DU TRADUCTEUR. XIII
nal de Gottingue (1) , à la rédaction duquel il participait ; et non content de ce premier soin , il en publia quelque temps après une édition qu'il accompagna de notes et d'additions telles que l'on était en droit de les attendre de lui. M. Blair, dans ses Leçons de Rhétorique , cite celles de M. Lowth avec les éloges les plus distingués. Le même M. W. Jones , dont nous avons déjà parlé , ne crut pas pouvoir choisir un meilleur modèle pour son Traité de la Poésie asiatique. (2) En France , l'auteur du poème des Mois enrichit ses notes de plusieurs imitations latines , fruits de la muse de M. Lowth ; et le plus renommé de nos critiques , M. de La Harpe , dans le Discours qu'il a placé à la tête de sa traduction française des Psaumes , s'empresse d'avouer tout ce qu'il doit à notre auteur , pour la connaissance de la Poésie hébraïque , et emprunte de lui une grande partie de ce qu'il en dit. Mais, en même temps, il avance que ce livre a été beaucoup lu : sur ce point , nous oserons n'être pas de son avis ; et il nous semble qu'il est bien plus vrai de dire que , si l'on excepte quelques sa vans et quelques hommes de lettres de profession , peu de personnes en France ont lu le Traité de la Poésie sacrée.
Cet oubli , entièrement indépendant du mérite particulier de l'ouvrage , n'offre , à ce qu'il nous semble , rien de fort surprenant , et il ne nous paraît pas bien difficile d'en découvrir les causes. Rien de plus naturel que d'attribuer cette indifférence à l'idiome étranger dans lequel il est écrit , à l'obscurité de la matière ellemême , si capable d'arrêter souvent le commun des lecteurs ; à l'espèce d'effroi que doit inspirer un livre dont presque toutes les pages sont hérissées d'hébreu et de grec.
Nous nous sommes souvent affligés de ce que tant de
(1) Relationes de libris novis. Fascicul. X.
(2) Poeseos asiasticœ comment, libri sex.