‹ Leçons sur la poésie sacrée des hébreux (volume 2)Chapitre 10 sur 39 · DU TRADUCTEUR- XVII · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR- XVII

et nous montre sous leur vrai jour une foule de tableaux qui ont pu offenser la fausse délicatesse de certains esprits , par la seule raison qu'ils s'éloignent de nos opinions et de nos usages. Ce livre est surtout propre à venger les saintes Ecritures et leurs divins auteurs , du ridicule qu'ont voulu répandre sur eux des écrivains téméraires autant que mal instruits en ces matières. Sans doute que la divinité de nos livres saints est indépendante des qualités de l'éiocution et du mérite littéraire ; et la simplicité des historiens sacrés est aussi compatible avec l'inspiration céleste que la sublimité et le pathétique des Prophètes ; mais l'Esprit saint en empruntant leur organe pour instruire les hommes , n'a pu s'énoncer d'une manière ridicule. M. Lowth , en indiquant , dans un nombre infini d'endroits , l'origine ou la cause de ces traits singuliers dont on avait abusé pour se jouer de la crédulité des esprits inattentifs , en démontrant de la manière la plus lumineuse , par des remarques aussi ingénieuses que savantes sur les mœurs , les usages et le génie des Hébreux , que ces traits qui nous étonnent , étaient, pour ce peuple , pleins de sens et de raison , dissipera des préjugés trop accrédités , et contribuera à rendre a nos oracles divins tout leur lustre et toute leur gloire.

Enfin , nous tous qui vénérons les saintes Ecritures , comme le dépôt de nos plus chères espérances , et qui devons recueillir avec un soin religieux tout ce qui en manifeste l'intégrité , nous trouverons dans les Leçons sur la Poésie sacrée des Hébreux de nouveaux argumens pour en défendre avec une force invincible l'authenticité. Nous ne citerons qu'un seul exemple en ce genre. Il nous a paru d'une trop grande importance pour que nous n'ayons pas cru devoir le détacher de tout le reste , et le présenter ainsi dans toute son énergie. Des auteurs modernes , incapables de lire une ligne des livres saints dans le texte original , n'ont pas craint d'avancer , dans

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leur présomptueuse ignorance, que le Pentateuque n'était pas l'ouvrage de Moïse, qu'il n'avait été écrit qu'au retour de la captivité de Babylone , et qu'Esdras en était le véritable auteur. Leur système téméraire a déjà été réfuté et mis en poudre par les démonstrations les plus victorieuses, mais ne rougiront-ils pas en entendant M. Lowth et M. Michaélis , ces savans si versés dans la connaissance de la langue sainte , si capables d'en apprécier la pureté , l'élégance , les variations , se réunir pour déclarer que le Pentateuque offre le modèle le plus parfait du langage hébraïque ; que le siècle de Moïse et de Job fut l'âge d'or de cette langue ; que depuis ce siècle jusqu'à la captivité , elle alla toujours en s' altérant ; qu'après le retour de Babylone , sa pureté primitive se trouva entièrement corrompue ; et qu'attribuer les livres qui portent le nom de Moïse à un écrivain postérieur au rétablissement de Jérusalem , c'est imiter les rêveries du P. Hardouin qui osa prétendre que les productions si achevées du siècle d'Auguste étaient sorties de la plume barbare des écrivains du moyen âge ? De ce fait incontestable ne résulte-t-il pas , en faveur de l'authenticité du Pentateuque , une preuve qu'on peut appeler matérielle , et qui est hors de toute réplique ?

Puisse le travail que nous avons entrepris, et que nous présentons aujourd'hui au public , contribuer à répandre ces idées remplies de vérité et de sagesse , à guérir des préjugés injustes , et à restituer à des objets dignes de nos plus humbles respects , tout l'éclat qui leur appartient ! Tel est le but que nous nous sommes proposé en nous y livrant, et nous nous trouverons bien dédommagés de nos soins , lors même que nous ne l'aurions atteint qu'en partie.

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