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borne pas à prendre la nourriture qu'il rencontre, il cherchée se la procurer par tous les moyens; et, lorsqu'il doit se nourrir d'un autre animal plus agile et plus fort, il fabrique des pièges. L'Araignée tend les filets qui doivent arrêter au passage des Mouches ou d'autres insectes; et, dès qu'un prisonnier est en son pouvoir, elle le garrotte solidemont après lui avoir lait une piqûre envenimée, et mattrise ainsi ses derniers efforts. Je ne vous citerai encore qu'un exemple, parce qu'il faut me borner : c'est celui du Fourmilier ; il place, dit-on, auprès des fourmilières sa langue recouverte d'un enduit gluant, et il reste immobile jusqu'à ce que les Fourmis aient envahi en nombre suffisant ce piège animé, qui soudain rentre dans la bouche.
L'animal cherche aussi à se procurer sa nourriture en attaquant de vive force ou bien en suivant, comme un chasseur consommé, la piste d'un autre animal qui doit être sa proie, jusqu'à ce qu'il Tait rejoint dans les conditions qui lui seront le plus favorables. Mais les animaux ne se bornent pas à la chasse ou à la pêche ; ils semblent prévoir la saison pendant laquelle ils ne trouveront plus leur nourriture, et alors ils font des provisions comme l'Écureuil, le Hamster et tant d'autres. Ils construisent des magasins pour renfermer ces aliments, qu'ils cachent avec un soin jaloux, et c'est auprès de ces magasins qu'ils établissent leurs demeures, en déployant dans cette édification une prévoyance des plus merveilleuses. S'ils doivent hiverner, ils se retirent dans un endroit isolé, abrité des vents; et ils creusent pour s'isoler le plus possible du froid extérieur ; d'autres ménagent plusieurs issues afin de s'assurer une retraite dans le cas où le danger les menacerait, et si leur demeure menace ruine, ils l'abandonnent. Enfin, si une demeure ne suffit pas
à les protéger contre l'intempérie des saisons, ils émigré* et vont chercher un climat plus favorable, ou une nourriture assurée t comme les Hirondelles, les Corbeaux, les logeons, etc. Pour me résumer, vous voyez que l'animal, ifii d'assurer la conservation de l'individu, varie sa nourriture, construit des pièges, amasse des provisions, élève ou crac des demeures et entreprend des voyages, Telles sont la»ni restations de l'instinct appliqué a un but bien déterminr, et Tanîmal exécute ces actes avec une sorte de fatalité d d'une façon irrésistible.
Ce n'est pas seulement l'individu qu'il faut protéger. mais aussi l'espèce ; et dans ce but apparaissent des instinct» spéciaux, tels que celui de la propagation» qui rappwèi les sexes. Cbez les Oiseaux, une tendance instinctif? b pousse à construire des nids qui sont parfois de vêrilibte chefs-d'œuvre d'architecture, construits avec une fueraitleuse précision,- pour mettre les œufs à l'abri de tous b dangers; lorsque ces œufs sont pondus, la mère lésera* avec persévérance: a ce moment, tous les antres iustinds paraissent éteints chez elle par l'instinct de l'îucubilkv. Ces précautions ne sont pas le privilège exclusif <k Oiseaux ; les animaux ne déposent pas leurs œufe tf leurs petits au hasard; ils choisissent avec uneMP apparente le lieu qui sera le plus propre à leur dévêtons in ont ; et, daiis un certain nombre d'espèces, «u«W après la naissance des petits, les parents s'occupent * leur éducation. Les Carnassiers se îont suivre de leiu* petits, lorsqu'ils croient pouvoir le faire sans danger, fl«» jours-là ils ne font que de très-courtes étapes pour les toi* tuer progressivement a la fatigue- bureau de la M&1W & observé des Oiseaux de proie, qui avaient élu don n cite d»
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la cour du Louvre, et qui apportaient au nid des proies vivantes, pour habituer leurs petits à les poursuivre et à s'en repaître. Certains Insectes, après avoir pondu leurs œufs, déposent auprès de ces œufs de véritables magasins de matière animale ou de matière végétale, qui serviront de nourriture aux larves dès leur naissance. Je vous ai déjà entretenu de l'admirable instinct du Sphex. Il ne tue pas les animaux qui doivent être dévorés par ses larves, mais il se contente de leur piquer les ganglions sous-oesophagien et thoracique: cette lésion détermine une sorte de léthargie chez l'animal ainsi piqué, et la proie se conserve saus se dessécher jusqu'au moment où elle servira de nourriture aux larves. Les exemples que je pourrais vous citer de cette sorte d'instinct sont très -nombreux; je mentionne rapidement l'instinct des Papillons, qui vont pondre leurs œufs sur les plantes où la larve trouvera, dès sa naissance, la nourriture qui lui convient; d'autres Insectes, les Ichneumons, par exemple, déposent leurs œufs dans le corps des Chenilles vivantes : les larves qui naissent de ces œufs se nourrissent aux dépens de la Chenille qu'elles habitent, et la font ainsi périr avant qu'elle puisse accomplir ses métamorphoses; le Nécrophore pond ses œufs dans le cadavre d'une Taupe ou d'un Rat qu'il enterre. Mais je veux in 'arrêter quelques instants à la remarquable étude du Xycolope que nous a laissée Réaumur. Cet Insecte pond ses œufs dans des morceaux de bois. Il pratique sur la partie libre d'uu morceau de bois, d'un échalas par exemple, un trou vertical qui devient l'entrée d'un canal que le Xycolope creuse jusqu'à une grande profondeur. Lorsque ce canal a la profondeur voulue, l'Insecte dépose dans sa partie inférieure un premier œuf
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et une certaine~quantité de matières alimentaires. Il établit au-dessus de cet œuf une cloison transversale, avec de la salive et de la poussière de bois ; puis, au-dessus de cette cloison, il pond un second œuf, fabrique une nouvelle cloison, et ainsi de suite jusqu a l'entrée de cette espèce de puits. Enfin, disons que le Xycolope a eu soin de percer au niveau de chaque loge un pertuis perpendiculaire à la dire* ction verticale des loges, et allant de l'intérieur de la loge jusqu'à la surface extérieure du morceau de bois. De cette façon, l'Insecte, une fois les métamorphoses achevées, peut sortir sans peine de sa loge.
Je viens de vous montrer les instincts qui assurent l'existence de l'individu et la conservation de l'espèce; mais il est encore une classe très-intéressante d'instincts : ce sont ceui qui président aux rapports de l'individu avec ses semblables, et je dois vous dire quelques mots de ces instincts sociaux.
Parmi les Mammifères, vous connaissez ces instincts à un degré très-élevé chez les Castors. Vous savez qu'à l'approche de l'hiver, les Castors se réunissent en groupes plus ou moins nombreux, pour se construire en commun des habitations qui sont bâties avec la plus remarquable industrie.
Chez les Oiseaux, ces instincts sont assez rares: on ue cite guère que le Républicain {Loœia soda) qui présente ces tendances sociales. J'ai hâte d'arriver aux Insectes qui, comme les Abeilles, les Fourmis et les Termites, nous offrent plus d'un point de ressemblance avec les sociétés humaines.
Les Abeilles sont placées sous le régime de la royauté. La ruche ne contient qu'une seule femelle féconde, c'est la reine ; il y a un bon nombre de mâles ou faux-bourdon*.
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lesquels ne participent pas aux travaux, et ces mâles, une fois qu'ils ont fécondé la reine, sont destinés à disparaître, dispersés ou mis à mort par les ouvrières. Celles-ci, au nombre de plusieurs milliers, femelles stériles dites neutres, se livrent sans relâche aux plus durs labeurs. Ce sont les ouvrières qui construisent les innombrables loges garnissant la ruche, et ces loges ont des destinations diverses : les unes servent de magasins, d'autres servent de chambres pour réclusion des œufs. C'est dans chacune de ces chambres que la femelle dépose un de ses œufs ; et alors certaines ouvrières remplissent les fonctions de nourrices, et le font avec la plus grande sollicitude. Vous savez tous que les œufs, qui doivent donner naissance à des femelles fécondes, sont pondus dans des loges un peu différentes des autres, comme forme et comme dimensions, que les larves qui naissent de ces œufs sont nourries d'une façon particulière, et que la nourriture, pour toutes les larves, varie suivant Page. Vous n'ignorez pas non plus que lorsque la femelle n'a pas pondu dans les cellules dites royales, les ouvrières, en y portantdes larves de neutres, prises dans des cellules ordinaires, et en leur donnant l'alimentation destinée aux larves de reine, modifient assez leur développement pour en faire des reines. Quelle singulière complication d'instincts 1 Et encore que de détails ne faudrait-il pas ajouter à ceux que je viens de vous indiquer pour faire une énumération complète de ces instincts 1
Le spectacle que nous offrent les sociétés des Fourmis est peut-être plus merveilleux encore : mais malheureusement je ne puis vous en dire aussi que quelques mots. La division de ce petit peuple est assez analogue à celle des Abeilles. Il y a des mâles, des femelles et des neutres qu'on
nomme aussi ouvrières ; mais, au lieu d'une femelle unique, nous en trouvons plusieurs. Les ouvrières, qui sont des femelles stériles, sont dépourvues d'ailes ; les femelles et les mâles sont ailés: les mâles meurent peu de temps après la fécondation des femelles; celles-ci détachent alors elles mêmes leurs propres ailes, et, rentrées dans l'habitation, y sont retenues prisonnières par les ouvrières. C'est sur les ouvrières que je veux surtout attirer votre attention. Les ouvrières construisent les fourmilières, creusent des galeries qui se superposent et sont étayées avec soin pour éviter les éboulements. Dans ces galeries, comme chez les Abeilles, on retrouve des logements et des chambres pour les œufs. Tandis que certaines ouvrières vont chercher plus ou moins loin, soitdes matériaux de construction, soit de la nourriture, d'autres sont occupées à transporter les œufs et les la nés en dehors des galeries pour les exposer au soleil. Elles veillent sur ces œufs et les transportent plus loin dès que l'ombre envahit l'eudroit qu'ils occupaient. Après la naissance des larves, les ouvrières les nourrissent en leur présentant des matières qu'elles dégorgent. Les Fourmis sont très-avides d'une liqueur sucrée qui sort, sous l'influence des excitations, des poils tubuleux situés à l'extrémité de l'abdomen chez les Pucerons. Pour faire sortir ce suc, elles frottent légèrement avec leursan tenues l'abdomen et les poils abdominaux dçsPucerons. Nou-seulemeut les Fourmis vonta la recherche des Pucerons pour s'emparer de cette liqueur, mais encore un instinct bien remarquable les pousse à apporter ces Pucerons sur les tiges voisines de leurs habitations, de façon à les avoir à leur portée. Les Pucerons deviennent ainsi pour les Fourmis des sortes de Vaches laitières, d'où le mot de Linné : Aphis formicarum vacca.
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Les Fourmis de certaines espèces ne se bornent pas à ces travaux pacifiques, et parfois, pour faire la guerre à d'autres espèces, la communauté met de véritables armées en campagne. Il y a, du reste, dans quelques espèces de Fourmis et aussi parmi les Termites, des indivdus que les naturalistes nomment les soldats, qui sont des neutres comme les ouvrières, et qui paraissent chargés tout spéciale* ment de la défense et de l'attaque dans les guerres que se font les tribus hostiles. Ils sont très-reconnaissables , en ce qu'ils ont, en général, une tête plus grosse que celle des ouvrières, desmandibulesplus puissantes, une taille plusgrande et une forme quelque peu différente. Les Fourmis d'une tribu partent donc parfois à la recherche d'une fourmilière d'une autre tribu et l'envahissent, non point dans un but aveugle, mais pour la piller. Parfois elles établissent leur domicile dansles foyers des vaincus ; mais un plus curieux instinct les pousse souvent à transporter les larves dans leur propre fourmilière; et, lorsque ces larves seront développées, le vainqueur leur impose le joug de l'esclavage. On voit alors les esclaves s'adonner à tous les travaux, tandis que leurs maîtres se livrent désormais à l'oisiveté. Quelles singulières manifestations de l'instinct ! Ne croirait-on pas avoir sous les yeux le tableau d'une société humaine des anciens temps !
Si nous cherchons à trouver dans l'esquisse que je viens de tracer les caractères fondamentaux de l'instinct, nous constatons que tous les actes qui lui sont dus semblent les résultats de décisions intellectuelles prises, avec une extrême perspicacité, en vue du but à atteindre : mais nous reconnaissons tout aussitôt qu'ils se produisent, en n'alité, sous une influence impérieuse, qui domine Ta-
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tirai «M» contraint à tffoiniqae, Ai m*m ponte drooBstsooes prtaeipde» dé m M** o» «sjfcsB fomp» .HdUnentita des fasJLtétf qui ooostïtastrt l'fatattigefieet eoitont ta«éawire, rimigioltiM, ls ae«Maf,ate»lt» voyons-flot» pas, en «At, pour m àbt qatd«ex«mf>lef<lédsib,<iwpliiae^ lsi plut rem*rqiltou3ndetf à atteindre mi but dont r** mal ne peut irai* moum notion î L'Insecte qui n'as** ooDBUiti nmodion et qui ne verra pas m pHEjèatoi, hrf préparé detttittHmti dont fl ne pourrait pts s* aosrir hti-nétnê) l'Oiseau qui oit «été dans une ctge, IM des variations de température, «t séparé d*m» fcea •Mkiedeë&nimtdxaeml^blMàlo^épnKrte.a^iMMai dt leur migration, le plus vident désir d'exéj&fer II même; '.voyage qu'eut} etc. On peut obmptrer, a*s P. Gtnrier, l'instinct à ces ftetes que l'habitude s fhrisff soustraire plus ou moins complètement au contrôle de l'intelligence et de la volonté; mais cette comparaison lais» évidemment beaucoup à désirer. Il me semble préférable de considérer l'instinct, avec G. Cuvier et M. Flourm comme un mode d'activité distinct et spécial de certaine! parties des centres nerveux, au môme titre que la sensfl* lité, l'exoito-inotricité, l'intelligence. En tout cas, il M l'avouer, quoiqu'on sente bien que l'instinct pur diffère i l'intelligence véritable, il n'est pas aisé de tracer nettenett leurs caractères distinctifs.
On a établi un contraste entre l'instinct et l'intelligence; mais il est facile de voir que les traits de ce contraste snn bien forcés, ou, du moins, que l'opposition est beaoco*/ moibs tranchée qu'on ne le suppose. Tout, a-t-on dit, ds* l'instinct, est aveugle, nécessaire et invariable; tandis ««