‹ Leçons sur la structure et les maladies du système nerveuxChapitre 4 sur 19 · MOYENS EMPLOYÉS DANS L'ÉTUDE · texte numérisé non relu

MOYENS EMPLOYÉS DANS L'ÉTUDE

procédés de conservation, de durcissement et de représentation.

L'intervention de ces nouveaux moyens d'étude a permis de s'avancer dans ces recherches si pleines d'intérêt, et d'éliminer successivement les difficultés inhérentes au sujet qui se présentent sur la route. Ce sont :

1° L'emploi de l'acide chromique, dû à Hanno ver (1840), permet de durcir les pièces et de conserver les éléments dans leurs rapports naturels. Disons de suite, qu'aucun autre agent ne peut le remplacer au point de vue de l'étude des centres nerveux.

2° Le microscope permet de faire pénétrer l'œil jusque dans les plus minuscules détails , et de contempler ainsi un monde tout nouveau d'éléments anatomiques dans leur constitution intime et leurs rapports réciproques. C'est grâce à l'emploi de cet instrument que l'on a pu découvrir des réseaux de fibres là où on les soupçonnait à peine, et de résoudre en éléments figurés, une matière amorphe en apparence, à l'œil nu.

3° Enfin, un moyen de représentation toujours constant et comparable à lui-même, la Photographie fixe sur le papier les apparences successives que présentent à l'œil une série de coupes méthodiquement espacées. En outre qu'elle fixe les images, elle les grandit et permet de les comparer entre elles et d'arriver ainsi à une synthèse finale de l'ensemble de l'organe.

Les pièces conservées et fraîches, les pièces normales et pathologiques, sont représentées ainsi d'une façon constante et impersonnelle dans tous leurs détails, même dans ceux que l'œil armé du microscope ne peut saisir, et les tracés fournis par la lumière solaire se substituent ainsi a ceux que donne la main de l'homme : immense avantage, car où L'œil ne voit pas, le nitrate d'argent sent,1 si l'on peut ainsi le faire parler.

Notre méthode , qui est le résumé de l'emploi de ces-

difiYrents procédés d'étude et la seule rationnelle, est inspirée par cette idée, — qu'il y a dans l'organisation des contres nerveux une admirable harmonie de texture, harmonie qu'il s'agit de surprendre dans sa simplicité naturelle. Elle consiste donc à respecter les éléments nerveux dans leurs rapports naturels, à ne pas les disloquer, et à les suivre peu à peu dans leurs parcours successifs.

.11 s'agit donc :

1° D'obtenir des coupes du cerveau aussi saines et aussi complètes que possible, suivant un ordre déterminé par stratification régulière, et ceci suivant les trois dimensions du corps solide dont nous abordons l'étude;

2° Après avoir ainsi obtenu trois ordres de coupes, les premières horizontales, les deuxièmes verticales et parallèles au plan antéro-postérieur, les troisièmes verticales aussi, mais perpendiculaires aux précédentes, de les reproduire par la photographie. Puis, les comparant entre elles, nous, voyons comment les fibres coupées de champ se continuent avec les fibres coupées parallèlement à leur direction, quels sont les noyaux gris qu'elles abordent, si elles s'y amortissent ou ne font que les traverser, et comment elles entrent en connexion avec les différents territoires de cellules nerveuses;

3° Enfin, il est nécessaire de faire une synthèse des résultats obtenus par chaque coupe en particulier.

Les études pathologiques viennent, de leur côté, apporter leur contingent de faits à ceux fournis par l'anatomie normale, et permettent de vérifier les uns par les autres. Pour ne citer qu'un exemple, l'atrophie d'un élément gris situé à la périphérie, succédant à une lésion d'un élément central et s'accompagnant d'une dégénérescence simultanée des fibres blanches intermédiaires, peut nous conduire à affirmer que l'une est reliée à l'autre au moyen de ces mêmes fibres.

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