‹ Leçons sur la structure et les maladies du système nerveuxChapitre 6 sur 19 · I. — LÉSIONS DES VAISSEAUX · texte numérisé non relu

I. — LÉSIONS DES VAISSEAUX

Les lésions des vaisseaux sont des hypérémies, des ischémies, des anévrysmes miliaires, enfin des dégénérescences variées, athéromateuse ou colloïde.

1° Hypérémies. — Actives ou passives suivant que leur cause réside dans un surcroît d'afflux sanguin ou dans une diminution de la dépense ; elles sont, quant à leur siège, diffuses ou localisées.

Les caractères généraux de l'hypérémie cérébrale sont les suivants :

Les vaisseaux sont engorgés, turgides, sinueux. On voit dans leur intérieur des amas de globules empilé^, formant quelquefois un coagulum épais; les gaines périvnsculaires sont injectées, leur cavité est remplie par un exsudât formé de plasma et où l'on renconire parfois des globules sanguins. Après la disparition du processus, au contraire, on trouve les capillaires isolés du tissu ambiant par de véritables espaces lacunaires.

Comme phénomènes concomitants, on remarque des transsudations séro- sanguines dans le tissu ambiant qui esc friable, ramolli. Quelquefois des déchirures vasculai res donnent lieu à des hémorrhagies locales sous forme de petits nuages rougeâtres.

A la longue, il y a une imbibition hématique des éléments nerveux voisins qui présentent, dans ce cas, une coloration rougeâtre, quelquefois ocreuse ou pigmentée.

Les hypérémies, avec les transsudations plastiques et les matériaux qu'elles déversent au sein du tissu voisin deviennent le point de départ de divers processus sclérosiques et suppuratifs ; par les modifications qu'elles font subir aux parois vasculaires, elles préparent souvent l'hémorrhagie.

2° Ischémies. — Elles sont constituées par des phénomènes inverses, un ralentissement progressif ou subit de la circulation. Comme pour les hypérémies, leur siège est en foyers isolés ou généralisé.

On les rencontre à l'état physiologique dans le repos des organes nerveux, pendant le sommeil, par exemple. Les centres nerveux, suivant en cela cette loi générale de physiologie, que le travail d'un organe y appelle le sang et que le repos l'en chasse, présentent même à l'état normal des alternatives d'éréthisme et de collapsus. C'est-à-dire une série d'hypérémies et d'ischémies successives et physiologiques.

Quant aux ischémies pathologiques, elles présentent les caractères suivants :

Dans l'ischémie diffuse ou généralisée, la substance corticale est pâle, comme lavée, elle est de consistance ferme, et ne laisse apercevoir dans son sein que quelques rares capillaires çà et là. Ceux-ci sont granuleux etathéromateux d'ordinaire ; ces éléments nerveux ont subi des lésions nécrobiotiques. C'est dans certaines formes bien définies de lypémanie avec stupeur, de mélancolie que l'on rencontre cette lésion, ainsi que j'ai eu l'occasion de le constater plusieurs fois. L'anémie diffuse s'accompagne souvent de quelques points localisés d'hypérémie.

L'ischémie circonscrite ou en foyer présente les mêmes caractères objectifs que la précédente. Elle succède d'ordinaire à l'embolie ou à la thrombose de l'artère afférente au département affecté. Au delà de l'obstacle, la pression vasculaire diminue et il y a anémie locale, suivie souvent de ramollissement; en deçà, au contraire, l'augmentation de pression donne lieu à une fluxion collatérale qui se traduit au dehors par des accidents cérébraux rapides.

VNATOMIE PATHOL. UK LA SUBSTANCE CORTICALE. 29

3° Les anêvrysmes miliaires (1), se présentent sous forme de petites masses arrondies, globuleuses, appendues aux parois vasculaires. Leur couleur est rouge, tranche sur le tissu voisin du sein duquel on peut facilement les énucler à l'aide d'une pointe d'aiguille.

Leur volume varie de Omm,01 à 1 mill.

Leur forme est tantôt ampullaire, fusiforme, tantôt arrondie nettement ; ils sont alors plus ou moins nettement pédicules.

Leur nombre est quelquefois de deux ou trois seulement; d'autres fois, au contraire, il est de plusieurs centaines.

Leur siège est spécialement dans la substance grise, soit centrale (corps strié, couche optique), soit périphérique (corticale).

Si l'on considère leur structure, on voit qu'ils sont consécutifs à la rupture de la paroi propre du vaisseau malade : le sang s'accumule entre cette paroi perforée et la gaine lymphatique qui contracte des adhérences avec elle. L'anévrysme se trouve alors constitué : c'est, comme on le voit, un premier pas dans la voie de l'hémorrhagie cérébrale, si souvent consécutive à sa formation.

4° Les dégénérescences athéro materne et colloïde ont été rencontrées principalement dans la paralysie générale spécialement.

Dans la première, les parois vasculaires granulograisseuses sont devenues rigides, fragiles, et présentent des segments noirs dus à des infiltrations pigmentai res.

Dans la seconde, décrite principalement par Magnan, les éléments sont infiltrés d'une substance colloïde; les parois sont considérablement épaissies et se présentent

(1) Voir le travail de MM. Chareol et. Bouchard (Archives rie physiologie.)

à la coupe sous un aspect gélatineux; elles sont hyalines, transparentes, amorphes.

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