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dont je vous ai prorais rhistoire, je serai contraint d'être incomplet.
C'est que la physiologie du système nerveux est aujourd'hui la partie la plus étendue de toute la physiologie ; et chaque jour, pour ainsi dire, elle fait dé nouveaux pas.
Pour voir la marche rapide que prennent certaines parties d'une science, à un moment déterminé, nous n'avons qu'à jeter un rapide coup d'œil sur l'état de la physiologie du système nerveux avant ce siècle. Sauf quelques notions vagues, on peut dire que jusqu'à Galien, ou du moins jusqu'à ses prédécesseurs presque immédiats, on était sur ce sujet dans une profonde ignorance : on ne distinguait même pas les nerfs des tendons ; et, quant aux centres nerveux, si Ton veut savoir on en étaient les connaissances à cet égard, il n'y a qu'à citer l'opinion d'Aristote sur ce sujet. Il considérait le cerveau comme un viscère inerte n'ayant d'autre usage que de servir à réfrigérer le cœur ; et il plaçait le siège de Tâme raisonnable dans le cœur qu'il regardait comme le point de départ des nerfs. Et cette opinion doit nous surprendre d'autant plus, qu'avant Aristote, Hippocrate avait écrit que l'intelligence et les passions avaient le cerveau pour siège. Avec Galien, les choses changent; il fait déjà de belles expériences sur les centres nerveux, sur la moelle épinière ; il en fait aussi sur les nerfs : il sait que la section des nerfs récurrents produit l'aphonie. On pourrait croire que l'impulsion est donnée, que les successeurs de Galien vont se précipiter dans la voie qu'il leur a ouverte ; et cependant, nous ne trouvons rien de plus pendant plusieurs siècles.
Il faut arriver jusqu'au milieu du siècle dernier pour trouver un progrès important, dans cette partie de la phy-
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siologie. C'est celui qu'a réalise Haller en montrant que la sensibilité appartient exclusivement aux nerfs. Mais, on peut le dire, c'est seulement dans le xix' siècle, que s'est réellement constituée la physiologie du système nerveux. Le xvii' siècle a eu ses grandes découvertes : celle de la circulalion du sang par Harvey, celle de la circulation de la lymphe parPecquet. Le dix-huitième a vu Haller découvrir Tirritabilité musculaire ; et Lavoisier, la véritable théorie de la respiration. Le dix-neuvièoie enfln n'a rien à envier à œux qui l'ont précédé. La physiologie des nerfs, de la moelle épinière, du système grand sympathique, celle de l'encéphale, telles sont, entre autres, les conquêtes physiologiques qu'il peut revendiquer.
Ne soyons donc pas trop louangeurs des siècles passés, notre temps a été l'un des plus heureusement féconds. Non-seulement notre siècle a vu naître les plus belles applications pratiques de la science, dont quelques-unes ont profondément modifié la vie sociale ; mais il a vu aussi se produire, dans le domaine des sciences pures, des progrès inespérés qui élargissent de plus en plus le cercle des jouissances les plus fortes et les plus pures, celles de la pensée.