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LÉSIONS DU TISSU CONJONCTIF

Pour étudier le tissu conjonctif induré de la base du chancre, il faut d'abord l'examiner à l'état frais, c'est-à-dire aussitôt après son ablation. Des fragments de ce tissu, pris à la base de l'induration et dissociés dans l'alcool au tiers, montrent des faisceaux de tissu conjonctif qui sont conservés intacts, dont les fibrilles sont unies les unes aux autres, et des cellules libres dans le liquide après la dissection. Ces cellules sont, les unes, et c'est le plus grand nombre, des cellules lymphatiques petites possédant un seul noyau (cytoblas lions de Robin), ou des cellules lymphatiques plus grosses, comme on les rencontre dans toute inflammation. A la période de résorbtion du chancre, beaucoup de ces cellules sont granuleuses et montrent de fines granulations graisseuses. Les autres éléments cellulaires sont des cellules plates ou cellules fixes du tissu conjonctif dont le noyau est devenu plus gros, en même temps que le protoplasma de la cellule est granuleux et tuméfié. (Cellules fibro-plastiques de Robin.)

Sur les sections minces du tissu dermo-papillaire comprenant l'induration, on se rend bien compte de la disposition des fibres du tissu conjonctif et des cellules qui se trouvent interposées entre elles.

Ainsi dans la figure 6 de la planche I, vous verrez un capillaire^, dont la lumière montre des cellules lymphatiques a, et une cellule endothéliale b. Autour de ce capillaire, les fibres du tissu conjonctif f, f, sont séparées par des rangées de cellules lymphatiques d, et par quelques cellules fixes du tissu conjonctif h. Dans le tissu des papilles et dans le tissu dermique superficiel, les fibres sont peu épaisses, mais, dans le tissu conjonctif profond du derme, les faisceaux considérables de fibres de tissu conjonctif ont conservé leur volume ordinaire et ils

38 DESCRIPTION ANATOMKjUli DU CUANCK1S INFECTANT

sont séparés également par de peliles cellules rondes en même temps que les cellules fixes du tissu sont tuméfiées. Le tissu adipeux présente aussi, dans les couches profondes de la peau, une formation nouvelle d'éléments telle que chaque cellule adipeuse est transformée en un nid de petites cellules ou entourée d'une couronne de ces éléments comme cela a lieu dans toute inflammation.

En outre de ces lésions communes à toute inflammation de la peau, on rencontre toujours, dans le chancre induré, une altération spéciale qui a été décrite depuis quelques années en Allemagne, c'est un épaississement scléreux, inflammaluire des tuniques des vaisseaux artériels et veineux portant surtout sur leur membrane externe ou adventice.

Les artérioles du tissu dermique, par exemple, lorsqu'on les examine sur une section transversale, montrent un épaississement de leurs tuniques deux ou trois fois plus considérable qu'à l'état normal.

La figure 7 de la planche III montre une section d'une artérioie à un grossissement de 120 diamètres. La menir brane interne, c'est-à-dire la partie comprise entre la lame élastique interne l, et la lumière vasculaire ?',estunpeu plus épaisse qu'à l'état normal et la lumière du vaisseau, remplie de cellules lymphatiques, de cellules endothéliales et de fibrme,est un peu rétrécie. La membrane musculeuse comprise entre les lettres l et m, n'est pas hypertrophiée. Mais toute la portion externe de la membrane moyenne et de la membrane externe, de m à e, sont considérablement accrues et infiltrées de cellules entre les fibrilles de tissu conjonctif. Le tissu conjonctif voisin en est également

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