‹ Leçons sur la physiologie générale et comparée du systéme nerveuxChapitre 17 sur 49 · QUINZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUINZIÈME LEÇON

9 juillet 186&.

lIOStLB ÉPiMÉRfe.

Notions sommaires sur ranalomie physiologi()ue de la moelle épinière. — Relations des faisceaux de la moelle avecrencéphale, avec la substance gnse de la moelle, avec les racines des nerfs. — Relations de ces racines avec les diverses parties cle la moelle ëpîmère.

La plupart des tierft sensîtîFs et moteurs ont leurs points de terminaison ou d'origine dans la moelle {épînièré, et cet organe sert ainsi d'intermédiaiire entre ces nerfs et l'encéphale. C'est en passant p4r là moelle, eh effet, qtre tes incitations volontaires viêrtheiit tnfettre eh action l'e ^lus grtiod nombre des rterfs moleulrs ; te'est aussi en passant par elle que presque tontes les împt'essiohs sont cohdhîtes aui parties de l'encéphale où eltes doivent se changer eh sensations. D'autre part, la niôelfe épinière est i'orgàne principal des actions réflexes. Pour étudier stes fohfelîôhS, il est dohc néteessaire de se placer successivement à deux points de vue. On doit l'envisager d'abotd comme organe conducteur, ptiis comme centre nerveux.

Mais avant d'aborder l'étude physiologique, il convient d'indiquer d'une façon très-sommaire les notions relatives soit à la structure, soit à la texture de cet oi^ane, qui peuvent fournir des données à la solution de quelques-uns des problèmes soulevés par cette étude.

Placée dans le canal qui est creusé au milieu des vertèbres, la moelle épinière ne se prolonge jusqu'à l'extrémité de la colonne vertébrale que chez un certain nombre de Vertébrés. Chez d'autres, chez les Mammifères par exemple, elle se termine à une distance plus ou moins grande de cette extrémité. Ainsi, chez l'Homme, elle ne dépasse pas la seconde vertèbre lombaire, qu'elle n'atteint même pas toujours, et, au-dessous de ce point, elle n'est plus représentée que par un prolongement grêle qui a reçu le nom de filum terminale.

Chez certains Vertébrés, ainsi que je l'ai dît, la moelle se prolonge jusqu'à l'extrémité de la colonne vertébrale, chez les Reptiles, par exemple, chez les Batraciens urodèles, chez la plupart des Poissons. Mais, chez certains animaux, la moelle est beaucoup plus courte relativement qu'elle ne l'est chez l'Homme. Ainsi chez les Chiroptères, chez le Hérisson, chez TEchidné, elle se termine au milieu de la région dorsale, fait d'autant plus remarquable pour ce dernier animal, comme le fait observer M. Stannius, que chez l'Ornithorhynque la moelle ne se termine que dans le canal des vertèbres sacrées. Chei la Baudroie (Lophius pùcatorius) et chez le Poisson-lune {Orthragoriscus mola) , Ârsaky a montré que la moelle dépasse à peine la cavité crânienne, et que le canal vertébral ne contient que la queve de cheval. Chez la Baudroie, en effet, la moelle paraît se terminer à la

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partie postérieure de lacavité crânienne; mais si Ton écarte les nombreux filets qui constituent la queue de cheval, on peut voir un cordon cylindrique, assez grêle, qui continue manifestement la moelle épinière en représentant le filum terminale, et que Ton suit presque jusqu'à Textrémité de la colonne vertébrale. Ce cordon est, en grande partie, de coloration grise ; mais on y distingue cependant, sur les parties latérales, des bandes longitudinales blanches formées de faisceaux de fibres nerveuses ; et Ton voit, de distance en distance, se détacher symétriquement de ces parties latérales, des filaments nerveux, véritables paires nerveuses rachidiennes. Celte disposition ne fait, du reste, que reproduire, en l'exagérant , celle que présente le filum terminale chez l'Homme lui*mème. D'après nos dissections, ce cordon se terminerait, comme cela a lieu pour la moelle chez plusieurs Poissons, par un renflement d'apparence ganglionnaire d'où partiraient les nerfs destinés à la nageoire caudale. Je mets sous vos yeux une préparation qui vous montre clairement ces particularités, sauf la dernière, l'extrémité du /ilum terminale n*ayanl pas pu être conservée. Chez le Poisson-lune, la moelle épinière se termine bien certaiiie- Dient vers la partie postérieure de la cavité crânienne, par deux cordons très-grêles et contigus, d'apparence ligamenteuse, répondant aux deux moitiés de la moelle, et que l'on perd presque aussitôt de vue, au milieu des nombreux nerfs qui forment une touffe volumineuse en arrière de la moelle. Le canal vertébral, ouvert jusqu'à Textrémité du corps, ne contient que les prolongements de cette touffe constituant la queue de cheval. Il n'y a pas de cordon grisâtre situé au milieu des nombreux

nerfs qui constituent cette queue de cheval, comme chez h Baudroie; et, à l*extrértiité postérieure du canal vertébral, on ne trouve aucun renflement ganglionnaire terminal. Un fait bien digne d'attention, c'est le développement énorme des ganglions du système nervenx sympathiiiiue, dans la partie postérieure du corps, chez le Poisson-lune. Peut-être en est-il de même chez la Baudr^oie, où se trouve la condition semblable de l'absence de véritable taoelte épinièreintra-vertébrale; mais jusqu'ici nous n'avons pas pu examiner l'état du système sympathiq^ie chez v» Poisson.

La moelle, qui est légèretneht aplatie d'avant en arriéra chez l'Homme et chez certains animaux, affecte,chez tin bon nombre d'autres animaux, une forme à peu prtsfeytîndrftjue. Chez la Lamproie, ainsi que vous pouvez vous en assurer, elle a la forme d'tin truban aplati, élastique^ et elte possédé une ténacité remarquable: on peut en eflfet, aprè6 aVoir coupé la tête et l'extrémité de la queue de l'anîhial, extraire toute la moelle ^ns la déchirer, eti la saisissant entre les mors d'une pince dans le canal vertébral, presque à l'origine de ce canal, et en la tirant à soi.

On sait que, chez les Mammifères, le cordota rachidien offre deux renflements qui correspondent, l'uti à Tor^ne des nerfs des membres antérieurs, lautre à l'origine des nerfs des membres postérieurs. Ces renflements se retrouvent chez la plupart des Vertébrés quadrupèdes, et sont plus ou moins volumineux, suivant les animaux, et surtout suivant que les membres auxquels ils fournissent des toerfs sont destinés à exécuter des mouvements plus énergiques, ou qu'ils sont destinés à servir d'organes tactiles plus ou moins parfaits. Chez certains Vertébrés, on a avancé que

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les lieliâéttiehls soûl j[)lus noliibreu t . Aitisî , d'après Arsaky , la moelle éjiihîèrë du Poîsson-luhe pWsehteï^aît plusieurs renflements. J'ai pu me convaincre que cette assertion est inexacte. La moelte 'épîhfêi* qui, tehez un indiVidu de moyenne laille, n'a pas plus d'un ceutimètt*e de longueur, à partir deTeitiiémité postérieure du tervélet, n*a pas uû volume bien plàs Considérable que t^hez les autres Poissons^ et il u'y a rieil qui dortub l'idée de renflements succtessifs. Suivarit Cânis et Dugès, il y aurait, chez les Opfiidietis; un léger r'enfl^ement à Torigine de chaque paire de nerfs. M. de QUatréfiiges a tconslaté une dispôsilioi) semblable chez VAmphioamÈ, et M. Faivre a décrit des rtetthements du mônie genre chez te Lump (Cydàpterus hMp^). Nous avons pu étudier \A moelte de plusieurs Liim^, et tïous aVons reconnu qu'il n'y a pas de reuflbmettls: vous pouvez vous eu convaincre par vousmémes/en eiâmiuant cette moelle de Lump. Probablement M. Faivre aura eu à sa dispo^tion un individu déjà altéré. Mais rexistenc^ dé renflements au niveau de l'origine de chaque ^ttirt dé nefrft paraît certaine cheiYAmphioxus^ et c'est là Un fait intéré^Ut, car chez cet animal, le dernier des Vertébrés, Oîi trouve ainsi une transition entre la moelle épitiière et; la chaîne ganglionnaire des Arthrozoaires.

Je ne vons parlet^i bi des sillons, ni des cordons de la moelle épinière, ni de ses enVeteppes : ce sont là certainement des détails Irts-inipôrtànts d'àflatomie descriptive; mais je ne puis m'^en occuper ici, et j'ai hâte d'arriver aux notions qui peuvent servir directement à nos études physiotoîgîques. J'arrive donc immédiatement à l'indication des parties constituantes de la moelte épiniêre. Nous prenons *

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toujours les Vertébrés supérieurs et plus particulièrement

les Mammifères, comme types, pour nos aperçus généraux.

Quand on fait une section transversale de la moelle, on voit tout d'abord, comme vous le savez, qu'elle est formée de deux substances de couleur différente. La substance la plus externe, qui sert comme d'enveloppe à la substance centrale, est blanche. L'autre, au contraire, est grise.

Les divers cordons de la moelle, sorte d'enveloppe corticale, sont formés de substance blanche exclusivement. Quels sont les éléments constituants de la substance blanche? Us sont les mêmes que ceux des nerfs; la substance blanche corticale est composée de faisceaux de fibres nerveuses dirigées pour la plupart suivant l'axe de la moelle, plus grêles que celles des nerfs, revêtues d'une enveloppe conjonctive plus ténue. Au milieu de ces faisceaux se trouve du tissu conjonctif et des vaisseaux. Le tissu conjonctif forme une couche mince appliquée sur la surface de la moelle épinière et remplit les sillons antérieurs et postérieurs. De ce tissu partent des prolongements qui s'enfoncent entre les fibres nerveuses, entourent chacune d'elles, et traversent ainsi toute l'épaisseur des faisceaux de la moelle pour aller se rendre dans la substance grise. Il constitue une sorte de gangue qui cimente tous les éléments anatomiques nerveux, ou éléments nobles; il joue du reste ici, comme partout ailleurs, le rôle physiologique important que les travaux de M. Virchow ont fait connaître: il sert de voie aux matériaux destinés à la nutrition intime.

La substance grise, substance médullaire de la moelle épinière, est constituée par des éléments divers, que nous

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