LEÇON TROISIÈME
Que la Poésie des Hébreux est métrique.
Sommaire. Preuves que fournissent sur ce point les poèmes alphabétiques. Du dialecte poétique. Propriétés de cette versification. Son rhythme proprement dit est perdu. Conformation de la période poétique. Différence entre la Poésie des Hébreux et celle des Grecs et des Latins , en ce point.
Un commençant à nous occuper de la Poésie sacrée des Hébreux , nous avons à examiner d'abord quelle était la nature de leur versification ; question difficile et environnée d'obscurités , que nous aurions volontiers évitée , si le plan que nous nous sommes tracé nous l'eût permis. Mais puisque c'est une loi indispensable , une condition essentielle pour toute Poésie , d'être astreinte à un rhythme déterminé , et asservie à quelque mesure ; qu'en s'écartant de cette règle , non-seulement elle perd sa douceur et son principal agrément , mais même ne mérite plus le nom de Poésie ; celui qui entre-
prend de traiter de la Poésie hébraïque ne peut se dispenser de se livrer à cette recherche, pour montrer au moins que celles des compositions des Hébreux, qu'on regarde comme poétiques, sont soumises à une mesure , et s'assurer s'il est possible d'acquérir quelques notions certaines sur la nature de leur versification. C'est de ce point que nous allons entreprendre l'examen , non dans l'espoir d'y porter beaucoup de lumière , mais pour reconnaître jusqu'où il est susceptible d'être éclairci. Nous nous contenterons de quelques observations succinctes ; et nous userons , en môme temps , de beaucoup de circonspection , nous bornant à effleurer une matière que nous ne craignons pas de comparer à un détroit fameux par beaucoup de naufrages.
Et d'abord , une attention même légère suffit pour acquérir la certitude que parmi les écrits des Hébreux , il en est quelques-uns qui nonseulement sont animés de tout le feu de la Poésie, mais qui encore sont soumis à un nombre et à une mesure déterminés , quoique plusieurs savans aient embrassé une opinion contraire. Partout , en effet , se montrent encore des débris et des traces de versification qui auraient eu peine à se conserver dans toute autre langue dont la prononciation , comme celle de l'hébreu , se serait entièrement perdue par une suite des accidens divers qu'entraîne nécessairement une si haute antiquité.
Les poètes hébreux faisaient usage d'une sorte de mécanisme qui semble avoir été principalement inventé pour le soulagement de la mémoire. Avaient-ils à retracer des choses , à exprimer des pensées détachées , et qui , par la nature et la disposition du sujet, n'avaient au-
des hébreux, i. Part. Leçon 3. 55 cune liaison entr'elles ? ils avaient soin alors de suivre Tordre de l'alphabet dans la lettre initiale de chaque verset ou strophe. Il existe encore aujourd'hui, dans les Poésies sacrées, beaucoup d'exemples de cette pratique, (i) Nous trouvons donc là, d'une manière bien évidente et bien sensible , des phrases marquées de certains signes déterminés , et renfermées dans des limites fixes. Or , il est imposible de penser qu'un semblable procédé ait été observé à l'égard des différens membres d'un discours en prose, surtout si , comparant ces phrases entr'elles , on fait attention qu'elles ont presque toujours une longueur symétrique , et qu'elles sont circonscrites dans des espaces si réguliers , que souvent le nombre des mots, et quelquefois même celui des syllabes de l'une est égal au nombre des mots ou des syllabes de l'autre. Ainsi donc, quoiqu'il soit impossible d'avoir recours ici au jugement de l'oreille , la simple vue suffit pour reconnaître que toutes ces compositions nonseulement sont astreintes à la mesure poétique, mais encore que le soin le plus exact a été mis en usage pour en compasser l'étendue.
La Poésie hébraïque a un autre procédé qui est exclusivement réservé au discours mesuré. En effet , ce n'est qu'à des écrivains assujettis à un ordre fixe pour les pieds et pour le rhythme, qu'est accordée la liberté d'employer des termes qui s'écartent des lois et des usages ordinaires de la langue , ainsi que de son analogie , et de pouvoir les alonger ou les raccou-
(1) Note de M. Loyvth. — Vo5Tez les Psaumes 24 , 53 , 36, 110 , m , 118 , i44 î le chap. 3x du livre des Proverbes , depuis le verset 10 jusqu'à la fin , et les Lamentations de Jerémie , à l'exception du dernier chapitre.
cir par l'addition ou le retranchement de quelques syllabes. L'effet de cette pratique est moins ae fournir au poète le moyen de remplir la mesure avec facilité , que de prévenir le dégoût par la variété des sons , de répandre sur 1 ensemble du style une couleur particulière , et de lui assurer une noblesse qui le distingue du langage vulgaire. La Poésie a toujours fait usage de ce procédé, en tenant compte cependant du génie particulier à chaque idiome. On le reconnaît principalement à deux caractères ; à l'emploi des termes étrangers , et à certaines anomalies ou formes inusitées des expressions reçues. (1) On sait tout ce que se sont permis sur ce point les poètes grecs , dont la langue , à cause de la variété et de la richesse des dialectes en usage dans les divers Etats de la Grèce , était si favorable à ces sortes de licences. Après les Grecs, nul autre peuple n'a joui à cet égard d'une plus grande liberté que les Hébreux , qui , soit par l'emploi des termes étrangers , soit par celui des mots irréguliers , et surtout de certaines particules réservées au discours mesuré , et qu'ils ajoutaient quelquefois à la fin des mots , surent répandre de la variété sur leur style , et se créer une sorte de dialecte poétique. (2)
(1) Aristot. Poet. cap. 22.
(2) Note du Traducteur. — Après avoir rapporté dans une note une foule d'exemples de ces additions et de ces retrancbemens, l'auteur ajoute :
« Telles sont à peu près les diverses anomalies dont se » compose le dialecte poétique des Hébreux. Mais afin de » faire mieux sentir de quelle licence usent à cet égard les » poètes sacrés , nous citerons le passage suivant , d'Abar- » banel. Ce savant Rabbin dit ( in Mantiss. dissert, ad libr. » Cosri. edit. Basil. 1660, p. 4i2. ) : Vousvoyez dans ce canti- » que (celui de Moïse, exod. ch. i5. ), qu'à cause de la me' » sure , quelquefois les mots se contractent ; que d'autres fois
des hébreux, i. Part, Leçon 3. 5y Nous croyons doue pouvoir affirmer , sans crainte d'erreur , que la Poésie des Hébreux est une Poésie métrique ; et qu'il nous soit permis de faire remarquer deux propriétés de ces vers ou divisions , qu'il est facile d'apercevoir dans les pièces dont les versets ou strophes sont marqués et distingués par les lettres initiales, et que par conjecture on peut attribuera toutes les autres. La première , c'est que ces vers diffèrent en longueur ; les plus courts sont composés de six ou sept syllabes , et les plus longs en ont à peu près le double : de telle sorte cependant que le plus souvent dans toute l'étendue d'un poème, il y a peu d'inégalité , quant à la longueur des vers : la seconde , c'est que la fin de ces vers concourt presque toujours avec la division des divers membres de la phrase.
» ils se prolongent par l'addition de quelques lettres, pour
» atteindre une mesure juste et exacte ; que par le même mo-
» tif9 on retranche souvent une ou deux lettres En effet ,
» il ne faut pas croire que le premier des Prophètes se soit
» trompe sur la véritable manière d'écrire les mots ; mais c'est
» que les lois de la versification et la mélodie l'ont exigé,
» Quant aux termes étrangers qui se rencontrent dans la
» Poésie des Hébreux, continue M. Lowth,il serait téméraire
» de porter un jugement décisif à l'égard d'une langue si
■ ancienne et si bornée maintenant , et lorsque les dialectes
» des peuples voisins qui fleurissaient à la môme époque
» sont presque entièrement détruits. Il a bien pu arriver,
» en effet , que des mots qu'on a par exemple regardé»
» comme cbaldéens , fussent peut-être communs aux deux
• idiomes ; et qu'au contraire , des mots employés rar«- » ment , et dont l'origine n'est pas connue , eussent été
• empruntés des dialectes voisins. Cependant comme plu- » sieurs des mots qui se présentent le plus souvent dans les » monumens poétiques des Hébreux, ne se trouvent que là » et dans la langue chaldéenne , on peut en conclure avec » vraisemblance que ces mots ont été transportés des dia-
• lectes voisins dans la langue bebraïque , ou que du moins , » après qu'ils eurent cessé d'être en usage dans le langage » ordinaire , on en rétablit l'emploi. »
Pour ce qui concerne la mesure réelle de ces vers, leur rhythme , leur prosodie , tous ces points nous sont entièrement inconnus : et ni l'art , ni l'industrie humaine ne parviendront jamais à les retrouver , comme le démontre la nature de la chose elle-même II est notoire que l'ancienne et véritable prononciation des Hébreux est absolument perdue. Les règles imaginées à ce sujet par les Juifs modernes , lorsque la langue de leurs ancêtres était déjà tombée en désuétude depuis plusieurs siècles, n'ont point obtenu le suffrage des savans ; et s'il fallait, en effet , régler la prononciation d'après les principes qu'ils ont établis , on serait réduit à convenir , non-seulement que la versification des Hébreux , comme l'expérience nous le prouve , ne conserve plus pour nous ni douceur , ni harmonie , mais encore que jamais elle n'a possédé aucun de ces avantages. Les docteurs modernes n'étaient plus en état de faire revivre la prononciation d'une langue abandonnée depuis long-temps , ni d'en rétablir les véritables règles ; et nul homme ne peut se flatter de découvrir , par ses conjectures, un point aussi délicat , aussi étranger à nos, sensations habituelles, et aussi complètement oublié. Rien de plus difficile à saisir que la pratique de quelque langue que ce soit à cet égard. Après qu'elles ont cessé d'être en usage , l'écriture leur conserve une prononciation ; mais cette prononciation qui sort d'une bouche étrangère, ne peut être que discordante et barbare : le charme de la vie y manque ; sa douceur naturelle s'est évanouie ; l'éclat de sa beauté s'est flétri. C'est ainsi qu'on ne peut douter que la langue grecque et la langue latine n'aient beaucoup
des hébreux, i. Part. Leçon 3. 5g perdu de leur ancien agrément : la prononciation en est différente chez les divers peuples : mais partout elle est barbare , et telle qu'elle aurait été insupportable à une oreille attique ou romaine. Cependant ces langues conservent encore aujourd'hui leur rhythme, leur mesure , leurs pieds. Le sort de la langue hébraïque a été bien plus déplorable : dépouillée de ses voyelles , elle est restée muette et sans voix pendant plus de vingt siècles ; aussi est-il presque impossible de déterminer d'une manière précise le nombre de syllabes dont chacun de ses mots est composé , et encore plus de s'assurer de leur durée ou quantité. Or, puisque dans toute langue la versification dépend nécessairement et du nombre et de la durée des syllabes , et qu'il est démontré par la nature de la chose , que nous avons perdu la connaissance de ces deux points , relativement aux mots hébreux, sans qu'il nous reste aucun moyen de la retrouver, concluons que prétendre rétablir la versification véritable et primitive de cette nation , c'est vouloir élever un édifice entièrement dépourvu de fondemens. On doit peutêtre accorder à quelques-uns de ceux qui se sont dévoués à ces recherches , la gloire d'avoir donné quelque douceur et quelque agrément à la Poésie hébraïque dont la prononciation était auparavant si dure et si barbare , et de lui avoir assigné un certain nombre et une certaine harmonie , s'ils n'ont pu parvenir à retrouver la véritable et celle qui lui appartenait réellement. Mais la matière elle-même , aussi bien que les argumens par lesquels ils ont cherché à établir leurs conjectures , ne nous permettent pas de leur accorder davantage. L'inutilité de leurs
efforts doit plutôt nous engager à renoncer à une poursuite que des hommes doués de génie et d'une vaste érudition, ont vainement tentée , et à regarder comme entièrement perdue pour nous , une chose anéantie depuis si long-temps. Cependant quoique nous soyons dans l'impuissance d'établir rien de positif sur la mesure de chaque vers pris séparément , il est une remarque à faire sur ces mêmes vers considérés par groupes : cette observation se rapporte au mécanisme de la versification. La Poésie hébraïque , comme nous en avons déjà dit un mot , a une conformation de phrase qui lui est particulière. Cette conformation consiste en ce que la phrase entière se divise en un certain nombre de parties à peu près égales , et en ce que chacune de ces divisions forme un vers entier. Ainsi , de même que chaque poème se partage naturellement en plusieurs périodes presque égales , de même aussi chaque période se résout ordinairement en deux membres, et quelquefois en un plus grand nombre. On remarque ce mode de division , surtout dans ces passages qui s'offrent presque à chaque instant chez les poètes hébreux , où s'arrêtant à une idée , ils la reproduisent de diverses manières, tantôt rendant la même pensée par des expressions différentes , tantôt , au contraire , présentant des pensées différentes sous la même forme d'expressions; ici, rapprochant des objets semblables , et là , opposant des objets différens. Or , tous ces procédés donnant à la simple prose une marche symétrique et cadencée, on ne peut douter que la Poésie hébraïque ne leur soit redevable de beaucoup d'agrément et de beauté. Ainsi donc, nous sommes contraints
des hébreux, i. Part. Leçon 3. 61 d'avouer que dans la plus grande partie des compositions dont il s'agit , nous ne reconnaissons pas la loi fixe qui règle leur versification ; mais en même temps nous pouvons affirmer que nous y découvrons un caractère général , exclusivement réservé à la Poésie de cette nation , et qui la distingue. Aussi le mot consacré chez elle pour désigner la Poésie (i) , présente-t-il l'idée d'un discours , coupé dune manière particulière en phrases courtes , multipliées, et marquées par des intervalles déterminés.
La méthode que suivent en ce point les poètes grecs et les poètes latins est entièrement opposée ; ils évitent très-soigneusement ce que la Poésie hébraïque recherche avec empressement ; double effet de la nature et du génie particulier des idiomes différens qu'ils emploient. La langue grecque , plus qu'aucune autre, et après elle , la langue latine, sont riches, harmonieuses , flexibles ; elles possèdent une
(\) Note de M. Lowth. — Ce mot signifie proprement , il a coupé , taillé , retranché , et s'entend de la taille des arbres. De cette racine se déduisent d'autres termes qui désignent un rejeton , la pousse d'une plante , la serpe du vigneron. Ce môme mot veut dire encore : il a chanté , il a modulé , et s'applique anx modulations que l'art coupe et divise suivant certaines lois- constantes. Cette seconde acception peut en quelque sorte être rapportée à la première , en ce qu'elle désigne un poème coupé en phrases courtes , et d'où l'on a retranché tout luxe d'expression ; ce qui constitue le caractère principal des poèmes des Hébreux. Leur prose est libre , exempte de toute entrave ; elle s'étend au hasard et sans loi : c'est un arbre sauvage qui déploie en tout sens le luxe de ses rameaux et de son feuillage. Le discours mesuré, au contraire, est arrêté de toutes parts; ses phrases, telles que les jets d'un végétal, sont rangées en un ordre et une forme déterminés ; c'est une vigne dont la serpe du vigneron arrête la fécondité excessive , et qu'elle façonne par la taille.
grande variété de mètres et de pieds , dont les temps sont si marqués, et l'effet si frappant, que lorsqu'on récite des fragmens de vers , ou que l'on déclame des vers entiers sans s'arrêter et sans en marquer la fin par un repos , leur mesure n'en est pas moins sensible. On a donc pu , sans nuire aux différentes espèces de mesures , chercher à répandre de la variété dans l'ensemble des compositions poétiques. Il en est tout autrement de la langue hébraïque : de sa nature , elle est extrêmement simple ; les formes primitives des mots sont presque toujours semblables entr'elles , et les inflexions qu'ils subissent ne sont ni fort nombreuses , ni fort remarquables. De là il est facile de comprendre que le nombre qui en résulte ne peut offrir aussi ni beaucoup de différence, ni une grande variété ; qu'il doit nécessairement être simple , peu marqué , et plus propre à donner au discours de la gravité et du poids, que de la mobilité. Il a donc fallu distinguer par le repos des phrases, l'étendue des vers , qui , sans cela , mêlés et confondus ensemble, n'auraient plus été reconnaissables.
Ici nous devons remarquer deux conséquences qui découlent naturellement de ce que nous venons de dire. La première, c'est qu'un poème traduit de l'hébreu en une autre langue , et rendu littéralement en prose , conservant alors la forme de ses phrases , conservera aussi , quant au nombre , beaucoup de sa noblesse originale , et même quelque ombre de versification. C'est en effet ce qu'on observe dans nos traductions des Poésies sacrées en langue vulgaire, dans lesquelles presque toujours on retrouve en-
des hébreux, i. Part. Leçon 3. 63 core les membres épars du Poète (i) , tandis qu'on arriverait à un résultat tout opposé , en traduisant les poètes grecs ou latins, de la même manière. (2) La seconde conséquence est qu'un poème hébreu , traduit en vers grecs ou latins , perdra infiniment de ses agrémens naturels , et de la beauté qui lui est propre , la forme primitive des périodes se trouvant dérangée 1 ou pour mieux dire , dénaturée et détruite , pour s'adapter au caractère d'un style étranger; car lorsqu'on tente de transporter dans une autre langue les compositions des poètes du premier ordre , le succès dépend du soin que l'on apporte non-seulement à conserver fidèlement les pensées de l'original, à en exprimer les sentimens avec une force égale et le même agrément, mais encore à retracer , s'il est permis de parler ainsi , ses traits matériels , son ton , sa couleur et sa marche. Ceux donc qui se sont appliqués à traduire en vers grecs ou latins les poètes sacrés , et qui ont ainsi voulu se charger du rôle réservé à ceux-ci , ont dû nécessairement être sinon inférieurs , du moins fort opposés à leurs modèles , pour ce qui regarde la forme générale du discours. Mais s'en sont-ils rappro-
(1) Inventas cliam disjccli membra Poclœ.
Horat. I, Sat. IV , v. 61.
(a) Note de M. Lowth. — Le Pi. Azarias, qui soutient que les Poésies saciées n'ont point une mesure; fixe et dépendante de la valeur des syllabes, dit cependant:
« Nous n'en convenons pas moins que ces Poésies ont une
• autre mesure qui dépend des choses ou des idées elles- » mêmes. — Ne voyez-vous par» que si vous transportez dans
• un autre langue quelqu'une de ces compositions , elles
• conservent leur mesure , sinon en totalité , du moins en » partie. Ce qui ne peut avoir lieu à l'égard de celles dont la » mesure consiste dans le nombre et la quantité des sylla-
• bes. »{ManU.ss. Dissertât, ad lib. Cosri , pag. 420. )
chés davantage sous un autre rapport , et quant à ce qui concerne la force , la noblesse et le feu poétique ? ce n'est pas ce que nous avons à examiner ici.