‹ Leçons sur la poésie sacrée des hébreux (volume 2)Chapitre 8 sur 39 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

motifs semblaient concourir pour s'opposer à ce qu'un ouvrage si excellent et si utile fût connu autant qu'il mérite de l'être ; et animés du désir d'applanir les difficultés que présente cette lecture , de la rendre facile à tout le monde , surtout aux jeunes gens qui , après avoir accordé plusieurs années à l'étude des chefs-d'œuvre anciens et modernes que leur a offerts la littérature profane , doivent souhaiter d'unir à cette connaissance au moins quelques notions sur une poésie d'un ordre supérieur , nous avons consacré les instans de loisir qu'ont pu nous laisser des devoirs impérieux , à en préparer une traduction française que nous soumettons aujourd'hui au jugement du public.

Pour remplir les vues que nous venons d'exposer , voici le plan que nous avons cru devoir suivre dans notre travail. Nous avons traduit en entier le texte de M. Lowth , à l'exception de deux ou trois morceaux extrêmement courts , qui ne contiennent que quelques phrases de politesse adressées à ses auditeurs , et qu'il nous a semblé inutile de conserver : nous nous sommes attachés partout à l'original avec toute l'exactitude dont nous avons été capables ; mais c'est principalement en traduisant les passages nombreux des livres saints , que nous avons cru indispensable de nous astreindre à la plus scrupuleuse fidélité. Tout nous en faisait une loi : la nécessité de rendre dans toute leur force les raisonnemens de notre auteur , qui souvent reposent et sont fondés sur la lettre même du texte sacré ; le désir de ne faire perdre à nos lecteurs que le moins possible du caractère original et des beautés intrinsèques de ces compositions ; enfin , le respect que commande à tout le monde l'inspiration céleste qui anima leurs incomparables auteurs. Il nous a même paru nécessaire de joindre en forme de notes la traduction latine de ces passages , soit celle de M. Lowth , soit celle de la Vulgate , soit celle du P. Houbigant que nous avons suivie quelque-

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fois. Nous avons également traduit toutes les notes de M. Lowth qui avaient un rapport direct avec le sujet ; mais il en est beaucoup d'autres dans lesquelles l'auteur n'a pour objet que la critique du texte hébreu , et le soin de justifier le sens qu'il lui donne ou l'interprétation qu'il préfère. Celles-ci ne peuvent inspirer quelque intérêt qu'aux savans , et ce n'est pas à eux que notre traduction est destinée ; le livre de M. Lowth est entre leurs mains , et pour l'entendre ils n'ont pas besoin de notre secours.

Quant aux notes de M. Michaélis et aux additions qu'il a faites à l'ouvrage même , nous en avons traduit ou abrégé quelques-unes ; nous en avons omis un plus grand nombre , malgré le mérite distingué de leur auteur ; et des motifs que nous avons regardés comme puissans nous ont déterminés à ce parti En effet,, beaucoup de ces notes n'ont qu'une relation éloignée avec la Poésie sacrée , et se rapportent plutôt à l'érudition en général ; de telle sorte qu'elles détournent l'attention du sujet principal , et s'écartent du plan,de M. Lowth. Certaines ont pour objet la critique et l'interprétation du texte hébreu , et dans celles-ci M. Michaélis a très souvent recours à la langue arabe et aux autres idiomes orientaux. Il est facile de sentir qu'elles ont encore moins de rapport avec la Poésie sacrée , et qu'elles ne peuvent convenir qu'à ceux qui s'appliquent à l'étude de ces langues. Enfin , il en est quelques-unes dans lesquelles , nous ne balançons pas à le dire , il nous a paru contredire sans fondement des opinions respectables , généralement adoptées. On peut , à ce qu'il nous semble, faire usage ici d'une observation pleine de justesse du plus savant de nos orientalistes. « Il est certain , dit-il , que les opinions théologiques » ont une influence nécessaire sur la critique sacrée , » et que le parti que l'on embrasse dans les questions » qui tiennent à cette critique , ne peut ni ne doit être

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