ai l'intention de parler que de l'instinct et de l'intelligence* et dans l'étude sommaire que nous allons faire de ces deux facultés, nos prendrons pour guide M. Flourens, qui a surtout contriboé à dissiper les obscurités de ce difficile sujet.

De tout temps, ces questions ont préoccupé les philosophes; mais, pendant longtemps, elles n'étaient qu'une simple thèse de métaphysique, Vous connaissez tous le système de Descartes, et je n'ai pas besoin de vous entreteair ici de la célèbre théorie de l'automatisme des animaui, qu'il considérait comme des bêles-machines. Cette théorie, on le sait, fut adoptée par les disciples de Descartes ; et, naturellement, elle fut bientôt exagérée. Ainsi, pour expliquer l'antipathie du Mouton à l'égard du Loup, antipathie bien facile à comprendre, Gassendi admet qu'il y a des corpuscules qui émanent du Loup et qui frappent les yeux k Mouton, les blessent et les divisent cruellement. Buffon lui-même avait adopté ces doctrines et leur avait doni* l'appui de son nom. Vous trouverez dans ses œuvres oe> idées développées avec l'ampleur majestueuse qui était \t caractère de son génie.

Locke, Leibnitz, Condillac, ont également traite ee> questions avec de grands développements; mais c'est surtout avec Réaumur et G. Leroy que l'étude de l'instinct r' de l'intelligence sort du domaine puremeut psychologique et cherche des lumières dans l'observation directe des faits Dès que cette voie est ouverte, elle est suivie par de Getf.

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