‹ Leçons sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 119 sur 149 · GOMMES DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

GOMMES DE L'ESTOMAC

trice blanche, dure et raycmnée à la surface péritonéale de l'estomac. A l'examen microscopique, la couche glandulaire de l'estomac, au niveau de ces petites, tumeurs se montra hérissée de petites saillies villeuses ou papillaires dues au bourgeonnement hypertrophique du tissu coujonctif qui entourait les glandes. Celles-ci étaient séparées par du tissu conjonctif épaissi et fibreux. Leur canal excréteur était rétréci, oblitéré parfois par le tissu conjonctif, bien que les culs-de-sac profonds des glandes fussent à peu près normaux. Ceux-ci se présentaient en effet, à 1 millimètre ou 1 millimètre et demi de la surface de la muqueuse, sous la forme d'agglomérations de sections circulaires ayant le diamètre normal des culs-de-sac terminaux des glandes. Ces glandes contenaient quelques cellules d'épithélium cubique et petit ne formant pas un revêtement complet si ce n'est dans les dilatations terminales qui étaient complètement tapissées par des cellules cylindriques à grosse extrémité tournée vers la paroi, à extrémité plus étroite tournée du côté de la lumière de la glande qui contenait un liquide muqueux.

Le tissu conjonctif sous-muqueux, qui constituait tout le relief de la néoformation, était serré, dense, feutré, parcouru par des vaisseaux sanguins perméables au sang. Il était formé de faisceaux de tissu conjonctif entre lesquels il y avait de nombreuses cellules embryonnaires rondes et petites, ou un peu allongées . Ces cellules étaient parfois disposées en petits îlots.

Les couches musculeuses très-épaissies de l'estomac étaient composées de faisceaux de fibres lisses séparés par des bandes de tissu fibreux contenant beaucoup de cellules embryonnaires. Le tissu conjonctif sous-péritonéal présentait une néoformation de cellules analogue.

Il s'agissait donc bien, dans ce cas, de gommes de l'estomac, aplaties, marronnées, situées sous la couche glandulaire de la muqueuse, et dont la nature était affirmée encore par la présence d'une gomme hépatique.

Dans cette observation, la malade avait éprouvé des troubles gastriques, des difficultés dans la digestion, des douleurs stomacales, puis l'impossibilité de digérer. Elle était morte de complications pulmonaires, avec des vomissements, une tuméfaction des ganglions bronchiques et de la lymphangite. Nous reviendrons bientôt sur l'état de ses ganglions.

Il est extrêmement rare que, dans le tube digestif, depuis l'œsophage jusqu'au rectum, les lésions de la syphilis tertiaire se montrent sous la forme de véritables tumeurs gommeuses, comme des néoplasmes saillants et non ulcérés. En outre du fait que j'ai observé, je ne connais que celui de Klebs où il s'agissait de gommes de l'intestin, les unes saillantes et au niveau desquelles la muqueuse était conservée, les autres ulcérées. Le fait suivant, queVirchow cite en note à la page 460 du tome II de la pathologie des tumeurs, est très-démonstratif au point de vue de l'existence des ulcérations syphilitiques : il s'agissait d'une femme traitée souvent depuis dix ans à l'hôpital de la Charité de Berlin pour des manifestations cutanées et osseuses de la syphilis tertiaire ; les os du nez manquaient, l'autopsie démontra des gommes des tibias, du frontal et des pariétaux. Il existait des cicatrices étendues du voile du palais et du pharynx et une pachiméningite hémorrhagique interne avec hyperostose des os du crâne. Le rectum était le siège d'ulcérations, les unes avec diphthérie récente, les autres avec cicatrices; dans le jéjunum, trois grandes cicatrices correspondaient à la séreuse

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