‹ Leçons sur la structure et les maladies du système nerveuxChapitre 3 sur 19 · STRUCTURE ET MALADIES · texte numérisé non relu

STRUCTURE ET MALADIES

objet du cours. — division du sujet. — moyens employés dans h etude du cerveau

Messieurs,

Le cours de cette année aura pour objet l'étude de la structure des centres nerveux et en particulier du cerveau proprement s dît. C'est principalement le cerveau humain que nous aurons en vue dans ces leçons ; mais en même temps, il nous sera nécessaire de faire quelques excursions dans le domaine de l'anatomie comparée et d'examiner quelle est la structure du cerveau dans la série des vertébrés. Cet examen comparatif présente un double avantage: il permet de résoudre, à l'aide d'organismes plus simples, quelques problèmes délicats dont la texture plus compliquée du cerveau de l'homme masque parfois la solution immédiate; et, d'autre part, nous pouvons, grâce à lui, établir nettement plus d'une homologie méconnue et résumer dans une formule unique la structure du cerveau chez tous les vertébrés.

L'étude anatomique de chaque point à l'état sain sera accompagnée de l'examen de ses états morbides, et les considérations anatomo-pathologiques seront suivies à leur tour des applications particulièrement utiles

à la clinique, au point de vue du diagnostic topographique des affections cérébrales.

Nous serons en même temps entraînés à faire l'étude de la fonction du langage et à présenter la théorie physiologique de la parole écrite et parlée. Ici encore, à la physiologie correspondra la pathologie, et, par une analyse des symptômes de l'aphasie, nous essayerons de montrer comment les phénomènes morbides peuvent, une fois de plus, se réduire aux opérations régulières que présente l'homme sain.

Le cadre de nos leçons étant ainsi bien fixé, pénétrons immédiatement dans l'étude de la structure normale du cerveau.

Cette étude présente plus de difficultés que n'importe quel autre point de l'anatomie. Il faut s'en prendre à des impedimenta de plusieurs ordres : c'est la multiplicité, la délicatesse, l'intrication des éléments nerveux qui s'opposent à ce que nous puissions les conserver dans leurs conditions normales de nombre, d'intégrité et de rapports. D'autre part, la mollesse du tissu égare souvent le couteau de l'anatomiste, et le peu de résistance du cerveau aux agents de décomposition atmosphériques ne permet pas des examens de longue haleine.

Aussi ne devons-nous pas nous étonner que l'anatomie du cerveau, étudiée depuis qu'on fait de l'anatomie, c'est-à-dire depuis Galien, ait aussi peu progressé. Certains points sont hors de conteste, il faut l'avouer; mais encore — que de difficultés à élucider! et principalement que d'opinions contraires à rapprocher, que de descriptions dissemblables à faire concorder !

Heureusementtant de travaux, souvent contradictoires, n'ont pas été sans influence sur la découverte de moyens d'étude fertiles, et la marche du progrès, dans ce point d'anatomie, a été parallèle aux perfectionnements des

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