‹ Leçons sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 120 sur 149 · SON DIAGNOSTIC ANATOMIQUE 4U · texte numérisé non relu

SON DIAGNOSTIC ANATOMIQUE 4U

parsemée de petites tumeurs blanchâtres ; dans l'iléon se remarquaient deux petits ulcères sans produits caséeux. Les poumons et les plèvres présentaient des lésions sur lesquelles nous reviendrons bientôt.

Le plus souvent, on ne trouve, en effet, comme lésion syphilitique de l'estomac et de l'intestin, que des ulcères ou des cicatrices fibreuses. Les ulcères de l'estomac ont été souvent signalés et rapportés à la syphilis dans ces dernières années par Engel, Fioupe, Lancereaux, Kapposi, etc. Mais lorsqu'il s'agit seulement d'une ulcération ou de la cicatrice qui la suit, même s'il existe des antécédents syphilitiques indubitables, il est difficile de se prononcer sur leur nature. Un ulcère simple de l'estomac lié à toute autre cause, à une alimentation vicieuse ou même à l'ingestion de liquides corrosifs, les cicatrices qui leur succèdent ne se laisseraient pas distinguer de pareilles lésions développées sous l'influence de la syphilis. Les ulcères simples de l'estomac ont bien, il est vrai, dans certains cas, une apparence caractéristique qui tient à ce que la perte de substance présente un bord nettement coupé et qu'elle est taillée en talus ou en gradins, répondant à la section des diverses couches de l'estomac ; mais cette disposition n'est pas absolument constante, et ces ulcères présentent de nombreuses variétés d'aspect. Aussi l'anatomie pathologique qui permet de distinguer sûrement les ulcères dus à des tumeurs, à l'épithéliome, au carcinome, au lymphadénome, etc., ne fournit-elle pas des données certaines en ce qui touche le diagnostic anatomique de l'ulcère simple et de l'ulcère syphilitique, alors que le néoplasme gommeux a disparu par le progrès de l'ulcération.

Ce diagnostic anatomique est encore plus difficile sur la muqueuse de l'intestin grêle et du gros intestin, parce

qu'il doit être fait là avec les ulcères tuberculeux, avec les cicatrices de la fièvre typhoïde, avec les ulcérations de la dyssenterie, en outre de toutes les tumeurs qui peuvent s'ulcérer dans l'intestin telles par exemple que les néoplasies leucémiques, cancéreuses, etc.

On doit de plus ne pas perdre de vue ce fait que la phthisie pulmonaire et la tuberculose de l'intestin coïncident souvent avec la syphilis, et que des ulcérations liées à un état amyloïde des vaisseaux intestinaux peuvent être la suite de suppurations syphilitiques prolongées.

Il faut, dans chaque cas particulier, faire avec soiu le diagnostic anatomique différentiel, et encore la syphilis ne pourra-t-elle pas être affirmée sûrement s'il n'y a pas de néoplasmes gommeux.

Il est inutile d'ajouter que les ulcérations stomacales et intestinales ne présentent aucun symptôme spécial qui permette d'affirmer leur nature pendant la vie.

Le traitement anti-syphilitique parait avoir réussi dans quelques observations de troubles gastriques et intestinaux qu'on avait rapportés à la syphilis (Gendrin, cité par Lancereaux, Dujardin-Beaumetz).

Ce que nous venons de dire concernant la difficulté de rapporter à la syphilis telle ulcération donnée de l'estomac ou de l'intestin s'applique de tout point aux ulcérations de la partie inférieure du rectum ; celles-ci s'accompagnent constamment de rétrécissement et sont généralement désignées sous le nom de rétrécissements syphilitiques du rectum.

Cependant on est loin d'être d'accord sur la nature de ces ulcérations. M. Gosselin, qui en a donné une excellente description, les attribue à une inflammation du rec-

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